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L'esprit-Saint chez Basile de Césarée
Corbin Michel
CERF
38,50 €
Épuisé
EAN :9782204088381
Quand nous récitons le symbole du premier concile de Constantinople (381) et y confessons notre foi dans le Saint-Esprit de Dieu, nous employons des vocables qui viennent en droite ligne du traité de saint Basile Sur le Saint-Esprit (375). Devant des hérésies qui faisaient de l'Esprit un ange supérieur aux autres, ce Père de l'Eglise d'orient n'a pas réutilisé à son sujet la notion de consubstantialité, élaborée pour le Fils au concile de Nicée (325), mais parlé plus originellement en méditant la prière liturgique de l'Eglise. Elle est à la fois de gratitude pour les dons que le Père dispense par le Fils dans l'Esprit, et de louange pour ce Père avec qui, de toute éternité, sont le Fils et l'Esprit. Et, de même qu'elle reconnaît le Fils d'autant plus un avec le Père que la surabondance de sa grâce en manifeste la bonté plus que bonne, de même elle admire que l'Esprit soit d'autant moins séparable du Père et du Fils qu'il éclaire en nous, comme Hôte plus intime que notre intime, " l'excès de charité - (Ep 2, 4) qui Les a poussés à nous sortir de la nuit pour nous conduire en leur intimité. C'est de ce traité qu'il est fait ici lecture, chapitre après chapitre, à seule fin de redire avec son auteur que la confession du Fils et de l'Esprit mec le Père met le croyant dans la joie de voir Dieu passer toute idée de Dieu en se faisant son Dieu.
Cette introduction à l'oeuvre de S. Anselme, né en 1033 à Aoste, moine du Bec en 1059, archevêque de Cantorbéry en 1093, mort en avril 1109, s'efforce de rétablir la cohérence propre et le style originel d'un itinéraire d'"intellectus fidei" dont trois contresens, aujourd'hui encore, interdisent l'accès. Dénonçant successivement : la prétendue méthode " rationnelle " pour démontrer les vérités de la foi, l'argument dit " ontologique " et la théorie de la rédemption de l'homme par la " satisfaction " vicaire du Christ ; proposant une lecture complète du [? ]ionnel que ce Père et Docteur de l'Eglise reconnaît à son Dieu : " Nous croyons que Tu es quelque chose de tel que plus grand ne se puisse penser " (c. II). Respectant la conjonction d'une négation, d'un comparatif et d'un renversement dans cette formule soigneusement choisie, recherchant comment peuvent y coexister, et même coïncider, une désignation positive, puisque Dieu est " quelque chose ", et une signification négative, puisqu'il est impossible de se placer, même en pensée, au-dessus de Lui, elle montre donc, peu à peu, qu'une telle nomination de Dieu dans la double interdiction de l'idole et de la superbe ne renvoie pas à quelque Etre suprême qui serait le garant d'une raison souveraine, mais à l'Evénement pascal de Jésus Christ où le vrai Dieu déborde la dignité de Dieu par son alliance avec l'homme.
Achevées en 394, les Quinze homélies de saint Grégoire de Nysse sur le Cantique culminent dans une contemplation du Mystère pascal de Jésus. S'Il monte encore plus haut, s'Il manifeste davantage la bonté du Père quand Il descend vers notre nuit et traverse notre mort, c'est en allant "de commencement en commencement", en acceptant de n'être "rien" sans l'Esprit de leur Seigneur, que ses amis montent, eux aussi, comme l'Epouse du Cantique, de plus en plus haut vers et dans l'abîme sans terme de "la Nature bienheureuse". Ils sont "tendus vers ce qui est en avant" (Ph 3, 13) et leur élan ne se sépare pas de leur vie fraternelle, puisque chacun peut et doit apparaître à chacun comme un visage de plus pour le Christ, pour Celui qui se "façonne un Corps" (He 10, 5) dans l'humanité entière à dessein de rassembler en Lui tout l'univers pour la gloire plus grande de Dieu son Père.
Le récit que le quatrième évangéliste a laissé de la surprenante découverte de la tombe ouverte, le matin de Pâques, et des soudaines apparitions de Jésus à ses amis est un récit fondateur au sens strict. C'est à partir de lui que l'Église a formulé, dans ses premiers conciles, sa foi au Christ, Fils de Dieu. Une lecture suivie de ce texte, en dialogue avec celles des anciens et des modernes, montre que le témoignage pascal n'est pas l'illustration anecdotique d'une doctrine dont les notions affineraient celles de la métaphysique, mais une parole indépassable qui met en cause et mouvement toutes nos ressources de langage et de réflexion. Si Dieu " nous a élus dans le Christ, dès avant la fondation du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l'amour " (Ep 1, 4), on peut et on doit tenir que la Résurrection de son Fils unique, " à la plénitude des temps " (Ga 4, 4), est la débordante confirmation, à notre bénéfice, de son éternelle Nativité, " avant que fût le monde " (Jn 17, 5). Le propre de l'Amour est de surabonder en s'offrant librement.
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
Biographie de l'auteur Depuis plus de cinquante ans, le père Bernard Bro, dominicain, a eu la joie de dire l'Evangile sur les cinq continents, en renouvelant la prédication par l'art de la " parabole ". Il fut maintes fois copié, à son étonnement... et à sa grande joie. Professeur en théologie dogmatique pendant dix ans aux facultés pontificales du Saulchoir, puis nommé directeur des Editions du Cerf, où il promeut, entre autres, la Bible cuménique, la collection de poche " Foi vivante ", les grandes séries de théologie biblique et de théologie contemporaine ainsi que, avec le père et cardinal Congar, les commentaires de tous les textes du Concile. Chargé des Conférences de carême à Notre-Dame de Paris pendant quatre ans, responsable de la messe de la radio à France-Culture où il prêcha pendant trente-cinq ans, prédicateur pendant plusieurs dizaines d'années à la télévision, au " Jour du Seigneur " ; depuis la fondation de la chaîne de télévision KTO, auteur de plus de quatre cents émissions sous le titre " Paraboles ".
Pouderon Bernard ; Salamito Jean-Marie ; Zarini Vi
Premiers : les plus anciens de ces textes sont immédiatement postérieurs aux derniers écrits des apôtres (fin du I ?? siècle) ; les plus tardifs se situent à la frontière du II ? et du III ? siècle. Le corpus commence avec des hommes qui ont connu les apôtres : Clément de Rome fut proche de Pierre. Il prend fin avec les disciples de leurs disciples : Irénée de Lyon se réclame de Polycarpe de Smyrne, qui avait connu Jean. - Certains témoignages et quelques poèmes sont moins anciens. Ecrits : les auteurs, "Pères de l'Eglise" pour la plupart, ne cherchent pas encore à bâtir une oeuvre. Ils disent qui ils sont, comment ils vivent et meurent, ce qu'ils croient. Leurs textes adoptent les formes les plus variées : lettre, récit, traité, dialogue, discours judiciaire, poème... formes empruntées à la littérature de leur univers culturel, l'hellénisme, à moins qu'elles n'aient des parallèles dans la littérature juive, comme les actes de martyrs, dont l'Ancien Testament offre l'archétype. Pour exprimer les réalités nouvelles, les vieux mots changent de sens : baptizein, "immerger ", devient "baptiser" ; ekklesia, "assemblée ", signifie désormais "église". Chrétiens : la période est celle de l'autodéfinition du christianisme. Le terme apparaît autour de 117, chez Ignace d'Antioche. C'est le temps de la séparation, plus ou moins rapide et marquée selon les aires culturelles, d'avec le judaïsme. Se constituent peu à peu des usages liturgiques, des règles communautaires, un canon des Ecritures, des doctrines qui formeront le dogme de l'Eglise "catholique", c'est-à-dire universelle. Naissance d'une religion, d'une Eglise, d'une littérature. A la fin du Il ? siècle, sous l'oeil des "païens" et des juifs (dont on présente aussi, en ouverture, les témoignages), l'Eglise est en passe d'unifier ses usages et d'installer ses institutions. Le christianisme a trouvé sa place dans la société. Il a propagé ses idées dans le monde intellectuel. De cette aventure, car c'en est une, les Premiers écrits chrétiens retracent les divers aspects, d'une manière extraordinairement vivante.
Résumé : Abus sexuels, concentration de la parole et du pouvoir, exclusion des femmes : comment ces faits ont-ils été rendus possibles au sein d'une institution née pour incarner la parole de Jésus ? Avec toute la vigueur de la colère et d'un attachement authentique au message évangélique, Loïc de Kerimel va à la racine du mal : l'Eglise ne produit pas privilèges et abus comme n'importe quelle institution de pouvoir le fait ; elle est fondée sur l'affirmation d'une différence essentielle entre une caste sacerdotale, sacrée, et le peuple des fidèles. Alors que Jésus dénonce le monopole des prêtres et de la hiérarchie lévitique du Temple dans l'accès au salut, l'Eglise chrétienne naissante se dote d'une organisation similaire. Alors même que le judaïsme naissant se convertit à une spiritualité sans prêtres ni sacrifices, l'Eglise donne au repas du Seigneur, l'eucharistie, une tournure sacrificielle. Or, c'est précisément autour du monopole sacerdotal, et masculin, de cette célébration que le cléricalisme a fait système et s'est installé dans l'histoire. Tenu à l'écart des réformes, il a généré les abus de pouvoir qui gangrènent l'Eglise aujourd'hui. Un livre passionnant et nécessaire. Loïc de Kerimel est agrégé de philosophie. Il a un rôle actif dans l'Amitié judéo-chrétienne de France et au sein de la Conférence catholique des Baptisé-e-s francophones