Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
L'itinéraire intérieur de Guillaume de Saint-Thierry
Corbin Michel
CERF
19,00 €
Épuisé
EAN :9782204132916
Dans la littérature monastique du XIIe siècle qui clôt l'ère patristique, il y a deux admirables traités sur la foi chrétienne : Le Miroir de la foi et L'Enigme de la foi que Guillaume, alors simple moine de l'abbaye cistercienne de Signy, publia en 1143 pour répondre à certaines propositions étranges de Pierre Abélard. Si le premier se déploie selon la manière ancienne, latine ou grecque, de confesser la Trinité ou l'Excès de Dieu, le second se confronte à la théologie trinitaire plus tardive d'Augustin. Après l'avoir exposée, il en montre si clairement la faille qu'il permet un retour à une Tradition qui n'oubliait jamais que, dans les Ecritures, le nom du Fils éternel de Dieu est " le Seigneur Jésus ", dont l 'Esprit est donné à l'Eglise comme l'Amour même du Père et du Fils. Une telle audace suppose une exceptionnelle liberté intérieure, et ce livre tente d'en esquisser le chemin de croissance.
Ce livre n'est pas un traité " de la Trinité " au sens classique du mot. Son auteur n'entend pas spéculer à propos de quelque Essence suprême, cause première ou fondement de toutes choses, que la foi chrétienne qualifierait ultérieurment comme Nature - une subsistant en trois Personnes distinctes. Guidé par la lecture que certains Pères de l'Eglise ont faite de quelques textes majeurs des Ecritures, il désire rappeler que, si nous sommes baptisés " au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit " (Mt 28, 19), nous ne pouvons jamais séparer le " Nom au-dessus de tout nom " (Ph 2,9) dont Dieu a gratifié Jésus le matin de Pâques, et l'Esprit d'amour qui fait déborder, à plus intime que nos cœurs, leur éternelle communion de Père et de Fils. Il espère ainsi déplacer le regard croyant de la représentation d'où le sujet parlant s'absente vers le symbole dans lequel s'unissent le Dieu qui ne cesse de se donner et l'homme qui fait fructifier cet excès en l'accueillant avec joie. Bref, il s'efforce de penser une phrase magnifique de S. Irénée sur la signification biblique du mot " Dieu " : " Personne n'a été proclamé par l'Esprit Dieu et Seigneur de façon absolue en dehors du Dieu qui règne avec son Verbe sur toutes choses, et de ceux qui reçoivent l'Esprit de la filiation " (Contre les hérésies, IV, I, 1).
Achevées en 394, les Quinze homélies de saint Grégoire de Nysse sur le Cantique culminent dans une contemplation du Mystère pascal de Jésus. S'Il monte encore plus haut, s'Il manifeste davantage la bonté du Père quand Il descend vers notre nuit et traverse notre mort, c'est en allant "de commencement en commencement", en acceptant de n'être "rien" sans l'Esprit de leur Seigneur, que ses amis montent, eux aussi, comme l'Epouse du Cantique, de plus en plus haut vers et dans l'abîme sans terme de "la Nature bienheureuse". Ils sont "tendus vers ce qui est en avant" (Ph 3, 13) et leur élan ne se sépare pas de leur vie fraternelle, puisque chacun peut et doit apparaître à chacun comme un visage de plus pour le Christ, pour Celui qui se "façonne un Corps" (He 10, 5) dans l'humanité entière à dessein de rassembler en Lui tout l'univers pour la gloire plus grande de Dieu son Père.
Résumé : L'abbé de Clairvaux (1090-1153) pense-t-il la liberté humaine d'un point de vue métaphysique, comme un pouvoir indéterminé de dire oui ou non au principe de l'être ? S'il en était ainsi, la grâce ne serait pas nécessaire au bon usage du libre arbitre, et les affirmations de la lettre aux Romains sur l'impossibilité d'une justification par les ?uvres perdraient leur pertinence. Aussi, tenant les divines Ecritures pour l'insurpassable attestation du oui toujours plus grand que Dieu prononce en faveur de l'homme quand Il relève jésus d'entre les morts. croyant que cet Evénement attire tous les chemins des hommes au-delà de ce qu'ils peuvent imaginer, saint Bernard avance-t-il vers l'indicible accord de la grâce et de la liberté dans la prière pour que déborde à l'intime des c?urs la force de la Résurrection. N'oubliant pas que l'Evangile est l'annonce conjointe de la grâce de Dieu et de la liberté de l'homme, il mène sa recherche selon l'espérance de la Cité de Dieu. Et, s'il distingue libre arbitre, libre conseil et libre bon plaisir, c'est pour mieux admirer comment les dons de Dieu sont " sans repentance " (Rm 11, 29), comment la Charité donne la charité.
Les cent onze homélies réunies dans ce deuxième tome d'un recueil qui se distribue selon les quatre grandes divisions du temps liturgique ont été prononcées en plusieurs paroisses, et souvent réécrites, pour que soit retrouvée, plus clairement exprimée, l'intuition ou l'inspiration qui les a destinées à la louange d'une assemblée eucharistique. S'efforçant de rester au service de la Parole qui se livre " en miroir et par énigme " (1 Co 13, 12) dans les écrits de l'Ancien et du Nouveau Testament, désirant mieux faire connaître, ainsi que le prescrit Paul, que " la charité du Christ ", parfaite Image du Père, " surpasse toute connaissance " (Ep 3, 19), elles ne valent qu'à titre de chemins, aussi provisoires que défaillants, vers la douceur sans égale que le Saint-Esprit répand dans nos coeurs pour leur donner le goût d'aimer le Dieu et Père de Jésus en notre vie et plus que notre vie.
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
L'histoire du christianisme commence par l'acte de foi des disciples juifs de Jésus devant son tombeau vide: ils croient en sa résurrection et le reconnaissent comme le Messie annoncé dans la Bible. Le christianisme n'est alors qu'une de ces nombreuses religions de salut, qui multiplient les adeptes dans le monde gréco-romain. Mais d'emblée, il définit le salut comme un événement historique unique et non comme le résultat d'initiations individuelles à la façon des religions à mystères; il donne à cet événement uneportée universelle, et ouvre la communauté de Jérusalem au monde polyglotte et diversifié que vient d'unifier l'empire romain. Par là, il lie son destin à celui de Rome, ce qu'affirment très tôt les auteurs chrétiens: l'Église et l'Empire sont les deux seules structures de l'Antiquité à penser la mondialisation, ce qui facilitera la christianisation de l'État et du pouvoir au IVe siècle, après celle de la société. Or, quoi qu'on en ait, il est impossible de restituer une histoire linéaire et complète de l'Église primitive, de Jésus à saint Augustin, non plus qu'une histoire complète de la christianisation de l'Empire. La nature des sources - le plus souvent indirectes, apologétiques ou postérieures aux événements - ne permet que des approches ponctuelles, diversifiées, particulièrementriches pour certaines régions comme la Palestine, Rome et, plus encore, l'Asie Mineure. C'est donc une histoire partielle, en kaléidoscope, à travers une Bible plurielle et des groupes éclatés, très personnalisés, que retracent une soixantaine d'historiens, archéologues et biblistes, tous spécialistes de ces cinq siècles décisifs. Les chapitres de cet ouvrage, remis à jour et complétés pour ce volume, ont initialement paru dans la revue Le monde de la Bible. Il est le troisième et dernier volume du triptyque commencé, dans cette même collection, avec Le monde de la Bible (n° 88) et Aux origines du christianisme (n° 98).
Résumé : Abus sexuels, concentration de la parole et du pouvoir, exclusion des femmes : comment ces faits ont-ils été rendus possibles au sein d'une institution née pour incarner la parole de Jésus ? Avec toute la vigueur de la colère et d'un attachement authentique au message évangélique, Loïc de Kerimel va à la racine du mal : l'Eglise ne produit pas privilèges et abus comme n'importe quelle institution de pouvoir le fait ; elle est fondée sur l'affirmation d'une différence essentielle entre une caste sacerdotale, sacrée, et le peuple des fidèles. Alors que Jésus dénonce le monopole des prêtres et de la hiérarchie lévitique du Temple dans l'accès au salut, l'Eglise chrétienne naissante se dote d'une organisation similaire. Alors même que le judaïsme naissant se convertit à une spiritualité sans prêtres ni sacrifices, l'Eglise donne au repas du Seigneur, l'eucharistie, une tournure sacrificielle. Or, c'est précisément autour du monopole sacerdotal, et masculin, de cette célébration que le cléricalisme a fait système et s'est installé dans l'histoire. Tenu à l'écart des réformes, il a généré les abus de pouvoir qui gangrènent l'Eglise aujourd'hui. Un livre passionnant et nécessaire. Loïc de Kerimel est agrégé de philosophie. Il a un rôle actif dans l'Amitié judéo-chrétienne de France et au sein de la Conférence catholique des Baptisé-e-s francophones