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L'inouï de Dieu
Corbin Michel
CERF
42,00 €
Épuisé
EAN :9782204151368
Les dix-huit premiers versets de l'évangile de Jean relèventils d'une spéculation intemporelle se présentant sous une forme mythique, comme une histoire d'avant l'histoire, ou bien forment-ils le vrai " prologue " du récit qui les suit, étant eux-mêmes un " récit au carré " qui en dit autrement le centre, le Verbe de Dieu se faisant " chair " quand Il montre ses cinq plaies le soir de Pâques, et quand ses amis attestent qu'ils ont " contemplé sa gloire " (v. 14) ? La lecture croisée de quelques exégèses anciennes (Thomas d'Aquin, Jean Chrysostome, Augustin, Origène) et d'autant d'études modernes permet de trancher l'alternative en excluant toute mise entre parenthèses de l'Evénement tel que ni plus digne de Dieu ni plus bénéfi que pour les hommes ne se puisse penser.
Ce livre n'est pas un traité " de la Trinité " au sens classique du mot. Son auteur n'entend pas spéculer à propos de quelque Essence suprême, cause première ou fondement de toutes choses, que la foi chrétienne qualifierait ultérieurment comme Nature - une subsistant en trois Personnes distinctes. Guidé par la lecture que certains Pères de l'Eglise ont faite de quelques textes majeurs des Ecritures, il désire rappeler que, si nous sommes baptisés " au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit " (Mt 28, 19), nous ne pouvons jamais séparer le " Nom au-dessus de tout nom " (Ph 2,9) dont Dieu a gratifié Jésus le matin de Pâques, et l'Esprit d'amour qui fait déborder, à plus intime que nos cœurs, leur éternelle communion de Père et de Fils. Il espère ainsi déplacer le regard croyant de la représentation d'où le sujet parlant s'absente vers le symbole dans lequel s'unissent le Dieu qui ne cesse de se donner et l'homme qui fait fructifier cet excès en l'accueillant avec joie. Bref, il s'efforce de penser une phrase magnifique de S. Irénée sur la signification biblique du mot " Dieu " : " Personne n'a été proclamé par l'Esprit Dieu et Seigneur de façon absolue en dehors du Dieu qui règne avec son Verbe sur toutes choses, et de ceux qui reçoivent l'Esprit de la filiation " (Contre les hérésies, IV, I, 1).
Résumé : "Qui m'a vu a vu le Père", dit Jésus. Où chercher à découvrir le visage du Père si ce n'est dans la vie et l'enseignement de Jésus ? Il nous révèle l'infinie miséricorde de son Père, son amour pour chaque homme, sa justice et son pardon. La large méditation biblique proposée par Michel Corbin, s.j., permet de découvrir combien l'ensemble de l'écriture est focalisée sur cette révélation du Père. C'est toute la démarche chrétienne qui trouve ici sa source et son aboutissement.
Résumé : Saint Anselme, enfant d'Aoste (1033), moine et abbé du Bec (1059-1093), archevêque primat de Cantorbéry (mort en 1109), est resté célèbre pour la preuve de l'existence de Dieu qu'il a proposée dans son Proslogion (1078). Voulait-il déduire cette existence d'uni notion préalable, celle de l'Être le plus parfait qui se puisse concevoir ? La teneur négative du Nom qu'il reconnaît à Dieu ; ?" Tu es quelque chose de tel que rien de plus grand ne puisse être pensé "", la procédure négative de la preuve, l'ensemble des textes montrent au contraire, qu'il tente de décrire la percée de la divine Parole au plus intime du c?ur pour le déloger de sa suffisance et le tourner vers plus grand que lui. Comme il n'y a plu, alors de distance entre l'ontologie et la christologie, le Dieu qu'il confesse est bien le Père de Jésus-Christ, Dieu passant toute idée de Dieu dans l'Alliance qu'il scelle " une fois pour toutes" avec l'homme (Rm 6,10).
Cette introduction à l'oeuvre de S. Anselme, né en 1033 à Aoste, moine du Bec en 1059, archevêque de Cantorbéry en 1093, mort en avril 1109, s'efforce de rétablir la cohérence propre et le style originel d'un itinéraire d'"intellectus fidei" dont trois contresens, aujourd'hui encore, interdisent l'accès. Dénonçant successivement : la prétendue méthode " rationnelle " pour démontrer les vérités de la foi, l'argument dit " ontologique " et la théorie de la rédemption de l'homme par la " satisfaction " vicaire du Christ ; proposant une lecture complète du [? ]ionnel que ce Père et Docteur de l'Eglise reconnaît à son Dieu : " Nous croyons que Tu es quelque chose de tel que plus grand ne se puisse penser " (c. II). Respectant la conjonction d'une négation, d'un comparatif et d'un renversement dans cette formule soigneusement choisie, recherchant comment peuvent y coexister, et même coïncider, une désignation positive, puisque Dieu est " quelque chose ", et une signification négative, puisqu'il est impossible de se placer, même en pensée, au-dessus de Lui, elle montre donc, peu à peu, qu'une telle nomination de Dieu dans la double interdiction de l'idole et de la superbe ne renvoie pas à quelque Etre suprême qui serait le garant d'une raison souveraine, mais à l'Evénement pascal de Jésus Christ où le vrai Dieu déborde la dignité de Dieu par son alliance avec l'homme.