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Ecrire, compter, mesurer. Vers une histoire des rationalités pratiques
Coquery Natacha ; Menant François ; Weber Florence
ULM
35,50 €
Épuisé
EAN :9782728803729
Quelles sont les conditions sociales et intellectuelles de la mise en ?uvre d'un calcul économique? Comment rendre compte des aspects cognitifs et rituels des pratiques économiques? En portant attention aux techniques intellectuelles utilisées par les acteurs économiques, dans leur matérialité mémé, les chercheurs réunis ici, historiens et anthropologues, ont découvert de surprenantes convergences entre l'histoire des mathématiques chinoises et celle du Moyen Age occidental, de surprenantes continuités entre les façons de tenir ses comptes du XVIe au XVIIIe siècle. Ils ont surtout mieux compris l'intérêt de confronter des données issues d'univers sociaux éloignés: loin de tenir pour acquise la partition du monde entre ce qui est économique et ce qui ne l'est pas, leur questionnement porte sur les modalités du calcul pratique et en restitue les cadres rituels et cognitifs. Un livre stimulant pour qui sait se laisser dépayser et revenir ensuite aux questions posées par la diffusion des outils de la science économique dans le monde contemporain.
A la fin du XVIIIe siècle, le sucre autrefois considéré comme un produit de luxe devient un aliment nécessaire pour une partie des classes populaires. Le fil conducteur de cet ouvrage consiste à comprendre comment le sucre s'est diffusé dans l'alimentation des Français au XVIIIe siècle, selon quels vecteurs, quelle chronologie et quelles sont les transformations économiques, sociales et culturelles induites par la consommation croissante du nouvel aliment. L'étude porte sur la vallée de la Loire, de Nantes, un des premiers ports coloniaux du royaume, à Orléans, premier centre de raffinage. Ce livre éclaire la croissance du trafic ligérien, l'essor des détaillants (limonadiers, épiciers, confiseurs) et surtout la naissance d'une industrie, les raffineries de sucre, qui comptent parmi les premières manufactures agroalimentaires. L'originalité de cet ouvrage est d'envisager la distribution du sucre de manière totale, de l'échelle européenne à l'échelle locale, du port à la boutique et à la table des Français, à la croisée de l'histoire économique, politique, culturelle et sociale.
LES BREGUET, BERTHOUD, LE ROY, JANVIER, LEPAUTE ont tous contribué à la renommée internationale de l'horlogerie pari-sienne des Lumières. Cette étude propose d'aller plus loin et d'embrasser plus largement les horlogers et leur production. Elle interroge l'envie de maîtrise du temps des hommes du XVIIIe siècle, chacun selon sa position, et l'évolution de la consommation horlogère qui en découle. Loin de se cantonner aux objets précieux, l'horlogerie parisienne fournit une clientèle de plus en plus vaste. Mais le coeur de ce livre, ce sont les horlogers parisiens eux-mêmes. Décrits dans leur métier d'excellence, dans leur environnement géographique et socioprofessionnel, ces hommes se montrent avec leurs réussites et leurs défaillances, y compris les déboires auxquels ils sont confrontés au tournant du XIXe siècle. L'originalité du travail de Marie-Agnès Dequidt est d'appeler à témoigner toutes les catégories d'horlogers sans se limiter aux plus connus. Ainsi l'exemple aussi rare que riche d'informations de l'horloger Héroy, qui se laisse appréhender par l'intermédiaire de sa correspondance, donne-t-il vie à une étude à la croisée des histoires de la consommation, de la culture, de l'économie, du luxe et du travail.
Les Guides imprimés du XVIe au XXe siècle. Villes, paysages, voyages reflète le colloque consacré à l'histoire des guides qui accompagnent les " touristes " européens depuis la Renaissance jusqu'à nos jours, depuis les voyages des humanistes et le " Grand tour " des élites sociales jusqu'au tourisme de masse. Cette histoire, qui n'est pas linéaire, relève de plusieurs champs disciplinaires : l'histoire du livre, de l'édition et de la lecture, l'histoire des villes, des paysages et de l'espace ; l'histoire des voyages, des mobilités et de l'accueil. Elle invite à opérer des rapprochements et des recoupements avec des genres littéraires proches (récits de voyages, dictionnaires, chroniques et histoires...). Le colloque s'est tenu à l'université Paris VII-Denis Diderot, les 3, 4 et 5 décembre 1998 ; la rencontre était organisée en collaboration avec le Centre d'Histoire Urbaine de l'ENS de Fontenay/Saint- Cloud, du Centre d'Histoire de la Ville de l'université François Rabelais de Tours, de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de l'université de Limoges et de l'université de Marne-la-Vallée.
Résumé : Cette histoire est celle des Africains et non plus seulement celle de leur découverte par le monde occidental. Ce fut en effet une époque de bouleversements internes : à l'ouest, les guerres saintes (jihad) de conquête et de conversion à l'islam ; à l'est, l'expansion du sultanat esclavagiste de Zanzibar ; au sud, les réactions en chaîne dues à l'avancée des Blancs ; au centre, la floraison de seigneurs de guerre esclavagistes... Sauf aux deux extrémités (Maghreb et Afrique du Sud), l'intervention des Européens apparut longtemps comme un phénomène mineur. Certes, la révolution industrielle occidentale a joué le rôle de catalyseur d'une intégration accélérée du continent dans le système mondial de l'époque, d'où une série de ruptures : fin de la traite atlantique, début de l'exploitation internationale de matières premières agricoles et bientôt minières, création des premières colonies. Mais ces processus se sont inscrits dans la continuité de l'histoire des peuples et des cultures. Les Africains ont réagi en puisant dans leur patrimoine avec une remarquable capacité d'invention, qui s'explique en partie par un long passé d'assimilation culturelle. Le XIXe siècle a provoqué un formidable métissage culturel dans des sociétés qui n'en conservaient pas moins l'illusion qu'elles pourraient en exploiter elles-mêmes les fruits, en Egypte comme en Afrique noire. L'ouvrage privilégie à la fois les différenciations régionales et les thèmes récurrents à l'ensemble du continent, soulignant la rapide diffusion hors Afrique du Nord d'un islam populaire, l'introduction encore ponctuelle mais décisive du christianisme, la généralisation du mode esclavagiste, l'essor des villes, la transformation des rapports de genre et l'émergence de formes culturelles nouvelles fondées, entre autres, sur l'usage de l'écriture. L'histoire de ce déséquilibre et des énormes soubresauts qu'il a engendrés aide à comprendre les difficultés auxquelles est confrontée l'Afrique du XXe siècle. Catherine Coquery-Vidrovitch, ancienne élève ENS, est professeur d'histoire contemporaine à l'Université Paris VII-Denis Diderot et directrice de la formation doctorale " Dynamiques comparées des sociétés en développement " . Elle a notamment publié Afrique noire. Permanences et ruptures (2e éd. révisée, L'Harmattan, 1992), Histoire des villes d'Afrique noire des origines à la colonisation (Albin Michel, 1993), L'Afrique noire de 1800 à nos jours (en coll. , 4e éd. révisée, PUF, 1994) et Les Africaines. Histoire des femmes d'Afrique du XIXe au XXe siècle (Desjonquères, 1994). Les hommes et leur environnement. Climat et démographie. L'islam politique et guerrier. Maghreb et Afrique occidentale avant la conquête. L'islam politique et marchand : L'Afrique orientale. La résistance de l'animisme. Ouverture et introversion : l'Afrique centro-occidentale. La rencontre des civilisations : L'Afrique du Sud. L'intervention coloniale. Les innovations du siècle.
Cuore ("C?ur"), que les Italiens appellent couramment Le livre C?ur, a été le texte le plus lu en Italie entre sa publication en 1886 et la fin des années 1960. Reconstituant les multiples événements d'une année scolaire vécue par des enfants de Turin, il a connu une immense fortune littéraire avant de susciter chez certains intellectuels comme Umberto Eco une profonde et spirituelle aversion. Depuis sa traduction incomplète et approximative en 1892, on ne disposait d'aucune édition critique intégrale en français de ce livre, dont la portée pédagogique et politique pour l'Italie de la fin du XIXe siècle est comparable à celle du Tour de la France par deux enfants sous la IIIe République, et qui permet d'appréhender l'alchimie rêvée des vertus individuelles, civiques et patriotiques dans l'Italie libérale et bourgeoise une génération après son unification. Lire Le livre C?ur aujourd'hui, que l'on soit captivé ou irrité par l'abondance des bons sentiments qui s'y expriment, c'est d'abord vouloir retrouver une société où les apprentissages personnels prennent leur sens en incarnant une communauté nationale idéale.
Si la vie sociale est orientée par une diversité de valeurs, parfois conflictuelles, celles-ci deviennent visibles dans les choses que fabriquent, échangent et collectent les individus. Comment la diversité des valeurs s'insère-t-elle dans l'hétérogénéité de la matière pour lui donner une consistance sociale ? En quoi la matérialité d'un objet donne-t-elle prise à plusieurs formes de valorisation ? Ces questions ouvrent un champ d'étude au croisement de l'anthropologie des arts et de la culture matérielle. A partir d'enquêtes de terrain menées sur tous les continents, ce livre collectif élabore une réflexion commune dans le cadre du musée du quai Branly, en l'ouvrant à d'autres espaces dans lesquels les choses sont conservées et exposées avec des valeurs différentes. Les matérialités analysées dans ces études peuvent servir à la fabrication d'objets d'apparat (maisons, parures, statues) ou résulter de dégradations organiques (restes d'humains ou d'oiseaux) ou apparaître dans des infrastructures technologiques (séance de cinéma). En les inscrivant dans des biographies culturelles au cours desquelles les valeurs se transforment, l'étude de ces matérialités permet de suivre la genèse de valeurs que leur exposition dans un musée peut faire voir comme contradictoires. En revenant sur leur provenance, elle en dessine des futurs possibles.
Qu'elle s'appuie sur l'ornement, la peinture corporelle, le masque ou le pictogramme, la mémoire des peuples "sans écriture" a toujours paru labile, désordonnée, vouée à l'échec. Les "supports mnémoniques" dont parlent les historiens de l'écriture à propos de ces traditions sont régulièrement décrits connue des tentatives avortées de reproduire la forme extérieure d'un objet, ou des moyens graphiques simples d'exprimer des concepts élémentaires. Ce livre nous présente les résultats d'une vaste enquête anthropologique menée en Amérique indienne et en Océanie. Il analyse nombre de ces dispositifs visuels, tout en étudiant les contextes d'énonciation rituelle qu'ils impliquent et démontre une tout autre hypothèse: il existe une voie de la représentation chimérique par laquelle s'inventent des arts de la mémoire non occidentaux. Rien d'imitatif dans ces "supports mnémoniques" dont la forme mobilise le regard et invite à les décrypter. Ils sont les témoins visuels d'une série d'opérations mentales condensées en images efficaces, intenses et fragmentaires à la fois. Un nouveau champ de recherche s'ouvre grâce à l'étude de ces traditions iconographiques et orales qui concerne l'histoire des arts autant que l'ensemble des sciences sociales - une anthropologie de la mémoire.