Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Portraits & Rencontres
Contat Michel
ZOE
19,00 €
Épuisé
EAN :9782881825255
Michel Contat est surtout connu comme le premier spécialiste de Sartre, dont il fut l'ami. Mais, en tant que journaliste littéraire et musical (notamment au Monde et à Télérama), en tant que chercheur aussi, il a rencontré depuis une quarantaine d'années un bon nombre d'écrivains et de musiciens de jazz (il est saxophoniste amateur) avec qui il a parfois noué des relations d'amitié, comme Max Frisch, Paul Nizon, Paul Auster, Serge Doubrovsky ou Sonny Rollins. Il donne ici les portraits qu'il a tracés d'eux ou les entretiens réalisés au fil des années. Comme il a l'habitude de se camper discrètement dans un coin du tableau, ces portraits à la première personne et ces rencontres avec des hommes (et une femme) remarquables constituent aussi une sorte d'autobiographie par les autres pour cet écrivain qui pense qu'écrire, aujourd'hui, c'est assumer son " je " sans se pousser du col.
Résumé : " Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers, picoté par les blés, fouler l'herbe menue : Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds. Je laisserai le vent baigner ma tête nue. "
Jean-Pierre de Claris, chevalier de Florian (1755-1794) naquit à Sauve (Gard) au pied des Cévennes. Disciple apprécié de Voltaire, celui-ci le nommait Floriannet à cause de sa petite taille. Son protecteur, le duc de Penthièvre, l'appelait Pulcinella. Florian fut le second fabuliste français après La Fontaine. Comme celui-ci, il a laissé des expressions courantes dans notre langue : Pour vivre heureux, vivons cachés, A chacun son métier et les vaches seront bien gardées, Sans un peu de travail, il n'est point de plaisir, etc. Il peut être considéré aussi comme le grand maître de la pastorale avec Estelle et Némorin, ou Galatée. Il fut également le père de l'Arlequin moderne et le champion de la romance, avec Plaisir d'amour, chanson populaire dont il écrivit les paroles, et Martini, la musique. Les Félibres du Midi estiment que Florian est leur ancêtre pour avoir écrit en provençal la chanson d'Estelle. Conteur, beau parleur, Florian enchanta les salons parisiens de la fin du XVIIIème siècle. De santé fragile, il fut emporté par la phtisie galopante à 39 ans.
En mars 1975, Jean-Paul Sartre décide de rendre publique la demi-cécité qui a détruit son métier d'écrivain. Avec Michel Contat, l'un des spécialistes de son œuvre et aussi l'un de ses proches, il enregistre à Junas, chez Arlette Elkaïm-Sartre, la matière d'une interview destinée à paraître dans Le Nouvel Observateur à l'occasion de ses 70 ans. Entre le vieil homme frappé dans sa santé et le jeune homme qui l'aime et l'admire,se noue un dialogue émouvant, où chacun s'efforce d'être vrai, tout en pensant au public qui lira le texte dans un grand journal. Les cassettes de cet entretien avaient été conservées ; elles ont été diffusées par France Culture en octobre 2001. Voici maintenant ce document irremplaçable proposé au public.
Résumé : Il y a So Ra, la grande soeur douce et rêveuse ; Na Na la cadette, déterminée et libre ; et Na Ki, le frère de coeur, qui cache un lourd secret derrière son sourire fêlé. A tour de rôle, ils prennent la parole et racontent : leur rencontre et l'enfance dans l'appartement commun, un demi-sous-sol divisé en deux par une cloison ; le séjour de Na Ki au Japon d'où il est revenu changé ; la grossesse de Na Na, enceinte d'un homme qui n'est pas encore son mari. A travers le récit croisé de ces voix qui reflètent chacune un imaginaire propre, événements et situations se déploient dans toutes leurs nuances. Lumineuse ou mélancolique, d'une fraîcheur candide ou d'une sourde violence, l'écriture de Hwang Jungeun saisit la trajectoire de ces personnages tellement attachants, capte leurs contradictions et leurs espoirs.
La France est secouée par des émeutes. Patrick, policier suisse dépêché par Europol, se trouve en Seine-Saint-Denis, département 9-3, dans la couronne parisienne. Il mène l enquête au c ur d organisations mafieuses chinoises, mais les circonstances vont le rendre témoin du fossé qui se creuse entre la police française et la population, notamment en banlieue. Patrick nous entraîne dans le sillage de bandes de jeunes Français et dans l univers d un commissariat, et il constate que son métier de flic de banlieue disparaît pour ne laisser place qu au seul maintien de l ordre, par une police qui se comporte comme une armée d occupation. Une histoire de flics, écrite par un flic, qui oscille entre la nostalgie des romans policiers style Quai des Orfèvres et les défis que doivent maintenant relever les polices d Europe. Troisième récit de Patrick Delachaux, Grave Panique est la véritable histoire de l une des dernières missions du policier Delachaux.
C'était au mois de juin de l'année 1976. C'était le début des grandes vacances de mes treize ans. C'était l'année de la sécheresse.Des wagons-citernes acheminaient de l'eau puisée au fond des lacs vers les villages; sous un ciel aussi jaune que du papier maïs, les militaires avec leurs camions et leurs motopompes s'occupaient des arrosages de secours pour sauver les plantations qui pouvaient encore l'être. Les autorités avaient activé le plan ORCA.Il ne pleuvait plus depuis des semaines; comme il n'avait pas neigé sur les montagnes durant l'hiver, les nappes phréatiques ne s'étaient pas remplies au printemps. Tout était sec en dessous, tout était sec en surface et notre campagne ressemblait à un vieux biscuit dur. Certains disaient que le soleil s'était soudain rapproché de la Terre; d'autres disaient que la Terre avait changé d'axe et que c'était elle qui, au contraire, était attirée par le soleil. Je pensais que cette chaleur particulière était causée par un astéroïde tombé non loin de chez nous, par un gros corps céleste constitué d'un métal inconnu dégageant des vapeurs toxiques invisibles. Comment expliquer autrement que par des gaz lentement diffusés vers les maisons du village nous empoisonnant à notre insu la modification insidieuse du caractère de maman, sa transformation en une autre personne, la perte de la maîtrise de nos vies au cours de cet été, la fin du monde de mon enfance?Depuis quelques jours, Rudy me disait que l'herbe sentait mauvais. Quand je lui avais demandé pourquoi, il m'avait répondu triste et sérieux que c'était parce qu'elle souffrait. Rudy était exactement le genre d'individu capable d'imaginer une végétation qui manifesterait son inconfort par une transpiration malodorante. Dans l'air de notre arrière-cour parsemée de brins d'herbe malingres piétines par le bétail, il planait une odeur de céleri et de soufre. Le vert terne du lierre agrippé au muret du jardin potager était devenu presque noir. Le soleil chauffait la pierre, froissait ses feuilles, en tordait les tiges ratatinées qui faisaient un dernier effort pour ne pas se détacher de leur branche et basculer dans le sol sablonneux. En m'approchant pour observer les crampons de la plante, pareils à de minuscules poings serrés par le désespoir, je devais bien admettre qu'elle puait.
Voici trois textes réunis autour d'un sujet rarement traité par Bouvier : son enfance. Dans le récit central éponyme, l'écrivain raconte les étés passés dans la propriété des grands-parents maternels et comment, petit garçon de huit ans, il triompha de l'"une des figures les plus détestées de [s]on enfance" : Bertha, la gouvernante prussienne tyrannique.