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Ralph Waldo Emerson. L'Amérique à l'essai
Constantinesco Thomas ; Duplay Mathieu
ULM
21,00 €
Épuisé
EAN :9782728804733
Extrait Écrire la nature C'est avec la parution de Nature en 1836 que l'histoire littéraire a coutume de dater la naissance du transcendantalisme. Commencé à l'automne 1833, lors de la traversée de l'Atlantique qui ramène Emerson de son premier voyage en Europe, et terminé trois ans plus tard, quelques mois après le décès brutal de son frère Charles en mai 1836, ce bref volume fait figure de manifeste. Le texte s'ouvre en effet sur une impérieuse déclaration d'indépendance et celui qui prend alors la parole - appelons-le Emerson - affirme vouloir retrouver une «relation originale à l'univers» afin d'élaborer une «théorie de la nature» qui permette de percer le secret de la «création» et rende raison de 1'«ordre» du monde. Or, l'exploration des «usages» et des «fins» de la nature conduit à déceler dans les formes sensibles des symboles de l'esprit, de sorte que l'observation de la nature équivaut in fine pour le sujet à contempler sa propre image. La mise au jour de la correspondance entre l'esprit et la matière annule la distance qui les sépare, consacrant l'union du sujet à lui-même et au monde. La théorie des correspondances qui sous-tend Nature a pour horizon l'avènement d'une coïncidence immédiate : elle cherche à se passer des structures intermédiaires et relève d'une logique de l'absolu où le sujet s'affranchirait de toutes les médiations, où toutes les différences seraient enfin résorbées dans la fusion du moi et du monde. C'est toutefois sur un ton étonnamment mélancolique qu'Emerson revient, huit ans plus tard, sur le rapport de l'homme à la nature et rouvre ce chapitre que l'on pensait clos. Dans «Nature», qui paraît en 1844 dans Essays : Second Series, l'affirmation exaltée de la puissance de l'esprit cède la place à l'aveu désenchante de l'impuissance du sujet à coïncider avec la nature : confronté à un dehors en perpétuelle métamorphose, ce dernier constate son impossible adéquation à ce qui non seulement l'excède, mais se dérobe à toute tentative de saisie. Découvrant l'inanité de ses rêves de congruence, la pensée prend acte de sa défaite à convertir la nature opaque en double transparent de l'esprit, tandis que le sujet reconnaît sa condition de créature déchue et se désole d'être devenu le jouet d'une nature qu'il avait cru à tort pouvoir dominer. Une telle lecture revient à partager la carrière d'Emerson entre l'enthousiasme des jeunes années et l'acceptation progressive du tragique de l'existence. Pour beaucoup, l'évolution d'Emerson vers un scepticisme grandissant se voit même confirmée à la lecture de «The Method of Nature», prononcé en 1841. Pivot de cette triade de textes, cette conférence amorcerait le renversement de perspective qu'accomplira l'essai de 1844, puisque Emerson y décrit déjà une nature inchoative, fluide, métamorphique - en un mot, insaisissable -, et un sujet conscient de sa propre finitude. Le mouvement du texte, qui opère par substitutions successives et ne pose de sujet du discours que pour mieux le retirer aussitôt, vient lui-même reproduire la dynamique transférentielle de la nature : comme si elle n'avait d'autre choix pour rejoindre un objet lui-même fuyant, l'écriture mime la méthode «extatique» de la nature, différant à jamais l'élucidation de son secret. La pensée semble alors prendre pour modèle l'excès à l'oeuvre dans la nature et renonce à y traquer sa propre image, sinon sous la forme d'un reflet brisé.
Résumé : En 1868, alors que ses premières nouvelles viennent de paraître en revue et qu'il n'a pas encore entrepris la rédaction de son premier roman, Henry James commence également une carrière parallèle et méconnue de critique d'art. C'est en amateur éclairé, mais aussi en observateur implacable, qu'il poursuivra cette activité jusqu'en 1897. A partir de 1872, il est chargé d'écrire une chronique mensuelle pour le magazine The Atlantic. Au total, il composera une soixantaine d'articles, de portraits et de comptes rendus, tous inédits en français et dont la plupart restent même ignorés de ses lecteurs les plus assidus outre-Atlantique. Cet ouvrage, issu d'un atelier de traduction mené à l'université Paris Diderot, propose une sélection d'une quinzaine de textes qui portent à la fois sur des grandes figures de l'histoire de la peinture, comme Rubens ou Vélasquez, et sur des artistes et des mouvements contemporains de James, comme John S. Sargent, les Impressionnistes ou Honoré Daumier. Ils s'intéressent aussi aux Salons londoniens et aux premiers musées américains, ainsi qu'à la fonction esthétique et sociale de la critique d'art, à la lumière notamment du procès qui opposa Whistler à Ruskin en 1878. Les rassemble l'acuité d'un regard, souvent féroce et toujours ironique, qui confirme le jugement porté très tôt par John La Farge, pour qui James possédait "l'oeil du peintre". S'ils reflètent d'abord les principaux centres d'intérêt de James en matière de peinture et témoignent de la manière dont l'époque victorienne envisage l'histoire de l'art, ces textes apportent également un éclairage décalé sur plusieurs des grands thèmes qui font la trame des fictions jamesiennes, en particulier, l'opposition entre l'Europe et l'Amérique et les rapports, privilégiés et antagoniques, entre littérature et peinture. Enfin, ils sont surtout l'oeuvre d'un grand écrivain passionné d'art dont on voit la prose, superbe, se complexifier au fil des ans et annoncer la flamboyante des derniers romans.
Lisbeth Salander et Mikael Blomkvist, encore meurtris par leur rencontre avec Alexander Zalachenko, se retrouvent pour enquêter sur un complot au coeur des services secrets américains.
A la fin de la République romaine, deux figures contrastées ont dominé la scène philosophique le Romain Cicéron et Philodème de Gadara, un Oriental hellénisé. Le rôle de Cicéron est bien connu, au moins comme historien de la philosophie ; celui de Philodème, le maître épicurien de la baie de Naples, commence seulement à l'être, depuis que sont réédités scientifiquement les textes transmis par les papyrus d'Herculanum. Il restait à étudier de près les liens unissant ces deux contemporains dont les ?uvres présentent des problématiques qui méritent d'être comparées, sur la politique, l'éthique, la théologie et surtout sur l'esthétique (rhétorique, poétique et musique) tel est l'objet de ce volume qui rassemble une bonne vingtaine de contributions de spécialistes français et étrangers. Leurs travaux font apparaître la fécondité philosophique des polémiques conduites par Cicéron et par Philodème et dessinent des perspectives nouvelles et prometteuses pour l'étude de la polémique philosophique en milieu romain.
Si la vie sociale est orientée par une diversité de valeurs, parfois conflictuelles, celles-ci deviennent visibles dans les choses que fabriquent, échangent et collectent les individus. Comment la diversité des valeurs s'insère-t-elle dans l'hétérogénéité de la matière pour lui donner une consistance sociale ? En quoi la matérialité d'un objet donne-t-elle prise à plusieurs formes de valorisation ? Ces questions ouvrent un champ d'étude au croisement de l'anthropologie des arts et de la culture matérielle. A partir d'enquêtes de terrain menées sur tous les continents, ce livre collectif élabore une réflexion commune dans le cadre du musée du quai Branly, en l'ouvrant à d'autres espaces dans lesquels les choses sont conservées et exposées avec des valeurs différentes. Les matérialités analysées dans ces études peuvent servir à la fabrication d'objets d'apparat (maisons, parures, statues) ou résulter de dégradations organiques (restes d'humains ou d'oiseaux) ou apparaître dans des infrastructures technologiques (séance de cinéma). En les inscrivant dans des biographies culturelles au cours desquelles les valeurs se transforment, l'étude de ces matérialités permet de suivre la genèse de valeurs que leur exposition dans un musée peut faire voir comme contradictoires. En revenant sur leur provenance, elle en dessine des futurs possibles.
Qu'elle s'appuie sur l'ornement, la peinture corporelle, le masque ou le pictogramme, la mémoire des peuples "sans écriture" a toujours paru labile, désordonnée, vouée à l'échec. Les "supports mnémoniques" dont parlent les historiens de l'écriture à propos de ces traditions sont régulièrement décrits connue des tentatives avortées de reproduire la forme extérieure d'un objet, ou des moyens graphiques simples d'exprimer des concepts élémentaires. Ce livre nous présente les résultats d'une vaste enquête anthropologique menée en Amérique indienne et en Océanie. Il analyse nombre de ces dispositifs visuels, tout en étudiant les contextes d'énonciation rituelle qu'ils impliquent et démontre une tout autre hypothèse: il existe une voie de la représentation chimérique par laquelle s'inventent des arts de la mémoire non occidentaux. Rien d'imitatif dans ces "supports mnémoniques" dont la forme mobilise le regard et invite à les décrypter. Ils sont les témoins visuels d'une série d'opérations mentales condensées en images efficaces, intenses et fragmentaires à la fois. Un nouveau champ de recherche s'ouvre grâce à l'étude de ces traditions iconographiques et orales qui concerne l'histoire des arts autant que l'ensemble des sciences sociales - une anthropologie de la mémoire.