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Littérature de jeunesse au présent. Tome 2, Genres graphiques en question(s)
Connan-Pintado Christiane ; Béhotéguy Gilles
PU BORDEAUX
24,00 €
Épuisé
EAN :9791030004939
Le présent ouvrage prolonge un premier volume intitulé Littérature de jeunesse au présent. Genres littéraires en question(s) qui portait sur l'appropriation des genres canoniques – roman, théâtre et poésie – par les livres pour la jeunesse. Il s'agit d'interroger les trois autres genres de ce champ éditorial : l'album, la bande dessinée et le conte, ici réunis sous la bannière des "genres graphiques". Largement prépondérant, l'album, seul genre propre à l'enfance, se subdivise en une infinité de sous-genres thématiques et formels et empiète volontiers sur les autres catégories. Si les classements proposés tentent d'ordonnancer une production aussi foisonnante que diverse, ne sont pas ignorés pour autant les phénomènes d'hybridation et de transgénéricité qui affectent les oeuvres abordées, par exemple si le théâtre s'introduit dans l'album ou si le manga et la bande dessinée s'emparent du conte. Explorant les différentes facettes de la relation texte/image, les études proposées ont vocation à fournir des outils pour l'enseignement de la littérature graphique, plébiscité aujourd'hui de l'école primaire à l'université.
Depuis la promulgation de la loi Taubira qui, en 2001, institue l'esclavage comme crime contre l'humanité et prescrit son enseignement dans les classes, l'édition pour la jeunesse et la recherche se sont emparées de cette question vive. Ce contexte mémoriel, éditorial et scientifique invite à étudier, au plan historique et littéraire, la prise en compte de l'esclavage dans les livres pour la jeunesse, ses modalités et ses enjeux. Il s'agit d'interroger le genre de la fiction historique, ses atouts et ses limites dans un domaine régi par une tension permanente entre le docere et le placere.
Pour étudier le phénomène que nous nommons épanchement du conte dans la littérature, nous aurons à questionner le dialogue permanent que la littérature et l'expérience littéraire entretiennent avec le domaine des contes, sur le mode de l'innutrition ou de la réappropriation. Territoire passionnant au regard de la poétique des genres, le conte se prête à tous les jeux de l'hybridation en se mêlant aux autres formes littéraires qu'il transpose, dilue ou incorpore. Outre les réécritures proprement dites, les amalgames de contes, les migrations de personnages, il faut envisager une présence des contes moins flagrante, au détour des phrases, des formules, des clins d'oeil qui font écho à l'encyclopédie du lecteur, en somme, les phénomènes intertextuels dans leur diversité. Les contes peuvent être vus comme un vaste réservoir de formes, de formules et d'images qui servent de passe-partout pour franchir les frontières entre les genres littéraires, et de signes de reconnaissance pour instaurer une connivence avec le lecteur. L'épanchement du conte dans la littérature engendre d'infinies combinaisons narratives et textuelles, et ces opérations de métissage concernent les thématiques, les structures, l'écriture, jusqu'à la langue qui, au-delà de la fiction, se trouve elle-même nourrie par les allusions, mentions et références qui l'émaillent d'éclats merveilleux. Certes on pourrait ne voir dans ces incidences que clichés, formules figées à la manière des métaphores lexicalisées, stéréotypes langagiers et culturels, mais les exemples sont si nombreux et témoignent d'une telle mainmise des contes sur la littérature qu'ils méritent toute notre attention. La réflexion se répartit en quatre volets dans lesquels ne sont pas distinguées littérature tout court et littérature de jeunesse. Sont abordés successivement l'emprise singulière des contes sur certains univers d'auteurs, les réécritures des contes de Perrault, le franchissement des frontières génériques, la manière dont les contes sont enseignés.
Prolongeant un premier volume paru en 2020 (" Modernités" 45), le présent ouvrage poursuit l'étude des récits d'esclavage publiés en France, traductions comprises, dans la littérature pour la jeunesse. Il ouvre de nouvelles pistes de recherche, en raison de l'extension continue du corpus et de l'attention portée à cette question vive par l'édition, la recherche et le champ culturel le plus large. Cette volonté de sensibilisation reflète le contexte de ce début de XXIe siècle qui prête une attention soutenue aux minorités, se penche sur les non-dits de l'histoire et multiplie les actions pour mieux faire connaître et comprendre les tragédies du passé, en accord avec la formule de Michelet : "il faut faire parler les silences de l'Histoire". Depuis la promulgation de la loi Taubira qui, en 2001, a reconnu l'esclavage comme crime contre l'humanité et rendu son enseignement obligatoire, les publications pour la jeunesse se multiplient dans le secteur éditorial du livre de jeunesse, au prisme des genres littéraires qui visent les différentes tranches d'âge de son lectorat : album, roman et bande dessinée en particulier s'emploient à conjuguer les moyens de la fiction et les apports documentaires. De plus, ont été mis au jour nombre de titres anciens qui se signalent par leur portée abolitionniste. Aussi divers soient les ouvrages - en raison de leur date de publication, du genre littéraire investi ou du destinataire ciblé -, on peut néanmoins distinguer quelques invariants propres à cette production destinée : elle privilégie les héros enfants ou adolescents pour favoriser l'identification du jeune lecteur ; elle atténue les violences les plus insoutenables pour le ménager ; et par-dessus tout, elle est animée par la volonté de mettre au jour une page d'histoire longtemps éludée. Les contributeurs se sont emparés de ces questions en lien avec la mission formatrice des livres de jeunesse, aussi les chapitres de l'ouvrage témoignent-ils d'un objectif commun : il s'agit de transmettre l'histoire de l'esclavage à travers la littérature, l'iconographie, l'enseignement.
Cet ouvrage s'inscrit dans le cadre de GENERATIO, programme quinquennal de recherche de la Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine qui étudie la construction des jeunes générations en Europe du XIXe siècle à nos jours. Il fait suite à un premier volume portant sur les livres pour enfants publiés en France depuis 1945. Il s'agit ici d'interroger les représentations du genre à travers un éventail de contributions consacrées aux livres pour la jeunesse dans différents pays d'Europe depuis deux siècles. Cette contextualisation élargie invite à considérer la dimension paradoxale d'une littérature qui ambitionne d'abolir les frontière - de la "république de l'enfance" de Paul Hazard à IBBY - alors même que les contextes nationaux conditionnent fortement la production et la réception des livres, partant les représentations du masculin et du féminin. L'organisation de l'ouvrage ne se fonde ni sur une chronologie ni sur une répartition géographique, mais s'articule autour de trois axes pour aborder la question du genre : la mise en valeur du féminin, le poids des contextes, les phénomènes de sérialité. Il s'agit soit de porter un regard rétrospectif sur une production ancienne, parfois enfouie, et de la revisiter à la lumière des travaux récents sur le genre, soit de considérer les livres publiés aujourd'hui et le miroir qu'ils tendent au jeune lecteur. Qui sont les héros emblématiques : garçons et/ou filles ? Que disent-ils des sociétés dans lesquelles ils s'inscrivent, de leur vision de l'enfance et de la construction d'une jeunesse ?
Regourd François ; Castelnau-l'Estoile Charlotte d
Comment les empires de l'époque moderne ont-ils gouverné à distance des terres lointaines encore méconnues ? Comment la collecte et la diffusion des savoirs sur les espaces d'outre-mer ont-elles été organisées ? Quelles étaient les finalités de cet effort de connaissance dirigé vers les périphéries du monde moderne européen ? Les liens complexes et ambigus qu'entretiennent les savoirs et les pouvoirs politiques ou religieux au sein des espaces impériaux de l'Ancien Régime sont au coeur du livre. Nourri des récents renouvellements de la recherche dans les domaines de l'histoire des savoirs et des pouvoirs impériaux, l'ouvrage illustré d'une trentaine de documents rares pose la question de la connaissance du monde et de l'"autre" dans une perspective impériale, au cours de la première vague de l'expansion européenne, 16-18e siècles. Adoptant une démarche comparatiste entre trois empires majeurs de l'époque moderne (Espagne, France et Portugal), alternant études spécialisées et articles de synthèse rédigés par des spécialistes internationaux originaires du Brésil, d'Espagne, des Etats-Unis, de France, du Mexique et du Portugal, l'ouvrage met à la disposition du public français des clés originales pour comprendre les fondements intellectuels qui sont aux origines de la mondialisation.