Pour étudier le phénomène que nous nommons épanchement du conte dans la littérature, nous aurons à questionner le dialogue permanent que la littérature et l'expérience littéraire entretiennent avec le domaine des contes, sur le mode de l'innutrition ou de la réappropriation. Territoire passionnant au regard de la poétique des genres, le conte se prête à tous les jeux de l'hybridation en se mêlant aux autres formes littéraires qu'il transpose, dilue ou incorpore. Outre les réécritures proprement dites, les amalgames de contes, les migrations de personnages, il faut envisager une présence des contes moins flagrante, au détour des phrases, des formules, des clins d'oeil qui font écho à l'encyclopédie du lecteur, en somme, les phénomènes intertextuels dans leur diversité. Les contes peuvent être vus comme un vaste réservoir de formes, de formules et d'images qui servent de passe-partout pour franchir les frontières entre les genres littéraires, et de signes de reconnaissance pour instaurer une connivence avec le lecteur. L'épanchement du conte dans la littérature engendre d'infinies combinaisons narratives et textuelles, et ces opérations de métissage concernent les thématiques, les structures, l'écriture, jusqu'à la langue qui, au-delà de la fiction, se trouve elle-même nourrie par les allusions, mentions et références qui l'émaillent d'éclats merveilleux. Certes on pourrait ne voir dans ces incidences que clichés, formules figées à la manière des métaphores lexicalisées, stéréotypes langagiers et culturels, mais les exemples sont si nombreux et témoignent d'une telle mainmise des contes sur la littérature qu'ils méritent toute notre attention. La réflexion se répartit en quatre volets dans lesquels ne sont pas distinguées littérature tout court et littérature de jeunesse. Sont abordés successivement l'emprise singulière des contes sur certains univers d'auteurs, les réécritures des contes de Perrault, le franchissement des frontières génériques, la manière dont les contes sont enseignés.
Le présent ouvrage prolonge un premier volume intitulé Littérature de jeunesse au présent. Genres littéraires en question(s) qui portait sur l'appropriation des genres canoniques – roman, théâtre et poésie – par les livres pour la jeunesse. Il s'agit d'interroger les trois autres genres de ce champ éditorial : l'album, la bande dessinée et le conte, ici réunis sous la bannière des "genres graphiques". Largement prépondérant, l'album, seul genre propre à l'enfance, se subdivise en une infinité de sous-genres thématiques et formels et empiète volontiers sur les autres catégories. Si les classements proposés tentent d'ordonnancer une production aussi foisonnante que diverse, ne sont pas ignorés pour autant les phénomènes d'hybridation et de transgénéricité qui affectent les oeuvres abordées, par exemple si le théâtre s'introduit dans l'album ou si le manga et la bande dessinée s'emparent du conte. Explorant les différentes facettes de la relation texte/image, les études proposées ont vocation à fournir des outils pour l'enseignement de la littérature graphique, plébiscité aujourd'hui de l'école primaire à l'université.
Béhotéguy Gilles ; Connan-Pintado Christiane ; Pli
Né juste après la Révolution française pour désigner la science des idées, le mot "idéologie" s'est dévalué au cours du XXe siècle et il suscite aujourd'hui le débat à plusieurs titres, au premier chef lorsqu'il s'agit de le définir. Dans le domaine du livre de jeunesse, la conjonction entre idéologie, instruction publique et éducation s'inscrit au coeur des enjeux d'une littérature adressée et sous surveillance que l'auteur, l'éditeur, le médiateur ont toujours cherché à encadrer à des fins éducatives. C'est dans ce champ particulier que l'on se propose d'affronter la complexité d'une notion "labile et fourbe", d'après Bruno Blanckeman, pour en circonvenir les manifestations et les effets dans les entreprises romanesques de l'extrême contemporain. Faute de définition stable et univoque, sans doute convient-il ici d'embrasser la notion au pluriel et de concevoir les idéologies comme des "systèmes fixes de valeurs ordonnancées" qui trouvent un terrain de prédilection dans le roman, lui-même genre pluriel, "archi-genre" qui orchestre une polyphonie de discours et s'accommode de toutes les hybridités. En observant certains de ses sous-genres - roman-miroir, roman de fantasy, roman dystopique, roman post-colonial - les différents contributeurs sont conduits à se demander dans quelle mesure le roman contemporain pour la jeunesse met en oeuvre une "poétique des valeurs" et s'il rend possible l'émergence de ces "fictions critiques" que Dominique Viart définit comme des textes où "le discours met en crise la pensée". Les articles réunis ici interrogent dans les romans pour la jeunesse l'approche, souvent paradoxale, des grandes questions soulevées par les évolutions du monde contemporain. Au moment où l'actualité concernant l'école en France se cristallise à nouveau sur le sujet de l'enseignement de la morale, la réflexion s'attache notamment aux corpus romanesques prescrits par l'institution scolaire et à leur enseignement.
Connan-Pintado Christiane ; Gaiotti Florence ; Pou
L'album pour la jeunesse est devenu un puissant foyer de création artistique et le lieu où s'exerce, par excellence, le plaisir de la lecture. Cette affirmation, formulée par Jean Perrot en 1988, semble aujourd'hui plus pertinente que jamais. Au tournant du e siècle, l'album a diversifié ses formes et acquis une légitimité, tant dans l'espace scolaire que privé. Ce volume propose d'envisager cet objet à travers des perspectives plurielles. Il s'agit d'abord d'inventorier ces nouvelles formes. Hybride par définition, l'album ne cesse de les inventer dans le dialogue renouvelé du texte et de l'image, dans le jeu avec les genres qu'il s'approprie, dans l'emprunt à tous les autres arts auxquels il rend un hommage fervent ou décalé. Apte à se saisir des textes classiques ou patrimoniaux, il les revisite, les réécrit, les déplace. L'album est bien le lieu d'une créativité foisonnante dont l'étude attentive de quelques univers très personnels (Anne Herbauts, Béatrice Poncelet, Philippe Corentin, Frédéric Clément) montre la richesse. Ce support qui s'interroge aussi sur ses propres capacités à représenter engage le lecteur dans un mouvement réflexif qui relève bien d'une démarche esthétique. Analyser la place et la fonction que l'album propose au lecteur, les jeux auxquels il le convie, offre un territoire de réflexion incontournable. Il s'agit alors de caractériser les figures de lecteur(s), de spécifier les formes de leur implication ou encore de réfléchir aux modalités d'apprentissage et de formation à mettre en ?uvre. Déjouant les certitudes préalables comme les stratégies de lecture répétitives, chaque album, dans sa singularité esthétique, invite ses lecteurs à une expérience littéraire inédite, une expérience de l'intranquillité.
Escarpit Denise ; Bruno Pierre ; Connan-Pintado Ch
La littérature d'enfance et de jeunesse est partie intégrante de la Littérature, mais elle a une histoire qui lui est propre, présentée ici non pas sous le seul angle chronologique mais selon différents itinéraires: celui des influences et des courants littéraires en France et en Europe, celui des genres, des thèmes, celui des auteurs et de leur ?uvre traversée par des contextes politiques et sociaux. Cette anthologie tente de rompre avec l'image stéréotypée que les études littéraires ont trop souvent donnée des écrivains. Elle pose un regard particulier sur l'?uvre de chaque auteur, systématiquement illustrée par un ou deux extraits, en éclairant les aspects les moins connus de leur travail. Elle donne la parole à des spécialistes de l'illustration, du documentaire, de l'album, du conte, du roman, du théâtre et de la poésie, qui brossent une vue d'ensemble de ce paysage littéraire. Elle accueille enfin quelques illustrateurs qui témoignent de leur métier et offrent un exemple de leur travail. Elle fait ainsi vivre les ?uvres, elle analyse leurs interactions, elle fait apparaître la continuité et les ruptures, pour une découverte jubilatoire d'un continent littéraire encore largement inexploré...
Avec 1 200 000 hectares plantés en vignes, l'Espagne possède le plus vaste vignoble du monde et sa production moyenne, supérieure à 40 millions d'hectolitres, n'est dépassée que par celles de la France et de l'Italie. Les vins d'Espagne se caractérisent par leur diversité qui s'explique non seulement par les contrastes climatiques et pédologiques entre les différentes parties de la Péninsule, mais aussi par l'ancienneté de la culture de la vigne dans ce pays dont les habitants ont fait du vin un élément essentiel de leur civilisation. Cet ouvrage met en évidence l'originalité des vins d'Espagne, en retraçant tout d'abord l'histoire de la viticulture et du commerce du vin en Espagne depuis l'Antiquité. Il décrit également, à travers une étude régionale, la situation actuelle des différents vignobles, en particulier de ceux dont les vins jouissent d'une appellation d'origine contrôlée. Il s'intéresse enfin à l'évolution de la production, de la commercialisation et de la consommation du vin en Espagne au cours des dernières décennies.
Lehn Jean-Marie ; Parisot Jean-Paul ; Reisse Jacqu
L'exobiologie a pour objet l'étude des origines de la vie, de son évolution et de sa distribution sur Terre et dans l'Univers. Cette nouvelle discipline s'intéresse aux conditions et aux processus qui ont permis l'émergence du vivant sur notre planète et ont pu ou pourraient le permettre ailleurs. Ce vaste domaine thématique touche à la fois l'astronomie, la géologie, la chimie, la biochimie et la biologie. Le présent ouvrage constitue le second livre d'une collection initiée en 2001 avec la parution de L'environnement de la Terre primitive. Le premier livre a été très favorablement accueilli tant par les scientifiques actifs dans le domaine que par un public moins averti, intéressé par une discipline qui tente d'apporter des réponses à des questions d'importance majeure et que l'homme se pose probablement depuis qu'il est Homo Sapiens. Les traces du vivant est construit sur le même canevas que le livre précédent : un ensemble de chapitres écrits par des spécialistes, mais rédigés de manière telle qu'ils soient compréhensibles par des non-spécialistes du domaine concerné. L'exobiologie est par essence interdisciplinaire et c'est du dialogue entre praticiens de diverses disciplines que sont nés les idées originales, les scénarios plausibles, les hypothèses à tester. Pour que ce dialogue soit fructueux, il faut que le biologiste puisse interagir avec l'astronome, que le chimiste puisse interagir avec le paléo-climatologue... Il est donc impératif pour l'exobiologie elle-même, que les praticiens de cette discipline s'expriment en faisant usage d'un langage qui réduit au maximum le caractère parfois ésotérique des modes d'expression des spécialistes. Le volumineux glossaire en fin d'ouvrage est là aussi pour que le lecteur puisse trouver aisément les définitions de termes et de concepts qui lui sont moins familiers.