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L'humanitaire ou le management des dévouements. Enquête sur un militantisme de " solidarité internat
Collovald Annie ; Lechien Marie-Hélène ; Rozier Sa
PU RENNES
16,00 €
Épuisé
EAN :9782868476890
Depuis une quinzaine d'années en France, un nouveau mode d'action humanitaire est apparu. Des organisations aidant au développement du Tiers-Monde refusent l'étiquette " humanitaire " pour celle de " solidarité internationale ". Se démarquant aussi d'un militantisme politique perçu comme trop idéologique et prisonnier de conflits internes, elles tentent de structurer leur militantisme autour du modèle de l'expertise : souci du diagnostic, élaboration d'un projet ad hoc aux finalités précises, évaluation de l'efficacité des actions de terrain, ajustement des compétences professionnelles à l'objectif visé. Ainsi des salariés proposent, sur la base de leur métier, des " transferts de technologie " et se rendent, en équipe restreinte, en Afrique ou en Asie pour des opérations de modernisation technique cherchant à associer les acteurs locaux. En quoi ce type d'engagement vient-il renouveler un militantisme plus ancien où ce sont les plus proches qui sont aidés et où la loyauté envers les plus faibles se dit davantage en termes politiques ou en " inclination du c?ur " ? Comment se constitue ici le sentiment d'obligation envers les autres ? Comment les autres lointains sont-ils perçue et placée parmi toutes les justifications possibles de l'action ? L'enquête, qui porte sur une centaine d'entretiens et l'observation des réunions au retour de la mission, permet de découvrir un monde de dévouements ; mais un monde pris entre reconversion et déplacement de l'intérêt pour les plus fragiles, entre passion publique et préoccupation managériale. Elle restitue, ce faisant, les paradoxes et les dilemmes que rencontrent ces militante, toutes ces épreuves parfois inattendues et toujours à surmonter pour pouvoir continuer à pratiquer l " humanité " et l'altruisme auxquels ils croient. Ce livre examine ainsi tout à la fois ce que représente concrètement " l'humanitaire " et ce que l'on appelle " les nouvelles formes de militantisme ".
En 1978, Vâclav Havel évoquait le "pouvoir des sans pouvoir", celui des gens ordinaires, vivant dans les régimes communistes. En 1989, le Mur de Berlin s'écroulait et Prague retrouvait ses libertés politiques. Que devenaient alors ces gens ordinaires, ceux qui n'avaient pas été des responsables du parti, pas des dissidents non plus? L'étude des engagements associatifs permet de saisir toute la complexité des attitudes à l'égard de l'ancien système politique, comme la manière dont les individus s'approprient la démocratie dans toute société postcommuniste. Rien ne laissait penser que certaines organisations communistes se perpétueraient après 1989, comme l'association de jeunesse des pionniers. Rien ne laissait non plus penser que des associations d'aide sociale innovantes verraient le jour si vite. Par un mode d'analyse original, historique, politique et social, étayé de documents d'archives et de nombreux entretiens, ce livre retrace le parcours d'hommes et de femmes, devenus de fervents bénévoles et des acteurs fondamentaux de la " société civile" tchèque en cours de réorganisation.
Un nouvel ouvrage sur " mai 68 " ? Oui et non. Oui car il apporte des connaissances inédites sur ce printemps contestataire en s'inscrivant dans le renouvellement récent des approches : regarder loin de Paris, s'intéresser à des militants " ordinaires "... Le dépouillement d'archives privées, syndicales et policières, de la presse locale et alternative croisé avec une centaine d'entretiens biographiques, des organisations gauchistes, des mouvements féministes ont obligé à se déprendre de toute une série de pré-pensés sur ce qui s'est passé pendant les " années 68 " à Nantes. Ce livre dépasse son objet. Réapparaissent des histoires de vie, des élans et des imaginations qui sont longtemps continués ou des processus sociaux oubliés. L'espoir en un avenir plus beau que celui qui était promis et la force des idées collectivement partagées ont fait bifurquer des destins, durer des luttes sociales et changer la peur de camps : tout ce que les puissants détestent.
Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Aragon ne songeait pas à s'interroger sur la nature d'un monde ou d'un régime politique qui abîme les espérances tout autant que les conditions concrètes de vie. Pourtant la question semble s'imposer aujourd'hui. La définition de la situation actuelle - faite de fortes tensions sociales, lois d'exception dans un contexte de danger terroriste et sanitaire, usage d'une force démesurée contre des manifestants ou de simples citoyens avec pour bilan un nombre effroyable de blessés, mutilés et de décès, multiples atteintes aux libertés publiques, décisions sans délibération et négociation, maltraitance de migrants, réfugiés, exilés, adultes comme enfants - mobilise très largement avec des représentations contradictoires qui témoignent à la fois d'une incertitude généralisée sur ce qui est en train de se passer et d'une transformation en cours de la délimitation de ce qui est acceptable ou non en démocratie. Autoritarisme libéral, démocratie autoritaire ou démocratie illibérale ? Les labels se multiplient pour qualifier des régimes hier rangés sans hésitation dans la rubrique "dictature" ou "autoritarisme" et pour brouiller des frontières auparavant évidentes : qu'est-ce qu'une démocratie sans libertés publiques ou sans un espace public où sont débattues les questions du "bien vivre ensemble" ? Sous des apparences de continuité (des institutions, des procédures de désignation des dirigeants...) et des invocations incessantes à la République, la démocratie ou "la Patrie des droits de l'homme", n'assiste-t-on pas à des formes de dénaturation des valeurs qui les fondent (humanisme, ouverture aux autres, tolérance, égalité...) et une corruption des idéaux qu'elles véhiculent ? L'observation de la manière dont les gouvernants politiques gèrent l'ordre public, des pratiques politiques et policières qui sont adoptées pour régler les désaccords ou les conflictualités et assurer la sécurité de tous est une entrée éclairante dans le mode de fonctionnement concret du système politique actuel.
Le populisme a conquis, dans le milieu des années 1980, une place prédominante dans les commentaires politiques pour désigner des phénomènes qui, à l'instar du FN, étaient jusqu'alors pensés comme relevant de l'extrême droite. Cette interprétation actuellement dominante dans différents secteurs du commentaire politique (histoire, analyse électorale, sondages, journalisme) voit dans le FN le premier parti ouvrier de France. Des analyses empiriques désignent les groupes populaires comme les principaux soutiens du parti de Jean-Marie Le Pen. Classes populaires, hier classes dangereuses, aujourd'hui classes autoritaires par ressentiment, aveuglement, inclinaison atavique, mauvaise éducation ou anomie sociale et politique? Des analyses mal fondées, doublées de déformations interprétatives, imposent la figure fantasmatique d'un peuple menaçant pour la stabilité de la démocratie, et dénient une fois de plus ce qu'est la réalité sociale et morale des comportements politiques des groupes populaires. On manque du même coup une véritable analyse des raisons du succès du FN, de la particularité de son déloyalisme politique et de la nature du danger qu'il incarne pour la démocratie. On évite aussi de se poser une question importante pour comprendre comment peut tenir une telle interprétation, si imprégnée de racisme social et si éloignée de toute réalité: à qui et à quoi sert l'autoritarisme prêté au peuple?
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni