Si l'éthique est une activité réflexive, si elle a indiscutablement une dimension théorique et argumentative. l'imaginaire et l'imagination y jouent également un rôle. Et il y aurait probablement un intérêt à ce que ce rôle soit davantage mis en lumière. En éthique, la présence d'un imaginaire (souvent associé à une idéologie : "transhumaniste", "religieux", etc.) est en effet souvent invoquée pour disqualifier le recours à l'imagination. Cette disqualification peut traduire le désir d'en finir avec l'imagination pour parvenir à des raisonnements éthiques qui soient neutres et détachés de tout ancrage dans des contextes de vie. Ne faudrait-il pas, à rebours de cette tentative de purification de l'éthique, accepter pleinement que l'éthique soit sans cesse travaillée par l'imagination et soit donc le lieu d'une confrontation des imaginaires ? L'enjeu de ce dossier sera de commenter, dans des contextes variés, soit l'importance des recours tacites ou explicites à des formes d'imagination dans la résolution de conflits ou de dilemmes éthiques, soit au contraire l'impossibilité d'un usage pourtant salutaire de l'imagination.
La crise sanitaire a mis sur le devant de la scène les injonctions contradictoires auxquelles sont confrontés les individus dans la sphère professionnelle : manque d'écoute et de suivi, érosion de la confiance, perte de sens dans le métier, souffrance éthique, etc. Les injonctions contradictoires sont nombreuses et bien visibles dans le domaine du soin et de l'accompagnement : les hôpitaux sont jugés sur leur capacité à maîtriser leur budget, mais les discours portent sur les valeurs et sur un soin centré sur la personne. Les soignants doivent personnaliser la prise en charge des malades et répondre aux critères de standardisation des soins. Il leur est demandé de prodiguer des soins de qualité, mais dans des conditions de travail défavorables à la qualité des soins. Dans le contexte actuel de souffrance des soignants et de crise durable du système de santé qui comporte le risque d'une prise en charge dégradée, voire de maltraitantes des patients, l'enjeu du présent dossier est de contribuer à la description des situations d'injonctions contradictoires dans le soin, pour comprendre quels problèmes pratiques et cliniques elles mettent en lumière ; comment ces contradictions et paradoxes questionnent nos modes de raisonnements et théories ; et enfin quelles actions ou théories permettent d'en sortir.
Avons - nous le droit de croire ce que nous voulons croire ? En 1877, William Clifford forge l'expression " éthique des croyances " et formule la thèse selon laquelle il est toujours moralement mauvais, en tout lieu et pour chacun, de croire quoi que ce soit sur des bases insuffisantes . Dans un contexte social de crise de légitimité des autorités, de défiance grandissante vis - à - vis du discours scientifique (notamment médical) et plus généralement de la figure des experts, au moment où l'innovation numérique et technologique rend possible la manipulation massive et dynamique des croyances, la question de la croyance, de son statut, de la confiance que l'on peut lui accorder, de sa justification, se repose à nouveaux frais. Que peut dire l'éthique de nos croyances, de leurs sources, des autorités qui les font naître, les modifient ou les entretiennent ? Comment peut - elle aborder la croyance, fréquemment considérée comme relevant de l'intime ou dépendant d'un processus déontologique de justification, mais dans les deux cas n'engageant pas de responsabilité autre qu'à soi - même ?
Bruno, directeur d'hôpital, s'est retiré avec Claudie en Lozère. Qu'est devenu l'hôpital dans cette étrange société ? Quel est le lien entre la tarification à l'activité dans les hôpitaux (T2A) et l'ATEDESA, molécule mise au point pour éradiquer du cerveau humain tout sentiment altruiste ? L'hôpital va-t-il se reconstruire secrètement à Saint-Alban, village isolé de Lozère où François Tosquelles, psychiatre trotskiste fuyant la dictature franquiste, refonda la psychiatrie ? Le lecteur est invité à une réflexion sur la place de l'hôpital dans la société. Chacun pourra s'interroger : nous viendrait-il à l'idée de donner une valeur monétaire à l'amitié, à l'amour que nous avons pour nos enfants ou notre conjoint ? Avec la T2A, c'est ce que nous faisons quotidiennement pour l'aide aux malades, à la personne âgée.
Mauvais Patrick ; Blazy Micheline ; Deligne Isabel
Des professionnels de PMI, de lieux d'accueil, de services de soins en périnatalité, de CAMSP et de pouponnières témoignent de leurs pratiques dans l'accompagnement des relations entre parents et enfants. On reconnaîtra aisément, au travers de ces expériences diverses, une référence appuyée aux travaux d'Emmi Pikler - pédiatre hongroise qui a fondé en 1946 la pouponnière de Lòczy à Budapest - sur le très jeune enfant et sa famille. On y retrouvera l'importance qu'elle accordait, jusqu'au moindre détail, aux conditions concrètes du bien-être et de la sécurité de l'enfant. Les professionnels réunis ici, attentifs et assurés de leur confiance en l'enfant, nous enseignent combien l'accompagnement du processus de parentalisation peut bénéficier de cette approche, dans le respect des familles en devenir. Biographie: Patrick Mauvais est psychologue clinicien, responsable de la formation des formateurs à l'association Pikler Lòczy de France.
Dès l'apparition de la théorie de l'attachement - dans la trilogie de John Bowlby, Attachement et perte - ses relations tumultueuses avec la psychanalyse ont occupé le devant de la scène. Plus encore, on peut affirmer rétrospectivement que cette option théorique a puisé une bonne part de sa créativité dans la vivacité de cette conflictualité. C'est dans cet esprit qu'a été conçu cet ouvrage qui reprend, actualisé et complété. le dossier publié dans Le carnet Psy. Il propose une revue critique en examinant les éléments de convergences. de divergences et d'enrichissement mutuels entre théorie de l'attachement et psychanalyse. Son format synthétique. sa vocation didactique et sa lisibilité en font un incontournable outil pour tous ceux qui veulent s'initier aux rudiments fondamentaux de la théorie de l'attachement; les thèmes traités et l'originalité des ouvertures épistémologiques offrent aussi une lecture stimulante pour les connaisseurs.
A travers les yeux d?un bébé, cet ouvrage évoque la vie quotidienne des bébés chez leur assistantematernelle. S?appuyant sur des témoignages de collègues, de parents, de professionnels de lapetite enfance et sur sa propre expérience, l?auteur aborde le métier d?assistante maternelle danssa globalité et au quotidien, avec ses joies, ses difficultés, ses incertitudes, tout au long des étapesdu développement physique et psychologique de l?enfant. Des sujets plus délicats y sont abordés,comme la maltraitance, la négligence professionnelle ou parentale, le manque de formation desassistantes maternelles. Une approche intimiste du métier, élargie à des recherches plusapprofondies et prolongée par des conseils et des contacts professionnels.
Mellier Denis ; Bompard Vincent ; Colas Nathalie ;
Comment l'observation du bébé peut-elle devenir un outil pour les professionnels de la petite enfance? Comment peut-elle être une aide pour accueillir un bébé et prendre soin de lui? Cet ouvrage montre que la valeur de l'observation résulte surtout du travail que les équipes peuvent réaliser à cette occasion pour percevoir toute la complexité de la vie psychique. Les travaux d'Esther Bick et ceux d'Emmi Pikler (Loczy) trouvent ici un prolongement pratique pour les lieux d'accueil des bébés et de leurs parents. Sous certaines conditions, le dispositif de l'observation permet d'instaurer une véritable médiation pour percevoir, recevoir, contenir et penser tout l'impact de la vie émotionnelle du bébé dans son environnement, et garder ainsi vivante l'attention à son égard. Biographie de l'auteur Denis Mellier, psychologue clinicien (Lyon), professeur de psychologie clinique et psychopathologie, université de Franche-Comté.