La valeur des émotions ? c'est-à-dire aussi la nature des relations entre nos émotions et les valeurs de tous ordres que nous associons aux objets de notre expérience ? est l'une des grandes questions aujourd'hui débattues en philosophie de l'esprit et en philosophie morale. Ce numéro propose sur ce sujet un dossier dirigé et présenté par deux spécialistes reconnus, J. Deonna et F. Teroni. Nos émotions correspondent-elles à des " sentiments de valeur " (C. Boisserie-Lacroix) ? Ont-elles une valeur " prudentielle " spécifique (R. Keller, M. Ombrato) ? Quelle est l'utilité des émotions dites " négatives ", peur, horreur, tristesse, etc., et pourquoi prend-on goût aux fictions qui les suscitent (M. Cappelli) ? L'amour est-il fondé sur des raisons (E. Kroeker) ? Quel rôle la mystique de l'âge classique a-t-elle réservé aux émotions (L. Simonetta) ? Telles sont quelques-unes des questions abordées. Les interrogations contemporaines en philosophie morale se retrouvent dans deux articles, l'un discutant le minimalisme moral de Ruwen Ogien (G. Lefftz), l'autre le statut normatif des directives anticipées pour la fin de vie (C. Etchegaray). Le numéro est complété par la recension d'un important ouvrage sur Rudolf Carnap ainsi que par une nouvelle livraison de la Chronique de métaphysique et de philosophie de la connaissance.
Ce numéro comporte deux volets : un volet d'histoire de la philosophie moderne, avec deux études respectivement consacrées aux philosophies politiques de Rousseau et de Kant (J. Lenne-Cornuez, F. Rimoux), une discussion par Laurent Jaffro des importants travaux de Philippe Hamou sur Locke, et une nouvelle livraison de la Chronique de philosophie moderne. A ce premier volet s'ajoute un dossier consacré à la figure de Vladimir Jankélévitch (1903-1985), philosophe artiste (E. Fiat), intellectuel à la fois engagé et libre (R. Bruyeron), mais aussi et d'abord, d'un seul mouvement, moraliste et métaphysicien (P. -A. Gutkin-Guinfolleau). Originale et difficile, la métaphysique de Jankélévitch inscrit son auteur dans la lignée du spiritualisme français (G. Lurson), mais aussi de l'idéalisme schellingien et, plus lointainement, du néoplatonisme (F. Berland).
Cet ouvrage est consacré à l'un des problèmes les plus féconds de l'histoire de la philosophie: la manière dont la pensée de Spinoza se réfracte dans celle de Leibniz. La question, qui est depuis trois cents ans un objet de discussion, continue toujours de nourrir de vifs débats et à stimuler l'imagination des romanciers. La rencontre leibnizienne avec Spinoza est à la fois caractéristique et originale dans les archives de l'histoire intellectuelle. Caractéristique, parce qu'elle est emblématique de la façon dont un système de pensée peut en refuser un autre tout en consacrant beaucoup de soin à l'étudier, à tel point que les lecteurs se demanderont parfois s'il n'a pas malgré lui emprunté à cette doctrine qu'il a tellement fréquentée pour la réfuter. Original, parce que dans le cas de Leibniz et Spinoza, l'opposition comme le rapprochement supposent un troisième terme, le cartésianisme, dont chacun peut se réclamer en partie mais en partie seulement - la confrontation s'effectuant alors dans un jeu triangulaire qui se compliquera encore dans les références croisées des disciples et des adversaires. A cela se rajoute une longue histoire de la réception où l'étude de Leibniz et de Spinoza a souvent servi de champ de bataille pour des débats contemporains. Les quinze nouvelles contributions ici rassemblées enrichissent ce long débat par la prise en compte des avancées les plus récentes en matière d'édition et de commentaire.
En 1960, les évêques français avaient accepté à l'essai la loi Debré, voulue par la Ve République naissante afin de régler une "question scolaire" récurrente sous la précédente. En 1994, ils ont enfin estimé qu'elle avait fait ses preuves, la gauche elle-même ayant satisfait ou reconnu légitimes leurs revendications: un meilleur financement, la prise en compte de leur autorité sur les écoles et de l'orientation confessionnelle de l'enseignement. Pour obtenir satisfaction, ils se sont appuyés sur la liberté de l'enseignement consacrée par la Constitution et le droit international, mais en interprétant ces textes à la lumière de leurs propres principes. Ils ont également appliqué ceux-ci à l'évolution de la législation. Ils ont enfin tenté de les concilier avec le combat politique qu'ils ont mené pour leur cause. Depuis peu certains membres de l'épiscopat déplorent à nouveau les limites apportées par la loi à sa liberté d'enseignement. Elle assure en effet également la liberté de conscience des élèves et des enseignants; les dispositions des uns et des autres étant souvent aujourd'hui étrangères au "caractère propre" catholique, celui-ci, dans la pratique de la classe, tend à s'effacer Biographie: L'auteur est ancien professeur de Lettres dans des établissements catholiques sous contrat à Angers
Publié dans une version reliée en 1991, puis réédité dans un format poche, ce dictionnaire est un « outil culturel » passionnant et indispensable, non seulement pour connaître les grands noms de la discipline (94 ethnologues sont présentés) mais aussi pour comprendre leur langage et leurs concepts, car « c'est avec cet instrument analytique qu'ils affrontent la réalité sociale, organisent leur savoir et définissent les orientations de leur réflexion et c'est à travers leur langage que, de l'extérieur, la discipline est identifiée » (P. Bonte et M. Izard).
Ce Dictionnaire de psychologie allie les qualités d'un bel ouvrage accessible à tous avec les avantages de l'exhaustivité, ce qui ravira les spécialistes. Les termes de la langue courante (adolescence, leurre, agression, réaction, tempérament...) et du vocabulaire de la psychologie (autisme, psychodrame, test de Rorschach...) y sont définis, tandis que les notions fondamentales sont mises en perspective par un rappel des doctrines qui les ont élaborées. Ainsi, le lecteur pourra se demander s'il est plutôt allocentrique ou égocentrique, après avoir distingué les fantômes de son passé des fantasmes de sa libido. Grâce à un système de renvoi entre les définitions et à la prise en compte de notions qui font intervenir aussi bien la psychologie, la sociologie et la psychanalyse, cet ouvrage très utile offre un panorama complet des sciences humaines. --Paul Klein
Résumé : L'ouvrage est destiné à tous ceux qui s'intéressent à la question fondamentale : " Est-ce que j'éduque bien ? " Parents, enseignants, éducateurs, responsables politiques, travailleurs sociaux, chercheurs peuvent y trouver matière à réflexion. Un modèle de besoins psychopédagogiques fondamentaux est présenté. Il tente de prendre en compte les dimensions les plus importantes entrant en jeu dans la construction de l'identité d'un individu : besoins affectifs, cognitifs, sociaux, idéologiques. Il donne donc un contenu - et, en cela, il constitue une véritable innovation - à la réponse à la question précitée. Par ailleurs, les auteurs s'interrogent : " Comment, concrètement, répondre au mieux à ces différents besoins ? " Pour cela, ils proposent un " système pédagogique multiréférentiel et intégré " car ils se sont aperçus que les divers courants de pensée pédagogique développent spécifiquement un besoin particulier. Ainsi, ils font correspondre une pédagogie à chaque besoin fondamental. Leur proposition - et c'est en cela que leurs propos sont " postmodernes " - est de ne pas privilégier un courant au détriment des autres. Chaque courant apporte des éléments importants. La multiréférence que chaque adulte doit intégrer dans un modèle pédagogique propre est, selon eux, une démarche incontournable. Leur conception de la formation des adultes est de faire de ceux-ci des sujets-acteurs, voire, mieux, des sujets-auteurs de leur projet éducatif. En d'autres termes, on peut dire que complexité éducative et agir communicationnel sont ici au c?ur des propositions.
Héraclès, Thésée, Jason, Athéna, Zeus... Tous ces héros et ces dieux nous sont familiers, mais connaît-on véritablement les mythes qui s'attachent à leurs noms? Pourtant, Ceux-ci revêtent une importance considérable pour qui se passionne pour l'histoire de la pensée humaine. Mais l'intérêt de les connaître concerne aussi chacun d'entre nous. Constamment repris, réutilisés dans la littérature antique, médiévale, mais également contemporaine, ils sont devenus des références que nul ne peut ignorer, un patrimoine que chacun se doit de connaître. Pierre Grimal, grand spécialiste des études latines, n'a pas eu pour objectif de proposer un système explicatif de ces mythes, mais de les faire connaître et d'apporter ainsi des éléments indispensables à la compréhension de nombreux textes et oeuvres d'art. Fruit d'un colossal travail d'inventaire et de classement des textes, ce dictionnaire est d'un abord simple, clair et précis. Classés par ordre alphabétique, les mythes sont accompagnés des références des textes qui en font mention. Complet et pratique, cet ouvrage publié en 1951, réédité de très nombreuses fois, est toujours précieux.