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Europe N° 1020 avril 2014 : Julio Cortazar
Dobzynski Charles
REVUE EUROPE
20,00 €
Épuisé
EAN :9782351500637
Julio Cortazar (1914-1984) respirait l'humour, la folie, le bonheur de vivre. Cet écrivain argentin qui vécut longtemps en France se voulait "amoureux de l'ordre cosmique mais jamais de l'ordre nouveau ou d'un slogan qui fait marquer le pas à six ou sept cent millions d'hommes en une parodie d'ordre". Il disait aussi : "Le monde est une nébuleuse de parcelles dynamiques où les leviers de la vie et de l 'action sont l'imagination et le rêve". Dans la littérature hispano-américaine de la seconde moitié du XXe siècle, écrivait Octavio Paz, "la figure de Cortazar est centrale. Il a été un des rénovateurs de la prose en espagnol, à laquelle il a conféré légèreté, grâce, ductilité et aussi une certaine audace. Prose faite d'air, sans poids ni corps mais soufflant avec fougue et faisant surgir dans notre esprit des nuées d'images et de visions". Cortazar a introduit dans la narration et privilégié sur le plan moral la notion de jeu. Un jeu qui n'exclut pas l'engagement mais le remet perpétuellement en question. Il a porté à un point d'intensité et de perfection rare ce qu'il a lui-même appelé le "Réalisme magique", récusant le terme de fantastique car son fantastique à lui n 'a besoin d'aucune mise en scène ou état d'exception, il sourd de la réalité la plus quotidienne. Il a donné à la littérature mondiale une nouvelle dimension du fantastique et à nous une nouvelle façon de voir la réalité. Il a parié sur l'énergie créatrice des hommes, sur le plein épanouissement de leurs facultés, sur la capacité indéracinable d 'imaginer et de construire le futur. C'est un message que nous ne demandons qu'à entendre et dont nous avons toujours besoin, ce pourquoi nous avons tous à gagner encore à fréquenter Cortazar.
Né en 1929 à Varsovie. Journaliste à partir de 1950 à ce Soir puis aux Lettres Françaises qui publient ses premiers poèmes présentés par Paul Éluard et où il exerce la critique de cinéma. En 1972, devient rédacteur en chef de la revue Europe où il continue de publier une chronique mensuelle de poésie. A participé depuis 1998 à la rédaction du mensuel Aujourd'hui Poème. Membre de l'Académie Mallarmé président du jury du prix Apollinaire. Auteur d'une trentaine d'ouvrages de poésie. A publié diverses traductions (Rilke, Maiakovski, Markish, Sutskever) et tout particulièrement une Anthologie de la poésie yiddish plusieurs fois rééditée.
Poète et critique, Charles Dobzynski nous invite à un singulier voyage au bout du siècle. Tout un siècle du territoire de la poésie qu'il parcourt, sous l'égide de Pierre Reverdy auquel il a emprunté son titre : Le poète est un four à brûler le réel. Ce panorama englobe 57 poètes, commence avec Guillaume Apollinaire et s'achève sur Franck Venaille. Il suit l'ordre alphabétique et celui des générations, avant et après 1940, avec un flash-back intermédiaire consacré à Rimbaud, Verlaine et Mallarmé. Tour d'horizon qui ne se prétend pas complet : il opère des choix, avoue ses prédilections. Elles sont fondées sur trois décennies de chroniques, à partir de l'observatoire que fut pour l'auteur la revue Europe. Il y a disposé régulièrement ses jalons, avec les classiques de la modernité : Aragon, Breton, Michaux, Ponge, Char, et ceux qui se sont révélés plus tard : Yves Bonnefoy, Du Bouchet, Bernard Noël, Lorand Gaspar, Lionel Ray, Marie-Claire Bancquart et Marie Etienne, entre autres. Charles Dobzynski est un critique passionné par ce qui surgit dans l'écriture de son temps. Ceci confère à cet inventaire son dynamisme et sa vivacité. Un deuxième volume est d'ores et déjà prévu sous le titre Poètes du Monde.
Cette poésie est l'impressionnant témoignage d'une vocation, d'une histoire, d'un destin collectifs. Les tragédies qu'elle a vécues l'ont terriblement éprouvée, sans la détruire. Elle demeure, pour des millions d'hommes, un patrimoine, pratiquement inconnu en français, que le poète Charles Dobzynski nous révèle après des années de recherche et de travail. Les quatre-vingt-douze poètes qu'il a traduits et réunis, dans l'ordre chronologique, forment le panorama représentatif d'une prodigieuse aventure littéraire dont les «foyers» se situent simultanément en Europe, en Amérique et en Israël.L'unité acquise de la langue - dans laquelle se sont fondus de multiples apports - relie la floraison des écoles, des styles, des tempéraments. La vitalité de cette poésie ne laissera pas de surprendre : lyrique, épique ou narrative, tantôt d'inspiration sociale ou philosophique, tantôt s'attachant à l'expérimentation, elle s'épanouit par des mutations et découvertes successives, passe du populisme aux inventions des Inzikhistes, aux élans frénétiques des expressionnistes. Le sens de l'humour et le sens du tragique, le mysticisme et le réalisme, l'ironie et la tendresse, expriment tour à tour la sensibilité profonde d'un peuple qui nous a légué ce trésor du chant comme un miroir de son âme.
L'oeuvre littéraire de Charles Dobzynski s'aventure en des chemins si variés (poésie, nouvelles, romans, essais, traductions) qu'un des intérêts du recueil de récits La Hantise du lieu est de le saisir avant la distinction des genres. Les lieux, on le sait, sont révélateurs. Qu'il s'agisse du bois de Vincennes, d'un village dans le Hainaut, du domaine hindou, d'un café littéraire sur les grands boulevards, d'Aden, de Dieppe ou du XIXe arrondissement, ils nous renseignent à profusion sur l'écrivain qui les fréquente car c'est en eux que s'est incrustée la mémoire du passé, des amis, des voyages, des illuminations, des peurs et des choix de l'existence.C'est donc à une espèce d'autobiographie morcelée que nous convie Charles Dobzynski dans La Hantise du lieu, voyages dans des espaces et dans son temps.