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Huysmans et les genres littéraires
Bonnet Gilles ; Seillan Jean-Marie
PU RENNES
24,00 €
Épuisé
EAN :9782753510098
Si A rebours fascine encore aujourd'hui, c'est aussi comme chimère générique, roman expérimental où viennent se précipiter divers codes et cadres. L'oeuvre profuse de J. K. Huysmans échappe enfin aux taxinomies rassurantes héritées d'une lecture à dominante biographique. C'est un faisceau de tensions, liant production, édition et réception des textes littéraires, discernant choix esthétiques personnels et contraintes conjoncturelles, qu'il faut considérer pour échapper au carcan d'une appréhension purement essentialiste du genre. Le présent volume se propose d'interroger à nouveaux frais l'ouvre de Huysmans en termes de pratiques, conscientes et choisies, de genres littéraires. L'écrivain paraît en effet soucieux, tout au long d'un sinueux parcours qui le mena du Drageoir aux épices (1874) aux Foules de Lourdes (1906), de situer ses textes - ou de les égarer - sur l'échiquier générique. Adepte du poème en prose, acteur privilégié de la crise du roman, du renouveau de la pantomime, nouvelliste, critique d'art, hagiographe, il interroge le lieu de la littérature à la fin du XIXe siècle en le vouant, le confort des lecteurs dût-il en pâtir, à un incessant débord des frontières génériques. Ce volume rassemble les actes du colloque organisé les 18, 19 et 20 octobre 2007 à l'UFR Lettres de Nice par le Centre Transdisciplinaire d'Epistémologie de la Littérature (Université de Nice-Sophia Antipolis) et le groupe Marge (Centre Jean-Prévost-Université de Lyon III).
Pierrot, fantasque serial killer: tel est le portrait, inquiétant et inédit, du bouffon né dans la Commedia dell'arte que la Décadence proposa à un public incrédule. Si le grand mime Deburau avait déjà donné, dans les années 1820-1830, ses lettres de noblesse littéraire au coup de pied au cul, en séduisant les Nodier, Nerval ou Gautier, la pantomime fin-de-siècle se transforme en l'écho instable des questionnements et errances qui passionnent l'époque et ses esthètes. La joyeuse cabriole n'est déjà plus, remplacée par une électrique trépidation clownesque qu'il est tentant de ranger aux côtés des pathologies alors en vogue, névrose ou hystérie... Pierrot le lunatique traverse désormais la ville vêtu de noir, comme en un impersonnel deuil, stigmate de sa mélancolie. Il est cet être de fuite, souvent tenté de retourner contre lui-même les pulsions meurtrières suscitées par Colombine, la cruelle femme fatale. Dix-sept pantomimes retracent ici ce portrait de la fin du XIXe siècle écartelé entre Naturalisme et Symbolisme: textes méconnus de Verlaine, Laforgue ou Huysmans, textes retrouvés de Jean Richepin ou Paul Margueritte interrogent la notion même de représentation et les pseudo valeurs d'un monde en quête de repères neufs. La complexité troublée du personnage de Pierrot y apparaît comme une réponse, parmi les plus captivantes, apportée à cette crise du sujet qui fit basculer le XIXe siècle dans la Modernité. C'est un rire anxieux de s'apercevoir tragique qui résonne ainsi tout au long de cette anthologie, et qui annonce la densité silencieuse d'un Buster Keaton au cinéma.
Blague, mystification, fumisterie : A rebours. Mais les liens unissant a priori naturalisme et esprit de sérieux, conversion et rigorisme, ne doivent pas occulter la place centrale qu'occupe dans l'ensemble de l'ouvre de J.-K. Huysmans une écriture comique. Cet ouvrage propose ainsi un parcours, d'une ironie classique au service de la caricature comme de la satire, à la chronique des petites misères, ronchonnement continu qui contraint la dérision à pactiser avec l'émotion. Humour noir et pantomime affinent ce travail de sape des dichotomies habituelles pour préfigurer un inquiétant sentiment de l'absurde. Un parcours similaire s'attache à démontrer le rôle primordial du comique dans la poétique du roman huysmansien. Parodies et palinodies fragilisent en effet la fiabilité même de l'écriture et de la représentation cri instaurant une relation éminemment ludique avec le lecteur. Huysmans est drôle, qu'on se le dise.
Etude approfondie d'un grand texte classique ou contemporain par un spécialiste de l'oeuvre: approche critique originale des multiples facettes du texte dans une présentation claire et rigoureuse. Bibliographie, chronologie, variantes, témoignages, extraits de presse. Eclaircissements historiques et contextuels, commentaires critiques récents. Un ouvrage efficace, élégant. Une nouvelle manière de lire Là-bas de Doris-Karl Huysmans. Essai et Dossier réalisés par Gilles Bonnet. Le texte intégral de Là-bas de Doris-Karl Huysmans est disponible dans la collection "Folio", n° 1681
Depuis Sortie d?usine (1982), l?oeuvre de François Bon s?honore d?inscrire pour mémoire la disparition d?un monde, ne fût-elle visible qu?en l?infra-ordinaire. Cependant, de récits en biographies des Rolling Stones ou de Led Zeppelin, de pièces de théâtre en essais sur le numérique, cette oeuvre profuse se garde d?une vision passéiste qui se complairait dans le regret d?un temps perdu.Écrire la bascule signifie ainsi se laisser aspirer par le vide de l?ancien, au moment où le nouveau tente de l?investir, puis en bâtir une structure tuilée qui puisse supporter l?oeuvre et le monde appelé à y résonner. De la fin à la bascule, la nuance n?est pas que de lexique : écrire la bascule d?un monde, c?est maintenir le texte ouvert contre la tentation de la nostalgie, l?astreindre sans cesse à la véhémence jusqu?à l?incantation, rageuse parfois, de se savoir quête vive car vaine. Aussi la bascule dans l?oeuvre de François Bon a-t-elle à voir avec la légitimité illégitime de la littérature comme geste tendant à la maîtrise et à la déprise du monde ou du sujet.Ce n?est qu?en déséquilibre, entre fixé et effondré, que l?acte d?écrire prend sens. Seule une telle instabilité, source d?une constante invention de formes, dote l?écriture d?une densité neuve, tissée d?urgence, d?aléatoire et d?irrémédiable.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni