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Pantomimes fin-de-siècle
Bonnet Gilles
KIME
25,40 €
Épuisé
EAN :9782841744473
Pierrot, fantasque serial killer: tel est le portrait, inquiétant et inédit, du bouffon né dans la Commedia dell'arte que la Décadence proposa à un public incrédule. Si le grand mime Deburau avait déjà donné, dans les années 1820-1830, ses lettres de noblesse littéraire au coup de pied au cul, en séduisant les Nodier, Nerval ou Gautier, la pantomime fin-de-siècle se transforme en l'écho instable des questionnements et errances qui passionnent l'époque et ses esthètes. La joyeuse cabriole n'est déjà plus, remplacée par une électrique trépidation clownesque qu'il est tentant de ranger aux côtés des pathologies alors en vogue, névrose ou hystérie... Pierrot le lunatique traverse désormais la ville vêtu de noir, comme en un impersonnel deuil, stigmate de sa mélancolie. Il est cet être de fuite, souvent tenté de retourner contre lui-même les pulsions meurtrières suscitées par Colombine, la cruelle femme fatale. Dix-sept pantomimes retracent ici ce portrait de la fin du XIXe siècle écartelé entre Naturalisme et Symbolisme: textes méconnus de Verlaine, Laforgue ou Huysmans, textes retrouvés de Jean Richepin ou Paul Margueritte interrogent la notion même de représentation et les pseudo valeurs d'un monde en quête de repères neufs. La complexité troublée du personnage de Pierrot y apparaît comme une réponse, parmi les plus captivantes, apportée à cette crise du sujet qui fit basculer le XIXe siècle dans la Modernité. C'est un rire anxieux de s'apercevoir tragique qui résonne ainsi tout au long de cette anthologie, et qui annonce la densité silencieuse d'un Buster Keaton au cinéma.
Etude approfondie d'un grand texte classique ou contemporain par un spécialiste de l'oeuvre: approche critique originale des multiples facettes du texte dans une présentation claire et rigoureuse. Bibliographie, chronologie, variantes, témoignages, extraits de presse. Eclaircissements historiques et contextuels, commentaires critiques récents. Un ouvrage efficace, élégant. Une nouvelle manière de lire Là-bas de Doris-Karl Huysmans. Essai et Dossier réalisés par Gilles Bonnet. Le texte intégral de Là-bas de Doris-Karl Huysmans est disponible dans la collection "Folio", n° 1681
Poétique numérique, ou e-poétique : ce dernier terme, qui surprendra peut-être, rappelle pourtant les avancées actuelles de l'e-science, et plus largement des diverses herméneutiques de notre monde connecté. Cet essai aborde au continent neuf et immense déjà d'une littérature pensée et écrite par et pour le Web. Blogs et sites d'écrivains sont les foyers actifs de ces textes nativement numériques, qui font appel aux spécificités de la navigation sur Internet, mais également aux ressources proposées par l'image et le son, pour proposer de nouvelles expériences de production comme de réception de l'oeuvre. Il s'agit ici d'accueillir la diversité des pratiques contemporaines et de leurs supports, tout en expérimentant des outils d'analyse transversaux susceptibles d'en éclairer le sens et les enjeux. Loin d'une table rase, dangereusement séduisante dès qu'apparaît la fameuse "révolution numérique", ces pages prennent le parti de retravailler les acquis de la théorie littéraire afin d'inscrire dans le champ des humanités numériques l'étude de cette littérature vive.
De quoi la littérature est-elle contemporaine ? Doit-elle être de son temps pour se penser légitime ? Ou s'accorde-t-elle un droit à l'inactualité, non tant pour fuir le présent que pour mieux venir le questionner voire l'inventer ? S'abstraire n'est pas forcément s'abstenir : intempestif, l'écrivain tend à forger une oeuvre susceptible de s'inscrire pleinement dans notre modernité. Anachronismes, dyschronies, déphasages : autant de déprises par quoi tenir en respect l'opacité du simultané et destiner le texte littéraire à une quête sans fin d'un présent peut-être insaisissable. Ce volume réunit les contributions d'une trentaine de spécialistes de la littérature et des arts du XVIIIe au XXIe siècle. " Ne ferais-je pas mieux de dire autre chose, même si ce n'est pas encore ce qu'il faut ? " s'interrogeait Beckett : " je vais essayer, je vais essayer dans un autre présent, même si ce n'est pas encore le mien "... Autant dire : je préférerais ne pas encore, ou ne plus. Disons : inactualité, à charge d'inventaire.
Les outils de l'analyse littéraire rencontrent ici ceux de l'anthropologie, pour mettre au jour un corpus inédit : celui des romans et récits écrits, ces vingt dernières années, par des chanteuses et des chanteurs en activité. On y croise Mathias Malzieu, Abd Al Malik, Bertrand Belin, Olivia Ruiz, et bien d'autres, qui contribuent à façonner une nouvelle figure majeure de notre paysage culturel : l'Auteur-Compositeur-Interprète-Ecrivain, héritier de la longue histoire de la chanson française.
A l'occasion du centenaire Proust, la maladie personnelle de Marcel Proust est venue occuper la scène biographique sans toujours apercevoir toute la dimension idiosyncrasique de l'oeuvre. Car l'asthme dont souffre Marcel Proust comme une maladie chronique est redoublé ici par celui du Narrateur : son corps souffre autant de la maladie d'amour que de la maladie physique, à moins que la première n'ait déclenché la seconde. Pour cela le thème de la maladie est essentiel car il vient manifester le temps dans le corps ; il met aussi en péril la permanence du moi au point d'apercevoir qu'il n'était constitué que du temps passé, incorporé. Notre étude nous conduira ainsi d'une critique de la médecine comme science du corps objet à l'avènement du thème de la guérison. L'écriture de A la recherche du temps perdu comme métamorphose de toute maladie, facilite cette conversion du vécu intime de l'amour en vécu phénoménologique dégageant l'essence de l'amour. Forme d'exorcisme, l'écriture permet à tout un chacun de se reconnaître. Le narrateur nous ressemble puisque son récit nous touche en atteignant la condition commune, celle de la souffrance.
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.