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La performance, encore
Coëllier Sylvie
PU PROVENCE
24,99 €
Épuisé
EAN :9791032000694
Que représente - que présente - la performance aujourd'hui ? En quoi garde-t-elle des principes qui paraissaient lui être essentiels dans les années 1960-1970 ? Depuis cette période où le corps de l'artiste brisait, de sa présence magique, les limites physiques, morales et psychologiques que le public ne franchirait jamais, qu'est devenu cet art dont Marina Abramovic demeure la figure symbolique et l'idole ? Actuellement, la performance semble particulièrement répandue, mais diluée dans une foule de petits événements et institutionnalisée, c'est-à-dire reconnue par les plus importantes structures artistiques internationales, lesquelles se posent le problème de l'archive, de la transmission ou du "reenactment" d'une pratique en principe peu fétichisable. Les textes réunis ici questionnent ce passage entre la période "canonique" de la performance et aujourd'hui, selon deux dimensions dont les conséquences s'entrelacent : la transversalité entre les pratiques artistiques - théâtre, danse, musique, cinéma, vidéo, poésie -, et sa résonance politique. Le rôle de la performance, de l'intrusion du performatif, est-il de faire sortir les arts de catégories qui les muséifient et les réifient ? Ce rôle fut- il politique ? L'est-il encore ? Autant de questions que croisent les analyses des performances et des actions embrassés par les contributeurs, selon un vaste éventail géographique, allant du Portugal à l'Europe centrale et orientale, du Canada au Brésil, de l'Afrique de l'Ouest à la Chine...
Lygia Clark (1920 - 1988) est l'une des artistes les plus importantes du Brésil. Représentante de l'art "néoconcret" autour de 1960, elle élabore au cours de la décennie suivante, à Rio et à Paris où elle vit de 1968 à 1976, des " propositions sensorielles " transformant le spectateur cri participant actif. Plus qu'aucun(e) autre artiste avant ou après elle, Lygia Clark interroge le sens du toucher, privilégiant des farines enveloppantes génératrices de contact. La première partie de l'ouvrage trace le cheminement de son invention en montrant le pouvoir de l'enveloppe à convoquer le corps et figurer le féminin. La deuxième partie de l'ouvrage recherche l'amont historique de la configuration enveloppante par comparaisons ; antithèses et mises en perspective avec des oeuvres d'artistes représentatifs : Klein, Manzoni, Morris, Christo, Oldenburg, Beuys, mais aussi Giacometti et Moore. Les "propositions sensorielles" de Lygia Clark sont ainsi contextualisées pour esquisser une histoire de l'imaginaire du corps sexué dans l'histoire de l'art entre la fin de la deuxième guerre mondiale et les années 1970.
Les arts ne sont plus à l'ère de leur autonomie et interfèrent de nos jours les uns avec les autres; les synergies imaginées par les avant-gardes s'appliquent désormais dans certaines pratiques, aidées en cela par les nouvelles technologies. Les transversalités franchissent ainsi la spécificité des médiums et font transhumer les définitions et les limites matérielles et symboliques de chaque art, se délivrant aussi bien de leurs techniques d'origine propres que du découpage spatio-temporel dans lequel les disciplines ancraient leur mode d'apparition. Pour Walter Benjamin, briser les barrières de compétences entre les arts avait une fonction politique: solidarité avec d'autres producteurs, exposition analytique de l'histoire, violence dialectique, recomposition et mobilisation des forces du politique. Mais, aujourd'hui, à l'heure de l'art mondialisé, l'extension de ces hybridations épouse-t-elle une dépolitisation caractérisant notre histoire présente? Ou au contraire, renouvelle-t-elle pertinemment les arts par de nouvelles configurations impures et vitales, inventant un travail politique sous de nouvelles formes?
Cet ouvrage questionne la notion de montage dans les arts à partir de recherches issues des domaines suivant : arts plastiques, cinéma, danse, histoire de l'art, littérature, musique, poésie, théâtre. Si le terme de montage n'est pas d'usage dans toutes ces disciplines, sa pratique est familière à toutes. Elle révèle, au-delà de son aspect technique, une épaisseur théorique en partie liée au paradigme cinématographique et, de façon plus générale, à sa faculté de mettre en relation dynamique du dissonant et de construire des temporalités. Né avec les premières avant-gardes, le montage expose la vision d'un monde constitué d'hétérogène et de dissemblable et largement conformé de segments " ready-mades ". Ce monde est lui-même perçu par un sujet fragmenté par les flux d'informations et leurs images, attitudes et sons pré-construits dans lesquels ce sujet bricole une cohésion par sélection et archivage personnels. Au moyen d'analyses établissant des relations dialectiques entre les premières définitions du montage et la façon dont il se présente aujourd'hui, les auteurs du présent ouvrage examinent l'extension contemporaine de la procédure en mixage et en montage entre les arts.