Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Caliban N° 56/2016 : Disparitions. Littérature et arts américains, Textes en français et anglais
Cochoy Nathalie ; Vallas Sophie
PU MIDI
22,00 €
Épuisé
EAN :9782810704804
Comme la blancheur de la baleine, le "colorless-all color" du Moby Dick de Melville, semble le présager, l'absence est souvent rendue visible, voire tangible, dans la fiction américaine. Cet ensemble de contributions est consacré aux différents moyens de re-présentation de l'absence dans les romans ou nouvelles. Sont ainsi évoqués les voiles et vernis de l'illusion, mais aussi les blancs et les silences du texte. Comment les secrets intimes et obsédants ou les soupçons de conspiration émergent-ils dans la fiction ? Si "Voir, c'est perdre" (Georges Didi-Huberman), la réflexion du texte sur les limites du voir et du dire n'est-elle pas un moyen de recréer les miracles de l'invisible, les mystères de l'inconnu ou l'étrangeté de l'ordinaire ? L'expression du deuil peut également être considérée comme un moyen de survie. Comment parle-t-on des absents, qu'ils soient des proches décédés, des amis perdus de longue date ou des anonymes disparus ? Que reste-t-il de leurs vies, leurs corps, leurs voix, leurs secrets ? Comment la voix qui prend en charge le texte réussit-elle à évoquer, voire à recréer cette "altérité" absente qui suppose la présence d'un "je" vivant ? Ce numéro cherche à savoir, enfin, si les disparitions, dans la fiction américaine, ne seraient pas un lieu de ralliement pour les écrivains et les lecteurs, l'émanation d'une rencontre, ou d'une émotion partagée.
Contrairement à ce que l'on croit souvent, le marché ne fait pas que dissoudre des liens mais en crée de nouveaux. Partout, communautés de clients, sites de rencontre, régulations marchandes, cartes de fidélité, cadeaux d'entreprise, associations professionnelles, outils du marketing viral, réseaux sociaux électroniques, contrats commerciaux, inventent et font proliférer des formes de liens inédites à partir de la rencontre entre les partenaires de l'échange. Il convient donc d'étudier comment le marché " fait et " défait " société, et donc " refait " cette dernière, et d'explorer in fine les conséquences de telles transformations. Tel est le programme suivi par l'ouvrage, en trois volets. Le premier fournit des cadres d'analyse et des exemples pour mieux penser et comprendre la façon dont le lien s'inscrit au coeur du marché. Le second volet explore les différentes facettes du marketing du lien, d'abord sur Internet, avec toutes les techniques du marketing viral ou de la captation marchande des " blogueurs ", puis sous d'autres formes, qui vont des techniques classiques de fidélisation à l'usage des cadeaux comme moyen de développer les relations commerciales. Enfin, le troisième volet porte sur les relations étonnantes qui se nouent entre lien, affect et marché, du côté de l'assurance-vie et du crédit, mais aussi de l'accueil et de la détention des objets marchands dans notre vie intime, voire de la formation des liens amoureux.
Qui, en gestion, en politique ou en sciences sociales, n'a jamais entendu parler de "captation" des clients, des électeurs, des personnes ? Et pourtant, qui sait vraiment quels sont les ressorts et les enjeux de " la captation des publics " ? La parabole du Petit chaperon rouge suffirait-elle à circonscrire ces pratiques ? Les auteurs du présent ouvrage tentent d'éclairer ces questions à partir de terrains aussi diversifiés que les techniques marchandes (emballage, étiquetage, merchandising), la banque, les cybermarchés, la démocratie électronique, la téléphonie ou les marchés financiers. Ils nous invitent à saisir la pluralité des opérations de captation, qui vont de l'attraction à la fidélisation, en passant par l'information et la séduction. Ils nous montrent que ces pratiques consistent à articuler dispositifs techniques de gestion et dispositions sociales des publics visés. Ils nous font surtout découvrir le caractère très ambigu de ces relations qui, loin de se limiter à de simples rapports de domination ou de manipulation, ouvrent rapidement sur la figure du capteur-capté. L'importance du sujet traité, mais aussi ses enjeux théoriques, pratiques, voire politiques, intéresseront un vaste public : étudiants et chercheurs en gestion, en sciences sociales et en sciences politiques, mais aussi praticiens et simples consommateurs et/ou citoyens soucieux de mieux comprendre et peut-être de mieux maîtriser les modalités de leurs rapports quotidiens.
Ce numéro multiplie les pas de côté interdisciplinaires pour décrire dans toute sa complexité le phénomène de la marche urbaine. Il passe du point de vue de l'écrivain à celui de l'urbaniste, de celui de l'architecte à celui du sociologue ou encore du designer. Il adopte des échelles d'observation allant de l'intime et de l'introspection via l'évocation de différents récits de marche et portraits de marcheurs dans la littérature à la cartographie surplombante de grands ensembles urbains et à la délimitation de leurs zones piétonnes via l'examen de différents plans et projets urbanistiques. Les contributions à ce numéro s'organisent autour de cinq propositions : la marche envisagée comme un récit (l'accompagnement d'un phrasé ou l'élan d'une traduction) ; la marche considérée comme l'occasion d'un dépassement identitaire ; la marche en ville envisagée comme un art civique dans le sens où elle donne droit de cité tout en donnant à penser la cité ; la marche en ville perçue comme l'occasion d'un aménagement de l'espace (marcher, c'est aussi une activité qui s'inscrit dans un programme politique de planification urbaine) ; enfin, la marche urbaine en tant qu'agencement sociotechnique : marcher, c'est réunir avec et autour de soi un ensemble d'équipements, de dispositifs, d'artefacts qui contribuent à la fois à sa réalisation et à sa perpétuelle transformation.
Qu?est-ce qui nous attire dans une vitrine de magasin? Qu?est-ce qui nous pousse à saisir une offre commerciale, à entrer dans le cercle privilégié des abonnés premium, à compulser les pages d?un journal à la une alléchante? Sans aucun doute la curiosité, ce ressort essentiel de l?action ordinaire qui nous invite à rompre avec nos habitudes et à nous transporter au-delà de nous-mêmes.La curiosité (saine ou malsaine) est l?un des artifices favoris de la séduction marchande. Car capter un public ? attirer l?attention d?un lecteur, séduire un client, répondre aux attentes d?un usager, convaincre un électeur? ? passe souvent par la construction de dispositifs techniques capables de jouer sur les motivations intérieures des personnes. Modèle du genre, pure machine de curiosité, le conte de Barbe bleue nous accompagne tout au long de cette promenade sociologique dans le cabinet de curiosités que propose ici Franck Cochoy. Entre histoire immémoriale et anthropologie contemporaine, l?auteur analyse méticuleusement les dispositifs fourbis par le marché pour entretenir la curiosité: vitrine d?un magasin, teasing, packaging, abribus, Internet mobile?. Des affaires Bettencourt à Strauss-Kahn en passant par Wikileaks, l?ouvrage décrypte la presse d?investigation et ses « unes » excitantes pour nous révéler les secrets des révélateurs de secrets. Cet ouvrage original et truculent devrait éveiller la curiosité du lecteur et l?entraîner dans un parcours inhabituel. Au terme de celui-ci, avisé et plus prudent, il saura repérer les pièges dont il est l?objet. À moins que la curiosité ne le reprenne! Franck Cochoy, spécialiste des marchés, est professeur de sociologie à l?université Toulouse II et membre du CERTOP-CNRS.
A un moment où de nombreux domaines affichent des préoccupations relatives à la littératie, ce numéro s'intéresse à la constitution et à la réinterprétation de son espace conceptuel dans le champ de l'enseignement et de l'éducation. Plutôt que de se focaliser sur les différentes tentatives de définition qui ont pu en être proposées, ce volume cherche à comprendre en quoi la littératie conduit à penser autrement le développement des activités langagières : le continuum de leurs apprentissages, leurs interactions, leurs usages dans différentes institutions sociales, leurs fonctionnalités pour l'individu et la société.
Condamné pour meurtre, Jacob est innocenté après plusieurs années de détention. Il retrouve la liberté, mais le monde extérieur lui paraît aussi fermé et hostile. Il s'interroge sur les causes de sa condamnation et sur l'existence d'une main mystérieuse qui régit l'ordre du monde "au-dessus" des lois morales écrites par les hommes. La réflexion sur les questions existentielles, morales et ontologiques fait de cette pièce une grande parabole sur la condition humaine.
Nés dans les années 1960, les jeux vidéo ont, en quelques décennies, accédé au rang de fait économique et culturel majeur. On est en effet bien au-delà, aujourd'hui, d'un phénomène générationnel. Smartphones, tablettes, consoles de salon et portatives ont modifié le profil du gamer type. Désormais, on joue à tout âge, filles ou garçons, ensemble ou séparément, en couple, entre amis, en famille. Les débats sur le sexisme qui ont récemment agité la communauté des pratiquante.s montrent qu'il est nécessaire, voire urgent, de considérer le fait vidéoludique sous l'angle du genre. Ce livre est le premier, en France, à aborder cette question de front en interrogeant les dispositifs de mise en scène et de narration qui construisent dans les jeux vidéo le masculin et le féminin, les modalités genrées d'expression et d'identification à l'oeuvre dans les relations joueur.se / avatar et les changements introduits par l'avènement des gameuses dans l'univers masculinisé des jeux vidéo.
Dans un non-lieu et dans un temps suspendu, sont réunies toutes les femmes victimes de la violence des hommes : femmes riches et pauvres, cultivées ou analphabètes, jeunes et âgées, rebelles et soumises. Libérées par la mort de leur condition de victimes, elles nous racontent leurs histoires. On assiste à des drames provoqués par une société machiste, des traditions cruelles, des mentalités arriérées. A travers des témoignages/ fictions de plusieurs pays du monde (Inde, Italie, France, USA, Mexique...), toutes les conditions sociales et toutes les cultures sont mises en cause par la dramaturge. Il en résulte une anthologie de récits bizarrement pleins d'humour et d'ironie, où la tragédie du quotidien demande justice et où l'universalité des histoires pousse le lecteur-spectateur à réfléchir sur la véritable condition de la femme au XXIe siècleSerena dandini est auteure et animatrice télé. Très connue de par le caractère innovant et satyrique de ses émissions, elle a travaillé avec des artistes très populaires en Italie. En 1988, elle écrit et présente La tv delle ragazze (La télé des filles), une émission qui fera connaître au grand public de nombreuses comédiennes et artistes. Entre 2012 et 2013 elle met en scène son premier texte théâtral, Blessées à mort, inspiré par des faits divers de violence sur les femmes. Cette pièce est encore aujourd'hui en tournée en Italie et dans le monde. Texte engagé, militant, dur, il se fait porte-parole d'une situation malheureusement bien présente dans notre société, toutes ces histoires étant inspirées de faits réellement advenus.