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Etudes rurales N° 181 : Modèles et contre-modèles sociaux. Amérique latine
Chouquer Gérard ; Kempinski Eva ; Prenchio Claire
EHESS
33,00 €
Épuisé
EAN :9782713221767
En Amérique latine comme dans le reste du monde, on continue de se poser les mêmes questions. Quels modèles de développement durable adopter, qui respectent les traditions locales sans toutefois les reconstruire de façon artificielle? Quels modèles de production adopter, qui ne précipitent pas les paysans dans l'instabilité et dans une pauvreté accrue? Quels contre-modèles élaborer, qui tiennent compte des subtilités des modes d'occupation du sol? Quelle place accorder au foncier dans la succession des politiques agricoles? Quel équilibre trouver entre l'individuel et le collectif? Le productivisme agricole, "fait social total ", est-t-il toujours à l'ordre du jour? Ces questions traversent l'ensemble du numéro, depuis le pastoralisme (Pérou, Iran) jusqu'à la gestion de la nature (Brésil, Réunion, France) en passant par le paysage (Suisse, France) et par le statut social et professionnel des travailleurs ruraux (Argentine, Vietnam). Le numéro s'ouvre sur le passé très lointain de l'agriculture amérindienne pour se refermer sur une chronique qui recense les travaux récents ayant trait à l'histoire du cadastre antique et médiéval en Europe.
De plus en plus de travaux s'accordent pour dire que les animaux tiennent compte des comportements et des pratiques des hommes et adaptent leurs conduites en conséquence. Ils sont donc agents, voire acteurs. Ces ajustements reposent sur une mémoire générationnelle et des formes de transmission difficiles à analyser. Les disciplines, qu'il s'agisse de psychologie, d'éthologie cognitive ou d'anthropologie, peinent à les saisir. Peut-on parler au nom d'êtres naturellement dépourvus de langage ? Tout l'enjeu est alors d'accéder à un point de vue qui n'est pas celui de l'homme. Les outils dont nous disposons sont l'observation, bien sûr, mais, plus intimement aussi, la perception et les affects. La question du travail, du genre et, plus généralement, de la transmission culturelle des formes est-elle pertinente s'agissant de sociétés non humaines ? Les méthodes et les concepts des sciences humaines et sociales sont-ils adaptés à l'étude des sociétés animales ? Sans éluder les difficultés que fait naître cette épistémologie en miroir, ce numéro explore le champ des sociabilités animales.
L'heure est au dérèglement de la nature. Au-delà de l'épuisement de la biodiversité, du réchauffement climatique et de l'appauvrissement des ressources, les années 1990 voient émerger un nouveau concept : la " prolifération " du vivant. Ce concept modifie le statut des espèces : tantôt nobles tantôt indésirables, tantôt " manne " tantôt " ennemies ", tantôt autochtones tantôt allochtones. C'est à travers bestiaires (lapins, goélands, criquets, éphémères, chenilles) et herbiers (algue, jussie, vase, prunus) que se déclinent ces " proliférantes natures ". Elles font l'objet de controverses entre experts, agriculteurs, aménageurs et usagers. Elles deviennent un véritable enjeu de société et nous invitent à relire notre histoire de la nature, tant d'un point de vue savant et politique que d'un point de vue vernaculaire. Ancrées dans le mythe du jardin d'Eden, ces " invasions biologiques " disent les paradoxes, si ce n'est les limites, de la gestion du vivant. Au moment où les dispositifs techniques d'exploitation de la nature sont en perte de vitesse tout en demeurant les fondements inébranlables de la société occidentale, l'homme semble être à la recherche d'un réenchantement du monde. Face à ces " invasives ", les imaginaires contemporains oscillent entre espoirs et doutes, rêves et peurs. Ce numéro envisage successivement les taxonomies, controverses et mythologies engendrées par une nature qui nous échappe.
Pour étudier les milieux, les paysages et les territoires du passé, les chercheurs ont, aux XIXe et XXe siècles, fabriqué des modèles comme la cité antique, l'openfield, la centuriation, le bocage, la ville, le latifundium, les grands défrichements, etc. Ils ont aussi inventé les pays géologiques, les vestiges archéologiques, les typologies paysagères, les cultures, les périodes historiques, les territoires cohérents. Jadis on recherchait des caractères originaux du passé, mais on forgeait surtout les caractères identitaires utiles pour justifier le nationalisme, le naturalisme et l'historicisme méthodologiques. S'il y a crise des récits de la relation que les sociétés ont eue avec leurs milieux, c'est parce qu'on a pris conscience du décalage grandissant que les Modernes ont installé entre les réalités géographiques et les représentations historiennes qu'ils se sont données. L'ouvrage analyse les principaux récits et en montre le caractère transformateur, souvent polémiste, et toujours réducteur parce qu'on y développe des modèles explicatifs hypertrophiés. Biographie: Gérard Chouquer est directeur de recherche au CNRS. Il a publié aux éditions Errance: L'étude des paysages; Histoire d'un paysage de l'époque gauloise à nos jours et, en collaboration avec François Favory: Les paysages de l'Antiquité; L'arpentage romain.
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.