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Etudes rurales N° 189 : Sociabilités animales
Chouquer Gérard
EHESS
33,00 €
Épuisé
EAN :9782713223266
De plus en plus de travaux s'accordent pour dire que les animaux tiennent compte des comportements et des pratiques des hommes et adaptent leurs conduites en conséquence. Ils sont donc agents, voire acteurs. Ces ajustements reposent sur une mémoire générationnelle et des formes de transmission difficiles à analyser. Les disciplines, qu'il s'agisse de psychologie, d'éthologie cognitive ou d'anthropologie, peinent à les saisir. Peut-on parler au nom d'êtres naturellement dépourvus de langage ? Tout l'enjeu est alors d'accéder à un point de vue qui n'est pas celui de l'homme. Les outils dont nous disposons sont l'observation, bien sûr, mais, plus intimement aussi, la perception et les affects. La question du travail, du genre et, plus généralement, de la transmission culturelle des formes est-elle pertinente s'agissant de sociétés non humaines ? Les méthodes et les concepts des sciences humaines et sociales sont-ils adaptés à l'étude des sociétés animales ? Sans éluder les difficultés que fait naître cette épistémologie en miroir, ce numéro explore le champ des sociabilités animales.
Pour construire ce numéro anniversaire nous sommes partis du constat que, cinquante ans après la création d'Etudes rurales, la ruralité signifiait toujours quelque chose de majeur pour une part importante de l'humanité. Toutefois la façon dont les problèmes se présentent aujourd'hui nous incite à ouvrir un nouveau chapitre dans l'histoire de la revue, chapitre plus délibérément tourné vers les grandes interrogations contemporaines. La ruralité requiert de nouveaux regards. En effet, les questions se posent désormais dans des termes mobiles et avec davantage d'acuité que dans les années 1960. Les auteurs que nous avons sollicités nous permettent de penser les alternatives de façon alternative et de saisir "les Suds" dans toute leur dimension. Ils nous aident à appréhender le foncier à travers le nouveau commerce des terres et la reconnaissance des droits coutumiers, à réfléchir sur la brevetabilité et la commercialisation du vivant, à redéfinir la place actuelle des petites exploitations, à repenser la parenté. Ces différentes contributions révèlent qu'à la diagonale des peuples et des lieux se superpose la diagonale des connaissances et des rationalités. Tel est le sens du rural aujourd'hui.
Barbare ? Informel ? Obscur ? En analysant la question foncière, ce livre démontre qu'au contraire le haut Moyen Age est une période inventive pour le droit. Du VIe au Xe siècle, durant lesquels la détention de la terre est le fondement de toute puissance, les terres publiques sont gérées de manière attentive : comment concéder la terre publique à des fidèles, afin d'éviter le risque d'accaparement ? Analysant le droit foncier, ce livre interroge les cadres et les concepts avec lesquels on parle de la terre dans les sociétés dites a barbares o et permet de dresser un portrait inattendu des sociétés du haut Moyen Age, plus attaché au formalisme juridique qu'on ne le croit couramment. Toutes les institutions foncières sont réexaminées et réévaluées ; des concessions aux églises à la colonisation agraire, en passant par les techniques d'enregistrement et de publicité foncière. En montrant ainsi un formalisme toujours plus affirmé et l'apparition d'innovations juridiques totalement inconnues du droit romain, ce livre propose une approche inédite des sociétés rurales du haut Moyen Age.
La terre a toujours fait l'objet de convoitises et d'appropriation. Mais la pression commerciale sur les terres de nombreux pays estimés vides s'est accrue lors des crises alimentaire et financière de 2008-2009. De vastes transferts sont en cours, pour des raisons de sécurité alimentaire ou énergétique, mais aussi pour des motifs de spéculation. L'agriculture mondiale intègre progressivement le marché néolibéral et cesse d'être un espace protégé. Cet ouvrage décrit le phénomène et tente de caractériser ses conséquences géographiques. Le fait de faire porter par les terres d'un autre pays les récoltes d'un pays peuplé ou sans terres, et de le faire par l'intermédiaire d'un montage qui implique des pays ou des organismes garants conduit vers de nouveaux espaces. Alors, entre la faim de terres des 450 millions de paysans qui en sont privés et l'appétit d'espaces des investisseurs, comment dégager une politique foncière acceptable de réduction des insécurités, de respect des milieux et de défense de la pluralité des droits s'exerçant sur la terre?
Depuis le début des années 1990, la plupart des hôpitaux européens ont révolutionné les pratiques entourant la mort du foetus ou du nourrisson. Escamoter l'enfant mort et inciter les parents à "passer à autre chose", tel était l'usage jusqu'alors. Apprendre à "faire son deuil", telle est la règle désormais. Le deuil devient volontariste, presque appliqué. Mais le plus surprenant est sans doute l'invite systématiquement faite aux parents de regarder leur enfant mort. Internationale, cette mutation fut aussi radicale: en dix ans, une page de l'histoire de la mort enfantine a été tournée. Elle cristallise une nouvelle manière de saluer les morts rendant essentielles la matérialité et l'incarnation du souvenir. Que s'est-il passé pour que la présentation ou la représentation du corps devienne, ou redevienne, incontournable pour penser la perte? Un simple retour au passé? Fétichisation du corps et psychologisation de son usage: le corps, la chair, le donné biologique sont appelés au secours des psychés. Mais le phénomène se limite-t-il bien au cas des bébés morts? Que nous suggère-t-il de la redéfinition contemporaine des identités?
Georges Guille-Escuret bouscule un des tabous de la civilisation: le cannibalisme. II soumet au crible d'une analyse incisive le regard porté par les sciences sociales sur l'anthropophagie. Entre les récits d'explorateurs, les témoignages de missionnaires et les commentaires de savants, se dessine une épistémologie à double sens, portant sur la confrontation entre la culture des peuples observés et celle des observateurs. Le cannibalisme se révèle une formidable loupe pour observer les antagonismes de pensée autour du rapport nature/culture. Il permet aussi de mettre au jour la dimension historique de l'exotisme. Ce livre, tout en réinsérant le cannibalisme parmi les sujets anthropologiques, prétend combattre efficacement l'ethnocentrisme et le mépris du "sauvage" dans la "civilisation".