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Terres porteuses. Entre faim de terres et appétit d'espace
Chouquer Gérard
ERRANCE
22,00 €
Épuisé
EAN :9782877724975
La terre a toujours fait l'objet de convoitises et d'appropriation. Mais la pression commerciale sur les terres de nombreux pays estimés vides s'est accrue lors des crises alimentaire et financière de 2008-2009. De vastes transferts sont en cours, pour des raisons de sécurité alimentaire ou énergétique, mais aussi pour des motifs de spéculation. L'agriculture mondiale intègre progressivement le marché néolibéral et cesse d'être un espace protégé. Cet ouvrage décrit le phénomène et tente de caractériser ses conséquences géographiques. Le fait de faire porter par les terres d'un autre pays les récoltes d'un pays peuplé ou sans terres, et de le faire par l'intermédiaire d'un montage qui implique des pays ou des organismes garants conduit vers de nouveaux espaces. Alors, entre la faim de terres des 450 millions de paysans qui en sont privés et l'appétit d'espaces des investisseurs, comment dégager une politique foncière acceptable de réduction des insécurités, de respect des milieux et de défense de la pluralité des droits s'exerçant sur la terre?
La " réforme fiscale " de l'empereur Dioclétien inaugure un changement majeur qui provoque, tout au long du IVe siècle, une série de pratiques cadastrales et fiscales nouvelles, interférant sur les questions foncières de façon décisive. Mais justement, en quoi consiste cette réforme ? Ce livre est le récit des changements qu'a connus la fiscalité personnelle et foncière, nommée souvent " capitation ", à partir de la réforme fiscale de Dioclétien. Le lien est fait entre la documentation des arpenteurs sur le cadastre et le bornage d'une part, et les textes juridiques d'autre part. L'auteur peut ainsi décrire, pour la première fois, le mécanisme complet qui conduit de l'évaluation des terres et des hommes sur le terrain, à la définition et à la répartition de l'impôt. Pour permettre la gestion, on a institué des circonscriptions nommées fundus, praedium, casa, au sein desquelles on a regroupé les exploitations, fixé les hommes par l'enregistrement obligatoire (adscriptio), réuni les terres désertées aux terres productives. Les arpenteurs ont défini différents codages permettant de passer du terrain aux archives. Un dictionnaire de 1600 termes et expressions complète le livre et fournit un précieux outil de travail.
De tout temps l'homme a modelé la nature. Le Finage, plaine partagée entre le Jura et la Côte-d'Or, entre Bourgogne et Franche-Comté, représente un exemple vivant de l'évolution des paysages. Après 15 ans de recherches archéologiques et historiques, et des découvertes exceptionnelles grâce à la photographie aérienne, l'auteur nous décrit avec précision les changements importants intervenus depuis la plus haute antiquité sur ces territoires irrigués par la Saône et le Doubs.
Barbare ? Informel ? Obscur ? En analysant la question foncière, ce livre démontre qu'au contraire le haut Moyen Age est une période inventive pour le droit. Du VIe au Xe siècle, durant lesquels la détention de la terre est le fondement de toute puissance, les terres publiques sont gérées de manière attentive : comment concéder la terre publique à des fidèles, afin d'éviter le risque d'accaparement ? Analysant le droit foncier, ce livre interroge les cadres et les concepts avec lesquels on parle de la terre dans les sociétés dites a barbares o et permet de dresser un portrait inattendu des sociétés du haut Moyen Age, plus attaché au formalisme juridique qu'on ne le croit couramment. Toutes les institutions foncières sont réexaminées et réévaluées ; des concessions aux églises à la colonisation agraire, en passant par les techniques d'enregistrement et de publicité foncière. En montrant ainsi un formalisme toujours plus affirmé et l'apparition d'innovations juridiques totalement inconnues du droit romain, ce livre propose une approche inédite des sociétés rurales du haut Moyen Age.
Pour étudier les milieux, les paysages et les territoires du passé, les chercheurs ont, aux XIXe et XXe siècles, fabriqué des modèles comme la cité antique, l'openfield, la centuriation, le bocage, la ville, le latifundium, les grands défrichements, etc. Ils ont aussi inventé les pays géologiques, les vestiges archéologiques, les typologies paysagères, les cultures, les périodes historiques, les territoires cohérents. Jadis on recherchait des caractères originaux du passé, mais on forgeait surtout les caractères identitaires utiles pour justifier le nationalisme, le naturalisme et l'historicisme méthodologiques. S'il y a crise des récits de la relation que les sociétés ont eue avec leurs milieux, c'est parce qu'on a pris conscience du décalage grandissant que les Modernes ont installé entre les réalités géographiques et les représentations historiennes qu'ils se sont données. L'ouvrage analyse les principaux récits et en montre le caractère transformateur, souvent polémiste, et toujours réducteur parce qu'on y développe des modèles explicatifs hypertrophiés. Biographie: Gérard Chouquer est directeur de recherche au CNRS. Il a publié aux éditions Errance: L'étude des paysages; Histoire d'un paysage de l'époque gauloise à nos jours et, en collaboration avec François Favory: Les paysages de l'Antiquité; L'arpentage romain.
La forêt méditerranéenne a connu, depuis un lointain passé, de nombreux changements dus aux variations climatiques et, plus récemment, à l'action de l'homme. Dès le Néolithique, l'empreinte des paysans va organiser le paysage. La végétation actuelle est, en effet, le résultat des différentes interventions dans l'exploitation des terres qui, à certaines époques, purent provoquer de véritables crises dans l'agriculture. Travaillant avec les archéologues sur de nombreux sites, l'auteur a étudié des milliers d'échantillons de charbons de bois, créant une école d'anthracologie qui a permis une avancée unique en préhistoire sur la dynamique des écosystèmes. La connaissance de l'histoire de l'écologie de la forêt méditerranéenne est indispensable pour la nécessaire gestion de ces espaces, aujourd'hui si fragiles et menacés.
Si l'archéologie protohistorique française a longtemps fonctionné sur la trilogie césarienne, aedificium, vicus, oppidum, les fouilles de ces dernières décennies ont mis en évidence, que même si cette terminologie est d'un usage commode, elle s'avère beaucoup trop schématique et ne correspond que lointainement aux réalités archéologiques.
La Méditerranée a été le trait d'union de la civilisation antique. Par elle ont transité les produits, les hommes, les idées, les modèles économiques, sociaux et politiques. Mais la mer n'est pas un milieu simple. Elle change avec les saisons, avec les aléas climatiques, et avec les savoirs des hommes, qui la rendent alternativement repoussante ou attirante, en font une auxiliaire ou une ennemie, une porte ouverte ou une barrière. Les routes, qui n'y sont ni tracées, ni balisées, sont le produit d'une alchimie complexe où se mêlent conditions naturelles, technologie, savoirs empiriques et règles commerciales.Déterminer les itinéraires précis qu'empruntaient les navigateurs, leurs variations saisonnières, et les temps nécessaires à leurs parcours, sont le fruit de la géographie historique. Ces rythmes du commerce, qui ont constitué la trame de l'économie méditerranéenne antique, ont fondé la représentation du monde des Anciens. Un voyage à travers l'espace-temps de la navigation antique donne les mesures de la mer transmises aux géographes anciens par l'expérience des marins.