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Bulletin d'histoire et d'épistémologie des sciences de la vie Volume 26 N° 2/2019
Cherici Céline
KIME
16,00 €
Épuisé
EAN :9782841749539
Le second numéro du Bulletin de la SHESVIE reprendra le thème de l'anthropogénèse qui a animé le XXVe Congrès de la société et qui s'est déroulé à Bordeaux les 14-15 mars 2019. La question des origines de l'homme est une vraie interrogation depuis le XVIIIe siècle, en Occident. Jusque vers 1750, la question se pose en termes théologiques et dans une lecture des textes bibliques influencée par le nominalisme et le cartésianisme. Buffon est un des premiers à envisager une origine de l'homme intégrée dans le règne animal et à détacher les explications scientifiques des explications théologiques. A partir des années 1860, le concept de préhistoire s'élabore en tant que science et un questionnement anthropologique se met en place autour des types morphologiques humains passés ou présents. De la biologie darwinienne de l'évolution, bientôt enrichie et transformée par la génétique des populations à la paléoanthropologie, retraçant le parcours complexe et buissonnant de la phylogénie humaine ; de l'archéologie, interrogeant et datant les différents restes fossiles de cette histoire à la primatologie, donnant à voir la proximité chaque jour plus étonnante entre l'homme et les grands singes ; toutes ces disciplines, au-delà de leur évidente disparité, convergent pourtant autour d'un même objet. Elles interrogent toutes à leur manière, depuis les méthodes qui sont chaque fois les leurs, l'humain et sa longue histoire constitutive. Peut-on néanmoins rapprocher ces "anthropogenèses" distinctes et les penser ensemble, comme autant de points de vue différents sur une même histoire ? Une interrogation transdisciplinaire, une réflexion commune sur notre humanité et sa préhistoire sont-elles aujourd'hui possibles ? Ce congrès se propose d'apporter des éléments de réponse à ces questions.
Le colloque "Appréhender les catégories zoologiques dans les sociétés du passé" , tenu les 21, 22 et 23 mars 2019 sous l'égide de la Faculté des Lettres de Sorbonne Université en partenariat avec l'Université Paris-Diderot (CNRS SPHère UMR 7219) et la Humboldt-Universität de Berlin, a réuni une cinquantaine d'historiens, philosophes et scientifiques autour d'un questionnement épistémologique sur les sources et les méthodes permettant d'appréhender les catégorisations des animaux dans les sociétés anciennes. Ce numéro thématique du Bulletin se propose de rassembler les contributions centrées sur des problématiques historiques autour des diverses classifications zoologiques proposées par les savants de l'Antiquité à la période moderne, et les questionnements qui les ont traversées tels que la transmission de ces savoirs d'un siècle à l'autre et les différents modes de pensée autour des classifications zoologiques d'une culture à une autre. Au triptyque "Observer/comparer/classer" , préalable à la démarche scientifique de la classification du vivant (qu'elle soit zoologique ou botanique), s'ajoutent les concepts lexico-linguistiques relatifs aux actions de "nommer/définir" qui convoquent l'élaboration d'un langage, d'une terminologie, d'une nomenclature et les interactions entre les savoirs culturels, les pratiques culturelles et utilitaires, les savoirs vernaculaires empiriques et scientifiques. La perspective historique sur les classifications s'articule avec des dimensions Epistémologiques et lexicologiques qui viennent illustrer les débats autour de la catégorisation des diverses unités du monde vivant, à savoir la distinction genre/espèce, les questions épistémologiques autour des déterminants zoologiques des grands groupes d'animaux, mobilisant les questions d'ordre lexicologique.
Avant la formulation de la théorie du neurone par Cajal dans les années 1880, on ne trouve guère de traces d'une véritable histoire des sciences du cerveau. Pourtant la neurophysiologie existait bel et bien. Ce livre voudrait réparer cet oubli touchait les pionniers de l'âge classique, période riche de découvertes et d'avancées dans la compréhension du fonctionnement cérébral aussi bien que dans le traitement de maladies cérébrales comme la rage. L'âge classique est d'abord une période de gestation, tant scientifique que philosophique, notamment à travers la traditionnelle question des rapports entre l'âme et le corps. Ce questionnement philosophique entraîne une recherche expérimentale en physiologie, souvent limitée par les moyens techniques de l'époque; elle s'appuie toutefois sur le perfectionnement de l'anatomie cérébrale engagé dès la Renaissance. On assiste alors à la constitution d'une pensée anatomophysiologique selon laquelle fonction et morphologie des structures cérébrales sont liées. Cette période de gestation - où se côtoient savoir traditionnel et avancées scientifiques - est marquée par des querelles entre les grands chercheurs de l'époque d'où émergeront d'une part une culture du cerveau, et de l'autre, les concepts fondamentaux des neurosciences.
Faye Emmanuel ; Lassègue Jean ; Rastier François ;
Bien au-delà de la seule philosophie, le débat à Davos en 1929 entre Cassirer et Heidegger a marqué l'histoire des idées. Il a même donné naissance à des récits passablement légendaires qui négligeaient le contexte historique précis. Un nouveau regard s'impose, à la lumière des oeuvres publiées depuis lors. Les vingt-cinq tomes de l'édition allemande de référence de Cassirer ne sont disponibles que depuis 2007. S'y s'ajoutent les dix-sept tomes du Nachlass depuis 2017. Des 102 volumes de la Gesamtausgabe de Heidegger, édition de référence mais sans garantie scientifique, moins d'une dizaine reste programmée, mais d'ores et déjà la publication des cinq premiers volumes des Cahiers noirs a permis d'engager une relecture critique de l'ensemble. C'est donc à présent seulement que l'on peut véritablement évaluer les projets contrastés des deux auteurs. Leurs enjeux intéressent notamment le statut de la rationalité et des sciences, en particulier celles de la culture, aussi bien que le statut de la technique parmi les formes symboliques. Et tout autant, l'opposition entre la démocratie et la théologie politique ; entre la légitimité du cosmopolitisme et l'ontologie identitaire ; enfin, entre la possibilité même d'une éthique ou son rejet de principe. Tous ces thèmes contradictoires exigent aujourd'hui une révision critique, non seulement rétrospective, mais aussi ancrée dans le présent. Car au-delà même de la philosophie, des courants de pensée et des forces politiques en Europe et dans le monde poursuivent ces deux voies qui s'opposent aujourd'hui.
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.
L'idéologie américaine repose sur un principe : chacun peut réussir dans ce pays s'il s'en donne la peine. Cette assertion a inspiré un concept : le rêve américain. Cependant, comme dans tout autre pays, seule une minorité connaît le succès. Si l'essentiel du cinéma américain fait l'apologie des Etats-Unis, il existe un faible pourcentage de cinéastes qui ont choisi, dès la naissance du parlant au moins, d'offrir une image beaucoup plus sombre de leur pays. Ainsi est né un personnage paradoxalement très américain, le loser, celui qui, pour avoir cru au rêve, paye le plus souvent sa conviction au prix de sa déchéance et même de sa vie. En réalité, le loser est le produit de trois données : l'histoire, qui repose sur un quasi-génocide et sur l'esclavage ; le calvinisme, qui fait de l'élection divine le moteur de toute existence ; le capitalisme qui privilégie absolument la réussite économique au détriment de la loi sociale. Avec plus ou moins de constance, tous les genres cinématographiques ont montré des personnages de losers, mettant ainsi en évidence une véritable sociologie des laissés-pour-compte. Ce faisant, le cinéma américain, montrant les tares d'une société productrice d'individus trahis par l'illusion à laquelle elle incite à croire, démontre à la fois que l'Amérique n'est pas l'Eden dans lequel les Pèlerins ont pensé pénétrer, et qu'elle est condamnée, comme le loser, à l'échec, parce qu'elle contient dans ses fondements les tares qui auront raison d'elle.
Et si la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert exigeait un effort de prospective ? En effet, de quel texte majeur l'oeuvre de Flaubert, fondamentalement matricielle, sera-t-elle finalement l'oeuvre source ? La critique s'est beaucoup intéressée aux lectures du romancier et aux textes qui ont pu l'inspirer ; elle a longuement analysé les principes de sa poétique et la manière patiente dont elle s'est élaborée. Mais quid des influences multiples sur ses contemporains ? Elle a beaucoup moins observé comment les héritiers autoproclamés se sont emparés de l'esthétique flaubertienne pour construire leurs propres oeuvres et comment ces dernières font honneur ou pas à l'héritage reçu. C'est cet oubli que prétend réparer Flaubert ou l'oeuvre muse. L'étude offre en effet une exploration panoramique des oeuvres de littérature française qui, dans le mystérieux processus labyrinthique de la création artistique, en plus d'être prismatique, devenue multidimensionnelle, ont contribué jusqu'à ce jour à faire vivre une réelle flaubertolâtrie.