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A quoi rêvent les machines ?
Chazal Gérard
EUD
16,00 €
Épuisé
EAN :9782364411746
A quoi réent les machines ? La question peut paraître étrange. C?est cependant une manière d?interroger nos propres rêveries autour des réalisations techniques, en faisant jouer aux machines le rôle de reflet de nos propres existences. A travers de nombreux artifices, dont les machines sont les plus élaborés, nous construisons notre monde, enchevêtrant raison et imaginaire et mêlant utile et gratuit. La machine et ses rêves nous renvoient alors une image éclairée de nous-mêmes. Ce jeu de miroir Ne pose-t-il pas la question de savoir si, au bout de toute philosophique interrogation, nous ne serions pas plutôt des machines rêvant de devenir des humains. Ainsi, cette question ouvre une enquête sur l?imaginaire attaché aux machines, des premiers automates à l?ombre du cyborg, La définition rigoureuse de la machine, tentée en début d?ouvrage, se trouve, au fil des pages, débordée sur les frontières ténues entre raison technicienne et imaginaire. Ces rêveries de la machine ont finalement été prises au sérieux par les artistes, depuis Duchamp et Léger, jusqu?aux formes contemporaine de l?art numérique, en passant par Tinguely et Schöffer. S?intéresser aux rêves des machines, c?est prendre conscience qu?avec elles s?insinuent des parts d?ombre et de lumière. Car le songe ne va jamais sans risque. Humains nous sommes des êtres du désir, mais nous sommes aussi des êtres de l?artifice. C?est sur ce terrain-là que cet ouvrage entraîne notre réflexion, au-delà de l?opposition trop simple entre technologie naïve et technologie paralysante.
Dans son précédent ouvrage, Les Réseaux du sens, Gérard Chazal développait l'idée que le sens tenait aussi bien de l'ordre du monde que de la puissance et de la structure de notre cerveau ou de notre esprit. Autrement dit toute signification naît de l'interaction de l'homme et du monde et des hommes entre eux. Cependant, ces interactions ne se construisent que rarement par un contact direct ou par une présence immédiate de l'individu aux choses et aux événements. L'homme est informé par son milieu physique et social et en retour informe ce milieu, le modifie, le reconstruit incessamment. Ces actions réciproques des hommes et de l'univers qui les entoure passent par de nombreux intermédiaires qu'on appelle ici, par analogie avec les systèmes informatiques, des interfaces. L'interface est donc ce qui se glisse entre deux éléments pour les relier, les mettre en rapport, les faire interagir et les modifier profondément en les intégrant dans un tout auxquels ils se soumettent. Les interfaces elles-mêmes se construisent et évoluent sous la pression de l'activité humaine et du fait des inévitables relations qu'elles entretiennent. Interfaces est une véritable enquête sur ces intermédiaires. Il y est donc question du langage, des signes, des outils et des machines, des institutions de toutes sortes mais aussi de notre corps lui-même (la peau est l'interface la plus immédiate dont nous usons) que nous décorons et parons (tatouages, peintures, scarifications...) pour tisser les liens indispensables entre les hommes et la nature, et indispensables à la cohésion des communautés humaines.
Les objets que nous fabriquons, tout imprégnés de nos projets et de nos intentions, tirent de nous leur signification. Ainsi des plus complexes d'entre eux, les machines informatiques, capables de manipuler des symboles et des messages que nous savons lire et comprendre. L'enquête à la recherche du sens qui est l'objet de ce livre commencera donc par l'examen de l'univers de ces machines langagières et logiques, afin de déceler dans leur structure et leur usage les traces et les empreintes de la signification que nous y avons déposée. Si nous rejetons les conceptions spiritualistes du sens, c'est pour le rechercher dans l'ordre et la structure des choses, celles qui nous sont données comme celles que nous fabriquons. L'ordinateur, miroir de notre activité mentale dispensatrice de sens, nous renvois à notre propre organisation matérielle, celle de notre système nerveux. Déjà l'artefact - les réseaux de neurones formels, machines construites sur le modèle de notre système nerveux - nous y invitait. A l'écoute des apports récents des neurosciences, nous essayons de comprendre comment nous intériorisons le sens des choses et comment, en retour, nous sommes aptes à donner du sens, à en créer. A la question : " comment représente-t-on l'ordre des choses dans une machine ? ", succédera la question : " comment notre cerveau représente le monde et le milieu qui nous entourent ? " qui nous mettra sur la voie d'un matérialisme plus cohérent.
Au terme de l'évolution animale, l'apparition de l'homme marque une rupture. Non seulement sa faiblesse l'oblige à recourir à divers artifices pour se vêtir, se protéger des intempéries et des fauves, chasser et se nourrir, mais, la rupture d'avec l'ordre naturel consommée, il entre dans un processus sans fin de développement d'un ordre proprement humain et artificiel, toujours plus éloigné de la nature, à laquelle il appartient mais de laquelle il ne cesse de s'échapper. Pour l'homme le monde est radicalement inachevé. Il vit en effet dans une permanente insatisfaction, moteur d'un procès d'humanisation qui creuse entre lui et le monde lui abîme impossible à combler. Cet ouvrage décrit cette dimension humaine en la déclinant selon quatre grands ordres. L'ordre des bâtisseurs. Etre fragile, l'homme a dû construire des abris, mais très vite il fut question de bien autre chose quand il éleva pour les dieux et pour les princes des bâtiments faits pour défier le temps. L'architecture raconte l'homme in travers l'espace et le temps. Il fallait en repérer les articulations. L'ordre de la représentation. Musique, poésie, sculpture ou peinture, l'artifice est aussi l'image in travers laquelle nous nous arrachons à la nature première. Dans ce jeu de miroirs que les hommes ont instauré depuis les premières représentations sur les parois des grottes, nous ne cessons de conjuguer la rupture d'avec une immédiate présence à nous-mêmes. L'ordre des techniques. S'il avait suffi de se doter des outils indispensables à notre survie, le développement technique aurait pu s'arrêter à l'aube du néolithique. Il n'en fut rien. Dans la frénésie technique il s'agit bien plutôt d'accomplir cette tâche d'humanisation à laquelle l'incomplétude du monde nous condamne. L'ordre de l'information. Là encore l'humanité ne pouvait pas en rester au strict et nécessaire échange d'information tel que certains animaux sociaux le pratiquent. L'ordre humain, c'est aussi celui d'un échange créateur d'ordre, une manière symbolique d'organiser le monde.
Certains voient dans les techniques la promesse d'un avenir enchanté, pour d'autres la technique est la source de tous nos maux-gaspillage, pollution, réchauffement climatique. Comment dépasser cette opposition ? On considère souvent que les techniques viennent satisfaire nos besoins, les plus vitaux comme les plus superficiels. Cependant elles s'avèrent, à l'examen, n'être pas toujours parfaitement rationnelles : y interviennent aussi bien notre imaginaire que notre vie émotionnelle. Des pratiques initiales de la magie et des jeux de l'enfance au labyrinthe du monde numérique et où les techniques ont partie liée avec les sciences et les arts, on montrera comment l'être humain crée les techniques autant qu'il est façonné par elles. En outre, parce que la technique projette sur le monde un univers de possibles et s'inscrit dans le futur, cet ouvrage éclaircira les relations complexes qu'elle entretient avec les pouvoirs tant économiques que politiques.
Traditionnellement, le monde de la vigne et du vin se caractérise par une apparente permanence, une continuité régulée par une histoire sans heurts, fruit d'un savoir-faire millénaire transmis d'une génération à l'autre. Pourtant, derrière cet immobilisme de façade, se cache une histoire mouvementée. Ainsi, cet ouvrage, qui réunit les contributions d'une vingtaine de spécialistes internationaux, propose de revenir sur trois siècles, décisifs et encore peu explorés, d'identification, de construction et de régulation des territoires de la vigne et du vin. Au prisme d'un regard pluridisciplinaire, ce recueil montre comment, du XVIIIe au XXIe siècle, différents acteurs ont pu décrire, réguler, organiser des territoires vitivinicoles aussi différents que ceux de Bourgogne, de Champagne, de Nouvelle-Zélande, du Chili ou encore de Rioja. Replaçant l'homme au coeur de cette construction historique et sociale qui, au XXe siècle, va consacrer l'idée même de terroir auprès de l'oenophile, cet ouvrage invite plus largement à jeter un regard durent sur les sociétés contemporaines et leur passé.
Quand il présente Fenêtre sur cour en 1954, Alfred Hitchcock jouit d'une popularité croissante, bien que la critique peine encore à le prendre au sérieux. Le film est tourné en un lieu unique, un défi séduisant pour le réalisateur qui confirme son inventivité en matière de mise en scène, de montage et d'utilisation de la musique. L'intrigue, quant à elle, offre une dimension subversive évidente : le spectateur se trouve dans la position du héros-voyeur, et tous deux sont déçus quand ils pensent qu'il n'y a pas eu meurtre ; en finissant par assouvir leurs désirs macabres, Hitchcock joue ainsi avec leurs sentiments. Il contourne également la censure, l'épilogue n'étant qu'une façade, au même titre que les murs en briques des immeubles du décor. Comme la caméra qui dépasse le cadre strict de la fenêtre de l'appartement de Jeff dès la scène d'ouverture, cet essai se propose d'étudier ce classique à la lumière des autres réalisations du cinéaste, afin de montrer combien Fenêtre sur cour peut être envisagé comme une synthèse de son oeuvre, périodes anglaise et américaine confondues.
La mort accidentelle d'Albert Camus, l'intellectuel solitaire et solidaire, le 4 janvier 1960 à Villeblevin (Yonne), a sidéré le monde entier. Quand on évoque Albert Camus, icône de la littérature française, ce sont les écrits du romancier, L'Etranger, La Peste, La Chute que l'on cite spontanément. Mais il était aussi dramaturge, éditorialiste de génie, essayiste, philosophe et citoyen du monde, ne se dérobant jamais face à un combat pour condamner toutes les formes de totalitarismes et l'horreur nazie. L'Algérie, son pays d'origine, fait partie intégrante de sa vie et de son oeuvre. L'originalité du présent essai est de retracer la trajectoire exceptionnelle d'un gamin pauvre du quartier Belcourt à Alger au Prix Nobel de littérature. Mais au-delà d'une simple biographie, ce texte cerne une production littéraire qui reste un témoignage essentiel sur les bouleversements du XXe siècle et sur des faits qui sont encore de notre temps. Dans un monde absurde, l'être humain doit faire au mieux pour accomplir sa destinée d'Homme.