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CONTRE TELERAMA
CHAUVIER ERIC
ALLIA
6,20 €
Épuisé
EAN :9782844853769
Interpelé par un article sur la mocheté de la banlieue paru dans un hebdomadaire de la capitale, en l'occurrence Télérama, Eric Chauvier dresse un tableau de la réalité quotidienne des zones périurbaines contemporaines. Sous la forme d'un carnet de notes à mi-chemin entre l'écrit littéraire et l'enquête ethnologique, il définit l essence de cette société demeurant habituellement dans l ombre. Il la met en lumière sous... le "clair de lune des réverbères". L'auteur, lui-même résident de cette périphérie méprisée, en est justement un des acteurs. C'est pourtant bien à une étude sociologique qu'il s'attelle, renfermant moult anecdotes ironiques, cyniques ou bien tout simplement drôles depuis le traditionnel jogging et les rencontres improbables dans des hypermarchés anonymes jusqu'à la gestion des excréments animaux. Ce faisant, il exprime sa révolte contre le jugement de classe déguisé en jugement esthétique émis par des journalistes bien-pensants. Fort d'une argumentation originale, limpide et pleine d humour, ce témoignage persuade par son réalisme et sa poignante véracité. Un livre dans lequel le mot "contestation" prend vie, énoncée par un trublion qui ose, lui, s élever contre ce qui le dérange.
A travers La Crise commence où finit le langage, Eric Chauvier tente de saisir les raisons de l essor de la « crise » qui, plus qu un mal de notre temps, apparaît comme le nouveau mode de désignation de la catastrophe auquel sembleraient vouées l Histoire et l espèce humaine. Loin de consentir à un tel fatalisme, l auteur entreprend de mettre à jour ce qui se cache derrière le mot « crise » dans la mesure où ce terme semble avant tout être agité comme un paravent voué à décourager toute tentative de compréhension du phénomène qu il recouvre. Prenant à rebours la logique médiatique qui appréhende le phénomène à « un degré hollywoodien », Eric Chauvier choisit, à partir d une focale microsociologique, de soutirer d un fait banal de la vie quotidienne l élément révélateur du fonctionnement d un système. Ainsi, à partir d une conversation téléphonique, qui le met en relation avec une téléopératrice désirant lui vanter les qualités d un produit financier, l auteur nous démontre en quoi cette situation d interaction élémentaire s avère révélatrice d un rapport social né d un processus de délitement du langage. L existence d un tel environnement est, selon lui, rendue possible par l incapacité à « l appréhender et le nommer ». C est en substituant, en lieu et place de l échange et de l interaction sociale, la puissance de l indicible et de l innommable, que la « crise » s accommode, à des fins utilitaristes, de la ruine du langage. Car la « crise » est précisément ce qui relève d un vide: en l occurrence le vide de sens et de représentation, remplacé par la « technique oratoire de l urgence ». La « crise » n est donc pas ce mal « invisible » qui plane, comme une épée de Damoclès, au-dessus de chacune de nos têtes. Elle est bien plutôt ce qui vient s ancrer subrepticement au c ur même des relations quotidiennes, de ce « vécu » qui parvient à rendre « supportable » à tous ce qui est « insupportable » à chacun. Il s agirait d un doux euphémisme que de vouloir circonscrire cette « crise » à un mal d ordre financier. Prenant ses racines dans le langage, c est à une crise de la culture que nous sommes confrontés. En affirmant que l « accès à la raison anthropologique de la crise n est pas la chasse gardée d une élite de spécialistes », Eric Chauvier contribue, par l intermédiaire de cet ouvrage, à alerter ses contemporains sur la nécessité impérieuse de se réapproprier le langage.
Présentation de l'éditeur "Travailler dans l'événementiel", en d'autres termes dans "ce qui fait le buzz". Tel est le souhait de Younes, adolescent de 16 ans de la Seine-Saint-Denis. Quant à vous, peut-être habitez-vous dans une "ville-monde", où le flâneur ne flânerait plus mais participerait au flux mondial d'information. Ces concepts surplombants, plaqués sur des faits ou sur des groupes sans pouvoir les relier à l'expérience individuelle, voilà ce contre quoi Éric Chauvier s'insurge. Dans un même élan, il déboulonne quelques-uns des grands penseurs du monde social. Pierre Bourdieu, Claude Lévi-Strauss ou encore Michel Foucault en prennent pour leur grade. Mais aussi les gender studies tant à la mode ou encore les théories du care. Freud s'était en son temps inquiété de l'usage intempestif des termes de psychatrie, tels que "paranoïa" ou "schizophrénie". Non par élitisme mais par peur du danger que cela représentait : employer des mots lourds de sens pour les appliquer à des situations et des personnes qui ne présenteraient aucun des critères cliniques à même d'en justifier l'emploi. Éric Chauvier dénonce à sa suite les dommages de la vulgarisation scientifique. Plus encore met-il au jour les faux effets d'autorité qui en découlent. Dans la bouche de tout un chacun, le mot n'a pour le moins rien à voir avec la chose, voire ne désigne pas grand-chose. Et pourtant on en use et en abuse comme d'une drogue. L'auteur émaille sa dénonciation d'anecdotes personnelles par exemple, la confrontation avec un neurologue suite à l'AVC de sa femme , qui non seulement éprouvent la validité de sa pensée mais font sentir au lecteur l'évidence de cette "maladie du langage" dont tout un chacun souffre.
Publiées de façon posthume en 1845, ces Pensées sur le caractère des hommes et leur conduite dans la société présentent, sous forme d'aphorismes, d'anecdotes significatives ou de sentences lapidaires, l'essentiel des conclusions léopardiennes sur la morale.
Simone Weil (1909-1943) est engagée dès 1927 dans le syndicalisme révolutionnaire. Elle rejoint le monde ouvrier en 1934-1935 pour vivre sa condition, soutient le Front populaire, participe à la guerre d?Espagne, rallie enfin la Résistance et meurt en Grande-Bretagne en laissant une masse d?écrits inédits dont sa Note sur la suppression générale des partis politiques. Pour que le peuple vive dans la justice et la vérité qui ne peuvent être qu?une, deux grandes conditions sont requises selon elle : l?absence de passion collective et la possibilité d?exprimer une pensée sur les problèmes fondamentaux de la vie publique. Or, les partis politiques comme les Églises s?opposent systématiquement à cette double exigence. Ayant un dogme, ils fonctionnent sur la base de la discipline et leur seul mobile réside dans leur propre développement. Autrement dit, ils sont " décerveleurs ", d?où l?urgence de supprimer les partis qui enferment le peuple dans le danger manichéen du pour et du contre et qui l?empêchent de penser par lui-même.
Peut-on concilier variété des désirs individuels et quête universelle du bonheur ? Y aurait-il un dénominateur commun aux désirs de chacun ? Peut-on imaginer des principes nous permettant de bien vivre ? Spinoza distingue d'emblée actions, portées par la raison, et passions, contraintes depuis l'extérieur. Parce qu'indépendantes de notre seule volonté, les passions sont généralement mauvaises. Le libre examen et l'intelligence confèrent au contraire à l'homme une puissance d'agir, garantie de son bien-être. Il faut donc oeuvrer à parfaire ses facultés d'entendement. D'un même allant, être de nature, l'homme ne peut faire fi des contingences extérieures, et encore moins d'autrui. Spinoza expose les fondements de la sociabilité humaine, vertu à laquelle accéder par l'exercice de la raison.