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La Crise commence où finit le langage
Chauvier Eric
ALLIA
3,10 €
Épuisé
EAN :9782844853219
A travers La Crise commence où finit le langage, Eric Chauvier tente de saisir les raisons de l essor de la « crise » qui, plus qu un mal de notre temps, apparaît comme le nouveau mode de désignation de la catastrophe auquel sembleraient vouées l Histoire et l espèce humaine. Loin de consentir à un tel fatalisme, l auteur entreprend de mettre à jour ce qui se cache derrière le mot « crise » dans la mesure où ce terme semble avant tout être agité comme un paravent voué à décourager toute tentative de compréhension du phénomène qu il recouvre. Prenant à rebours la logique médiatique qui appréhende le phénomène à « un degré hollywoodien », Eric Chauvier choisit, à partir d une focale microsociologique, de soutirer d un fait banal de la vie quotidienne l élément révélateur du fonctionnement d un système. Ainsi, à partir d une conversation téléphonique, qui le met en relation avec une téléopératrice désirant lui vanter les qualités d un produit financier, l auteur nous démontre en quoi cette situation d interaction élémentaire s avère révélatrice d un rapport social né d un processus de délitement du langage. L existence d un tel environnement est, selon lui, rendue possible par l incapacité à « l appréhender et le nommer ». C est en substituant, en lieu et place de l échange et de l interaction sociale, la puissance de l indicible et de l innommable, que la « crise » s accommode, à des fins utilitaristes, de la ruine du langage. Car la « crise » est précisément ce qui relève d un vide: en l occurrence le vide de sens et de représentation, remplacé par la « technique oratoire de l urgence ». La « crise » n est donc pas ce mal « invisible » qui plane, comme une épée de Damoclès, au-dessus de chacune de nos têtes. Elle est bien plutôt ce qui vient s ancrer subrepticement au c ur même des relations quotidiennes, de ce « vécu » qui parvient à rendre « supportable » à tous ce qui est « insupportable » à chacun. Il s agirait d un doux euphémisme que de vouloir circonscrire cette « crise » à un mal d ordre financier. Prenant ses racines dans le langage, c est à une crise de la culture que nous sommes confrontés. En affirmant que l « accès à la raison anthropologique de la crise n est pas la chasse gardée d une élite de spécialistes », Eric Chauvier contribue, par l intermédiaire de cet ouvrage, à alerter ses contemporains sur la nécessité impérieuse de se réapproprier le langage.
Le monde est peuplé d'ignorants qui ne savent pas distinguer les poètes des zombis."4e de couverture : "Le monde est peuplé d'ignorants qui ne savent pas distinguer les poètes des zombis."
Interpelé par un article sur la mocheté de la banlieue paru dans un hebdomadaire de la capitale, en l'occurrence Télérama, Eric Chauvier dresse un tableau de la réalité quotidienne des zones périurbaines contemporaines. Sous la forme d'un carnet de notes à mi-chemin entre l'écrit littéraire et l'enquête ethnologique, il définit l essence de cette société demeurant habituellement dans l ombre. Il la met en lumière sous... le "clair de lune des réverbères". L'auteur, lui-même résident de cette périphérie méprisée, en est justement un des acteurs. C'est pourtant bien à une étude sociologique qu'il s'attelle, renfermant moult anecdotes ironiques, cyniques ou bien tout simplement drôles depuis le traditionnel jogging et les rencontres improbables dans des hypermarchés anonymes jusqu'à la gestion des excréments animaux. Ce faisant, il exprime sa révolte contre le jugement de classe déguisé en jugement esthétique émis par des journalistes bien-pensants. Fort d'une argumentation originale, limpide et pleine d humour, ce témoignage persuade par son réalisme et sa poignante véracité. Un livre dans lequel le mot "contestation" prend vie, énoncée par un trublion qui ose, lui, s élever contre ce qui le dérange.
Dès 1933, Edmund Husserl, d'ascendance juive, se voit rayé de la liste officielle des professeurs d'université. Peu après sa mort, le père Van Breda, alors étudiant à Louvain, rencontre sa veuve en 1938 à Fribourg. Devant la masse de documents qu'il découvre, dont maints inédits et une bibliothèque de plus de 2700 volumes souvent annotés de la main du maître, Van Breda pressent que s'y trouvent les clefs pour retracer la genèse de la phénoménologie. Sa décision est prise : il faut créer un centre d'études dédié à cette oeuvre. Les précieuses archives doivent franchir les frontières du Reich. Van Breda entend coûte que coûte les sauver d'une destruction certaine, par les mêmes moyens dont usent les nazis dans leur entreprise de spoliation. Un périlleux périple commence dans la clandestinité.
Peut-on concilier variété des désirs individuels et quête universelle du bonheur ? Y aurait-il un dénominateur commun aux désirs de chacun ? Peut-on imaginer des principes nous permettant de bien vivre ? Spinoza distingue d'emblée actions, portées par la raison, et passions, contraintes depuis l'extérieur. Parce qu'indépendantes de notre seule volonté, les passions sont généralement mauvaises. Le libre examen et l'intelligence confèrent au contraire à l'homme une puissance d'agir, garantie de son bien-être. Il faut donc oeuvrer à parfaire ses facultés d'entendement. D'un même allant, être de nature, l'homme ne peut faire fi des contingences extérieures, et encore moins d'autrui. Spinoza expose les fondements de la sociabilité humaine, vertu à laquelle accéder par l'exercice de la raison.