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Justice et sociétés rurales. Du XVIe siècle à nos jours, Approches pluridisciplinaires
Chauvaud Frédéric
PU RENNES
19,00 €
Épuisé
EAN :9782753513556
Si les violences et les conflits ruraux ont fait l'objet d'importants travaux, il n'en est pas de même pour la justice. En effet, "la justice à la campagne" a été en grande partie délaissée par la recherche. Or la notion de justice, placée aujourd'hui au centre de nombreux travaux et réflexions, tant à l'échelle européenne qu'à l'échelle internationale, s'avère ambivalente et complexe puisqu'elle peut aller de la demande d'une meilleure justice sociale à la volonté de saisir les inégalités socio-spatiales afin d'assurer des aménagements du territoire qui correspondent aux aspirations des acteurs. Dans les perceptions communes, la justice se confond avec l'institution judiciaire, c'est-à-dire avec le "système des tribunaux", mais elle déborde le seul examen de l'appareil judicaire. Prise dans l'univers des sociétés rurales, la justice est un outil de régulation sociale et d'arbitrage, mais elle est aussi prise dans une multiplicité d'usages, depuis les stratégies d'évitement jusqu'à des processus d'instrumentalisation en passant par des formes d'ignorance réciproques. Pour aborder ce vaste champ de recherche, trois entrées ont été privilégiées. La première traite plus particulièrement de la justice spatiale et de l'équité des territoires. La deuxième aborde la question de la proximité et du pluralisme, la troisième et dernière est consacrée aux processus d'instrumentalisation et d'accommodation. Le présent ouvrage, issu des travaux de chercheurs venant de plusieurs disciplines (Histoire, Droit, Sociologie, Géographie, Histoire de l'art) a pour ambition de confronter les approches, de rendre compte de la vitalité de la recherche et des enjeux qu'elle révèle en les inscrivant dans la longue durée, de la fin de l'Ancien Régime à nos jours.
A l'époque de la Première Guerre, les crimes de Landru, les grèves ouvrières, les mauvais traitements infligés aux animaux apparaissent comme les ultimes manifestations de la force brutale. Et pourtant, au début de la Restauration les coups sont fréquents et le sang coule d'abondance. Pierre Rivière égorge sa famille, les maisonnées et le voisinage connaissent de funestes démêlés, les pugilats au village comme les rixes en rase campagne foisonnent, les émeutes et la répression rythment le siècle. Comment est-on passé d'une époque où la brutalité était familière à une autre qui a rejeté toutes les formes de violence ? L'ouvrage retrace cette grande métamorphose à travers les pratiques, les discours et les perceptions.
Spécialistes diligentés par la justice, les " experts du crime " doivent fouiller les chairs boursouflées, analyser les entrailles, proposer un diagnostic des facultés mentales des accusés. Ce savoir-faire, il leur a fallu un siècle pour l'imposer : en 1791, ils n'existent guère aux yeux de la justice et de l'opinion ; le législateur prévoit (et encore, dans les seuls cas de mort violente) la présence d'un homme de l'art pour examiner les cadavres. Or, à la veille de la Grande Guerre, le recours aux experts est devenu presque systématique. Dans l'intervalle, ils inventent de nouvelles catégories de blessures, proposent un inventaire raisonné des folies admises dans les prétoires, fondent la toxicologie, découvrent même les traces des " poisons invisibles " : malgré quelques erreurs judiciaires retentissantes, ils triomphent au point que l'on songe, dans les années 1890, à leur donner la première place dans le procès pénal. L'histoire de cette corporation et des pratiques médico-légales, essentielles pour comprendre la " société judiciaire " restait à faire.
L'imaginaire de la Belle Epoque et des Années Folles est tout entier colonisé par le judiciaire. Depuis, films et feuilletons, séries noires et histoires du crime se sont multipliés au point de saturer l'univers des images et des représentations dans lequel nous vivons. Au coeur de cet imaginaire se trouve la cour d'assises, souvent assimilée à une pièce de théâtre ou à un spectacle. Maurice Garçon écrivait en 1928: "au lieu de sentiments imaginés, de situations inventées, ce sont des personnages vivants qui étalent leurs passions, montrent leurs douleurs, exposent leurs tares, proclament leur effroi". Fondé sur le dépouillement de très nombreux récits de procès, la présente étude constitue le premier ouvrage historique sur le fonctionnement, de l'intérieur, de la juridiction la plus célèbre du système pénal. Aux dires de nombreux observateurs, les palais de justice semblent avoir été bâtis pour accueillir des récits de vie, des paroles extravagantes, des histoires de corps lacérés et d'âmes pantelantes. Pour restituer les audiences, sans doute faut-il s'intéresser, tout d'abord, à la scène judiciaire, aux comptes-rendus de procès rédigés par les "tribunaliers", et à la façon dont les débats sont menés. Il importe aussi de retrouver les manières de parler, les gestes esquissés, les larmes versées et les regards échangés. Enfin, pour rendre compte du "drame judiciaire" lui-même, il faut encore suivre les "héros des cours d'assises", saisit le mystère du passage à l'acte, s'attacher à la transformation du réel en judiciaire. L'histoire de la cour d'assises entre 1881 et 1932 s'avère essentielle pour comprendre la justice pénale contemporaine, à condition de se montrer attentif au cadre, à l'atmosphère, aux contraintes d'espace et de temps, au rituel judiciaire, aux plaies de la société perçues comme des blessures individuelles.
Je ne l'aime pas, je le déteste, je l'abhorre, je le hais, je voudrais le voir mort, j'exige que le souvenir même de son existence soit effacé à jamais... autant d'expressions et de pensées, longtemps enfouies, disant le rejet, l'appel à la vengeance et le rêve de destruction. Les discours et les gestes haineux prolifèrent aujourd'hui. Ils ont pour cible tue conjointe, un voisin, un adversaire politique, une ministre, une communauté... Souvent appelée la passion funeste, la haine a toujours existé niais elle possède une histoire. Ses expressions, ses modalités, ses logiques, ses objets et ses effets ne sont ni identiques ni immuables. Pour en rendre compte, il s'avère essentiel de retenir une séquence historique " moyenne " située entre deux paroxysmes, la Révolution et Vichy, plus précisément entre 1830 et 1930. Pour la caractériser, la fiction et les discours savants se sont mis à la recherche de formules : sentiment destructeur, pulsion puissante. émotion impérieuse, énergie libératrice et redoutable... Pour l'analyser, il convient de croiser les ressources documentaires et historiographiques afin de se demander comment la haine naît, se manifeste, se développe et parfois est instrumentalisée, à une échelle interpersonnelle ou bien collective. Pour la comprendre, dans une perspective d'histoire des émotions et d'histoire sensible, il importe d'écouter les hommes et des femmes du passé afin de restituer des paroles, des pratiques et des horizons d'attente. Le présent ouvrage est un essai qui replace la passion funeste dans son époque et cerne ses raisons évoquées par les contemporains. Si la haine est à sa manière une forme de rationalité permettant de se mouvoir dans l'univers social, elle est une " figure du pensable et un ressort psychologique déterminant, donnant la possibilité de comprendre ce qui anime les individus et les sociétés.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.