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La chair des prétoires. Histoire sensible de la cour d'assises 1881-1932
Chauvaud Frédéric
PU RENNES
30,00 €
Épuisé
EAN :9782753510975
L'imaginaire de la Belle Epoque et des Années Folles est tout entier colonisé par le judiciaire. Depuis, films et feuilletons, séries noires et histoires du crime se sont multipliés au point de saturer l'univers des images et des représentations dans lequel nous vivons. Au coeur de cet imaginaire se trouve la cour d'assises, souvent assimilée à une pièce de théâtre ou à un spectacle. Maurice Garçon écrivait en 1928: "au lieu de sentiments imaginés, de situations inventées, ce sont des personnages vivants qui étalent leurs passions, montrent leurs douleurs, exposent leurs tares, proclament leur effroi". Fondé sur le dépouillement de très nombreux récits de procès, la présente étude constitue le premier ouvrage historique sur le fonctionnement, de l'intérieur, de la juridiction la plus célèbre du système pénal. Aux dires de nombreux observateurs, les palais de justice semblent avoir été bâtis pour accueillir des récits de vie, des paroles extravagantes, des histoires de corps lacérés et d'âmes pantelantes. Pour restituer les audiences, sans doute faut-il s'intéresser, tout d'abord, à la scène judiciaire, aux comptes-rendus de procès rédigés par les "tribunaliers", et à la façon dont les débats sont menés. Il importe aussi de retrouver les manières de parler, les gestes esquissés, les larmes versées et les regards échangés. Enfin, pour rendre compte du "drame judiciaire" lui-même, il faut encore suivre les "héros des cours d'assises", saisit le mystère du passage à l'acte, s'attacher à la transformation du réel en judiciaire. L'histoire de la cour d'assises entre 1881 et 1932 s'avère essentielle pour comprendre la justice pénale contemporaine, à condition de se montrer attentif au cadre, à l'atmosphère, aux contraintes d'espace et de temps, au rituel judiciaire, aux plaies de la société perçues comme des blessures individuelles.
Sentiment d'inquiétude que l'âme éprouve à la présence ou à la pensée du danger" telle est la définition de la peur donnée par le Grand Dictionnaire universel dit XIXe siècle de Pierre Larousse. Ouvert dans les années 1970, le dossier de la peur, "composante majeure de l'expérience humaine", s'attachait principalement à la fin de l'époque médiévale et à l'époque moderne. Il méritait donc d'être revisité et poursuivi à un moment où les sondages auscultent les arrière-pensées et tentent de dévoiler les angoisses du présent et celles de l'avenir. Pour les lexicographes et les spécialistes de la psychologie, la peur est d'abord "l'ennemie intime" des hommes et des femmes isolées ou vivant en collectivité. Mais tout le monde n'est pas accessible de la même manière à la peur. Des sociétés peuvent y succomber toute entière, d'autres y faire face. La peur, "sentiment universel" peut être réelle, provoquée par une menace attestée, mais elle peut aussi être imaginée et susciter davantage d'incertitude et d'angoisse que les peurs effectives face à un risque connu. Les peurs connaissent de multiples nuances et degrés et ne sont pas immuables. Elles fonctionnent souvent par cycle. La perception d'un danger et les craintes plus ou moins vives suscitées peuvent surgir brusquement, disparaître et resurgir. Pour aborder ce vaste territoire, les expressions, les perceptions et les effets ont été privilégiés à partir de quatre entrées: les images et les mots relatifs à la peur; les peurs suscitées par les éléments déchaînés; les peurs sociales et l'effroi suscité par une situation ou une catégorie; et enfin les peurs publiques allant de la frayeur face la guerre civile à l'anxiété devant les populations flottantes représentées par les mendiants.
Le 8 février 1971, Michel Foucault cosignait, avec Jean-Marie Domenach et Pierre Vidal-Naquet, le Manifeste du Groupe d'information sur les prisons (GIP). La première phrase avait des allures d'avertissement : " Nul de nous n'est sûr d'échapper à la prison ". Il s'agissait de rendre visible ce qui se passait derrière les " hauts murs ". Depuis, recherches et travaux historiques se sont déployés, s'interrogeant sur le droit de punir et la généralisation de l'enfermement. La nuit pénitentiaire restitue la naissance d'un modèle carcéral français au XIXe siècle. La pénalité de l'enfermement y apparaît comme la seule solution pour réprimer les auteurs de délits et de crimes, très majoritairement masculins. Tandis que l'opinion publique se désintéresse de la prison, jamais autant de détenus n'ont été comptabilisés en France aujourd'hui, alors que la décroissance pénale est attestée dans les prisons carcérales scandinaves. Avec ce dossier, Parlement[s] analyse tant les pratiques et discours d'une société punitive, que ses cibles, en particulier les mineurs. Il s'invite dans des prisons régionales pour mieux cerner la population qui s'y trouve resserrée. En commentant des périodiques spécialisés comme Détective, des caricatures, des dessins de presse ou la une de journaux populaires, il n'ignore pas, enfin, l'imaginaire qui est colporté sur la nuit pénitentiaire.
Le corps malmené, violenté, brutalisé a fait l'objet, pour la période moderne et contemporaine, d'un certain nombre de travaux remarquables, mais souvent épars. L'étude des " corps saccagés ", vivants ou morts, pose la question d'une " cruauté résiduelle " et celle du transfert de la violence concrète vers l'imaginaire. Mais faire l'inventaire des corps dégradés, lacérés ou encore démembrés s'avère sans doute une entreprise démesurée. Il reste toutefois possible de multiplier les approches et de s'attacher aussi bien à décrire les corps brutalisés, qu'à s'interroger sur les logiques du passage à l'acte ou à analyser la " réception " des violences corporelles. Dans le même temps s'élabore une science des " indices ", étudiant les plaies et les traces sanguinolentes, tentant d'expliquer les crimes particulièrement horribles. À leur tour, des artistes se mettent à la recherche de la matérialité du corps, quitte à s'attacher plus particulièrement " à cette charogne des corps morcelés enfouie en chacun de nous ". Le crime individuel comme le massacre, les violences sexuelles à l'intérieur de la famille ou l'instrumentalisation des violences corporelles donnent au " corps saccagé " une actualité sans cesse renouvelée. Du corps des enfants violentés aux corps malmenés des soldats, il s'agit de varier les échelles d'analyse et d'examiner aussi bien les brutalités individuelles que les drames collectifs. Les usages du corps renseignent sur la volonté de savoir ce qui s'est passé : ils informent sur les pratiques inavouables à l'encontre des corps vivants ou morts ; ils fixent, selon les époques, les formes de violences corporelles jugées inacceptables.
Chauvaud Frédéric ; Petit Jacques-Guy ; Yvorel Jea
La demande de justice n'a jamais été aussi forte qu'aujourd'hui. Il est vrai que la Justice définit le juste et l'injuste et un système concret, celui de l'organisation judiciaire contemporaine. A l'heure actuelle, l'opinion publique considère, comme il y a presque deux siècles, que la justice est lente, coûteuse, peu efficace, qu'elle est inféodée au pouvoir politique, qu'elle est partiale, en retard sur les moeurs, trop laxiste ou trop sévère. Ces appréciations, à l'emporte pièce, ne sont pas nouvelles. Tantôt, elles s'essoufflent, tantôt elles gonflent démesurément. Reste qu'elles expriment souvent une méconnaissance de la Justice et de son histoire. Régulièrement, au lendemain de scandales judiciaires , comme l'affaire Outreau, de multiples voix se demandent comment on en est arrivé là. Et pourtant, replacée dans une perspective historique, la crise de la Justice n'apparaît pas comme une nouveauté. Depuis 1789 les demandes de réformes ont été constantes : la Justice civile, la Justice commerciale, la Justice pénale, la procédure, la codification, le rôle de la magistrature, la carte judiciaire, les droits de la défense, la célérité de la justice, le statut des victimes... Aucun aspect pratiquement n'a échappé aux exigences réformatrices, sans pour autant aboutir. Le présent manuel s'adresse d'abord aux étudiants de sciences humaines, sociales ou politiques, et aux élèves de classes préparatoires, mais aussi à tous ceux et à toutes celles qui veulent comprendre la Justice contemporaine, née avec la Révolution française. Son ambition est de donner de façon très précise les éléments clés pour saisir le fonctionnement de l'institution judiciaire et cerner ses acteurs et ses structures. Il interroge le lecteur sur la place que la Justice occupe dans la société française et donne la profondeur historique qui permet de mettre en perspective les logiques à l'oeuvre et de restituer un ensemble de contextes.Les auteurs, spécialistes de l'histoire de la Justice, ont publié de nombreux travaux sur ce thème de recherche. Frédéric Chauvaud est professeur d'histoire contemporaine à l'université de Poitiers. Il a publié Le sanglot judiciaire. La désacralisation de la Justice (VIIIe-XXe siècles) (Créaphis, 1999) et dirigé La Justice en images (S & R, 2004). Jacques-Guy Petit est professeur d'histoire contemporaine à l'université d'Angers. Il est l'auteur de Ces peines obscures. La prison pénale en France. 1789-1870 (Fayard, 1990) et a dirigé récemment Une justice de proximité : la justice de paix. 1790-1958 (PUF, 2003). Jean-Jacques Yvorel est chargé d'études au Centre national de la formation et d'étude de la protection judiciaire de la Jeunesse. Il a notamment dirigé Images de l'enfance et de la jeunesse irrégulières (Le temps de l'histoire, 2004).
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.