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Louis XVI. Le règne interrompu
Chaussinand-Nogaret Guy
TALLANDIER
25,90 €
Épuisé
EAN :9782235023160
10 mai 1774 : la mort de Louis XV place sur le trône un jeune homme inexpérimenté, timide, cultivé mais élevé sans affection, et peu formé à l'exercice du pouvoir. Durant quinze ans, Louis XVI et Marie-Antoinette vivent dans l'univers clos de Versailles, étrangers aux réalités du royaume. Une vie de plaisirs et de fêtes, mais aussi de scandales provoqués par la hargne de la Cour envers une reine jeune, insouciante et dépensière, illustre bien les premières années du règne. Pourtant, la situation économique, politique et sociale du royaume est difficile. Les Français ne veulent plus s'accommoder d'un gouvernement autoritaire, qui refuse de les comprendre, ni de magistrats et d'officiers royaux plus attachés à leurs privilèges qu'à des changements devenus indispensables. En outre, une succession de ministres malhabiles ou incompétents entrave la mise en place d'une réforme profonde du royaume. L'été 1789 : le roi perd le contrôle des Etats généraux, cependant réunis à sa demande. Dès lors se succèdent les événements qui aboutiront à la chute de la monarchie et que Louis XVI se voit imposer sans savoir les accepter ni pouvoir s'y adapter : le serment du Jeu de paume, la prise de la Bastille, l'abolition des privilèges, la Déclaration des droits de l'homme, la monarchie constitutionnelle, la fête de la Fédération, etc. Trop attaché à un absolutisme dépassé, Louis XVI sera condamné, au terme d'un procès bâclé qui aboutira à sa mort sur l'échafaud, le 21 janvier 1793.
Fils naturel d'une nonne libertine, condamné au sort des enfants trouvés, Jean Le Rond dit d'Alembert acquiert très jeune la réputation de plus grand géomètre d'Europe; esprit facétieux, il enchante les salons par ses saillies burlesques et ses dons d'imitateur. Mais c'est la littérature qui fait de lui la grande figure du siècle des Lumières. Le "Discours préliminaire" de l'Encyclopédie, entreprise dont il assure la direction avec Diderot, lui vaut une gloire comparable à celle de Voltaire et l'amitié des "despotes éclairés", Catherine de Russie, Frédéric le Grand, qui tentent même de l'attirer chez eux. Après avoir investi les salons parisiens et les académies, d'Alembert devint le fédérateur du "parti philosophique", soutint avec ardeur la lutte contre les dévots s'engagea sur tous les fronts et dans toutes les querelles qui opposaient les gens de lettres et souvent leur valaient les foudres de l'autorité. Peu apprécié à la cour, il avait aussi des ennemis dans son propre camp. Ceux-ci réprouvaient ses idées radicales, ceux-là enviaient la position acquise par ses seuls mérites qui lui donnait le magistère sur le monde des sciences et des lettres, la quasi-totalité de ses pairs lui rendaient justice, mais ceux qu'il avait blessés lui vouaient une haine féroce, le qualifiaient d'usurpateur et le condamnaient pour son charlatanisme supposé: sa prétendue supériorité en géométrie lui aurait valu son triomphe dans la littérature, alors que sa renommée d'homme de lettres en aurait imposé aux mathématiciens... On lui reprochait aussi son despotisme et son esprit vindicatif. Ce dernier reproche était parfois justifié; mais si d'Alembert intrigua parfois, ce fut pour la cause, celle des Lumières, et nullement par ambition ou intérêt. Discret sur sa vie intime, il connut une passion publique qui ne s'éteignit qu'avec lui. Le couple d'Alembert-Julie de Lespinasse compte au nombre des idylles qui n'ont pas encore révélé tous leurs secrets. Au-delà des querelles, il reste son oeuvre: inséparable du caractère de l'homme partagé entre ironie et fureur, elle a suscité générosité et passion partisane et reste, à côté de celle de Voltaire, la manifestation la plus éloquente, le procès-verbal le plus explicite de l'exceptionnelle fermentation intellectuelle d'un siècle qui a voulu s'aventurer hors des territoires connus et labourer les terres vierges que son optimisme disputait aux fanatismes et au fatalisme. Biographie de l'auteur Directeur d'études honoraire à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, spécialiste éminent du XVIIIe siècle, Guy Chaussinand-Nogaret est l'auteur de nombreux ouvrages fondamentaux sur cette période: biographies (Mirabeau, Choiseul, Madame Roland, Le Cardinal Dubois, qui reçut le grand prix de la biographie de l'Académie Française...) et travaux de synthèse sur la noblesse et les élites. Il a récemment publié une biographie de Casanova (Fayard 2006).
Résumé : A Dubois, Saint-Simon a taillé un costume pour l'éternité : avarice, débauche, perfidie, flatterie, impiété... Ce fut le règne de la Bête. Dubois n'était pas plus amoral ni moins vorace que Richelieu et Mazarin. Le scandale se trouve, pour l'aristocratie traditionnelle, dans la trajectoire exceptionnelle de ce fils d'apothicaire de Brive-la-Gaillarde, parti de presque rien et devenu presque tout. Cette ascension, Guillaume Dubois, né en 1656, la doit à son énergie et à son intelligence. De brillantes études parisiennes et un sens inné de l'intrigue font de lui, dès 1683, un précepteur de Philippe de Chartres, plus tard duc d'Orléans. Dés lors, il se place dans le sillage du futur Régent, qui le comble de bienfaits sitôt sa prise de pouvoir en 1715. L'abbé Dubois, qui n'est pas prêtre, devient ainsi secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères en 1718, archevêque de Cambrai en 1720, cardinal en 1721, principal ministre en août 1721. Il ne le reste qu'un an, emporté par un atroce abcès de la vessie, qui réjouit fort ses ennemis, en août 1722. Cet homme de grande culture, travailleur acharné, ami de Fénelon et de Mme de Maintenon, parvint, par une diplomatie persévérante exercée de façon parfois romanesque, à nouer pour la France de solides alliances avec l'Angleterre, puis la Hollande, l'Espagne et la Russie. D'une grande brutalité de manières, d'ailleurs calculée, avide d'argent et d'honneurs, Dubois parvint à se rendre indispensable à la Couronne et fut, tous comptes faits, un bon serviteur de l'Etat, et surtout un pionnier de l'entente européenne.
Un souverain régnant sans discernement, la corruption répandue partout, un clergé hypocrite assurant sa domination par l'intolérance... Les stéréotypes ont la vie dure sur l'Ancien Régime, référence obligée pour qui veut stigmatiser un système politique et social auquel nous aurions heureusement échappé grâce à la Révolution. Autant d'idées reçues héritées du XIXe siècle, que l'un des plus grands spécialistes du XVIIIe siècle français conteste ici avec force, à travers des études de cas très précises et documentées : fonctionnement de la cour, rôle des femmes, puissance de l'opinion... D'ailleurs, si l'Ancien Régime était si mauvais, survivrait-il encore, sous tant de formes, dans nos institutions actuelles ? Une réflexion décapante sur nos pratiques politiques. Et une contribution au débat jamais clos sur ce qui serait le meilleur système de gouvernement.
Le 29 mai 1453, Constantinople, capitale de l'Empire romain d'Orient depuis sa fondation en 330, tombe aux mains des Turcs. Le choc est terrible pour l'Occident chrétien, qui a pourtant négligé de secourir la ville. L'année 1453 a longtemps symbolisé, peut-être de manière excessive, la fin du Moyen Âge et le début des Temps modernes aux yeux des historiens. Elle fut, de fait, décisive pour deux peuples : les Turcs, qui y gagnèrent une capitale et s'établirent durablement sur le sol européen: les Grecs, qui virent se clore le long chapitre byzantin et dont les humanistes vinrent nourrir l'élan de la Renaissance occidentale. 1453 : année heureuse pour les uns, funeste pour les autres, que raconte Steven Runciman à travers les fiévreux préparatifs du siège, la violence de l'assaut, la résistance dramatique d'une poignée de héros et l'effondrement sans surprise d'une cité depuis longtemps moribonde.Sir Steven Runciman (1903-2000), professeur à Cambridge, a été l'un des plus grands médiévistes du XXe siècle. Il est l'auteur de nombreux ouvrages de référence sur le monde méditerranéen, dont Le Grand Schisme d'Orient (Les Belles Lettres, 2005) et l'Histoire des croisades (Tallandier, 2006).
Goebbels Joseph ; Canal Denis-Armand ; Thiérard Hé
Son nom est synonyme de mensonge et de manipulation. Joseph Goebbels (1897-1945), propagandiste en chef du Parti et de l'État nazis, artisan de la guerre totale et ultime dauphin de Hitler, passe pour le Diable en personne.Ce «monstre» a tenu son journal de 1923 à 1945 : un document unique en son genre, témoignage exceptionnel de l'intérieur du nazisme. Ce livre présente au public français 860 journées des années 1923-1933. Il fait suite au volume 1943-1945 et précède deux volumes sur la période 1933-1942, à paraître en 2007. Ces passages sont presque tous inédits, car issus de l'édition allemande des plaques de verre conservées à Moscou et éditées depuis 1992 par l'Institut d'histoire contemporaine de Munich.Le Journal témoigne d'abord de l'ascension d'un criminel, emblématique de la montée du nazisme. À 26 ans, Goebbels est un auteur raté, qui vit aux crochets de son père. À 35 ans, il est le plus jeune ministre de l'histoire de l'Allemagne. C'est un homme extrême, complexe, mais aussi d'une effrayante banalité. Il célèbre la vie et aspire à la mort. Il s'apitoie sur son sort et rêve d'extermination. Le pied-bot, le fils à sa maman (il écrit : «Mère est si gentille avec moi», comme il dira plus tard : «Hitler est si gentil avec moi»), ce pédant anti-intellectuel, se voit en «guerrier déchaîné» d'une foi nouvelle, en poète néoromantique (ses vers médiocres en témoignent), en «fanatique de l'amour». Ses jugements littéraires et cinématographiques sont d'une éprouvante nullité.Le Journal souligne les contradictions du nazisme, amalgame invraisemblable de racisme, de nationalisme et de conscience sociale. Goebbels en est le porteur. Il est entré à l'aile gauche du Parti, celle des frères Strasser, pour qui capitalisme et «juiverie» étaient un seul et même ennemi. Il se voit en émancipateur des travailleurs, en Robespierre ou mieux, en Marat, mais il accepte l'argent et la société des patrons. Il appelle au meurtre des communistes et des socialistes, mais il dévore les Mémoires de Bebel et s'indigne que Marx, dans Le Capital, montre si peu de compassion pour le sort des ouvriers anglais. Il aime la brutalité plébéienne des SA, mais il écrase leur révolte en 1930, comme il approuvera la Nuit des longs couteaux.Le Journal, enfin, dépeint la mort d'une démocratie. L'acharnement politique en est tout autant responsable que le contexte économique ou politique. Goebbels parcourt sans trêve l'Allemagne entière, il quadrille la société allemande, des princes déchus aux chômeurs. Il allie les campagnes de presse agressives (son journal s'intitule Der Angriff, L'Attaque), les meetings soigneusement orchestrés, les violences contre les Rouges, les Roses, les Juifs. Il fait d'Hitler, «Chef» (en français dans le texte) d'un petit mouvement, le Führer d'une nation.Ce livre est une leçon d'histoire pour le présent. Ou comment un peuple hautement civilisé, vivant en démocratie, s'est jeté volontairement dans les bras d'hommes déterminés mais ordinaires, porteurs d'une idéologie meurtrière mais non sans faille.
Paris, août 1945 : le maréchal Pétain, ex-chef de l'État français, assiste, muré dans le silence, à son procès. Nuremberg, novembre 1945 : vingt et un dignitaires du IIIe Reich prennent place sur le banc des accusés. Jérusalem, avril 1961 : Adolf Eichmann répond devant un tribunal israélien de sa participation à la Solution finale. Envoyé spécial de France-Soir, Joseph Kessel met ici son talent exceptionnel d'homme de lettres au service d'un récit dramatique où la justice rencontre l'histoire.
Tout jeune sous-secrétaire d'État aux Colonies, Winston Churchill accomplit, à l'automne 1907, une tournée en Afrique de l'Est. Au cours de son voyage, il combine travail et plaisir: aux parties de chasse au gros gibier et expéditions touristiques, succèdent les rencontres avec des officiels, colons et chefs de tribus. Dans ce récit de voyage, il conte ses journées africaines, décrivant du point de vue d'un Européen du début du XXe siècle l'innocence et le charme des tribus qu'il rencontre tout en dénonçant les abus du colonialisme. Alternant considérations politiques et descriptions des paysages qui l'émerveillent, Churchill mène son lecteur le long du Nil, en Ouganda et au Kenya. Véritable oeuvre littéraire, ce texte n'avait jamais été traduit en français.