Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Variations sur l'Ancien regime
Chaussinand-Nogaret Guy
VENDEMIAIRE
21,70 €
Épuisé
EAN :9782363583024
Un souverain régnant sans discernement, la corruption répandue partout, un clergé hypocrite assurant sa domination par l'intolérance... Les stéréotypes ont la vie dure sur l'Ancien Régime, référence obligée pour qui veut stigmatiser un système politique et social auquel nous aurions heureusement échappé grâce à la Révolution. Autant d'idées reçues héritées du XIXe siècle, que l'un des plus grands spécialistes du XVIIIe siècle français conteste ici avec force, à travers des études de cas très précises et documentées : fonctionnement de la cour, rôle des femmes, puissance de l'opinion... D'ailleurs, si l'Ancien Régime était si mauvais, survivrait-il encore, sous tant de formes, dans nos institutions actuelles ? Une réflexion décapante sur nos pratiques politiques. Et une contribution au débat jamais clos sur ce qui serait le meilleur système de gouvernement.
De son avènement, en 1715, jusqu'à sa mort, en 1774, Louis XV, surnommé le Bien-Aimé, aura incarné une époque - celle de la stabilité de la France, d'une expansion économique, qu'accompagne un renouveau intellectuel: en un mot une profonde effervescence. Pour écrire l'histoire des Français au temps de Louis XV, et non seulement celle d'un roi et de son règne, Guy Chaussinand-Nogaret a mené l'enquête auprès des 24 millions de Français que comptait alors le royaume, en se plongeant dans les mémoires, les écrits et les témoignages disponibles des contemporains, anonymes ou célèbres, de cette époque: paysans, courtisans, séminaristes, fantassins, médecins, avocats, artisans, etc.
Résumé : A Dubois, Saint-Simon a taillé un costume pour l'éternité : avarice, débauche, perfidie, flatterie, impiété... Ce fut le règne de la Bête. Dubois n'était pas plus amoral ni moins vorace que Richelieu et Mazarin. Le scandale se trouve, pour l'aristocratie traditionnelle, dans la trajectoire exceptionnelle de ce fils d'apothicaire de Brive-la-Gaillarde, parti de presque rien et devenu presque tout. Cette ascension, Guillaume Dubois, né en 1656, la doit à son énergie et à son intelligence. De brillantes études parisiennes et un sens inné de l'intrigue font de lui, dès 1683, un précepteur de Philippe de Chartres, plus tard duc d'Orléans. Dés lors, il se place dans le sillage du futur Régent, qui le comble de bienfaits sitôt sa prise de pouvoir en 1715. L'abbé Dubois, qui n'est pas prêtre, devient ainsi secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères en 1718, archevêque de Cambrai en 1720, cardinal en 1721, principal ministre en août 1721. Il ne le reste qu'un an, emporté par un atroce abcès de la vessie, qui réjouit fort ses ennemis, en août 1722. Cet homme de grande culture, travailleur acharné, ami de Fénelon et de Mme de Maintenon, parvint, par une diplomatie persévérante exercée de façon parfois romanesque, à nouer pour la France de solides alliances avec l'Angleterre, puis la Hollande, l'Espagne et la Russie. D'une grande brutalité de manières, d'ailleurs calculée, avide d'argent et d'honneurs, Dubois parvint à se rendre indispensable à la Couronne et fut, tous comptes faits, un bon serviteur de l'Etat, et surtout un pionnier de l'entente européenne.
Leurs noms - aujourd'hui bien oubliés ? Waleran de Wavrin, Jean de Béthencourt, Gadifer de La Salle... Leur projet ? Porter la bannière du Christ aux marges des royaumes européens, puisque les Etats latins de Terre sainte avaient disparu sous les coups de Saladin, puis des Mamelouks. Ils se sont donc illustrés, dans les dernières décennies du Moyen Age, au cours de croisades qui n'avaient plus pour but le Levant mais des contrées aussi exotiques, pour l'époque, que les îles Canaries ou les pays baltes, peuplées de "sauvages" qui n'avaient pas renoncé au paganisme... Autant d'étonnants itinéraires individuels que l'on suivra ici pas à pas, à travers documents diplomatiques, chroniques et récits de voyage, des rives du Danube à celles du Guadalquivir, des "grandes forêts de Prusse" aux montagnes des Balkans. On y découvrira des aventuriers peut-être soucieux de leur salut, mais surtout prêts à tout affronter dans leur quête éperdue de la gloire, de merveilleux, et de cette camaraderie chevaleresque qui les conduisit si fréquemment à fraterniser avec leurs adversaires... Bien loin d'un prétendu "choc des civilisations" , un moment fondateur de l'Europe moderne, qui allait préparer l'Occident à sa rencontre avec le vaste monde. Docteur en histoire médiévale, Loïc Chollet a soutenu à l'Université de Neuchâtel une thèse sur les représentations de la croisade balte dans les textes littéraires de France et d'Angleterre (2017). Un livre en a été tiré, sous le titre Les Sarrasins du Nord. Une histoire de la croisade balte par la littérature, XIIe-XVe siècles (Alphil, 2019). Il est actuellement chargé de cours à l'Université de Fribourg.
Crises cycliques d'ampleur mondiale, explosion des inégalités, déclin de la croissance, hausse du chômage... Nos sociétés semblent soumises, impuissantes, aux aléas de dictats économiques. Serions-nous donc sans armes pour anticiper ces changements ? Depuis Platon jusqu'à Keynes, en passant par Marx et saint Thomas d'Aquin, théoriciens et penseurs se sont pourtant efforcés de comprendre et d'organiser la production des richesses et leur répartition entre les hommes. Et leurs points de vue, comme leurs recommandations, ont évolué avec les techniques et les systèmes marchands. Il se pourrait cependant que leurs héritiers actuels, armés de formules algébriques complexes et les yeux rivés sur des colossales masses de données, aient gravement sous-estimé un facteur devenu fondamental depuis le xXIXe siècle : les changements démographiques. Car s'il est évident que la démultiplication de la population mondiale a entraîné avec elle la croissance de l'économie, comment ne pas imaginer que le ralentissement des naissances, couplé au vieillissement des peuples, ne déclenche la fin de ce processus ? C'est ce que l'on observe de manière troublante lors de la crise de 1929 aux Etats-Unis et dans l'Europe d'aujourd'hui, où une stagnation durable semble propice aux conséquences politiques les plus inquiétantes. Une saisissante histoire des idées, et une lecture novatrice des dangers auxquels nous sommes confrontés.
Personnage de jeu vidéo, motif de pyjama, créature de Harry Potter ou support de "tutos beauté" : la licorne, icône de la pop culture, est aujourd'hui partout. Mais si on l'associe volontiers au Moyen Age tardif, et en particulier à la spectaculaire autant qu'énigmatique tenture La Dame à la licorne du musée de Cluny, sait-on que cet animal mythique trouve ses origines dans l'Antiquité grecque et l'Ancien Testament ? Qu'elle a oscillé dans la littérature médiévale entre les genres mâle et femelle, devenant tour à tour bête féroce capable d'éventrer l'éléphant et symbole de pureté virginale ? Et qu'en tant qu'exemple canonique d'objet dont il faut déterminer ou non s'il existe - ou s'il est possible qu'il existe et ce que cela signifie -, elle a passionné les philosophes, de Duns Scot à Bertrand Russell en passant par Kant et Leibniz ? Saisissant cette figure sans cesse réinventée dans toutes ses dimensions, un collectif de philosophes et de spécialistes d'histoire de l'art et de littérature lève le voile sur les mystères de cet animal-totem devenu l'incarnation de la nostalgie de l'innocence et de l'insatiable besoin de réenchantement de notre monde contemporain.
Résumé : Dès les premiers mois de la Libération, sur l'ensemble du territoire français, plusieurs dizaines de milliers de personnes soupçonnées de collusion avec l'occupant sont arrêtées puis incarcérées dans les camps d'internement. Dans la région de Marseille vont se côtoyer de véritables collaborateurs, de simples suspects, des civils italiens et allemands, une poignée de prisonniers de guerre, mais aussi des femmes et des enfants en bas âge. Les directeurs de ces établissements sont confrontés chaque jour à des prisons surpeuplées, où les conditions d'hygiène sont déplorables, risquant à tout instant de propager des épidémies de rougeole ou de fièvre typhoïde, tandis que les denrées alimentaires et le matériel de base manquent cruellement. Comment, en effet, financer ces lieux ouverts à la hâte, comment recruter et rémunérer le personnel, comment assurer la surveillance et la protection des internés ? Soixante-dix ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, en exploitant des archives jusque-là inédites, un historien consacre pour la première fois un livre au parcours de ces internés et nous fait découvrir la gestion quotidienne de l'épuration officielle.