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Le cardinal Dubois 1656-1723. Une certaine idée de l'Europe
Chaussinand-Nogaret Guy
PERRIN
21,00 €
Épuisé
EAN :9782262010676
A Dubois, Saint-Simon a taillé un costume pour l'éternité : avarice, débauche, perfidie, flatterie, impiété... Ce fut le règne de la Bête. Dubois n'était pas plus amoral ni moins vorace que Richelieu et Mazarin. Le scandale se trouve, pour l'aristocratie traditionnelle, dans la trajectoire exceptionnelle de ce fils d'apothicaire de Brive-la-Gaillarde, parti de presque rien et devenu presque tout. Cette ascension, Guillaume Dubois, né en 1656, la doit à son énergie et à son intelligence. De brillantes études parisiennes et un sens inné de l'intrigue font de lui, dès 1683, un précepteur de Philippe de Chartres, plus tard duc d'Orléans. Dés lors, il se place dans le sillage du futur Régent, qui le comble de bienfaits sitôt sa prise de pouvoir en 1715. L'abbé Dubois, qui n'est pas prêtre, devient ainsi secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères en 1718, archevêque de Cambrai en 1720, cardinal en 1721, principal ministre en août 1721. Il ne le reste qu'un an, emporté par un atroce abcès de la vessie, qui réjouit fort ses ennemis, en août 1722. Cet homme de grande culture, travailleur acharné, ami de Fénelon et de Mme de Maintenon, parvint, par une diplomatie persévérante exercée de façon parfois romanesque, à nouer pour la France de solides alliances avec l'Angleterre, puis la Hollande, l'Espagne et la Russie. D'une grande brutalité de manières, d'ailleurs calculée, avide d'argent et d'honneurs, Dubois parvint à se rendre indispensable à la Couronne et fut, tous comptes faits, un bon serviteur de l'Etat, et surtout un pionnier de l'entente européenne.
Résumé : 10 mai 1774 : la mort de Louis XV place sur le trône un jeune homme inexpérimenté, timide, cultivé mais élevé sans affection, et peu formé à l'exercice du pouvoir. Durant quinze ans, Louis XVI et Marie-Antoinette vivent dans l'univers clos de Versailles, étrangers aux réalités du royaume. Une vie de plaisirs et de fêtes, mais aussi de scandales provoqués par la hargne de la Cour envers une reine jeune, insouciante et dépensière, illustre bien les premières années du règne. Pourtant, la situation économique, politique et sociale du royaume est difficile. Les Français ne veulent plus s'accommoder d'un gouvernement autoritaire, qui refuse de les comprendre, ni de magistrats et d'officiers royaux plus attachés à leurs privilèges qu'à des changements devenus indispensables. En outre, une succession de ministres malhabiles ou incompétents entrave la mise en place d'une réforme profonde du royaume. L'été 1789 : le roi perd le contrôle des Etats généraux, cependant réunis à sa demande. Dès lors se succèdent les événements qui aboutiront à la chute de la monarchie et que Louis XVI se voit imposer sans savoir les accepter ni pouvoir s'y adapter : le serment du Jeu de paume, la prise de la Bastille, l'abolition des privilèges, la Déclaration des droits de l'homme, la monarchie constitutionnelle, la fête de la Fédération, etc. Trop attaché à un absolutisme dépassé, Louis XVI sera condamné, au terme d'un procès bâclé qui aboutira à sa mort sur l'échafaud, le 21 janvier 1793.
Un souverain régnant sans discernement, la corruption répandue partout, un clergé hypocrite assurant sa domination par l'intolérance... Les stéréotypes ont la vie dure sur l'Ancien Régime, référence obligée pour qui veut stigmatiser un système politique et social auquel nous aurions heureusement échappé grâce à la Révolution. Autant d'idées reçues héritées du XIXe siècle, que l'un des plus grands spécialistes du XVIIIe siècle français conteste ici avec force, à travers des études de cas très précises et documentées : fonctionnement de la cour, rôle des femmes, puissance de l'opinion... D'ailleurs, si l'Ancien Régime était si mauvais, survivrait-il encore, sous tant de formes, dans nos institutions actuelles ? Une réflexion décapante sur nos pratiques politiques. Et une contribution au débat jamais clos sur ce qui serait le meilleur système de gouvernement.
Les Lumières n'ont rien laissé de côté: curiosité universelle, critique sociale, subversion politique, bataille (anti) religieuse... Leurs représentants ont tous soumis les idées dominantes et les institutions régnantes à un examen rigoureux. Tous deux collaborateurs de l'Encyclopédie et presque contemporains (Helvétius, 1715-1771, d'Holbach, 1723-1789), ils représentent des courants très radicaux: athées tous deux - ce qui les différencie de beaucoup de leurs amis plus ou moins déistes -, matérialistes résolument (mais l'un et l'autre d'une façon un peu différente). Ils sont d'une origine plus prestigieuse que les Diderot et d'Alembert: d'Holbach est un aristocrate allemand qui tient table ouverte à Paris, Helvétius a été fermier général et s'est retiré fortune faite. Bien entendu, ils se connaissent et s'estiment, par leur position sociale, ils démultiplient en quelque sorte les idées subversives. A côté des chefs de file intellectuels et à côté des dames qui tiennent salon, ils alimentent les élites en thèmes de réflexion, les invitant à toujours plus d'audace. Il est éclairant et fécond, pour un historien de la société et historien des idées comme Guy Chaussinand-Nogaret, d'évoquer leur destin et leurs oeuvres sous forme de "vies parallèles". Un livre neuf et original.
Résumé : Année trouble pour le président Raymond Poincaré qui ne retient que le doute qui saisit les Français, 1917 est aussi l'année décisive du conflit qui marque la véritable naissance du XXe siècle avec ces deux tremblements de terre que sont la révélation de la puissance américaine et la révolution bolchévique. La guerre, qui n'est plus nationale mais devient idéologique, est en train d'échapper aux Européens et un monde nouveau d'apparaître, coincé entre deux messianismes : l'idéalisme wilsonien et le communisme. 1917 est surtout l'année de l'épuisement où chacun cherche une porte de sortie honorable. Le gouvernement Français, autour de Joseph Caillaux, entame des pourparlers avec Berlin ; l'Autriche-Hongrie, en la personne de Charles Ier, approche les Alliés pour chercher une voie transactionnelle ; même le pape Benoît XV y va de son projet de paix. Jean-Yves Le Naour met son talent narratif au service de l'Histoire et raconte cette année de paix impossible. Se fondant sur des archives inédites et mêlant les expériences du peuple à celles des hauts fonctionnaires, il dresse un tableau complet qui n'épargne pas les grandes figures que la mémoire a statufié. De l'échec de Ribot, alors président du Conseil, lors des négociations avec l'Autriche aux basses manoeuvres de Clemenceau pour parvenir au pouvoir, tout est révélé. Quand l'histoire se raconte, elle est plus romanesque que la fiction.
A la lumière des recherches les plus récentes, 1914 offre une synthèse des évènements qui ont précédé et suivi l'entrée en guerre de l'Europe. Dans une approche très concrète,nourrie d'archives, Jean-Yves Le Naour y restitue la façon dont cette année a été vécue par les contemporains, loin des antichambres ministérielles ou princières. Il montre la France plongée en situation de tension extrême, sensible à la moindre rumeur: les plaques de publicité Maggi ou du bouillon Kub auraient servi d'indications à l?armée allemande en marche, les Russes auraient débarqué au Havre, des espions allemands distribuent des bonbons empoisonnés, les soldats allemands coupent les mains des enfants durant l?invasion, etc.? Mais ce volume revisite évidemment les grands événements de 1914 comme l?attentat de Sarajevo, l?assassinat de Jean Jaurès et la bataille de la Marne. Il fait place à des évènements ignorés habituellement de l?historiographie: l?hésitation du gouvernement qui, partant pour Bordeaux, a failli décréter Paris « ville libre », sans défense, afin d?éviter sa destruction dans des combats; l?incroyable réception de la célèbre voyante, Mme Fraya, en pleine nuit du 1er août devant une assemblée de ministres angoissés qui s?en remettent à l?irrationnel pour se rassurer! Ou pourquoi Joffre a laissé les Allemands passer par la Belgique (contrairement à la version officielle, on savait que les Allemands passeraient par là!). L'auteur revient sur la fameuse « Union sacrée » qui ne restera qu'un rêve: les querelles se poursuivent, à fleurets mouchetés.... A chaque page, le récit est vivant et le lecteur peut éprouver ce climat si particulier, attisé par les premières morts, les errements des contemporains, leurs espoirs, leurs troubles et leurs angoisses. Poignant.
Résumé : "Messager de paix, artisan d'union, maître de civilisation, et, avant tout, héraut de la religion du Christ et fondateur de la vie monastique en Occident, tels sont les titres qui justifient la glorification de saint Benoît, abbé" : ainsi le pape Paul VI débute-t-il son bref par lequel, en octobre 1964, il proclame ce dernier "patron principal de toute l'Europe". De Benoît de Nursie, pourtant, né vers 480 en Italie centrale, souvent représenté vêtu d'une coule noire, tenant dans une main une crosse abbatiale et dans l'autre un livre, celui de la Règle dite "de saint Benoît", nous ne savons que peu de choses. Si depuis le VIe siècle des centaines de milliers d'hommes et de femmes, moines et moniales, ont vécu et vivent encore en suivant les principes émis dans ce texte qu'il a rédigé pour guider ses disciples dans la vie monastique communautaire, s'il a réformé le monachisme occidental et fondé plusieurs monastères bénédictins dont celui du Mont-Cassin, ce personnage clé du christianisme occidental demeure une figure mal connue. Odon Hurel , puisant aux meilleures sources et démêlant mythes et réalités, retrace l'histoire de cet homme couramment qualifié de "patriarche des moines d'Occident" et s'attache avec brio à cerner l'originalité de sa Règle et du modèle bénédictin.
Loin, comme ses prédécesseurs, de décrire la bataille telle qu'elle est jugée d'en haut, à la manière de l'état-major, John Keegan la restitue par le bas, telle qu'elle est vécue par les soldats. Cette nouvelle approche de l'histoire militaire, qui va au-delà des récits factuels, révèle toute la dimension humaine du combat. Pour illustrer son propos, Keegan raconte et décortique trois batailles charnières: Azincourt (1415), Waterloo (1815) et La Somme (1916). Un livre fondateur devenu un classique servi par une nouvelle traduction.