Un ouvrage collectif sur l'oeuvre d'Emmanuelle Pireyre composé à partir d'entretiens avec l'autrice et coordonné par Cécile Chatelet. Pour donner à voir et à lire l'oeuvre plurielle d'Emmanuelle Pireyre, Cécile Chatelet a réuni une équipe composée d'Olivia Rosenthal (écrivaine et professeure des universités), Estelle Mouton-Rovira (maîtresse de conférences spécialiste de littérature contemporaine), Olivier Bosson (artiste, auteurs de films et de performances) et Jean- Charles Massera (écrivain, réalisateur, auteur de plusieurs réalisations sonores et installations). Toutes et tous se sont lancés dans un échange singulier avec Emmanuelle Pireyre, pour relire avec elle son oeuvre et lui proposer de réagir à leurs interrogations. De l'écriture à la performance, de la poésie au récit, le travail d'Emmanuelle Pireyre repense depuis 25 ans notre rapport aux discours contemporains et aux médias, avec vivacité et fantaisie. Emmanuelle Pireyre aime les formes expérimentales : le montage de textes courts (Féérie générale, 2012), la poésie, sous forme de recueil (Congélations et décongélations et autres traitements appliqués aux circonstances, 2000) mais également lorsqu'elle se glisse dans le récit. Ses narrations mêlent l'humour à des sujets éminemment politiques : les organismes génétiquement modifiés (Chimère, 2019), la crise écologique (Laissez-nous juste le temps de vous détruire, 2011) et la place sociale des femmes (Comment faire disparaître la terre ? , 2016). La question médiatique est au coeur de ses oeuvres, entre réflexion sur les formes que l'on trouve à la télévision comme le journal de 20 heures (Machine anti-machine, 2024) ou celle de la télé-réalité (dans la performance Mes vêtements ne sont pas des draps de lit, 2000) et recherche autour de la langue d'internet. C'est aussi la voix qui préoccupe l'autrice : celle des autres, dans ses livres, qui travaillent aussi tant la langue orale que la langue écrite, et la sienne, qu'il faut chercher lorsqu'on réalise des performances ou qu'on écrit des fictions radiophoniques (La danse est-elle dangereuse pour les jeunes filles ? , 2001, La philosophie blindée du convoyeur de fonds, 2006, Oui mais nous, comment on fait pour notre exposé ? , avec Jean-Charles Massera, 2014). Face à l'oeuvre protéiforme d'Emmanuelle Pireyre, qui s'aventure également du côté de la recherche, avec un travail de collecte et de réflexion sur la performance narrative, les discussions avec l'autrice présentes dans ce livre éclairent une oeuvre cristallisant plusieurs enjeux majeurs de la littérature contemporaine.
LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES SOCIALESDe 1860 à nos joursIntroduction généraleAvant-propos, par François Châtelet I. La Psychologie, par Michel Bernard II. La Sociologie, par André AkounIII. L'Ethnologie, mystifications et démystifications, par Louis-Vincent ThomasIV. L'Histoire, par François ChâteletV. La Géographie, par Yves LacosteVI. La Linguistique, par Danièle Manesse Conclusion, par François ChâteletNotices biographiques des principaux auteurs analysésTableau synoptiqueCompléments bibliographiques
Résumé : Madeleine, 92 ans, décide de fixer la date et les conditions de sa disparition. En l'annonçant à sa fille Diane, et à son fils Pierre, elle veut les préparer aussi doucement que possible à sa future absence. Mais pour ses enfants, c'est le choc, et les conflits commencent. Jusqu'à la fin Madeleine gardera comme ligne de conduite la dignité, l'humour et la passion de la vie, pour leur donner à tous, et en particulier à Diane, une émouvante "dernière leçon".
Sur le boulevard encombré, une vieille dame vêtue de crêpe bleu marche tranquillement, à son rythme, ralentissant l?écoulement du flot pressé...Pour Solange? cinquante ans, toujours belle, un métier qu?elle aime, un amant, bref, une vie bien remplie?, cet instant imprévu bouleverse tout. Elle se prend subitement à envier ce rythme tranquille, cette autre saison de la vie... à l?étonnement de son entourage, elle va désormais s?appliquer à devenir, elle aussi, une vieille « dame en bleu », à découvrir de nouveaux privilèges, des délices inconnues. Et affirmer une autre liberté, à l?écart des modèles obligés de l?époque...
LE XXe SIÈCLEIntroduction généraleAvant-propos, par François ChâteletI. Freud: la théorie freudienne de la culture, par Pierre KaufmannII. La Théorie et l'Observation dans la philosophie des sciences du positivisme logique, par Jacques BouveresseIII. L'Épistémologie en France, par Michel FichantIV. Remarques sur l'accès à la pensée de M. Heidegger, par Gérard GranelV. Les Existentialismes, par Christian DescampsVI. Les Marxismes, par Evelyne Pisier-KouchnerVI. A quoi reconnait-on le structuralisme? par Gilles Deleuze Pour ne pas conclure, par François ChâteletChronologieCompléments bibliographiques
Résumé : Dans le prolongement de L'ellipse du bois, Derek Munn reprend sa réflexion sur les méandres de la mémoire par le biais du récit autobiographique. Ici, l'auteur convoque deux personnages disparus, son oncle et le musicien et chanteur Vic Chesnutt : "Leur ressemblance est aussi étrange qu'évidente. Dans mon imagination ils deviennent indissociables. Ils s'entendent à merveille. C'est comme s'ils s'envoyaient des clins d'oeil. D'image en image j'ai l'impression de voir une identité se fondre dans une autre. Des sons, des images, des sensations, des lacunes, des pourquoi. Il y a plusieurs choses à ne pas expliquer. Ce texte ne parle pas vraiment de mon oncle, ni de Vic Chesnutt, ni de moi, mais d'un nous que je suis, d'une foule solitaire qui cherche à suivre ses propres traces. I've learned to smile when all I feel is rage".
Résumé : 1953, Hollywood. Fritz Lang tourne "Human Desire", un remake du film de Jean Renoir, "La Bête humaine", adapté du roman de Zola : un drame de la jalousie qui met en scène un triangle amoureux et le porte à la haine, à la violence et au meurtre. Vicki, une jeune femme mariée à Carl, un homme usé et violent, tente de convaincre Jeff, son amant, jeune cheminot de retour de la guerre de Corée, de l'aider à se débarrasser de son mari. Ce dernier la fait chanter après avoir assassiné un homme riche et influent dans les bras duquel il avait poussé son épouse pour conserver son emploi. Qui est Vicki Buckley ? Une femme fatale cynique, menteuse, perverse, usant de ses charmes pour manipuler les hommes et arriver à ses fins ? Ou bien une jeune femme victime d'une Amérique puritaine, de la violence et de la lâcheté des hommes, qui cherche désespérément à sauver sa peau ? La Bête, c'est elle, martèlent les producteurs. Mais pour Fritz Lang, le Mal est partout, pas seulement sur les épaules de Vicki. Excédé par la bêtise de l'idéologie hollywoodienne et ce qu'il voit comme un moralisme niais, il se bat pied à pied pour déjouer les injonctions des producteurs avec la seule arme qui lui reste : la mise en scène. C'est la mise en scène qui montrera que Vicki n'est pas la garce que le scénario a fabriquée, mais une femme beaucoup plus complexe et riche de secrets. Portrait du vieux Lang en artiste Inspiré de faits réels, "Vicki et Mr. Lang" est un roman construit autour de la relation passionnelle qui unit Lang à son héroïne (le réalisateur n'est-il pas aussi secrètement amoureux de son actrice, Gloria Grahame ? ) : l'auteur réinvente des personnages authentiques (Fritz Lang, les acteurs du film) et fond la fiction dans la fiction, le film dans le tournage du film tel qu'il l'imagine. Entrecoupant le récit de "Human Desire" de scènes d'écriture du scénario, de scènes de tournage, d'autres encore où Lang s'interroge ou se remémore des tournages passés, le roman alterne les points de vue sur Vicki, celui du cinéaste, celui du narrateur, tous deux scrutant son âme, pour mieux la cerner et percer son mystère. Jean-Paul Engélibert imagine un Fritz Lang virtuose de la mise en scène, travailleur acharné, obsessionnel, mais aussi vieillissant (il a 63 ans), solitaire et désabusé, tyrannique sur le plateau : sa carrière américaine touche à sa fin et 3 ans plus tard, ne parvenant plus à tourner à Hollywood, il rentrera en Allemagne pour y faire ses 3 derniers films. Volontiers méditatif, regrettant peut-être sa jeunesse en Allemagne, il se retourne avec nostalgie sur un passé où il avait les coudées franches pour exercer son art.
Résumé : Ce recueil composé de 42 nouvelles indépendantes les unes des autres, tant du point de vue du sujet que du style, rassemble la plupart des formes courtes de l'auteur écrites depuis le début des années 80. Chaque nouvelle met en scène un personnage, un homme, une femme, parfois un enfant, confronté à une situation banale du quotidien (une visite au musée, une panne de voiture, un rêve), un événement douloureux où son existence bascule (la maladie, le deuil, un licenciement ou une rupture amoureuse) ou encore une situation d'exclusion (le fait d'être étranger, la folie). Certaines nouvelles glissent vers le conte ou le poème, la dystopie ou le récit onirique. Cependant, de la variété des formes, une unité se dégage, celle d'un monde où l'être humain est confronté à la précarité et à la violence d'une société qui ne respecte ni ses rythmes ni ses aspirations personnels, où la vie se résume, comme dans la nouvelle "Sois funambule" à subir l'injonction de suivre une route déjà tracée en tentant de ne pas chuter. Ecrivain de l'introspection, Derek Munn excelle dans l'art de représenter les paysages mentaux et les flux de conscience de ses personnages. Dans ces nouvelles, comme il le fait dans ses romans, il s'attache à traquer l'infime, à nommer l'indicible : des personnages qui doutent, ne parviennent pas toujours à exprimer ce qu'ils pensent ou ressentent, comme s'ils se trouvaient en perpétuel décalage avec une réalité dans laquelle ils peinent à s'incarner. Comme s'ils restaient prisonniers de leurs pensées sans parvenir à les partager. Au fil du recueil, la langue subtilement poétique de Derek Munn s'adapte, se met au service de l'existence intime des personnages, reflétant leur fragilité, parfois jusqu'à traduire le désordre mental. C'est sans doute la dernière nouvelle qui, donnant son titre au recueil, nous en offre la clé : une rencontre sans suite de deux personnes dans un bar. Après le départ de la première, l'autre reste seul : "Je lisse la serviette. Toi, tu oublieras, moi, je me souviendrai. Soudain ma bouche est pleine, encombrée de paroles que j'ai du mal à avaler" . Certaines nouvelles de ce recueil ont déjà été publiées sous le titre "Un Paysage ordinaire" (indisponible aujourd'hui), d'autres en revues ou aux éditions L'Ire des marges dans la collection vies minuscules. D'autres encore sont inédites à ce jour.
C'est l'été. Plusieurs filles et garçons manquent à l'appel : il y a ceux qui sont partis vers des destinations exotiques ou dans la famille et puis les autres, ceux qui restent. Sous la chaleur écrasante de juillet, ceux qui restent se retrouvent autour d'un banc du quartier et imaginent chaque jour de nouveaux jeux. Livrés à eux-mêmes et à l'ennui qui les guette, sans perspective de changer d'horizon, ils rivalisent pourtant d'imagination et de créativité pour réinventer chaque journée. L'un d'eux improvise un chant puis une marche pour l'accompagner. Une sorte de haka prend forme, que les autres reprennent bientôt en choeur. Un hymne spontané pour consacrer le peuple qu'ils forment et affirmer haut et fort, face au soleil, ce qu'ils sont et ce qui les lie. "Tout un Peuple" est une série de nouvelles poétiques mettant en scène une trentaine d'adolescents qui sont les personnages d'une fresque fresque composée de douze épisodes pour une année de leur vie.