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Soudain ma bouche est pleine
Munn Derek
IRE MARGES
21,00 €
Épuisé
EAN :9791092173765
Ce recueil composé de 42 nouvelles indépendantes les unes des autres, tant du point de vue du sujet que du style, rassemble la plupart des formes courtes de l'auteur écrites depuis le début des années 80. Chaque nouvelle met en scène un personnage, un homme, une femme, parfois un enfant, confronté à une situation banale du quotidien (une visite au musée, une panne de voiture, un rêve), un événement douloureux où son existence bascule (la maladie, le deuil, un licenciement ou une rupture amoureuse) ou encore une situation d'exclusion (le fait d'être étranger, la folie). Certaines nouvelles glissent vers le conte ou le poème, la dystopie ou le récit onirique. Cependant, de la variété des formes, une unité se dégage, celle d'un monde où l'être humain est confronté à la précarité et à la violence d'une société qui ne respecte ni ses rythmes ni ses aspirations personnels, où la vie se résume, comme dans la nouvelle "Sois funambule" à subir l'injonction de suivre une route déjà tracée en tentant de ne pas chuter. Ecrivain de l'introspection, Derek Munn excelle dans l'art de représenter les paysages mentaux et les flux de conscience de ses personnages. Dans ces nouvelles, comme il le fait dans ses romans, il s'attache à traquer l'infime, à nommer l'indicible : des personnages qui doutent, ne parviennent pas toujours à exprimer ce qu'ils pensent ou ressentent, comme s'ils se trouvaient en perpétuel décalage avec une réalité dans laquelle ils peinent à s'incarner. Comme s'ils restaient prisonniers de leurs pensées sans parvenir à les partager. Au fil du recueil, la langue subtilement poétique de Derek Munn s'adapte, se met au service de l'existence intime des personnages, reflétant leur fragilité, parfois jusqu'à traduire le désordre mental. C'est sans doute la dernière nouvelle qui, donnant son titre au recueil, nous en offre la clé : une rencontre sans suite de deux personnes dans un bar. Après le départ de la première, l'autre reste seul : "Je lisse la serviette. Toi, tu oublieras, moi, je me souviendrai. Soudain ma bouche est pleine, encombrée de paroles que j'ai du mal à avaler" . Certaines nouvelles de ce recueil ont déjà été publiées sous le titre "Un Paysage ordinaire" (indisponible aujourd'hui), d'autres en revues ou aux éditions L'Ire des marges dans la collection vies minuscules. D'autres encore sont inédites à ce jour.
Résumé : Star de grands classiques comme "La Grande Evasion", "Bullitt", "Papillon" et "L'Affaire Thomas Crown", Steve McQueen n'aurait jamais dû faire de cinéma. Fils d'une prostituée occasionnelle et d'un homme de passage, il devient rapidement un jeune délinquant, sauvage et rétif à toute autorité. Une période qui le marquera toute sa vie et affectera aussi bien son attitude " rebelle" vis-à-vis du système hollywoodien que ses relations avec les femmes. Avare en confidences et mutique avec les journalistes, McQueen avait très peu d'amis dans le métier. C'est pourquoi sa relation privilégiée avec Michael Munn permet à ce dernier de tracer la première biographie intime de l'acteur, dévoilant les violences de son beau-père, une adolescence tumultueuse, le séjour dans une maison de jeunes délinquants, de singuliers débuts au théâtre et, enfin, l'entrée dans la " machine Hollywood" grâce à sa première femme. L'ouvrage raconte comment un adolescent sauvage a su se révéler comme second rôle de série B, puis vedette de télévision dans la série "Au nom de la loi", avant de s'imposer face aux ténors du western dans "Les Sept Mercenaires", qui a lancé sa carrière. Il ne cache rien de ses nombreuses aventures féminines (parmi lesquelles Natalie Wood), de son rapport tourmenté et parfois violent avec ses trois compagnes successives, et de ses relations tumultueuses avec le Tout-Hollywood. Il montre comment, malgré un caractère sauvage et parfois paranoïaque, Steve McQueen a réussi à imposer sa marque pour devenir une des figures cinématographiques les plus marquantes de son temps, avant de saboter lui-même sa carrière.
Résumé : Inspiré du film "A La Nuit du chasseurA ", La Main gauche imagine, deux générations plus tard, les échos de cette histoire dramatique et le poids d'un étrange héritage dans la vie de Shelley, artiste plasticienne. D'origine américaine, Shelley a fait sa vie en France. Alors qu'elle apprend qu'elle s'apprête à préparer une exposition, elle est obligée de retourner quelques jours aux Etats-Unis pour régler une mystérieuse histoire d'héritage. Un voyage qu'elle fait à contre-coeur vers un passé qu'elle a fui et un frère, Billy, qui est tout ce qu'il lui reste de famille, mais avec qui elle ne sait plus communiquer. Le roman est porté par deux voix qui se relaient⯠: celle du journal que tient Shelley pendant son voyage et celle de son carnet de création, tel un monologue intérieur que Shelley adresse à elle-même. Romancier de l'introspection, dans la lignée de Virginia Woolf, Derek Munn excelle dans l'art de représenter les flux de conscience de ses personnages.
Résumé : A la rue est un témoignage sur l'engagement, un livre de colère et d'espoir. Eté 2016, treize familles roms sont expulsées de leur lieu de vie et se retrouvent dehors dans la ville de Montreuil en Seine-Saint-Denis. Une cinquantaine de personnes sans abri, dont une vingtaine d'enfants, parmi les dix mille expulsées par les autorités cette année-là en France. L'autrice Juliette Keating et le photographe Gilles Walusinski participent à la mobilisation citoyenne qui s'organise autour des familles et demande leur relogement. A la rue est à la fois un récit littéraire et réflexif sur l'expérience de l'engagement collectif et le recueil de documents qui ont valeur de témoignages. A la rue se compose de deux parties complémentaires articulées autour d'un cahier de 32 photographies noir & blanc : La première, "Débrief", texte littéraire et politique, a la forme d'un poème narratif dans lequel l'autrice revient sur son engagement de plusieurs années auprès de familles rroms, sur ce que cette expérience bouleverse dans le cours de sa vie, remue en elle. Elle questionne les mobiles de cet engagement, y cherche les raisons profondes et décrit les mécanismes de la discrimination tels qu'elle les constate en accompagnant une famille dans l'ouverture de ses droits sociaux. Si l'éternel engrenage des évictions, le délitement de la mobilisation collective face au pouvoir politique qui joue le jeu du pourrissement, et le découragement qui peut s'ensuivre sont présents dans le texte, c'est l'énergie que procure le collectif et la force des rencontres qu'il occasionne qui l'emportent. Même si l'issue n'est pas ce que l'on voudrait qu'elle soit, une lutte collective est gagnée du fait même qu'elle a lieu. C'est une victoire contre le renoncement. Dans une langue nerveuse, rythmée, sans concession Juliette Keating dénonce un état du monde fondé sur l'injustice. La seconde, "Dehors", est le recueil de documents produits entre 2016 et 2018 : des extraits d'articles écrits dans un blog de l'autrice hébergé par Mediapart. L'événement que constitue l'expulsion des familles et leur errance dans la ville est consigné régulièrement, avec ses lenteurs, ses coups de théâtres, ses petites victoires, ses promesses et faux espoirs. Présentés dans l'ordre chronologique, ces textes sont les traces attestant de la réalité des événements, une partie de leur mémoire. Fixer la mémoire, le cahier central de photographies réalisées par Gilles Walusinski réunit des images de la mobilisation et des familles, qui sont autant de documents témoins. Ces images puisent leur force dans la saisie d'instantanés pendant une période continue de plusieurs mois, qui racontent, montrent, et dénoncent une réalité indéniable. Ainsi est documentée la vie à la rue mais aussi la force de caractère, l'énergie de ceux et celles bien décidés à lutter pour leurs droits. Loin des stéréotypes associés aux images exotiques des Tsiganes, les photographies de Gilles Walusinski sont des témoignages réalisés avec précision, acuité et empathie.
Cet ouvrage sur et avec Marie Cosnay inaugure la nouvelle collection de création/recherche Bruits de Langues ; il est aussi le premier livre critique consacré à son oeuvre. Ouvrage polyphonique composé à partir d'échanges multiples entre l'autrice et les contributeurs, il propose une pluralité d'accès à une oeuvre devenue incontournable dans le paysage littéraire contemporain. Au cours des échanges, Marie Cosnay revient sur la part fictionnelle, autobiographique et documentaire de son oeuvre, sur l'importance pour elle des récits historiques et quotidiens, sur son travail de traduction et de réécriture des mythes. Les violences de l'Histoire : corps maltraités, enfance déniée, ruptures des liens sociaux, pertes d'identité sont autant de thèmes qui traversent son oeuvre. Les récits de ou sans frontières sont pour Marie Cosnay un lieu d'accueil, d'hospitalité, de recherche aussi. A la fois une nécessité et une responsabilité.
Un ouvrage collectif de création/recherche sur et avec François Beaune, sous la direction de Stéphane Bikialo. Avec les contributions de Stéphane Bikialo, François Beaune, Silvain Gire, Maud Lecacheur, Eric Loret et Catherine Rannoux. Né en 1978 à Clermont-Ferrand, François Beaune vit à Marseille. DepuisA son premier livre, Un homme louche (Verticales, 2009), jusqu'à La Lune dans le Puits (Verticales, 2013), Omar et Greg (Le Nouvel Attila, 2018) ou Calamity Gwenn (Albin Michel, 2020), il collecte des "âhistoires vraiesâ" et oeuvre à la création de ce qu'il nomme son "âentresortâ" , une galerie de personnages incarnant le monde actuel. Invité du festival Bruits de Langues en 2020, il succède à Marie Cosnay dans la collection éponyme. Pour rendre compte de la pluralité des terrains investis par l'écrivain (romans, récits, portraits, chroniques, dessins, BD, émissions de radio), Stéphane Bikialo, a réuni une équipe composée de Maud Lecacheur et Catherine Rannoux (universitaires), de Silvain Gire (cofondateur et responsable éditorial d'ARTE Radio pour laquelle l'écrivain a réalisé plusieurs documentaires), et d'Eric Loret (critique littéraire et essayiste). Chacun s'est lancé librement dans les échanges avec François Beaune : l'enjeu était de le faire réagir à des réflexions, des analyses sur son oeuvre et de dialoguer avec lui sur sa démarche d'écriture entre documentaire et fiction. "Les êtres humains sont étonnants, et il faut leur donner la place de l'être, un espace livre que j'appelle Entresort, qui leur permet d'exprimer la complexité de ce qu'ils ont à dire". L'ensemble des contributions a été recomposé autour de thématiques (l'attention au réel, au sous-réalisme, au louche, aux vies ordinaires, la recherche d'une littérature brute) et d'enjeux centraux de l'écriture de François Beaune : l'art du portrait et le hasard des rencontres, les techniques de montage et de fictionnalisation, et une définition singulière du statut de l'auteur. L'horizontalité de la relation qu'il noue avec ses modèles et qu'il revendique, affirmant le principe d'une co-auctorialité avec ces derniers, conduit à une forme d'effacement de l'auteur qui permettrait au lecteur d'être en prise directe, dans un rapport brut, avec ses personnages. Les échanges avec l'écrivain sont entrecoupés d'extraits de L'Entresort, son journal de bord, qui témoignent de sa méthode de collecte d'histoires. Précisant au fil des entretiens les enjeux politiques de son écriture, François Beaune se situe dans une histoire de la littérature qui s'inscrit aussi bien dans la filiation (critique) de Balzac et de sa Comédie humaine que de Svetlana Alexievitch ou Florence Aubenas et de leurs oeuvres basées sur des entretiens, ou encore de Jean Dubuffet et de sa revendication d'un art brut.
Ce récit choral et intimiste s?inscrit dans une actualité brûlante et met en voix laréalité des personnels qui oeuvrent au sein de l?hôpital : un quotidien caractérisé par lanécessité de pallier une pénurie chronique de moyens matériels et humains.Une situation au bord de l?implosion mise en lumière et exacerbée par la pandémiede covid.Depuis quinze ans, Caroline Girard intervient dans plusieurs hôpitaux parisiens avec LaLiseuse, compagnie de lecture à voix haute qu?elle dirige. À la demande d?une soignante,elle a recueilli la parole de nombreux personnels hospitaliers ébranlés physiquement etpsychiquement par cette crise larvée et cette pandémie sans précédent.Elle s?est associée à l?écrivain Franck Magloire pour qu?ensemble ils donnent à entendre cesvoix dans toute leur diversité et leur complexité. De ce geste à la fois littéraire et politique,est née l?écriture de ce livre.L?hôpital ne se réduit pas au monde des soignant.es ; il incorpore aussi des métiers méconnuset des travailleurs de l?ombre : logisticien, agent de traitement des déchets, agente de lachambre mortuaire...C?est à partir de 35 témoignages, de 70h d?enregistrement audio, et sans jamais trahir la parolerecueillie que les deux auteurs ont composé cette fresque polyphonique, réalisant un travailde réécriture, de montage et d?assemblage pour aboutir à un récit sensible, fluide et littéraire.Récit qui se présente comme une mosaïque de voix, portées par un flux unique évoquant lajustesse du choeur antique.Variant les rythmes et les tonalités, les auteurs sont parvenus à restituer toute une paletted?émotions et de sentiments, le rythme haletant et oppressant des journées de travail qui n?enfinissent pas, l?urgence des gestes à réaliser qui ne laisse plus de place à la réflexion, la craintede ne pouvoir faire face, mais aussi et surtout la passion de soigner. L?évocation de tranchesde vie plus intimes offre au récit des respirations inattendues. En outre, il n?exclut ni l?humour,ni le rocambolesque. Le lecteur découvre des portraits sensibles et vivants de femmes etd?hommes mus par un engagement sans faille.Les gens ont toujours l?impression que l?hôpital tient, mais en fait l?hôpital ne tient pas. Qu?est-ce qui faisait qu?avant on criait déjà ? s?interroge un soignant. L?hôpital public est depuis trop longtemps en sursis, sa mission ne perdure qu?au prix du sacrifice de ses agent.es.Les hospitaliers est un hommage à leur combat quotidien.