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RAISON ET PERCEPTION FONDER L'HARMONIE AU XVIIIE SIECLE
CHARRAK
VRIN
33,00 €
Épuisé
EAN :9782711614981
Tout au long de l'âge classique, la question du statut scientifique de la musique occupe les meilleurs esprits, de Beeckman et Descartes à Euler et d'Alembert. Les grands enjeux de cette confrontation entre musique et mathématisation des phénomènes s'illustrent particulièrement dans la tentative de Jean-Philippe Rameau pour fonder en nature le système de l'harmonie et le sentiment qui nous la manifeste. Cette entreprise associe en effet une conception nouvelle et originale des principes de l'écriture musicale (ce que l'on désignera plus tard comme tonalité harmonique), des spéculations arithmétiques plus traditionnelles et les résultats expérimentaux d'une physique de la vibration dont les concepts (ainsi l'élasticité) se dégagent depuis la fin du XVIIe siècle. A cet égard, la théorie ramiste fournit aux encyclopédistes le motif d'une réflexion épistémologique sur les conditions d'une application légitime des sciences les unes aux autres. Mais l'ambition de découvrir l'origine naturelle de l'harmonie mobilise également des hypothèses sur la perception musicale, qui articule des caractères physiologiques et une activité configuratrice dont l'élucidation (s'agit-il d'un jugement, ou d'un sentiment simple ?) suscite l'opposition exemplaire de Rousseau à Diderot. Le problème des fondements de l'harmonie éclaire donc d'un jour nouveau l'empirisme des Lumières, comme théorie de la connaissance et comme philosophie de la perception.
La reprise du lexique des philosophes (de l'amour de soi à la sensibilité) et des jurisconsultes (du citoyen à la propriété), de même que la définition de nouvelles expériences (ainsi la rêverie), sont subordonnées, dans Rousseau, à l'élaboration d'une anthropologie, qui doit rendre compte de l'essence de l'homme comme de sa condition présente. La signification précise des concepts mis en jeu en politique, en morale et même en métaphysique est donc solidaire de leur application aux rapports dans lesquels s'inscrivent l'enfant, l'homme fait ou les peuples tout entiers. Il en résulte un double objectif pour ce Vocabulaire : suivre Rousseau dans son souci de rigueur notionnelle et montrer les raisons des paradoxes que peuvent susciter les relations où l'homme est engagé.
Si philosopher est découvrir le sens premier de l'être, on ne philosophe pas en quittant la situation humaine: il faut, au contraire, s'y enfoncer. Le savoir absolu du philosophe est la perception." Le présent ouvrage se propose de parcourir la pensée de Merleau-Ponty à travers le thème de l'acte perceptif, c'est-à-dire du rapport que le corps entretient avec le monde et qui fait surgir un sens -ce que Merleau-Ponty nomme le phénomène de l'expression. De la phénoménologie de la perception à L'oeil et l'esprit, cette oeuvre singulière explore la question de l'origine du sens, en partant non d'une position de surplomb, mais de notre condition incarnée: la motricité, la perception, la passivité, la parole, le geste artistique. Sur le fond de cette réflexion curieuse de tout, et au-delà de son attachement à la phénoménologie husserlienne se détache la figure d'un philosophe qui s'inscrit dans une tradition française et dialogue avec Descartes, Malebranche, Maine de Biran, ou Bergson. Retracer cette filiation, c'est donc restituer la genèse d'une infidélité, l'histoire de la philosophie étant pour Merleau-Ponty celle du "sous-entendu".
Le scepticisme de Hume ne dit pas toute la vérité de l'empirisme des Lumières, qui ne renonce pas inévitablement à une conception forte de la nécessité dans le monde. Au milieu du XVIIIe siècle, les philosophes se réclamant de Locke et de Newton interrogent le statut modal des lois de la nature et se demandent si elles pourraient s'avérer aussi nécessaires que les vérités mathématiques. Ils critiquent les thèses de Leibniz sur la nécessité ex hypothesi des lois et se prononcent sur leur révision wolffienne: d'une manière très cohérente, c'est finalement le concept central de monde possible qui se trouve congédié. Cette histoire, essentielle pour approfondir notre compréhension du problème de la connaissance à cette époque, se joue autour de Maupertuis, qui a la Théodicée sous les yeux lorsqu'il écrit son Essai de cosmologie; de l'Académie de Berlin, dont le présent ouvrage étudie certaines archives inédites; de d'Alembert et de Kant, enfin, qui en thématisent les enjeux fondamentaux. Tous ces débats éclairent ce qu'il convient de désigner comme la philosophie seconde des Lumières. Car l'idée de nature, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, et du fait même de la recherche d'une nécessité supérieure dans les phénomènes, impose toujours de situer la philosophie naturelle par rapport à la métaphysique et, parfois, de poursuivre l'une par l'autre. En témoignent les longues discussions qui portent sur la théologie physique, c'est-à-dire sur le rapport de l'intelligence souveraine à l'ordre du monde, aux lois qui le régissent et à ses manifestations empiriques. Biographie de l'auteur André Charrak est actuellement maître de conférences à l'Université de Paris I Panthéon Sorbonne et membre de l'UMR 5037 du CNRS.
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.