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Les ménétriers français sous l'Ancien régime
Charles-Dominique Luc
KLINCKSIECK
27,90 €
Épuisé
EAN :9782252029794
La pratique musicale des mntriers, depuis son apparition au XIVe sicle, constitue un trait marquant de l'histoire de la musique instrumentale franaise. Durant au moins quatre sicles, elle va se trouver au cur de tous les rituels sociaux, urbains comme ruraux. Elle va mme s'organiser l'chelon du royaume et se placer sous l'autorit d'un personnage hors du commun, le Roi des mntriers. La musique mntrire quantitativement majoritaire est certainement la musique la plus publique, la plus frquemment joue. Pourtant, elle demeure l'une des faces la mieux cache de la vie musicale franaise. Serait-ce cause de son oralit, de son anonymat, du genre mineur que sont censes reprsenter la musique de danse et la musique crmonielle ? Au moyen d'une investigation minutieuse, l'auteur restitue ici la premire synthse de cette histoire mconnue, sans ngliger aucun de ses aspects : juridique, conomique, social, artistique. Une histoire mouvemente, qui n'est ni linaire, ni constante. Btie, en effet, sur les ruines de la jonglerie, elle construit ses propres bases au XIVe sicle, se dveloppe pour atteindre son apoge au milieu du XVIIe sicle et sa ruralisation au sicle suivant. Au-del de la reconstitution, l'auteur se penche sur les origines de cette rgression. Symbolique instrumentale, symbolique de la danse, oralit face l'acadmisme des XVIIe et XVIIIe sicles, marque d'une identit consulaire et donc communale combattue par une centralisation accrue dans la seconde moiti du XVIIIe sicle, incompatibilit avec l'esthtique et la philosophie rvolutionnaires de 1789 : cet ouvrage se propose de dmontrer en quoi l'limination de la musique mntrire de l'espace urbain franais, loin d'tre une fatalit historique, est rvlatrice de notre histoire culturelle et politique.
Charles-Dominique Luc ; Defrance Yves ; Pistone Da
Au XIXe siècle, de nombreux artistes - poètes, écrivains, peintres, graveurs, dessinateurs, compositeurs - décident de tourner le dos aux conservatoires et aux académies, pour découvrir, sidérés et captivés, cet " Autre de l'art ", populaire et exotique. La découverte de cette altérité culturelle, si elle est préexistante au XIXe siècle, a vraiment marqué de son empreinte l'ère romantique, dans le contexte d'une Europe découvrant l'anthropologie, la sociologie, l'histoire, créant les premiers grands musées internationaux d'ethnologie, forgeant de nouvelles identités politiques et culturelles à ses jeunes nations, se jetant dans l'aventure coloniale... Cette altérité exotique des "lointains" s'est doublée, tout au long du XIXe siècle, d'une quête de l'altérité culturelle de "l'intérieur", notamment celle de la paysannerie française et européenne, à travers les grandes collectes de "Poésies populaires", au premier rang desquelles figurait le chant populaire de tradition orale. Cet ouvrage, Actes du colloque de la Côte-Saint-André (Isère) organisé en partenariat avec le Festival Berlioz d'août 2011, se propose de réunir dix-neuf chercheurs de divers horizons (musicologie, ethnomusicologie, ethnologie de la danse) et de diverses provenances (France, Italie, Grèce, Espagne, Allemagne, Belgique). Il a pour but d'étudier les formes de cette découverte de l'altérité musicale, la circulation sociale et culturelle des matériaux musicaux qu'elle engendra, la naissance de nouveaux imaginaires, parfois fantastiques, auxquels elle donna lieu. Sont également pris en compte les espaces de découverte de cette altérité musicale (expositions universelles et coloniales des empires) et les cadres scientifiques et institutionnels en charge de l'étude de ces nouvelles cultures musicales (musées ethnologiques et instrumentaux ou bien nouveaux postulats théoriques comme la "musicologie comparée"). Si un certain nombre d'études ont été consacrées à l'exotisme musical, notamment à travers l'orientalisme, il manquait jusqu'à présent une large confrontation interdisciplinaire pour évoquer l'attrait irrésistible qu'éprouvèrent certains artistes occidentaux pour les musiques "autres", ainsi que la façon dont les compositeurs voyageurs et observateurs mélomanes se les représentèrent et consignèrent leurs observations dans des écrits aujourd'hui fameux. Une irrépressible attirance pour toutes ces "étrangetés" musicales en forme de fascination...
A partir du XIIIe siècle, s'élabore une nouvelle esthétique musicale fondée sur le clivage, prégnant au Moyen Age, du haut et du bas. Cette dichotomie concerne d'abord le corps et la voix avant de passer dans le domaine instrumental. Ces deux catégories qui s'opposent du point de vue religieux- le bas prônant les valeurs chrétiennes de l'humilité et le haut celles de l'orgueil et de l'excès - s'inscrivent dans le partage chrétien du sacré et du profane tout en dessinant les contours d'une part d'une musique religieuse et savante et d'autre part d'une musique populaire volontiers perçue comme diabolique et sorcière. S'appuyant sur des sources variées, depuis les récits de vie ou de voyage jusqu'aux écrits spéculatifs et religieux sur la musique, en passant par les sources d'archives, l'iconographie et la littérature orale, c'est une anthropologie historique de la musique savante et populaire que propose cet ouvrage novateur. Ce regard polymorphe renouvelle les approches des fonctions symboliques du sonore et permet, entre autres, de comprendre différemment la musique baroque. Biographie de l'auteur Luc Charles-Dominique est maître de conférences en ethnomusicologie à l'Université de Nice-Sophia-Antipolis. Directeur de collections bibliographiques et discographiques d'ethnomusicologie, il est l'auteur de plusieurs ouvrages d'ethnomusicologie (La vocalité dans les pays d'Europe méridionale et dans le bassin méditerranéen et Les hautbois populaires. Anches doubles, Enjeux multiples, Parthenay, Modal, 2002) et d'anthropologie musicale historique; (Les ménétriers français sous l'Ancien Régime, Paris, Klincksieck, 1994).
Pierre Charles-Dominique, directeur de recherche émérite au CNRS, est spécialistes des forêts tropicales de Guyane et de l'interaction entre la faune et la flore. Il participe également à des programmes pluridisciplinaires sur l'histoire récente des écosystèmes forestiers tropicaux. Il a créé la station de recherche des Nouragues en 1986, et a dirigé le laboratoire d'Ecologie tropicale de Brunoy.
L'ethnomusicologie s'est en grande partie élaborée en Europe, notamment dans sa phase "préhistorique" romantique. Etait alors prise en compte l'étude des "traditions nationales" portées par l'"ancienne civilisation paysanne". En France, au XXe siècle, des ethnomusicologues ont décidé de poursuivre l'étude des sociétés rurales de la France métropolitaine, assurant d'une certaine manière la transition avec le folk-revival, apparu il y a environ quarante ans, et qui a en grande partie contribué à faire des musiques et danses traditionnelles des régions de France un champ patrimonial, à partir d'une formidable action de recueil et de valorisation de la mémoire. Aujourd'hui, alors que nous sommes dans la seconde génération de ce revival ou peut-être déjà dans une ère post-revivaliste, le constat est celui d'un glissement des objets d'étude et des terrains de recherche en direction d'expressions musicales et chorégraphiques multiculturelles, communautaires ou non, dont les cadres sont plus largement urbains ou suburbains. La "France" s'est élargie à un large espace francophone totalement multiculturel, incluant les territoires d'outre-mer et les anciennes colonies. Le concept de "musiques et danses traditionnelles", en l'espace de deux décennies tout au plus, a connu une évolution fulgurante. Ce colloque, totalement pionnier, tente à la fois de réfléchir à l'histoire particulière de l'ethnomusicologie de la France, à son héritage scientifique et intellectuel, mais aussi à l'évolution moderne des problématiques et des méthodes de recherche liée à celle des terrains d'enquêtes. Pour ce faire, vingt-cinq chercheurs (ethnomusicologues, ethnologues, sociologues, historiens, actuels et ex-responsables institutionnels) jettent ici les bases d'une redéfinition pluridisciplinaire des objectifs, des enjeux et des méthodes de cette ethnomusicologie de la France.
Des débuts de la littérature américaine jusqu'au XXe siècle, les écrivains et les intellectuels américains éprouvèrent le besoin de visiter l'Europe pour évaluer la civilisation dont ils étaient séparés et se situer par rapport à elle. Ils croyaient à l'infériorité intellectuelle de l'Amérique et pensaient que leur éducation ne serait complète que lorsqu'ils auraient pris contact avec une civilisation plus ancienne. La tendance à l'expatriation de l'intelligentsia américaine trouve donc son origine dans les liens traditionnels et culturels qui rattachaient le Nouveau Monde au Vieux Monde.