Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Les frères Montaurian
Champion Jeanne
GRASSET
27,95 €
Épuisé
EAN :9782246008323
Tandis que Jean-Agnès, le dernier des Montaurian, enquête pour savoir comme sa grand-mère Clémence est morte, folle dit-on, à l'asile de la Roche-Amère, alors qu'il n'était encore qu'un tout jeune enfant, c'est toute sa famille qui peu à peu surgit de ce livre. Les Montaurian ne sont pas des gens de tout repos et chaque génération apporte son lot de personnages marqués par la malédiction et l'histoire, d'Honorine épouse d'Eléazar, les ancêtres et parents de trois fils, dont deux mourront, à la guerre de 14, des "Frères Montaurian", leurs petits-fils, Martial le dandy et Thomas le rebelle qui sera le père de Jean-Agnès, à la terrible tante Olga, soeur de Clémence, enfin du grand-père Alphonse, âme de famille, étrange et attachant personnage brisé par la guerre et la mort de ses frères ; avec autour d'eux les villageois, tel un choeur de tragédie, présent aux grandes occasions, à l'église comme au cimetière, témoins silencieux ou moqueurs de la fatalité. Dispersé dans le temps, un siècle, en quelques scènes d'une force exceptionnelle, morceaux de bravoure ou portraits incisifs, attendris, féroces parfois, la saga des Montaurian prend forme et s'impose magistralement. Avec une puissance d'évocation dont les images et le style font songer à Courbet souvent aussi bien qu'à Bernanos, l'auteur des "Gisants" réussit à peindre ici un milieu paysan où le réel - pour ne pas dire le vécu - semble transposé par l'imagination d'une visionnaire.
Une ville de province sans nom. À l'intérieur d'une grande maison règne un maître, père de deux fils, dont l'aîné, sujet brillant, va séduire tour à tour trois lemmes avant de se noyer dans le regard de l'une d'elles. Cette passion dramatique va provoquer un suicide, socle de ce roman d'amour à quatre voix. Avec ce nouveau roman rédigé dans un style lapidaire, Jeanne Champion nous donne un texte dont les lecteurs comme les protagonistes ne sortent pas indemnes.
Je crois bien avoir souvent entendu prononcer le mot exil, mais sans lui prêter réelle attention. Certes, la sonorité de ces quatre lettres ajustées à la perfection me plaisait, mais de loin. Il me semblait qu'au-delà de son écho évocatoire, ce mot cachait un danger. Et puis, il y avait en moi cette idée largement exploitée dans le monde des lettres où l'écrivain ne se situe bien qu'au croisement des grandes solitudes : l'exil est inscrit en chacun de nous. Sujet banal, donc, et rabâché. Je répugnais à aller au-delà lorsqu'un jour... ". Bouleversée par ce premier contact direct avec l'exil, Jeanne Champion a enquêté. Et ils sont là, devant nous, vingt hommes et femmes venus tant bien que mal d'Afrique ou d'Asie, d'Amérique Latine ou d'Europe de l'Est, trouver refuge (provisoire ? ) en France. Ils sont là, qui nous racontent. L'Iranien qui pendant un mois a été rejeté d'aéroport en aéroport, l'Afghan qui est venu à Paris à pied. Vingt romans vrais de notre monde d'aujourd'hui que l'on se plaît à croire en paix : des barbaries et des tortures d'un autre âge, des fuites rocambolesques, des solidarités aussi, des éclats de rire, des renaissances. Sans renier un instant sa nature de romancière et de biographe, Jeanne Champion nous livre ici le plus fascinant des reportages. Qui, mieux qu'un écrivain, sait tendre l'oreille et parler la voix des autres ? Jeanne Champion, écrivain et peintre, a publié une douzaine d'ouvrages (Les Gisants, L'Amour capital, Les Frères Montaurian, Le Bunker...), et notamment aux Presses de la Renaissance deux biographies romanesques, Suzanne Valadon (Bourse Goncourt de la Biographie 1984), et La Hurlevent.
C'est un jour de septembre 1956, dans un immeuble situé aux environs de la place Maubert, que Mme Limoges, la concierge, assistée de sa fille Etiennette, a découvert le corps de Martial Montaurian, inspecteur de la Mondaine, inexplicablement décédé dans sa petite chambre du sixième étage. Autour de cette mort mystérieuse, le roman de Jeanne Champion va s'organiser comme un captivant écheveau de monologues, de confidences, de souvenirs, qui permettra de reconstituer peu à peu l'univers de Martial. De ces pages fortes, foisonnantes, portées par un souffle et une imagination d'une exceptionnelle densité surgissent Thomas Montaurian, le frère du mort, connu dans la police comme "le Bogart de la Criminelle", l'imposante Armande et Roger Le Quellec, son époux, l'énigmatique Klaus Handke, et le boxeur Ange Arménie, dont le combat en six rounds contre le Noir Joe King Black inscrit tout au long du livre le contrepoint de son angoissant suspense. Mêlant avec une diabolique sûreté le présent au passé, l'inconscient et le familier, l'humour et la tragédie, Jeanne Champion réussit à créer une atmosphère d'une intensité visionnaire, magistralement soutenue par les grands thèmes de l'amour et de l'abandon. La romancière franchit à l'évidence un pas de plus dans l'approfondissement de son talent, où la fougue de comprendre se communique à l'écriture, en un superbe frémissement qui est à la fois son style, sa musique et sa voix.
En 2016, Alain Mabanckou a occupé la Chaire de création artistique du Collège de France. C?était la première fois qu?un écrivain africain était amené à y enseigner la littérature et la culture si souvent dédaignées du « continent noir ».Alain Mabanckou est l?héritier de l?histoire littéraire et intellectuelle de l?Afrique, qu?il retrace dans ces Huit leçons sur l?Afrique données au Collège de France. Croisant la stylistique et la vision politique, envisageant la littérature mais aussi le cinéma et la peinture, les Leçons d?Alain Mabanckou sont une nouvelle façon de visiter la francophonie, matière moins conventionnelle que son nom ne pourrait l?évoquer. La France n?est pas le seul centre de gravité de ce monde-langue. De « Y?a bon » à Aimé Césaire, la lutte a été longue pour passer « des ténèbres à la lumière », et c?est une vision apaisée des rapports de la culture africaine au monde que ces Huit leçons proposent.Loin d?être en concurrence avec la culture française, la culture noire, d?Afrique, de Haïti ou d?Amérique, l?enrichit. « La négritude n?est pas essentiellement une affaire de Noirs entre les Noirs, mais une façon de reconsidérer notre humanisme. »Le livre est enrichi d?un avant-propos inédit et de deux interventions d?Alain Mabanckou sur l?Afrique, dont sa fameuse lettre ouverte au président de la République sur la francophonie.Notes Biographiques : Finaliste du Man Booker International Prize, prix Renaudot 2006 pour Mémoires de porc-épic (Le Seuil), Alain Mabanckou est l'auteur de plusieurs romans à succès traduits dans le monde entier, dont Verre Cassé (Le Seuil, 2005), et d?essais comme Le monde est mon langage (Grasset, 2016). Depuis une quinzaine d?années il réside à Los Angeles où il est professeur titulaire de littérature d'expression française à l'Université de Californie -Los Angeles (UCLA).
Résumé : Certains auteurs attendent la fin de leurs jours pour revenir sur leurs premiers pas dans l'existence et en littérature. Oscar Coop-Phane n'aura attendu que ses trente ans pour raconter ce qu'est la vie d'un écrivain aujourd'hui. Ce que cet étrange travail représente pour lui de joies comme de sacrifices. Son récit n'est pas linéaire ou chronologique mais éclaté ; Oscar s'y livre par fragments (définition : morceaux cassés d'une chose), dans de courts chapitres aux titres éloquents (P. I : L'encre, La feuille, L'auteur, La fuite, Le titre... P. II : Parler, S'asseoir, Parader, Boire. .). Il mêle ainsi des souvenirs d'âges différents - de son enfance, son adolescence, sa vie d'homme. Le propos peut d'abord sembler trivial ; les bêtises en classe, les copains, sa découverte des filles, de la littérature ; les petits boulots, pion, barman ou dealer, pour vivre et écrire ; les premiers manuscrits, les refus ; puis le succès, soudain, ses livres en librairie ; et les galères encore, le métier d'écrivain, les interviews, les salons, la peur de la précarité. Mais son récit fourmille de détails qui sont autant de clés : une montre Swatch offerte par sa mère qu'elle prétend être un cadeau de son père, alors qu'il vient de quitter leur foyer ; le geste d'un patron de restaurant près de son lycée qui, chaque fois qu'Oscar s'y rend pour déjeuner, lui rend discrètement le billet avec lequel il vient de payer ; le visage d'une jeune fille, un soir, qui comme lui, semble cacher une cicatrice ; le mépris d'un éditeur ou le regard surpris d'un lecteur qui le voit servir derrière un bar alors que son visage est dans le journal. Car les détails révèlent les événements ; une enfance heurtée par les disputes puis le divorce de ses parents ; une vie de débrouilles pour se loger, manger, dès 16 ans ; le souvenir du corps d'un autre en soi, gamin ; la crainte de ne jamais être publié puis de ne pas pouvoir en vivre. Et aussi, la beauté, tant de joies : la liberté, à Paris, Berlin ou Rome ; les vrais amis et la compagnie des auteurs, Bove, Calaferte ou Dabit ; son premier prix, la fierté ; les rencontres de certains lecteurs ; une femme, l'amour, puis une enfant, sa fille. Et l'écriture toujours. C'est une existence courte, mais intense. Une leçon de courage et de style tant l'écriture ciselée d'Oscar Coop-Phane émerveille. D'une grâce et d'une justesse bouleversantes, ce livre aurait pu s'appeler Morceaux cassés d'une vie autant que Lettre à un jeune écrivain. Ou, s'il avait été écrit par un autre, Et tu seras auteur, mon fils.
Résumé : " Une petite fille nous aborde : Qu'est-ce que vous cherchez ? Elle a un regard joueur et curieux, je lui explique. Ici, il y a des années, sous le régime khmer rouge, c'était un hôpital, et j'ai enterré de très nombreux corps dans des fosses. Puis l'eau a englouti ce lieu, et on a bâti des maisons. Elle joue avec un petit bout de bois, un peu gênée : Je sais. On dort sur les morts. La nuit, parfois, on les entend parler. J'insiste un peu : Mais tu as peur ? Elle sourit : Non, on n'a pas peur, on les connaît. " C'est à un voyage hors du commun que nous convient Rithy Panh et Christophe Bataille, huit ans après leur livre L'élimination - un voyage vers l'enfance et vers les rizières où furent tués, par l'idéologie, la faim et la violence, 1, 8 millions de Cambodgiens. Le grand cinéaste cherche les lieux où furent enterrés les siens : le tombeau de son père, dans la glaise ; la fosse où furent englouties sa mère et ses soeurs. Mais aussi le grand banyan où il s'abrita, désespéré, à treize ans, avec ses boeufs - sur cette colline, les khmers rouges n'osaient pas s'aventurer. Rithy Panh et Christophe Bataille roulent à travers le pays, s'arrêtent, parlent avec les bonzes, questionnent les villageoises âgées, grattent la terre et trouvent des ossement, des tissus ensanglantés. L'oubli guette, et la négation. Et Rithy Panh poursuit son chemin, cherchant la paix avec les morts et tissant un rapport unique avec les vivants, qu'il côtoie, victimes, bourreaux, complices, anciens cadres khmers rouges : le travail de connaissance ne cesse pas, à hauteur d'hommes. D'une conversation écrite avec Noam Chomsky à des échanges avec le père Ponchaud, d'un entretien avec Robert Badinter aux lettres enfantines rangées dans une sacoche de cuir, d'une méditation sur l'idéologie aux visites aux femmes-devins, les auteurs nous offrent un grand livre.
Résumé : Après " La pensée post-nazie " et " L'autre pensée 68 " , tous deux publiés au printemps 2018, voici le dernier volume de l'extraordinaire chantier de Michel Onfray : écrire une " contre-histoire " de la philosophie, cheminant le long de la philosophie officielle, majoritaire, face à elle, et envisager une contre-philosophie embrassant tous les domaines, métaphysiques, esthétiques, politiques, phénoménologiques, poétiques, sociaux. Et proposant des oeuvres, des lectures, des philosophes inconnus. Voici donc " La résistance au nihilisme " . " Les promesses de Mai n'ont pas été tenues. La révolution politique n'a pas eu lieu, quelle qu'aient pu être ses formes. En revanche la révolution métaphysique a eu lieu, elle a été libertaire. Le meilleur fut la fin d'un monde tout entier construit sur la hiérarchie qui, étymologiquement, suppose le pouvoir du sacré. Le patriarcat associé au monothéisme chrétien avait fait son temp. Pour autant, la fin des valeurs judéo-chrétiennes n'a pas été suivi par l'avènement de nouvelles valeurs postchrétiennes. Dès lors, l'abolition de la domination du supérieur par l'inférieur a accompagné une transvaluation des valeurs de sorte que l'inférieur s'est mis à dominer le supérieur. Jadis, le patron faisait la loi sur les ouvriers, les enseignants sur leurs élèves, les parents sur leurs enfants. Après Mai ce fut l'inverse. Révolte des esclaves aurait dit Nietzsche : le nihilisme comme symptôme de ce que les déshérités n'ont plus aucune consolation " . Après une longue introduction sur la construction du nihilisme (le " gauchisme culturel " , l'antifascisme et l'antiracisme revisités, le structuralisme, Deleuze, les nouveaux philosophes, Foucault, les libéraux libertaires, la " gauche libertaire " de Bourdieu...), Michel Onfray s'arrête longuement sur trois figures : Vladimir Jankélévitch ; Mikel Dufrenne et " l'affirmation joyeuse " ; enfin Robert Misrahi et " les actes de la joie " . Avant de conclure sur la vie philosophique...