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La Passion selon Martial Montaurian
Champion Jeanne
GRASSET
25,15 €
Épuisé
EAN :9782246255116
C'est un jour de septembre 1956, dans un immeuble situé aux environs de la place Maubert, que Mme Limoges, la concierge, assistée de sa fille Etiennette, a découvert le corps de Martial Montaurian, inspecteur de la Mondaine, inexplicablement décédé dans sa petite chambre du sixième étage. Autour de cette mort mystérieuse, le roman de Jeanne Champion va s'organiser comme un captivant écheveau de monologues, de confidences, de souvenirs, qui permettra de reconstituer peu à peu l'univers de Martial. De ces pages fortes, foisonnantes, portées par un souffle et une imagination d'une exceptionnelle densité surgissent Thomas Montaurian, le frère du mort, connu dans la police comme "le Bogart de la Criminelle", l'imposante Armande et Roger Le Quellec, son époux, l'énigmatique Klaus Handke, et le boxeur Ange Arménie, dont le combat en six rounds contre le Noir Joe King Black inscrit tout au long du livre le contrepoint de son angoissant suspense. Mêlant avec une diabolique sûreté le présent au passé, l'inconscient et le familier, l'humour et la tragédie, Jeanne Champion réussit à créer une atmosphère d'une intensité visionnaire, magistralement soutenue par les grands thèmes de l'amour et de l'abandon. La romancière franchit à l'évidence un pas de plus dans l'approfondissement de son talent, où la fougue de comprendre se communique à l'écriture, en un superbe frémissement qui est à la fois son style, sa musique et sa voix.
Une ville de province sans nom. À l'intérieur d'une grande maison règne un maître, père de deux fils, dont l'aîné, sujet brillant, va séduire tour à tour trois lemmes avant de se noyer dans le regard de l'une d'elles. Cette passion dramatique va provoquer un suicide, socle de ce roman d'amour à quatre voix. Avec ce nouveau roman rédigé dans un style lapidaire, Jeanne Champion nous donne un texte dont les lecteurs comme les protagonistes ne sortent pas indemnes.
Au lendemain de la défaite d'Azincourt, Charles d'Orléans, prisonnier des Anglais, est enfermé dans la Tour de Londres. Il ignore qu'il va y séjourner pendant vingt-cinq ans. Et le lancinant compte à rebours vers une libération in extremis qu'il devra à son demi-frère, le très loyal Bâtard d'Orléans, s'égrène au fil d'une épreuve morale sans nom. Hanté par la vision omniprésente de ses soldats qui agonisent dans la boue d'Azincourt, le prince lutte contre la folie en écrivant, jour et nuit, ces rondeaux, ballades et... Lire la suite chansons, d'une douceur ineffable, qui entreront dans la postérité. Mais sans parvenir, hélas, à le délivrer des pires moments de violence politique qu'il se remémore, alors que la guerre entre Armagnacs et Bourguignons a fait de Louis d'Orléans, son père bien-aimé, la victime expiatoire. Avec son intensité coutumière, Jeanne Champion nous conduit au coeur d'une méditation extrême sur la puissance et le remords.
Résumé : " Le paysage masculin a une portée émotionnelle à laquelle je n'ai pas su résister, d'où ce livre. Au cours de la rédaction de ces textes, j'ai dû admettre que décrire un homme est infiniment plus difficile que décrire une femme, ce qui déjà n'est pas une mince affaire. Lorsqu'on s'approche de l'homme, il fuit, cache ses sentiments derrière une sexualité qui souvent le défigure, se déguise en ce qu'il n'est pas, aggrave son caractère : "Laissez-moi tranquille !" " Mais j'en reviens à la confession que l'âge m'autorise à faire publiquement : j'aime les hommes et, qui plus est, sans les convoiter, ni les envier, ni regretter de n'en être pas un. J'aime les hommes d'un amour complice et fraternel que rien ne ternira jamais, ni leurs défauts, ni leurs faiblesses, ni leur aveuglement, encore moins leurs refus. J'aime les hommes, ce qui ne m'empêche pas de les critiquer et de me moquer de leur lâcheté, car il est indéniable qu'ils ont leur part de responsabilité dans cette dérive des continents. Comme on va pouvoir le constater dans les pages qui suivent, du sarcasme, du scepticisme, je suis devenue l'amie, de la taquinerie aussi. Mes accès de violence ne sont que l'écorce derrière laquelle se cache l'affection douloureuse que je porte au monde. " J. C.
Tandis que Jean-Agnès, le dernier des Montaurian, enquête pour savoir comme sa grand-mère Clémence est morte, folle dit-on, à l'asile de la Roche-Amère, alors qu'il n'était encore qu'un tout jeune enfant, c'est toute sa famille qui peu à peu surgit de ce livre. Les Montaurian ne sont pas des gens de tout repos et chaque génération apporte son lot de personnages marqués par la malédiction et l'histoire, d'Honorine épouse d'Eléazar, les ancêtres et parents de trois fils, dont deux mourront, à la guerre de 14, des "Frères Montaurian", leurs petits-fils, Martial le dandy et Thomas le rebelle qui sera le père de Jean-Agnès, à la terrible tante Olga, soeur de Clémence, enfin du grand-père Alphonse, âme de famille, étrange et attachant personnage brisé par la guerre et la mort de ses frères ; avec autour d'eux les villageois, tel un choeur de tragédie, présent aux grandes occasions, à l'église comme au cimetière, témoins silencieux ou moqueurs de la fatalité. Dispersé dans le temps, un siècle, en quelques scènes d'une force exceptionnelle, morceaux de bravoure ou portraits incisifs, attendris, féroces parfois, la saga des Montaurian prend forme et s'impose magistralement. Avec une puissance d'évocation dont les images et le style font songer à Courbet souvent aussi bien qu'à Bernanos, l'auteur des "Gisants" réussit à peindre ici un milieu paysan où le réel - pour ne pas dire le vécu - semble transposé par l'imagination d'une visionnaire.
En 2016, Alain Mabanckou a occupé la Chaire de création artistique du Collège de France. C?était la première fois qu?un écrivain africain était amené à y enseigner la littérature et la culture si souvent dédaignées du « continent noir ».Alain Mabanckou est l?héritier de l?histoire littéraire et intellectuelle de l?Afrique, qu?il retrace dans ces Huit leçons sur l?Afrique données au Collège de France. Croisant la stylistique et la vision politique, envisageant la littérature mais aussi le cinéma et la peinture, les Leçons d?Alain Mabanckou sont une nouvelle façon de visiter la francophonie, matière moins conventionnelle que son nom ne pourrait l?évoquer. La France n?est pas le seul centre de gravité de ce monde-langue. De « Y?a bon » à Aimé Césaire, la lutte a été longue pour passer « des ténèbres à la lumière », et c?est une vision apaisée des rapports de la culture africaine au monde que ces Huit leçons proposent.Loin d?être en concurrence avec la culture française, la culture noire, d?Afrique, de Haïti ou d?Amérique, l?enrichit. « La négritude n?est pas essentiellement une affaire de Noirs entre les Noirs, mais une façon de reconsidérer notre humanisme. »Le livre est enrichi d?un avant-propos inédit et de deux interventions d?Alain Mabanckou sur l?Afrique, dont sa fameuse lettre ouverte au président de la République sur la francophonie.Notes Biographiques : Finaliste du Man Booker International Prize, prix Renaudot 2006 pour Mémoires de porc-épic (Le Seuil), Alain Mabanckou est l'auteur de plusieurs romans à succès traduits dans le monde entier, dont Verre Cassé (Le Seuil, 2005), et d?essais comme Le monde est mon langage (Grasset, 2016). Depuis une quinzaine d?années il réside à Los Angeles où il est professeur titulaire de littérature d'expression française à l'Université de Californie -Los Angeles (UCLA).
L'éducation d'Alphonse se fait de 1946 à 1947 entre une librairie d'ouvrages anciens, le Carillon des Siècles, et la prison de Fresnes : bien difficile de rester honnête lorsqu'on est jeune, qu'on a un très maigre bagage culturel et un sacré appétit sexuel en ces années d'après-guerre où le moindre paquet de cigarettes se paie son pesant d'or. Au Carillon débarque, un jour, le Professeur, curieux pédagogue porté sur la dive bouteille et les spéculations les plus hasardeuses de l'esprit. Alphonse, ébloui, va lui filer le train en ses pérégrinations bistrotières, dans les rues d'un Paris qui s'éveille après la nuit de l'Occupation. On va y rencontrer, bien sûr, toutes sortes de rêveurs, de poètes, de mythomanes, de loquedus, d'escrocs, et même Louis Aragon. Un roman dans la suite du {Café du pauvre} et du {Banquet des Léopards}. Drôle, toujours émouvant, croustillant... écrit au fil des métaphores les plus inattendues.
Résumé : "J'ai longtemps cru qu'il suffisait d'être deux pour faire un enfant. Eve, Adam ; un instant d'éternité. La vie s'est chargée de me détromper : à 27 ans, comme de plus en plus de femmes, j'ai dû demander l'aide de la médecine pour tenter d'être mère. A l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, j'ai rencontré une gynécologue obstétricienne, Sylvie Epelboin. Elle a suivi ce long chemin avec moi. Un chemin qui a duré des années, qui a eu la peau de mon mariage, mais qui a créé un lien unique entre le docteur Epelboin et moi, entre la soignante et la patiente". "Et moi, Elise, je me souviens de ce premier jour, de votre entrée avec Simon, dans mon cabinet. Vos regards, votre jeunesse, cette envie, et devant vous, la médecine, le temps... ". Vingt-cinq ans plus tard, Elise propose à Sylvie de croiser leurs regards sur cette aventure, de mêler l'intime à la médecine. D'un côté, Elise, jeune adulte, jeune mariée, confrontée à une épreuve à laquelle elle n'était pas du tout préparée, hantée par les réminiscences d'épisodes très douloureux de son histoire. De l'autre côté, Sylvie, passionnée, engagée, féministe et mère, à l'origine d'un des premiers centres de fécondation in vitro en France, aussi attentive aux progrès de la Science qu'aux questions éthiques qui les traversent. "Nous avons écrit toutes les deux, soucieuses de raconter au plus juste cette histoire d'intimité médicalement assistée. Peuvent s'y reconnaître les femmes à qui l'enfant se refuse, celles qui ont enfin mené à terme ces grossesses rêvées, et, bien sûr, les médecins, chercheurs, biologistes, qui, d'une manière ou d'une autre, ont leur place dans cette épopée inouïe qu'est l'Assistance Médicale à la Procréation".
Résumé : Après " La pensée post-nazie " et " L'autre pensée 68 " , tous deux publiés au printemps 2018, voici le dernier volume de l'extraordinaire chantier de Michel Onfray : écrire une " contre-histoire " de la philosophie, cheminant le long de la philosophie officielle, majoritaire, face à elle, et envisager une contre-philosophie embrassant tous les domaines, métaphysiques, esthétiques, politiques, phénoménologiques, poétiques, sociaux. Et proposant des oeuvres, des lectures, des philosophes inconnus. Voici donc " La résistance au nihilisme " . " Les promesses de Mai n'ont pas été tenues. La révolution politique n'a pas eu lieu, quelle qu'aient pu être ses formes. En revanche la révolution métaphysique a eu lieu, elle a été libertaire. Le meilleur fut la fin d'un monde tout entier construit sur la hiérarchie qui, étymologiquement, suppose le pouvoir du sacré. Le patriarcat associé au monothéisme chrétien avait fait son temp. Pour autant, la fin des valeurs judéo-chrétiennes n'a pas été suivi par l'avènement de nouvelles valeurs postchrétiennes. Dès lors, l'abolition de la domination du supérieur par l'inférieur a accompagné une transvaluation des valeurs de sorte que l'inférieur s'est mis à dominer le supérieur. Jadis, le patron faisait la loi sur les ouvriers, les enseignants sur leurs élèves, les parents sur leurs enfants. Après Mai ce fut l'inverse. Révolte des esclaves aurait dit Nietzsche : le nihilisme comme symptôme de ce que les déshérités n'ont plus aucune consolation " . Après une longue introduction sur la construction du nihilisme (le " gauchisme culturel " , l'antifascisme et l'antiracisme revisités, le structuralisme, Deleuze, les nouveaux philosophes, Foucault, les libéraux libertaires, la " gauche libertaire " de Bourdieu...), Michel Onfray s'arrête longuement sur trois figures : Vladimir Jankélévitch ; Mikel Dufrenne et " l'affirmation joyeuse " ; enfin Robert Misrahi et " les actes de la joie " . Avant de conclure sur la vie philosophique...