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L'Autre N° 69/2022 : Traumas et cultures
Chahraoui Khadija ; Minassian Sevan
PENSEE SAUVAGE
24,99 €
Épuisé
EAN :9782859193539
Le monde contemporain est pluriel, métissé, créole, traversé de questions identitaires individuelles et collectives. L'autre, revue transculturelle et pluridisciplinaire, est un lieu de réflexion sur la diversité, les migrations et leurs effets en clinique et dans la société. Elle s'adresse à tous ceux qui, curieux ou professionnels, se sentent concernés par les rencontres, les métissages, l'altérité. Elle paraît trois fois l'an. La revue L'autre s'intéresse dans ce numéro spécial "trauma et cultures" aux nouvelles formes de cliniques contemporaines dédiées à la prise en charge des traumatismes psychiques dans un contexte transculturel. Au fil des articles du dossier, on découvre la place des rêves traumatiques dans les soins, l'élaboration de dispositifs de soins originaux qui se déploient sur des terrains d'intervention complexes. En passant par les représentations collectives et leur potentiel narratif, les soins permettent la restauration psychique et identitaire, et renouent des liens mis à l'épreuve par le traumatisme psychique et sa transmission. Par ailleurs, nos chercheurs internationaux se penchent sur la place du syncrétisme au Togo dans la prise en charge des troubles délirants, ainsi que sur les différents systèmes de nomination en Kabylie. L'actualité n'est pas en reste, avec les témoignages importants de femmes afghanes vivant sous le régime des talibans. Notre éditorial est consacré à la place de la colonisation dans nos mémoires collectives, alors que l'Algérie fête les 60 ans de son indépendance. L'entretien de Christian Lachal, pédopsychiatre et psychanalyste de renom, nous permet quant à lui de retracer l'itinéraire d'un clinicien tout-terrain passé par l'humanitaire et qui a conceptualisé le partage du traumatisme à partir de son expérience sur les terrains de guerre.
Il y a quelque chose d'étrange dans le débat sur le racisme. Nous discutons du marché du travail, de l'enseignement et du logement. Nous nous querellons au sujet des manuels d'histoire. Nous dénonçons le racisme de la police. Tout cela est plus que légitime et nous devons continuer à le faire. En revanche, nous ne parlons jamais du soutien à accorder aux victimes. Ce livre plaide pour une pratique qui prendrait mieux soin des victimes. Car le racisme agit sur les gens, nous prouve Naima Charkaoui à l'aide de dizaines d'exemples. L'auteur nous propose des moyens de gérer ses conséquences en se concentrant sur la résilience, la résistance et l'espoir.
Qui n'a pas goûté les délices confectionnés durant le mois du Ramadan, à l'occasion du foutour (rupture du jeûne) en famille et entre amis ? Qui encore peut oublier les nombreux régals de la fête du mouton ou les festins des réunions familiales. Toutes ces traditions culinaires sont l'assurance d'un lien fort entre la petite famille, les proches et amis ou encore même entre générations. Ce sont des saveurs uniques ancrées dans notre mémoire à jamais. Sans lesquelles la fête ne l'est vraiment pas. Ce livre se veut un véritable guide, proposant à nos ménagères des solutions pour toutes occasions passant par des recettes les plus simples aux délices les plus enracinés dans l'histoire culinaire marocaine et maghrébine en général, sans oublier les succulentes variantes méditerranéennes et moyen orientales. Magnifiquement illustré, ce livre simple et pratique vous fait découvrir les traditions inépuisables de la cuisine marocaine, il est une source fiable de transmission de ces traditions à nos jeunes générations.
L'entretien clinique permet l'accès aux représentations les plus personnelles des sujets : histoire, conflits, représentations, croyances, rêves, événements, vécus, etc. C'est un outil irremplaçable dans le domaine des sciences humaines et encore davantage dans celui de la clinique où il s'agit de comprendre l'origine de différentes psychopathologies et d'appréhender le fonctionnement psychologique. En effet, seul le patient peut nous dire "où" et "comment" il souffre ; il faut donc l'écouter. Afin de donner à l'étudiant, futur professionnel, la possibilité de resituer, sur le terrain clinique, les modèles théoriques existants, permettant de rendre compte de ce qui se joue dans l'entretien, cet ouvrage présente les différents aspects techniques de celui-ci, ses dimensions descriptives, relationnelles mais aussi intra-subjectives et intersubjectives.
L'entretien clinique permet l'accès aux représentations les plus personnelles des sujets : histoire, conflits, représentations, croyances, rêves, événements vécus, etc. C'est un outil irremplaçable dans le domaine des sciences humaines et encore davantage dans celui de la clinique où il s'agit de comprendre l'origine de différentes psychopathologies et d'appréhender le fonctionnement psychologique. En effet, seul le patient peut nous dire "où" et "comment" il souffre ; il faut donc l'écouter. Afin de donner à l'étudiant, futur professionnel, la possibilité de resituer, sur le terrain clinique, les modèles théoriques existants, permettant de rendre compte de ce qui se joue dans l'entretien, cet ouvrage présente les différents aspects techniques de celui-ci, ses dimensions descriptives, relationnelles mais aussi intrasubjectives et intersubjectives.
Qu'y a-t-il de commun entre le rituel de puberté chez les Bété du Cameroun et la prostitution homosexuelle des jeunes garçons dans les faubourgs parisiens ? Peut-on comparer le fonctionnement de l'initiation dans les rituels "thérapeutiques" du Candomblé de Bahia et la modification de la personnalité de jeunes gens engagés dans les sectes charismatiques en Occident ? Dans toutes ces situations, l'on observe une modification radicale de l'identité : une métamorphose. Ces transformations mettent-elles en tenure des processus fondamentaux de nature psychique ou même biologique ? Question insolite ! Pourtant les fourmis Raptiformica réussissent à maquiller leur odeur chimique pour mener à bien, incognito, leur entreprise de colonisation des Serviformica. La Nouvelle revue d'ethnopsychiatrie propose ici une idée originale née au confluent de disciplines diverses : toute entreprise de modification de la mémoire, psychique et biologique, se construit sur une utilisation systématique d'expériences traumatiques.
On peut admettre qu'un être humain soit défini par trois coordonnées : sa biologie, son psychisme et sa culture. Si les métis constituent une catégorie sociologique relativement bien définie et même, dans certaines sociétés, bénéficient d'un statut spécifique, en revanche aucune étude ne nous renseigne sur la façon dont se combinent deux univers culturels hétérogènes à l'intérieur d'un même sujet. Les patrimoines génétiques s'entremêlent, les identifications psychiques s'entrecroisent ; en va-t-il de même des systèmes culturels ? Jusqu'à quel point peuvent-ils se "métisser" tout en gardant leur cohérence interne et leur efficience ? A l'heure des déplacements massifs de populations et des émigrations généralisées, il s'agit d'une question première tant sur le plan théorique que sur celui des implications concrètes. La culture d'un sujet est partie constituante de son être-même ; du fait de sa cohérence, elle ordonne son univers du vrai et structure son fonctionnement cognitif. Y a-t-il un risque psychologique à mélanger ses références culturelles ? Pour soi-même ? Pour ses descendants ou les descendants de ses descendants ? Ou au contraire peut-on faire l'hypothèse d'une créativité délibérément choisie dans tout métissage culturel ? Au delà du métissage peut-on même aller jusqu'à penser que toute technique thérapeutique serait par essence syncrétique ?
De simple militant, j'ai bien vite été élu chef de cellule, puis chef de groupe, puis chef de la kasma de notre région. Je ne faisais pratiquement que militer dans le Parti. Au grand désespoir de ma grand-mère qui ne comprenait pas que je ne sois pas comme les autres militants du village. Un jour elle s'en plaignit auprès d'un ami, Yantren Chabane : - Pourquoi vous ne l'aidez pas un peu? Ali est tout le temps pris par le Parti, alors que vous vous occupez bien des travaux de vos champs ! - Mais Yemma Hadjila, il travaille pour son pays ! lui répondit Yantren. - Je ne comprends pas comment on peut travailler pour son pays et abandonner ses propres terres ! lui dit elle alors. En kabyle, la terre et le pays porte le même nom : Tamurt. Logiquement, je devais commencer par m'occuper de nos propres parcelles plutôt que du pays tout entier ! "
Le tabou attribue à une personne, un objet ou un mot un caractère à la fois interdit et sacré. Mais lorsqu'il est fonctionnel, le tabou inscrit dans l'univers du sujet qui s'y soumet une discrimination logique qui prend sa source dans des sensations physiques. Un juif pieux vomira à l'idée qu'il a pu ingérer de la viande de porc, une femme baoulé enceinte avortera en mangeant du fruit proscrit, un homme bété développera un véritable syndrome d'influence pour avoir eu des jeux sexuels avec sa cousine parallèle. Mais après cette expérience, ils se penseront davantage juif pieux, baoulé ou bété. Cliniquement, l'imposition du tabou est donc une opération complexe qui transforme des catégories culturelles en représentations psychiques par l'intermédiaire de sensations corporelles. On comprend donc aisément que les thérapies traditionnelles, dans des situations de grands désordres psychologiques utilisent de telles prescriptions. Ainsi, les shamans apaches guérissent-ils les maladies des tics, dont nous savons qu'elles sont notoirement réfractaires à toute psychothérapie, par la mise en place de systèmes individuels de tabous alors que les cheiks musulmans du Maghreb ont plutôt tendance à faire appel aux tabous religieux. De même, un patient gravement perturbé, mélancolique ou schizophrène, pourra-t-il créer un univers à la logique singulière par une organisation obsessionnelle du monde structurée autour de tabous privés. Quoi qu'il en soit, on attend toujours du tabou qu'il réinstaure de tordre là où régnait le désordre du fait de la maladie, de l'acculturation ou de la déstructuration du groupe social. Nous invitons les cliniciens et les chercheurs à approfondir la notion de tabou injustement négligée, à explorer le fonctionnement de thérapies organisées selon la logique du tabou et à s'interroger sur la place qu'il occupe, parfois à notre insu, dans nos psychothérapies.