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Chemins et brouillard. Exil
Chafiq Chahla ; Zaza Zeinab
METROPOLIS
15,00 €
Épuisé
EAN :9782883402225
Etudiante et militante de gauche lors de la révolutioniranienne de 1979, Chahla Chafiq s'est exilée en France après trois ans depouvoir islamiste. Elle a publié plusieurs essais et plaide sans relâche pour ladémocratie, la laïcité et l'égalité entre hommes et femmes. La littérature estpeut-être une manière de recréer son monde dans l'exil. Avec "une intimitéinfiniment pudique" (Alain David) sur arrière-fond politique, ces septnouvelles douces-amères commencent à Téhéran au début des années 1980, puisconduisent le lecteur en Turquie, première étape avant la France, et enfin àParis : des chemins périlleux et hasardeux de l'exil à l'expérience de cetailleurs qu'il leur faut apprendre à apprivoiser. Il y a la peur, laclandestinité, la corruption, les intrigues, les trahisons. Il y a la libertéenfin, mais avec elle le déracinement, la solitude, des vies étouffées, desjeunesses perdues, des rêves que l'on ne fait plus. Les faux passeports, lesfaux réfugiés, les faux merci, les fausses générosités, des mirages derencontre. Et tout à coup, une main tendue, de vraies larmes, une nuit d'amour, une étreinte et le rêve qui dissipe le brouillard et doucement, illumine lanuit.
La perte d'un enfant est une chose dont on ne peut pas parler. Pour l'évoquer, Chahla Chafiq a choisi la forme des nouvelles. Son génie, c'estque le deuil n'en est jamais le sujet. Dans ces six récits, une blessure à latête, l'incendie d'une gare, le vol d'un portefeuille dans le métro, unpetit-déjeuner de hasard, une invitation à une fête, une rencontre. Y a-t-ilencore quelqu'un dans une photographie, ou dans un coeur greffé dans un autrecorps ? A-t-on des enfants quand ils sont morts ? Comment compter leur âge ? Toujours le deuil surgit comme accidentellement évoqué, comme si la narratrice, au coeur de son écriture, était rattrapée par cela dont elle ne parle pas. L'innommable du deuil avec quoi il faut vivre, qu'il serait vain d'essayerd'oublier. Dont on ne peut presque rien dire, mais dont on ne peut pas ne pasparler. Et qui revient avec l'insistance insinuante d'une douleur lancinante etconnue, et avec la violence foudroyante d'une improbable crise de folie.
Il y a de cela bien longtemps... Aujourd'hui, s'achève le cauchemar. Demain, une aube nouvelle... Assid viendra un jour à toi, Y'tchfa", lui dit encore la voix avant de s'éteindre dans l'obscurité, la livrant aux lumières de l'espoir. Depuis, Y'tchfa ne rêva plus d'y retourner. Depuis, elle attend. A la lisière du printemps, elle attend... Que soit dispensée la science, sans perversité ni discrimination aucune ! Et que meure l'obscurantisme ! "
Deux recueils de nouvelles, Exil, Deuil. Déracinement, arrachement. Le passé qui refuse de quitter le présent. L'ailleurs, toujours, dans l'ici. "C'est un recueil de nouvelles. Cela pourrait être un journal que la pudeur, ou la volonté de se tenir à distance, transforme en récits à la troisième personne" , écrit très justement Simone Arous dans la revue Transfuge. Seuls deux récits sont au "je" , "Le mur" et "La blessure", ceux qui peut-être portent le plus l'épouvante : l'un face aux foules fanatisées s'en prenant à deux femmes dont l'une est enceinte, l'autre face à la perte d'une enfant de quinze ans. De Téhéran à Paris en passant par la frontière turque, "Chemins et brouillard" met en scène, sur fond politique, une humanité blessée dont les protagonistes traversent l'errance, les dangers et les chutes avec une profonde dignité.
Après 45 ans du règne, la République islamique d'Iran constitue un immense laboratoire d'analyse de l'islamisme. A cet égard, la prison politique de la décennie 1980, phase d'instauration du régime, constitue un atelier incontournable. Lieu d'application implacable des enseignements doctrinaux, celle-ci a pour but de soumettre les rebelles et les formater selon le dessein rêvé des islamistes. Un modèle qui révèle une profonde diabolisation des femmes. Dans cet essai, Chahla Chafiq, sociologue et écrivaine d'origine iranienne, nous fait entrer dans cet univers carcéral, qui cristallise l'essence même de l'islamisme, à travers des récits de prisonnières et de prisonniers politiques. Elle nous démontre comment le sort effroyable réservé aux femmes et aux hommes détenus s'intègre dans un système de répression plus vaste, mis en oeuvre par la République islamique. A la lecture de cet ouvrage, nous comprenons la place centrale de la terreur dans le projet sociopolitique de la République islamique tout en découvrant la résistance des Iraniens et des Iraniennes génération après génération. Un combat qui ne cesse de se renouveler au fil du temps, sous diverses formes, et dont le soulèvement "Femme, Vie, Liberté" incarne l'apogée révolutionnaire. Chahla Chafiq revient sur ce mouvement dans la postface de cette nouvelle édition, revue et enrichie.
Le dictionnaire des mots inexistants propose un nombre de mots aux fins d'enrichir le vocabulaire français. Mais surtout, et cela est son ambition majeure, il veut ouvrir la voie à une sensibilisation vers la création de nouveaux mots opérationnels et phonétiquement souples, afin d'élargir le champ lexical et les moyens de communication en réponse à la rapidité de l'évolution de la science, de la technique et de la littérature de notre époque.