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Chemins et brouillard. Deuil
Chafiq Chahla ; Zaza Zeinab
METROPOLIS
15,00 €
Épuisé
EAN :9782883402232
La perte d'un enfant est une chose dont on ne peut pas parler. Pour l'évoquer, Chahla Chafiq a choisi la forme des nouvelles. Son génie, c'estque le deuil n'en est jamais le sujet. Dans ces six récits, une blessure à latête, l'incendie d'une gare, le vol d'un portefeuille dans le métro, unpetit-déjeuner de hasard, une invitation à une fête, une rencontre. Y a-t-ilencore quelqu'un dans une photographie, ou dans un coeur greffé dans un autrecorps ? A-t-on des enfants quand ils sont morts ? Comment compter leur âge ? Toujours le deuil surgit comme accidentellement évoqué, comme si la narratrice, au coeur de son écriture, était rattrapée par cela dont elle ne parle pas. L'innommable du deuil avec quoi il faut vivre, qu'il serait vain d'essayerd'oublier. Dont on ne peut presque rien dire, mais dont on ne peut pas ne pasparler. Et qui revient avec l'insistance insinuante d'une douleur lancinante etconnue, et avec la violence foudroyante d'une improbable crise de folie.
Guita Salim, le personnage principal, est une jeune iranienne de 21 ans, fille d'une famille de classe moyenne. Elle immigre avec son mari en France pour fuir une vie enténébrée par les morts qui se suivent dans l'ambiance postrévolutionnaire, notamment celle de sa s?ur ainée, membre de la guérilla de gauche, piégée et tuée par les pasdarans (armée islamiste). À Paris, Guita trouve les moyens de rompre avec les traumatismes de son passé. Etudiante devenue informaticienne, elle travaille, finit par divorcer et pense avoir enterré ses douloureux souvenirs. C'est sans compter une rencontre amoureuse et un écrivain iranien exilé, qui viennent bousculer sa nouvelle vie.
Résumé : A la veille du 8 Mars 1979, Khomeiny appelle les femmes à se voiler dans les lieux publics. Tandis qu'en signe de protestation, les Iraniennes envahissent par milliers les rues de Téhéran et d'autres grandes villes du pays, en France Simone de Beauvoir prend position en leur faveur, au nom de l'universalité des droits des femmes. Le deuxième sexe fut pour partie traduit en persan dans les années 1970, les milieux iraniens francophones connaissent l'écrivaine depuis les années 1960, mais la pensée de Simone de Beauvoir est longtemps restée dans l'ombre de l'existentialisme. Aujourd'hui, les choses ont bien changé. Une jeunesse éprise de liberté se saisit de son image pour dire tout à la fois son vécu, ses rêves et ses désirs. Ce voyage en Iran sur les traces de Simone de Beauvoir plonge au coeur des questions que l'islamisme soulève à propos de l'identité culturelle et religieuse, dans son rapport au social et au politique. Questions brûlantes, à l'heure où, en Iran et ailleurs dans le monde, les mouvements néoconservateurs puisent leur force dans l'exacerbation des appartenances identitaires.
Chahla Chafiq raconte les chemins périlleux et hasardeux de l'exil de femmes et d'hommes qui font l'expérience de cet ailleurs qu'il leur faut apprendre à apprivoiser. Il y a en premier la terreur qu'inspirent les foules fanatisées quand elles tentent de déverser leur haine sur deux jeunes femmes qui viennent de quitter une manifestation ; il y a la fuite et le passage clandestin en Turquie, première étape avant la France. Il y a la liberté enfin, mais avec elle le déracinement, parfois la solitude, mais parfois aussi la découverte d'un quotidien plein d'imprévus et de plaisir. Sept récits doux-amers pour raconter l'exil. Puis, dans la deuxième partie, l'auteure esquisse avec une grande pudeur l'ineffable, le deuil, un murmure, la mort d'un enfant dans une terre d'accueil et son souvenir lancinant à travers la vie banale de tous les jours.
Deux recueils de nouvelles, Exil, Deuil. Déracinement, arrachement. Le passé qui refuse de quitter le présent. L'ailleurs, toujours, dans l'ici. "C'est un recueil de nouvelles. Cela pourrait être un journal que la pudeur, ou la volonté de se tenir à distance, transforme en récits à la troisième personne" , écrit très justement Simone Arous dans la revue Transfuge. Seuls deux récits sont au "je" , "Le mur" et "La blessure", ceux qui peut-être portent le plus l'épouvante : l'un face aux foules fanatisées s'en prenant à deux femmes dont l'une est enceinte, l'autre face à la perte d'une enfant de quinze ans. De Téhéran à Paris en passant par la frontière turque, "Chemins et brouillard" met en scène, sur fond politique, une humanité blessée dont les protagonistes traversent l'errance, les dangers et les chutes avec une profonde dignité.
Le yiddish, situé à d'intersection de l'Orient et de l'Occident, brassant les traditions hébraïques et araméennes d'une part, et les apports d'origine celtique, germanique, romane et slave, de l'autre, constitue depuis huit cents ans un véritable creuset de la civilisation européenne. En raison de sa double marginalité - il s'agit d'une culture populaire qui s'est développée en lisière de la culture juive savante et de surcroît au sein d'une communauté déconsidérée - sa littérature a été trop longtemps méconnue et méprisée. Ce recueil se propose d'illustrer sa richesse et sa diversité afin dé lui restituer la place qui lui revient dans la culture occidentale. Cet ouvrage comprend une sélection de textes destinés à illustrer l'histoire sociale du monde yiddishophone au cours des ans. A côté des contes et des légendes (d'inspiration religieuse ou profane), des récits hassidiques, des supplications rédigées à l'intention des femmes pieuses et, bien évidemment, des extraits représentatifs des ?uvres des maîtres des lettres yiddish, on y trouvera de nombreux écrits permettant de saisir sur le vif le déroulement de la vie quotidienne au sein des communautés ashkénazes. Pareil recueil ne peut prétendre à l'exhaustivité: tout en ayant le souci de retrouver la saveur inaltérée d'un passé révolu, Nathan Weinstock a désiré se démarquer d'une tendance à trivialiser la culture yiddish et à la dénaturer en un insipide folklore kitsch aux senteurs de guimauve, à la noyer dans le shmaltz. Le yiddish tel qu'on l'oublie comporte de nombreux inédits dont certains étaient demeurés à l'état de manuscrit. Contrairement à l'habitude qui s'est instaurée dans l'édition francophone de présenter comme "traductions du yiddish" des textes retraduits à partir de versions en langue étrangère, lestraductions utilisées ont été vérifiées et corrigées sur le texte original.