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RENDEZ-VOUS IRANIEN AVEC SIMONE DE BEAUVOIR
CHAFIQ CHAHLA
ixe
16,00 €
Épuisé
EAN :9791090062467
A la veille du 8 Mars 1979, Khomeiny appelle les femmes à se voiler dans les lieux publics. Tandis qu'en signe de protestation, les Iraniennes envahissent par milliers les rues de Téhéran et d'autres grandes villes du pays, en France Simone de Beauvoir prend position en leur faveur, au nom de l'universalité des droits des femmes. Le deuxième sexe fut pour partie traduit en persan dans les années 1970, les milieux iraniens francophones connaissent l'écrivaine depuis les années 1960, mais la pensée de Simone de Beauvoir est longtemps restée dans l'ombre de l'existentialisme. Aujourd'hui, les choses ont bien changé. Une jeunesse éprise de liberté se saisit de son image pour dire tout à la fois son vécu, ses rêves et ses désirs. Ce voyage en Iran sur les traces de Simone de Beauvoir plonge au coeur des questions que l'islamisme soulève à propos de l'identité culturelle et religieuse, dans son rapport au social et au politique. Questions brûlantes, à l'heure où, en Iran et ailleurs dans le monde, les mouvements néoconservateurs puisent leur force dans l'exacerbation des appartenances identitaires.
Dans un petit hameau du majestueux Bouyblane, chaîne de montagnes aux neiges éternelles désignées comme " papillons aux ailes déployées ", NannaTuda divertit ses petits-enfants pendant les longues nuits d'hiver. L'histoire qu'elle raconte soir après soir est celle de Tihya, la belle guerrière qui, fédérant les tribus berbères, défendit farouchement la liberté, notamment religieuse, de son peuple face à la conquête arabo-musulmane alors que déclinait la puissance de Rome. Et ce, sans cesser d'être une femme, une amante et une mère... Une histoire dans laquelle certains reconnaîtront celle de Dihya, la Kahéna, guerrière des Aurès, transformée par les siècles et des générations de conteuses. Si l'histoire et la fiction s'interpénètrent si armonieusement, c'est que la puissance du récit y est savamment travaillée, faite de ruptures et d'attente, d'interruptions drôles et malicieuses, et de variantes dont la richesse et l'inventivité se sont bonifiées avec les générations. Extrait : " Hommes, femmes et enfants, tous ceux qui écoutent l'histoire de Tihya, NannaTuda les conduit au coeur d'une belle et tragique aventure ; celle d'un destin. Céleste, légère, la guerrière des Aït Ufella chante ses amours, pleure ses illusions. Elle retient ses peurs, montre son courage, déverse sa colère. C'est ainsi qu'elle se laisse raconter durant les longues veillées d'hiver. C'est un peu sa voix que l'on entend monter dans les montagnes lorsqu'elles se fondent dans la nuit profonde. " N.C.
Chahla Chafiq raconte les chemins périlleux et hasardeux de l'exil de femmes et d'hommes qui font l'expérience de cet ailleurs qu'il leur faut apprendre à apprivoiser. Il y a en premier la terreur qu'inspirent les foules fanatisées quand elles tentent de déverser leur haine sur deux jeunes femmes qui viennent de quitter une manifestation ; il y a la fuite et le passage clandestin en Turquie, première étape avant la France. Il y a la liberté enfin, mais avec elle le déracinement, parfois la solitude, mais parfois aussi la découverte d'un quotidien plein d'imprévus et de plaisir. Sept récits doux-amers pour raconter l'exil. Puis, dans la deuxième partie, l'auteure esquisse avec une grande pudeur l'ineffable, le deuil, un murmure, la mort d'un enfant dans une terre d'accueil et son souvenir lancinant à travers la vie banale de tous les jours.
Guita Salim, le personnage principal, est une jeune iranienne de 21 ans, fille d'une famille de classe moyenne. Elle immigre avec son mari en France pour fuir une vie enténébrée par les morts qui se suivent dans l'ambiance postrévolutionnaire, notamment celle de sa s?ur ainée, membre de la guérilla de gauche, piégée et tuée par les pasdarans (armée islamiste). À Paris, Guita trouve les moyens de rompre avec les traumatismes de son passé. Etudiante devenue informaticienne, elle travaille, finit par divorcer et pense avoir enterré ses douloureux souvenirs. C'est sans compter une rencontre amoureuse et un écrivain iranien exilé, qui viennent bousculer sa nouvelle vie.
Après 45 ans du règne, la République islamique d'Iran constitue un immense laboratoire d'analyse de l'islamisme. A cet égard, la prison politique de la décennie 1980, phase d'instauration du régime, constitue un atelier incontournable. Lieu d'application implacable des enseignements doctrinaux, celle-ci a pour but de soumettre les rebelles et les formater selon le dessein rêvé des islamistes. Un modèle qui révèle une profonde diabolisation des femmes. Dans cet essai, Chahla Chafiq, sociologue et écrivaine d'origine iranienne, nous fait entrer dans cet univers carcéral, qui cristallise l'essence même de l'islamisme, à travers des récits de prisonnières et de prisonniers politiques. Elle nous démontre comment le sort effroyable réservé aux femmes et aux hommes détenus s'intègre dans un système de répression plus vaste, mis en oeuvre par la République islamique. A la lecture de cet ouvrage, nous comprenons la place centrale de la terreur dans le projet sociopolitique de la République islamique tout en découvrant la résistance des Iraniens et des Iraniennes génération après génération. Un combat qui ne cesse de se renouveler au fil du temps, sous diverses formes, et dont le soulèvement "Femme, Vie, Liberté" incarne l'apogée révolutionnaire. Chahla Chafiq revient sur ce mouvement dans la postface de cette nouvelle édition, revue et enrichie.
Enfant pendant la Deuxième Guerre mondiale, Françoise Basch a vécu l'exode, l'absence de son père, une vie de lycéenne à Lyon où s'étaient réfugiés ses grands-parents, et les rencontres trop brèves avec sa mère, médecin, obligée de s'installer plus au sud... A partir de correspondances familiales, un livre en hommage à sa mère, Marianne, qui assura leur survie à tous, et à sa grand-mère, Ilona, "héroïnes ordinaires" qui surent déployer des ressources d'ingéniosité, de courage et d'ironie face au rétrécissement de leurs horizons.
Les héros sont fatigués et la veine épique de la civilisation patriarcale s'épuise. Tant mieux ! Erudit et jubilatoire, cet essai d'Anne Larue offre un éclairage panoramique sur 4000 ans de littérature, des "grands" textes fondateurs aux comics américains et à la science-fiction. Sa lecture queer ouvre des lignes de fuite, des tangentes à prendre au plus vite pour sortir du vieux système des dominations. Qu'il s'effondre sur lui-même et devienne Atlantide !
Répertorier les événements de son temps n'entame en rien la fiction". Poète, Emmanuèle Jawad creuse la langue jusqu'à obtenir une prose trouée, lacunaire, allégée des vides du discours. Touchés par ce travail de fragmentation, les mots éclatent de polysémie, ils s'entrechoquent et se frottent les uns aux autres dans un crépitement de significations. L'histoire qu'ils délivrent a trait à l'emprise du genre, aux stratagèmes à déployer pour s'en déprendre. Elle s'illustre de faits aléatoires et têtus, aux effets durables.
Une femme jadis victime de violences s'est reconstruite petit à petit, elle a refait sa vie, elle s'est reconstruite. Mais jusqu'à quel point peut-on mettre le passé à distance ? Ce récit à la fois incisif et sensible dit le retour du choc et le besoin d'apaisement.