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La couleur des rôles. Enquête sur la division raciale du travail actorial
Cervulle Maxime ; Lécossais Sarah
BORD DE L EAU
18,00 €
Épuisé
EAN :9782385191825
L'absence de diversité sur les écrans et les planches est régulièrement décriée. Où sont les visages, les accents, les récits multiples qui composent le pays ? Et comment agir pour élargir les imaginaires cinématographiques, télévisuels et théâtraux ? Pour répondre à ces questions, Maxime Cervulle et Sarah Lécossais ont mené l'enquête. Leur étude rend compte des expériences de ces comédiennes et comédiens que l'on désigne encore comme "issus de la diversité" et permet de comprendre la manière dont les pratiques professionnelles en matière de distribution artistique conduisent à les écarter. Le constat qu'ils dressent est saisissant. Il donne à voir la manière dont les assignations configurent les trajectoires professionnelles des actrices et acteurs perçus comme non blancs, dessinant simultanément les contours d'opportunités et d'obstacles, les frontières des rôles prescrits et proscrits. Du temps de la formation aux phases du recrutement, des plateaux de tournage aux coulisses de théâtres, leur carrière se trouve sous l'emprise de catégories ethnoraciales dont il est difficile - et rare - de pouvoir se défaire. C'est ainsi la mécanique des discriminations dans les industries culturelles, et leur profonde banalisation, qui se trouvent exposées : entre assignations à des rôles stéréotypés, relégation à des places subalternes et racisme ordinaire sur les plateaux.
Cervulle Maxime ; Farges Patrick ; François Anne I
Donner à voir sous un jour nouveau les représentations de la masculinité, ce prétendu neutre invisible qui n'est que récemment sorti d'une ombre construite et longtemps soigneusement entretenue : tel est le projet de cet ouvrage. La question du regard et des dispositifs de visibilité sert ici de fil rouge à l'étude de textes filmiques, télévisuels et littéraires où apparaissent des formes de masculinités en marge, qu'elles soient rendues "exotiques" ou qu'elles marquent un déplacement face au modèle hégémonique du masculin. Au croisement des études cinématographiques, de la littérature comparée et des études de genre, l'ouvrage interroge dans une perspective interdisciplinaire et intersectionnelle les processus de décentrements et de recentrements de la masculinité qui se déploient au coeur de la fiction. Des travestissements de Marlène Dietrich à l'altérisation sexuelle du Juif dans les nouvelles d'Oskar Panizza, du trouble dans la masculinité des vampires de True Blood à celle des "hommes de papier" qui peuplent les romans de Mathieu Riboulet, ce volume s'attache à exposer les corps et corpus masculins pour les soumettre à un examen critique : "Circulez, il y a à voir".
Résumé : Qu'est-ce que la culture ? Et quels sont les ressorts culturels du changement social ? Le projet critique des Cultural Studies, qui émerge en Grande-Bretagne dans les années 1960 avant de s'internationaliser, est sous-tendu par ce questionnement. L'un de ses traits distinctifs est une définition anthropologique de la culture, mobilisée pour embrasser une multitude d'objets : des représentations médiatiques aux pratiques des publics, des modes de vie aux styles, des identités aux performances. Ces objets sont appréhendés comme autant de lieux de conflictualité, qui activent et déplacent les rapports sociaux de classe, de genre, et de sexualité. En dressant un panorama des multiples champs d'étude qui se sont développés dans le sillage des Cultural Studies, cet ouvrage rend compte de leurs apports théoriques et méthodologiques pour les sciences humaines et sociales.
DiAngelo Robin ; Cervulle Maxime ; Viennot Bérengè
Pourquoi est-il si difficile de parler de racisme quand on est blanc ? La sociologue américaine Robin DiAngelo a passé vingt ans à étudier cette question dans des ateliers sur la diversité et le multiculturalisme. Elle en a tiré un concept fondamental pour comprendre le rapport des Blancs au racisme : la fragilité blanche, un mécanisme de défense ou de déni qui permet de détourner la conversation, empêchant d'identifier le racisme systémique qui persiste dans nos sociétés. Et donc de le combattre. Dans ce livre devenu un phénomène aux Etats-Unis, en tête des meilleures ventes depuis deux ans, Robin DiAngelo nous donne les clés pour être véritablement antiraciste.
Cervulle Maxime ; Martinez Barat Sébastien ; Merze
Des bases de données institutionnelles aux archives personnelles, des stratégies d'encodage aux albums de familles, le sixième numéro de la revue POLI questionne le rôle de l'archive dans les pratiques culturelles contemporaines. Longtemps restée une profession de l'ombre, l'archiviste est désormais un rôle culturel ordinaire. Depuis l'avènement des environnements numériques, la recherche de document et la sauvegarde en ligne, sur des réseaux sociaux, dans "les nuages" ou sur des plateformes sécurisées, sont aujourd'hui des actions quotidiennes qui témoignent de nouveaux rapports à l'information. Archives périssables, indéchiffrables ou partielles, les promesses de l'archive relèvent de l'incertitude. À leur fragilité matérielle répond une fragilité sémiotique, car archiver c'est anticiper la pertinence à venir d'un récit dont la signification future est pourtant sans garantie. La chronopolitique de l'archive consiste alors en une mise en ordre du présent. Instrument d'écriture de l'histoire, les archives produisent activement les mondes qu'elles documentent, constituent les traces qu'elles prétendent préserver. Le mode opératoire de l'archive est celui d'une externalisation de la mémoire. Qu'ils peuplent les étagères des institutions ou occupent l'espace de nos disques durs, les documents archivés apparaissent comme autant d'injonctions à l'oubli ouvrant à de possibles redécouvertes. L'archive n'inviterait-elle pas à substituer l'architecture du récit institué aux mouvements frénétiques de la mémoire ? L'archive n'inciterait-elle pas à figer un souvenir déjà presque oublié ? Ne manifesterait-elle pas une tentation de clôture de la perception ? La dissonance entre archive et mémoire ouvre à la relativisation des réalités qu'elles modèlent. C'est cet état de tension qui anime ce numéro de POLI, qui s'essaye à faire promettre à l'archive que nos mémoires vivent.
Passer de l'immobilité à la plus rapide possible des mobilités : cette obsession humaine est immémoriale. De tous temps les humains ont cherché à se mouvoir le plus vite possible, à quitter le statut d'êtres immobiles, posés là quelque part à la surface du monde, pour conquérir celui d'êtres mouvants, en déplacement — un déplacement autant que faire se peut exceptionnel par sa vitesse. par la distance parcourue en un éclair, par la capacité à faire valoir l'espace contre le temps et le temps contre l'espace. Le dragster, dans cette entreprise anthropologique, est le vecteur par excellence approprié. Qu'il compte deux, trois ou quatre roues, cet engin mécanique né avec le XXe siècle est conçu pour l'accélération et pour elle seule. Le dragster, ce sont des prises de vitesse insensées, un parcours sur piste, en ligne droite, réduit au minimum (quelques centaines de mètres tout au plus) et, pour son pilote, des sensations à la fois brutales et complexes. Brutales, car le corps du dragstériste, lors du "run", peut encaisser en quelques secondes 7 G — sept fois la charge de son propre poids — ou plus encore. Complexes, car la compétition dragstérienne vise cet objectif aussi héroïque qu'absurde, annuler le temps écoulé en ne gardant que l'espace conquis.
Pourquoi et comment les jeunes reviennent-ils vivre au domicile de leurs parents ? En quoi ce retour est-il ou non la marque d'un échec sur la voie de l'indépendance ? Auparavant, lorsque les jeunes quittaient le domicile parental pour voler de leurs propres ailes, il s'agissait d'un départ définitif qui marquait l'entrée dans l'âge adulte. Tel était du moins le modèle français. En quoi le retour est-il significatif d'un changement dans ce modèle ? Comment décrire, comprendre et analyser ce changement dans le parcours des jeunes ? En quoi le retour remet-il en question la capacité d'autonomie des individus concernés ? L'auteure apporte un éclairage nouveau sur ce phénomène pour trois raisons essentielles : Premièrement, elle situe le phénomène français dans le contexte international. Deuxièmement, elle met en lumière des parcours sous-tendus par des logiques, non seulement économiques, mais aussi affectives, en décrivant les processus vécus au moment des retours du point de vue des jeunes et de leurs parents. Ressentent-ils les uns et les autres un sentiment d'échec ? Comment les jeunes s'autonomisent-ils ? Comment se passe la cohabitation intergénérationnelle ? Enfin, le livre s'interroge sur la considération que les politiques publiques devraient accorder à ce phénomène qui met en lumière les inégalités sociales au sein de la jeunesse.
Comment expliquer qu'un mode d'organisation capitaliste - fondé sur un principe d'accumulation continue - autorise la perpétuation d'activités qui obéissent à une autre logique et paraissent lui poser des limites ? Pour résoudre cette énigme, l'ouvrage évalue les clés de lecture disponibles et formule de nouvelles propositions. Pour nombre d'auteurs, le capitalisme procède de forces économiques naturelles et autonomes, accompagnées ou canalisées dans un second temps par quelques politiques publiques. Il se heurte parfois à une résistance - que le terme serve à désigner une force d'obstruction passive ou une capacité de mobilisation. L'ouvrage invite à inverser la perspective et à considérer plutôt les rapports de force politiques qui débouchent sur la représentation d'un ordre économique naturel et qui expliquent le développement du capitalisme. Il examine sur ce mode les activités des entrepreneurs, mais aussi les affrontements entre chercheurs et les luttes qui ont cours au sein des administrations publiques. Dans leur ensemble et par leur articulation, différents champs composent ainsi les structures politiques de l'accumulation. Dans certains cas et sous certaines conditions, des activités non capitalistes s'en trouvent dans le temps confortées : de multiples agents les perçoivent comme extérieures à l'ordre économique naturel ; ils anticipent leur disparition et se persuadent qu'il suffit de laisser la nature accomplir son oeuvre. Nul ne travaille à leur élimination ni ne pousse à l'organisation d'un mouvement qui en prendrait la défense. Pour mesurer la portée de ses propositions, l'auteur retient l'exemple de l'agriculture en Roumanie : il s'efforce d'expliquer la coexistence sur ce terrain de grandes exploitations capitalistes et de petites propriétés qui entretiennent des pratiques d'autoconsommation, sans prêter à la moindre forme d'accumulation. Au-delà de ce cas d'étude, l'ouvrage affiche une visée pédagogique et offre une présentation actualisée des théories du capitalisme. Il pose par ailleurs les bases d'un nouveau programme de recherche en économie politique.
Résumé : Pour le bien des animaux, celui de la planète et pour préserver notre santé, il faudrait de toute urgence renoncer à l'alimentation carnée voire à tous les produits animaux et, en clôturant dix mille ans de vie commune avec les vaches et les brebis, librement consentir à une agriculture sans élevage. Après des décennies de silence médiatique et politique sur la violence industrielle contre les animaux, pourquoi cette soudaine prise de conscience ? C'est en reprenant le fil de l'industrialisation de l'élevage depuis le XIXe siècle et ses liens historiques avec la "cause animale" que l'on peut comprendre la situation actuelle et le développement des start-up de la "viande propre", amie des animaux et des milliardaires. La science et l'industrie, aujourd'hui comme hier, concoctent pour nous "un monde meilleur". Sommes-nous bien sûrs qu'il correspond à nos désirs ?