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Pourquoi se mobilise-t-on ? Les théories de l'action collective
Céfaï Daniel
LA DECOUVERTE
42,00 €
Épuisé
EAN :9782707152503
Pourquoi se mobilise-t-on ? L'un des traits propres aux régimes démocratiques est que leurs citoyens disposent d'un droit de regard sur les affaires publiques et, en contrepoint des élections, d'un droit à la critique et à la révolte. Ils discutent, s'associent, s'organisent. Ils constituent des collectifs, revendiquent dans l'espace public, passent des alliances avec partis et syndicats et entrent en conflit avec les pouvoirs établis. Mais qu'est-ce qui les y pousse ? La mobilisation a un coût en énergie et présente des risques, y compris financiers. Pourquoi ne pas laisser les autres se mobiliser à notre place ? Ce livre propose une cartographie de l'état des savoirs sur l'action collective, à partir de tout ce qui a été écrit sur le sujet depuis plus d'un siècle, sur les deux rives de l'Atlantique. L'histoire commence avec les travaux sur les foules et les publics de Tarde et Le Bon, à la fin du XIXe siècle. L'auteur exhume la tradition du comportement collectif née à Chicago dans les années 1920. Il montre le virage accompli par Touraine et Melucci au moment de l'émergence des nouveaux mouvements sociaux - étudiant, féministe, écologiste... - dans les années 1960 et 1970. Il passa en revue les théories de l'action rationnelle, les modèles du processus politique et les analyses des réseaux et des organisations, qui prédominent aujourd'hui. Et il propose de nouvelles perspectives, inspirées de la sociologie culturelle nord-américaine et de la microsociologie de Goffman. Un ouvrage indispensable à tous ceux qui s'intéressent aux mouvements sociaux de notre temps.
Berger Mathieu ; Céfaï Daniel ; Gayet-Viaud Carole
Ce livre a remporté le prix Jean Widmer 2012 de l'Université de Fribourg, Suisse. Plus qu'une simple méthode, l'enquête ethnographique permet de poser de nouvelles questions sur le politique, en rupture avec ses représentations comme un domaine d'activités en soi, circonscrit à la politique institutionnelle ou aux politiques publiques. Recueillies aux quatre coins du monde (Brésil, Etats-Unis, Chine, Algérie, Espagne, Italie, Suisse, Belgique, France), les études de cas ici rassemblées examinent le politique par le bas, tel qu'il se fait, depuis son enracinement dans les affaires de tous les jours. En engageant différentes espèces de description ethnographique, elles invitent à repenser l'articulation entre lien civil et vie politique sous trois angles complémentaires. D'abord, celui des expériences ordinaires, généralement définies comme infra-politiques, depuis où nous nous projetons dans la vie publique. Celui, ensuite, des moments de politisation qui font surgir des questions sur le bien public, au coeur même du monde de la vie quotidienne. Celui, enfin, des modalités pratiques de l'engagement politique, au sens classique, dans des actions qui ont pour visée expresse la transformation du monde.
Tous les hivers, à la venue du grand froid, l'attention du public se porte sur les personnes qui vivent et qui meurent dans la rue. C'est tous les ans l'occasion de témoignages sur les "maraudes" qui les prennent en charge. Pourtant, le Samusocial de Paris est à l'oeuvre toute l'année, jour et nuit. Ce livre en décrit les dispositifs d'intervention. Les deux auteurs suivent le travail des équipes mobiles - un chauffeur, un infirmier et un travailleur social - qui sillonnent la capitale en camion et prodiguent attention, écoute et soin aux sans-abri. Ils accompagnent les activités de la plate-forme téléphonique du 115, de l'équipe psychiatrique, des accueils de jour, des centres d'hébergement d'urgence et des services de lits infirmiers. Jamais n'avaient été ainsi décrites les activités des métiers du domaine sanitaire et social. Cette "ethnographie morale" du don de care et de reconnaissance met en lumière les trésors de dévouement, de patience et de sollicitude dans les interactions entre professionnels et patients-usagers, mais aussi les tensions qui traversent cette relation d'assistance. Au-delà du travail proprement ethnographique, ce livre - appelé à devenir un classique de l'enquête de terrain - retrace la constitution du problème public de la "grande exclusion" au début des années 1990 et restitue les péripéties qui ont scandé la transformation de la question SDF depuis la mobilisation des Enfants de Don Quichotte de 2006.
L'analyse de l'action collective a été dominée, ces dernières décennies, par des modèles conçus en fonction d'un terme central : la mobilisation de ressources. Certes, la sociologie des " nouveaux mouvements sociaux " a proposé d'autres explications. Mais elle a montré ses limites pour rendre compte de plusieurs dimensions importantes de l'action collective : travail de la signification, constitution de causes publiques, diagnostic de situations, organisation durable de collectifs et motivation de l'engagement de leurs membres. L' " analyse de cadres " - l'expression renvoie à l'ouvrage d'Erving Goffman, Frame Analysis - représente une tentative récente pour combler ces lacunes. Focalisée sur la mise en forme culturelle de l'action collective, elle s'est intéressée aux processus de cadrage selon lesquels sont configurés des champs d'action et d'identité, définies des situations sociales, mobilisés des militants et des publics, suscités et maintenus des engagements. Ce volume présente et discute les outils de cette analyse ; il fait aussi apparaître de nouvelles limites. Une démarche plus pragmatiste attentive aux " vocabulaires de motifs " et aux " grammaires de la vie publique ", ne serait-elle pas mieux à même d'identifier et de comprendre les contraintes formelles de l'action collective ?
Des journalistes aux travailleurs sociaux en passant, bien sur, par les ethnologues ou les sociologues, on ne compte plus les professions amenées à recourir à l'enquête de terrain. Qu'observer? Comment? Que restituer de ce qu'on a vu? Sous quelle forme? Pour répondre à ces questions, il ne manque pas de guides ou de manuels. Mais le mieux n'est-il pas d'écouter directement ce qu'ont à nous dire certains de ceux qui ont compté parmi les meilleurs enquêteurs de leur temps? À les lire, ces questions de méthode, qui paraissent souvent si arides et ennuyeuses, deviennent soudain passionnantes. L'Enquête de terrain rassemble une série de textes, pour la plupart classiques et jamais traduits en français, sur le travail de terrain en sociologie et en anthropologie. La première partie donne un aperçu de l'invention du travail ethnographique en Grande-Bretagne, jusqu'à la révolution malinowskienne, et sur la pratique de l'enquête des chercheurs de l'école de sociologie de Chicago et du Rhodes-Livingstone Institute en Rhodésie. La deuxième partie est consacrée aux principaux moments de la querelle de l'explication et de l'interprétation en anthropologie. La troisième présente un choix d'expérimentations et d'innovations en sociologie, des années 1950 à aujourd'hui. Chacune de ces parties s'accompagne d'une présentation qui en situe le contexte historique et intellectuel et permet au lecteur de se repérer parmi les différents auteurs et courants. Une éclairante postface, véritable guide d'enquête à elle seule, fait le tour des problèmes discutés dans la littérature méthodologique et offre un vaste panorama des recherches empiriques fondées sur le travail de terrain en France et à l'étranger. Mieux qu'un manuel, L'Enquête de terrain couvre ainsi un siècle de réflexion sur le travail de terrain. Il s'adresse aux étudiants et aux chercheurs en sciences sociales et à tous les professionnels qui recourent à ces outils d'investigation.
Becker Howard S. ; Merllié-Young Christine ; Merll
Après de nombreuses années de pratique du métier, Howard S. Becker livre, avec le style qui a fait son succès, les leçons tirées de son expérience de sociologue. Empiriques au même titre que les sciences de la nature, les sciences sociales ne progressent que par la qualité de l'articulation entre des " idées " (ou théories) et des " données ", toujours produites par des procédés de fabrication à analyser. La distinction, qui structure la profession, entre recherches " qualitatives " et " quantitatives " ne change rien à l'exigence de fournir des " preuves " solides, capables de résister au doute pour convaincre collègues et adversaires. La nécessité d'une analyse critique des données est ici démontrée à la lumière d'une gamme étendue de recherches, des plus collectives et objectivantes, comme les recensements de la population, aux plus personnelles, comme les observations ethnologiques, en passant par toutes les formes intermédiaires de la division du travail entre concepteurs des recherches et personnes chargées de la collecte des données. Cette ré? exion sur les conditions pratiques de l'observation s'adresse aussi bien aux professionnels des enquêtes, aux chercheurs en sciences sociales qu'à l'étudiant devant réaliser son premier mémoire de recherche.
Narcisses pathologiques mégalomanes, prêts à tout pour réussir, Narcisses vulnérables, hypersensibles à la critique, dissimulant leur désir de toute-puissance derrière une façade d'humilité, les Narcisses sont de tous les fronts et font recette. Pour s'en prémunir, il faut pouvoir les reconnaître : Marie-France Hirigoyen propose ici une grille de lecture explicite et salutaire. Dans un monde toujours plus compétitif, les Narcisse occupent des positions de pouvoir au sein des affaires ou des médias, voire à la tête des Etats. Certains observateurs, confondant narcissisme et confiance en soi, considèrent que le renforcer permettrait d'affronter les maux de l'époque. Pourtant, les " psys " dénoncent régulièrement le rôle désastreux du narcissisme ambiant sur leurs patients : solitude, souffrance au travail, désordres amoureux... Pour comprendre cette réalité paradoxale, Marie-France Hirigoyen propose une enquête détonante nourrie de sa clinique. Elle pointe la confusion entre le narcissisme sain, qui permet d'avoir suffisamment confiance en soi pour s'affirmer, et le narcissisme pathologique consistant à se mettre en avant aux dépens des autres. Elle reprend la genèse de ce concept dans la psychanalyse freudienne, puis dans la psychanalyse américaine, qui l'a transformé en mettant l'accent sur l'" estime de soi " - participant ainsi d'un glissement de sens emblématique. Emaillé de nombreuses études de cas, histoires et récits de vie, ce livre explique ainsi de manière vivante et originale les dérives du monde moderne, où de plus en plus d'individus sont centrés sur eux-mêmes, " scotchés " à leurs écrans, " accros " aux réseaux sociaux pour se valoriser et exister uniquement dans le regard de l'autre. Mais il invite aussi, grâce à un dialogue renouvelé entre psychanalyse et sociologie, à mieux comprendre les traits narcissiques pour contrer l'ascension des Narcisse tout-puissants. Un projet indispensable pour notre avenir commun.
La drogue est la continuation de la politique par d'autres moyens : telle est sans doute l'une des leçons les plus méconnues du IIIe Reich... Découverte au milieu des années 1930 et commercialisée sous le nom de pervitine, la méthamphétamine s'est bientôt imposée à toute la société allemande. Des étudiants aux ouvriers, des intellectuels aux dirigeants politiques et aux femmes au foyer, les petites pilules ont rapidement fait partie du quotidien, pour le plus grand bénéfice du régime : tout allait plus vite, on travaillait mieux, l'enthousiasme était de retour, un nouvel élan s'emparait de l'Allemagne. Quand la guerre a éclaté, trente-cinq millions de doses de pervitine ont été commandées pour la Wehrmacht : le Blitzkrieg fut littéralement une guerre du "speed". Mais si la drogue peut expliquer les premières victoires allemandes, elle a aussi accompagné les désastres militaires. La témérité de Rommel, l'aveuglement d'un Göring morphinomane et surtout l'entêtement de l'état-major sur le front de l'Est ont des causes moins idéologiques que chimiques. Se fondant sur des documents inédits, Norman Ohler explore cette intoxication aux conséquences mondiales. Il met notamment en lumière la relation de dépendance réciproque qui a lié le Dr Morell à son fameux "Patient A", Adolf Hitler, qu'il a artificiellement maintenu dans ses rêves de grandeur par des injections quotidiennes de stéroïdes, d'opiacés et de cocaïne. Au-delà de cette histoire, c'est toute celle du IIIe Reich que Ohler invite à relire à la lumière de ses découvertes.
Crawley Quinn Josephine ; Pignarre Philippe ; Bonn
Qui sont les Phéniciens ? Un peuple de l'Antiquité auquel les Grecs auraient emprunté l'alphabet ? Des commerçants et des navigateurs exceptionnels partis du Levant (Tyr, Sidon, le Liban actuel) pour fonder Carthage, dont l'empire concurrencera les cités grecques en Sicile ou en Sardaigne, jusqu'à sa destruction par Rome ? Un peuple pratiquant une religion cruelle avec un dieu exigeant l'immolation d'enfants, source d'inspiration du Salammbô de Flaubert ? Pourquoi, comparés aux Grecs et aux Romains, sont-ils finalement presque insignifiants dans nos histoires et nos récits de l'Antiquité ? Comme dans une enquête policière, l'auteure retrace tout ce que l'on sait sur eux et qui renverrait à une " identité " phénicienne, à un peuple original. Elle explore successivement la langue, la religion, les colonies, l'influence régionale de Carthage. Elle s'appuie sur l'épigraphie, la numismatique, l'architecture, les dernières découvertes archéologiques. A chaque fois que l'on croit saisir cette identité, elle s'échappe... On n'est désormais même plus du tout certain que Carthage ait été une colonie de Tyr ou de Sidon... Les Phéniciens constituaient-ils un véritable peuple ? Etaient-ils reconnus comme tel par leurs contemporains ? Ce qui est certain, c'est qu'ils ont fait l'objet d'une multitude d'opérations d'instrumentalisation (et de fantasmes ! ) : par les Grecs, les Romains et, quelques siècles plus tard, par les Irlandais puis les Anglais et, enfin, les Français !