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L'enquête de terrain
Céfaï Daniel
LA DECOUVERTE
42,00 €
Épuisé
EAN :9782707140722
Des journalistes aux travailleurs sociaux en passant, bien sur, par les ethnologues ou les sociologues, on ne compte plus les professions amenées à recourir à l'enquête de terrain. Qu'observer? Comment? Que restituer de ce qu'on a vu? Sous quelle forme? Pour répondre à ces questions, il ne manque pas de guides ou de manuels. Mais le mieux n'est-il pas d'écouter directement ce qu'ont à nous dire certains de ceux qui ont compté parmi les meilleurs enquêteurs de leur temps? À les lire, ces questions de méthode, qui paraissent souvent si arides et ennuyeuses, deviennent soudain passionnantes. L'Enquête de terrain rassemble une série de textes, pour la plupart classiques et jamais traduits en français, sur le travail de terrain en sociologie et en anthropologie. La première partie donne un aperçu de l'invention du travail ethnographique en Grande-Bretagne, jusqu'à la révolution malinowskienne, et sur la pratique de l'enquête des chercheurs de l'école de sociologie de Chicago et du Rhodes-Livingstone Institute en Rhodésie. La deuxième partie est consacrée aux principaux moments de la querelle de l'explication et de l'interprétation en anthropologie. La troisième présente un choix d'expérimentations et d'innovations en sociologie, des années 1950 à aujourd'hui. Chacune de ces parties s'accompagne d'une présentation qui en situe le contexte historique et intellectuel et permet au lecteur de se repérer parmi les différents auteurs et courants. Une éclairante postface, véritable guide d'enquête à elle seule, fait le tour des problèmes discutés dans la littérature méthodologique et offre un vaste panorama des recherches empiriques fondées sur le travail de terrain en France et à l'étranger. Mieux qu'un manuel, L'Enquête de terrain couvre ainsi un siècle de réflexion sur le travail de terrain. Il s'adresse aux étudiants et aux chercheurs en sciences sociales et à tous les professionnels qui recourent à ces outils d'investigation.
Résumé : Issu des cours de "psychologie sociale" donnés par George Herbert Mead (1863-1931) à l'Université de Chicago en 1927-1928, L'Esprit, le soi et la société, ouvrage posthume publié en 1934, est l'un des grands classiques de philosophie et de sciences sociales. S'inscrivant dans la tradition pragmatiste, Mead veut avant tout remettre la cognition dans la conduite, et restituer à la nature une partie de ce qui a été mis indûment dans l'esprit. Le soi, l'esprit et la société sont impensables hors de leur évolution naturelle. En outre, chez Mead, le principe social est toujours premier. L'émergence du soi, et l'émergence de l'esprit, requièrent l'appartenance à une société. Ce principe social s'étend même à la manipulation des objets physiques, à travers laquelle les agents sociaux constituent les dimensions du temps, - ainsi que leurs outils et leurs symboles. En retour, l'apparition du soi et de l'esprit permet que se développement de nouvelles formes, plus complexes, de vie sociale. Cette nouvelle traduction, suivie de l'article fondateur " Genèse du soi et contrôle social ", est introduite par une présentation de Danuel Cefaï et de Louis Quéré qui fait le point sur les études meadiennes. Elle propose une lecture originale de l'ouvrage en termes de béhaviorisme social et montre toute la portée pour les sciences cognitives, la psychologie et la sociologie. Elle donne également de précieuses informations sur l'engagement concret de Mead dans divers mouvements d'éducation et de réforme sociale, qui ont nourri sa réflexion éthique et politique. Elle discute enfin son héritage en sciences sociales aux Etats-Unis, en particulier dans l'école de sociologie e Chicago et dans l'interactionnisme symbolique.
Berger Mathieu ; Céfaï Daniel ; Gayet-Viaud Carole
Ce livre a remporté le prix Jean Widmer 2012 de l'Université de Fribourg, Suisse. Plus qu'une simple méthode, l'enquête ethnographique permet de poser de nouvelles questions sur le politique, en rupture avec ses représentations comme un domaine d'activités en soi, circonscrit à la politique institutionnelle ou aux politiques publiques. Recueillies aux quatre coins du monde (Brésil, Etats-Unis, Chine, Algérie, Espagne, Italie, Suisse, Belgique, France), les études de cas ici rassemblées examinent le politique par le bas, tel qu'il se fait, depuis son enracinement dans les affaires de tous les jours. En engageant différentes espèces de description ethnographique, elles invitent à repenser l'articulation entre lien civil et vie politique sous trois angles complémentaires. D'abord, celui des expériences ordinaires, généralement définies comme infra-politiques, depuis où nous nous projetons dans la vie publique. Celui, ensuite, des moments de politisation qui font surgir des questions sur le bien public, au coeur même du monde de la vie quotidienne. Celui, enfin, des modalités pratiques de l'engagement politique, au sens classique, dans des actions qui ont pour visée expresse la transformation du monde.
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.
Tous les hivers, à la venue du grand froid, l'attention du public se porte sur les personnes qui vivent et qui meurent dans la rue. C'est tous les ans l'occasion de témoignages sur les "maraudes" qui les prennent en charge. Pourtant, le Samusocial de Paris est à l'oeuvre toute l'année, jour et nuit. Ce livre en décrit les dispositifs d'intervention. Les deux auteurs suivent le travail des équipes mobiles - un chauffeur, un infirmier et un travailleur social - qui sillonnent la capitale en camion et prodiguent attention, écoute et soin aux sans-abri. Ils accompagnent les activités de la plate-forme téléphonique du 115, de l'équipe psychiatrique, des accueils de jour, des centres d'hébergement d'urgence et des services de lits infirmiers. Jamais n'avaient été ainsi décrites les activités des métiers du domaine sanitaire et social. Cette "ethnographie morale" du don de care et de reconnaissance met en lumière les trésors de dévouement, de patience et de sollicitude dans les interactions entre professionnels et patients-usagers, mais aussi les tensions qui traversent cette relation d'assistance. Au-delà du travail proprement ethnographique, ce livre - appelé à devenir un classique de l'enquête de terrain - retrace la constitution du problème public de la "grande exclusion" au début des années 1990 et restitue les péripéties qui ont scandé la transformation de la question SDF depuis la mobilisation des Enfants de Don Quichotte de 2006.
Depuis une dizaine d'années, les caméras de vidéosurveillance ont envahi notre paysage urbain. Une frénésie sécuritaire qui fait déjà l'objet d'abondantes critiques mais qui dissimule encore ses véritables failles, systémiques, techniques, juridiques, tout en banalisant chaque jour un peu plus une idéologie d'autosurveillance généralisée. Depuis les années 2000, les caméras de vidéosurveillance et de vidéoprotection ont envahi notre paysage urbain. Cette nouvelle manière de protéger la population fait couler beaucoup d'encre. Or les prismes dominants (sécurité versus liberté) et les images mobilisées (du Panoptique à Big Brother, en passant par Minority Report), en disent plus sur les fantasmes collectifs que sur les réalités concrètes de ce dispositif. Dans ce récit d'enquête, au plus près des expériences et des représentations des acteurs publics et privés qui utilisent la vidéosurveillance au quotidien, Elodie Lemaire passe au crible les idées reçues sur cet oeil sécuritaire, pour mieux en identifier les vrais dangers. En nous faisant pénétrer dans les salles de contrôle et les coulisses des tribunaux, l'auteure montre que les usages de la vidéosurveillance sont loin d'être conformes à sa réputation de " couteau suisse de la sécurité " ou de " reine des preuves ". Mais ces limites cachent d'autres dérives bien réelles, comme la banalisation d'une idéologie qui construit progressivement notre vision sécuritaire du monde social.
Van Parijs Philippe ; Vanderborght Yannick ; Authi
L'idée de revenu de base inconditionnel est désormais au coeur des débats sur l'avenir de nos modèles sociaux. Elle consiste à verser à chacun un revenu régulier à titre individuel, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie. Diffusée en France à l'occasion de l'élection présidentielle de 2017, elle avait été peu auparavant soumise à référendum en Suisse et a fait l'objet de plusieurs expérimentations à travers le monde. Rédigé par deux spécialistes internationalement reconnus, ce livre offre la première synthèse systématique de la discussion aujourd'hui mondiale sur cette proposition radicale. Il explore ses origines historiques, discute les objections éthiques, économiques et politiques qu'elle soulève et jauge sa pertinence face aux défis écologiques et à la mondialisation. Il fournit un recueil d'informations fiables et d'arguments éclairants qui doivent être utiles à ceux qui plaident pour le revenu de base, mais aussi contre lui, en aidant à corriger les nombreuses erreurs factuelles et confusions conceptuelles que l'on trouve de part et d'autre. L'ouvrage n'en constitue pas moins un plaidoyer engagé en faveur d'une idée qui vise à rendre notre société plus libre et notre économie plus saine. Il ne manquera pas d'enthousiasmer, ou du moins d'intriguer, toutes celles et tous ceux qui veulent que le monde de demain soit plus juste et comprennent que, pour cela, notre modèle de protection sociale doit être profondément réformé.
Que signifie "protéger la nature" ? Répondre à cette question concrète, urgente, suppose d'affronter une question proprement philosophique. Car la notion même de "nature" ne va plus de soi. On a pris l'habitude d'aborder l'environnement à partir des oppositions entre nature et culture, naturel et artificiel, sauvage et domestique, que la globalisation de la crise environnementale a effacées : le changement climatique remet en cause la distinction traditionnelle entre histoire de la nature et histoire humaine. Ces oppositions tranchées n'ont plus lieu d'être, mais leur effacement ne signifie pas pour autant le triomphe de l'artifice. On peut continuer à parler de "nature" et même en parler mieux, parce qu'il n'y a plus à choisir entre l'homme et la nature, mais plutôt à se-soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie. Que l'on s'intéresse à la protection de l'environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu'il est possible de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l'équité entre les hommes ; et qu'il existe aussi des manières d'agir avec la nature et pas contre elle.
Pourquoi la question migratoire est-elle aujourd'hui réduite, en Europe, à cette notion de crise ? Dans un contexte de tensions politiques, de débats médiatiques véhiculant souvent des catégories d'analyse impropres ou erronées, l'ouvrage se propose de faire le point sur les enseignements que ladite crise a révélé en termes de nouvelles pratiques, et de logiques latentes. Les événements survenus en Méditerranée au cours de l'année 2015, communément qualifiés de " crise des migrants ", ont bien constitué le révélateur d'une crise profonde en Europe. Mais de quelle " crise " parlons-nous ? Pourquoi le fait migratoire est-il aujourd'hui le plus souvent réduit, en Europe, à cette notion ? Pour les auteur. e. s de cet ouvrage, l'utilisation de ce terme reflète avant tout le refus des Etats européens d'intégrer les dimensions contemporaine et internationale d'un phénomène qu'il est illusoire de prétendre enrayer et qui ne peut au demeurant être qualifié ni de nouveau ni d'imprévisible. Cette attitude de déni se traduit par une gestion meurtrière des frontières et le renoncement au principe de solidarité entre Etats membres qui est supposé fonder l'Union européenne. Elle met en évidence la véritable crise, celle de l'accueil. Grâce à un éclairage pluridisciplinaire, cet ouvrage se propose de faire le point sur ce que la " crise " nous apprend, en termes de nouvelles pratiques et de logiques latentes.