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Les formes de l'action collective. Mobilisations dans les arènes publiques
CEFAI DANIEL
EHESS
20,00 €
Épuisé
EAN :9782713214127
L'analyse de l'action collective a été dominée, ces dernières décennies, par des modèles conçus en fonction d'un terme central : la mobilisation de ressources. Certes, la sociologie des " nouveaux mouvements sociaux " a proposé d'autres explications. Mais elle a montré ses limites pour rendre compte de plusieurs dimensions importantes de l'action collective : travail de la signification, constitution de causes publiques, diagnostic de situations, organisation durable de collectifs et motivation de l'engagement de leurs membres. L' " analyse de cadres " - l'expression renvoie à l'ouvrage d'Erving Goffman, Frame Analysis - représente une tentative récente pour combler ces lacunes. Focalisée sur la mise en forme culturelle de l'action collective, elle s'est intéressée aux processus de cadrage selon lesquels sont configurés des champs d'action et d'identité, définies des situations sociales, mobilisés des militants et des publics, suscités et maintenus des engagements. Ce volume présente et discute les outils de cette analyse ; il fait aussi apparaître de nouvelles limites. Une démarche plus pragmatiste attentive aux " vocabulaires de motifs " et aux " grammaires de la vie publique ", ne serait-elle pas mieux à même d'identifier et de comprendre les contraintes formelles de l'action collective ?
Résumé : Pourquoi se mobilise-t-on ? L'un des traits propres aux régimes démocratiques est que leurs citoyens disposent d'un droit de regard sur les affaires publiques et, en contrepoint des élections, d'un droit à la critique et à la révolte. Ils discutent, s'associent, s'organisent. Ils constituent des collectifs, revendiquent dans l'espace public, passent des alliances avec partis et syndicats et entrent en conflit avec les pouvoirs établis. Mais qu'est-ce qui les y pousse ? La mobilisation a un coût en énergie et présente des risques, y compris financiers. Pourquoi ne pas laisser les autres se mobiliser à notre place ? Ce livre propose une cartographie de l'état des savoirs sur l'action collective, à partir de tout ce qui a été écrit sur le sujet depuis plus d'un siècle, sur les deux rives de l'Atlantique. L'histoire commence avec les travaux sur les foules et les publics de Tarde et Le Bon, à la fin du XIXe siècle. L'auteur exhume la tradition du comportement collectif née à Chicago dans les années 1920. Il montre le virage accompli par Touraine et Melucci au moment de l'émergence des nouveaux mouvements sociaux - étudiant, féministe, écologiste... - dans les années 1960 et 1970. Il passa en revue les théories de l'action rationnelle, les modèles du processus politique et les analyses des réseaux et des organisations, qui prédominent aujourd'hui. Et il propose de nouvelles perspectives, inspirées de la sociologie culturelle nord-américaine et de la microsociologie de Goffman. Un ouvrage indispensable à tous ceux qui s'intéressent aux mouvements sociaux de notre temps.
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.
Résumé : Issu des cours de "psychologie sociale" donnés par George Herbert Mead (1863-1931) à l'Université de Chicago en 1927-1928, L'Esprit, le soi et la société, ouvrage posthume publié en 1934, est l'un des grands classiques de philosophie et de sciences sociales. S'inscrivant dans la tradition pragmatiste, Mead veut avant tout remettre la cognition dans la conduite, et restituer à la nature une partie de ce qui a été mis indûment dans l'esprit. Le soi, l'esprit et la société sont impensables hors de leur évolution naturelle. En outre, chez Mead, le principe social est toujours premier. L'émergence du soi, et l'émergence de l'esprit, requièrent l'appartenance à une société. Ce principe social s'étend même à la manipulation des objets physiques, à travers laquelle les agents sociaux constituent les dimensions du temps, - ainsi que leurs outils et leurs symboles. En retour, l'apparition du soi et de l'esprit permet que se développement de nouvelles formes, plus complexes, de vie sociale. Cette nouvelle traduction, suivie de l'article fondateur " Genèse du soi et contrôle social ", est introduite par une présentation de Danuel Cefaï et de Louis Quéré qui fait le point sur les études meadiennes. Elle propose une lecture originale de l'ouvrage en termes de béhaviorisme social et montre toute la portée pour les sciences cognitives, la psychologie et la sociologie. Elle donne également de précieuses informations sur l'engagement concret de Mead dans divers mouvements d'éducation et de réforme sociale, qui ont nourri sa réflexion éthique et politique. Elle discute enfin son héritage en sciences sociales aux Etats-Unis, en particulier dans l'école de sociologie e Chicago et dans l'interactionnisme symbolique.
Des journalistes aux travailleurs sociaux en passant, bien sur, par les ethnologues ou les sociologues, on ne compte plus les professions amenées à recourir à l'enquête de terrain. Qu'observer? Comment? Que restituer de ce qu'on a vu? Sous quelle forme? Pour répondre à ces questions, il ne manque pas de guides ou de manuels. Mais le mieux n'est-il pas d'écouter directement ce qu'ont à nous dire certains de ceux qui ont compté parmi les meilleurs enquêteurs de leur temps? À les lire, ces questions de méthode, qui paraissent souvent si arides et ennuyeuses, deviennent soudain passionnantes. L'Enquête de terrain rassemble une série de textes, pour la plupart classiques et jamais traduits en français, sur le travail de terrain en sociologie et en anthropologie. La première partie donne un aperçu de l'invention du travail ethnographique en Grande-Bretagne, jusqu'à la révolution malinowskienne, et sur la pratique de l'enquête des chercheurs de l'école de sociologie de Chicago et du Rhodes-Livingstone Institute en Rhodésie. La deuxième partie est consacrée aux principaux moments de la querelle de l'explication et de l'interprétation en anthropologie. La troisième présente un choix d'expérimentations et d'innovations en sociologie, des années 1950 à aujourd'hui. Chacune de ces parties s'accompagne d'une présentation qui en situe le contexte historique et intellectuel et permet au lecteur de se repérer parmi les différents auteurs et courants. Une éclairante postface, véritable guide d'enquête à elle seule, fait le tour des problèmes discutés dans la littérature méthodologique et offre un vaste panorama des recherches empiriques fondées sur le travail de terrain en France et à l'étranger. Mieux qu'un manuel, L'Enquête de terrain couvre ainsi un siècle de réflexion sur le travail de terrain. Il s'adresse aux étudiants et aux chercheurs en sciences sociales et à tous les professionnels qui recourent à ces outils d'investigation.
Septembre 1993 : Serge Moscovici devient docteur honoris causa de l'université de Séville. Le discours qu'il prononce alors allie bilan critique de la théorie des représentations sociales. retour réflexif sur son propre parcours et nouveaux horizons de recherche. Avec ce texte inédit. Moscovici érige la psychologie sociale, dont il est l'un des fondateurs, en véritable anthropologie du monde contemporain.
Depuis le début des années 1990, la plupart des hôpitaux européens ont révolutionné les pratiques entourant la mort du foetus ou du nourrisson. Escamoter l'enfant mort et inciter les parents à "passer à autre chose", tel était l'usage jusqu'alors. Apprendre à "faire son deuil", telle est la règle désormais. Le deuil devient volontariste, presque appliqué. Mais le plus surprenant est sans doute l'invite systématiquement faite aux parents de regarder leur enfant mort. Internationale, cette mutation fut aussi radicale: en dix ans, une page de l'histoire de la mort enfantine a été tournée. Elle cristallise une nouvelle manière de saluer les morts rendant essentielles la matérialité et l'incarnation du souvenir. Que s'est-il passé pour que la présentation ou la représentation du corps devienne, ou redevienne, incontournable pour penser la perte? Un simple retour au passé? Fétichisation du corps et psychologisation de son usage: le corps, la chair, le donné biologique sont appelés au secours des psychés. Mais le phénomène se limite-t-il bien au cas des bébés morts? Que nous suggère-t-il de la redéfinition contemporaine des identités?
Dans une Italie communale qui bénéficie, au cours des XIIe et XIIIe siècles d'un essor sans précédent de la production et des échanges, le paysage urbain se hérisse de tours, tandis que les rues résonnent en permanence du pas de ces puissants chevaux de guerre qui peuplent tant de fresques et de tableaux de la première Renaissance. Tours et chevaux symbolisent la supériorité d'une classe sociale, la militia, qui pendant longtemps restera ouverte à tous ceux qui ont les moyens d'acheter un cheval de guerre et de s'entraîner pour le combat monté. Composée pour l'essentiel de propriétaires fonciers, la militia n'en présente pas moins une grande diversité de conditions sociales qu'accentue encore la participation plus ou moins active de ses membres aux secteurs les plus dynamiques de l'économie marchande. Seuls en fait les profits tirés de la guerre et la défense des privilèges qui lui sont reconnus en échange de ses prestations militaires expliquent l'étonnante cohésion de cette classe et sa capacité à perpétuer un système de domination qui s'identifie, jusqu'au début du XIIIe siècle, avec le régime des consuls. Et pourtant, la militia se verra contrainte, en l'espace de quelques décennies, de renoncer à ses privilèges et d'abandonner le pouvoir à de nouvelles catégories de la population regroupées sous la bannière du popolo. Comment expliquer une débâcle aussi rapide ? Par l'irrésistible montée en puissance du popolo, sans aucun doute, et par les décisions internes de la militia. Mais elle apparaît plus encore comme la conséquence inévitable d'une culture de la haine qui, malgré tous les mécanismes destinés à en limiter les effets, conduit à l'implosion d'un tel système de domination.