Comment les chrétiens ont-ils, dès l'origine, compris la responsabilité pour autrui et le service de la communauté ? Comment ont-ils concilié la diffusion de la parole évangélique, l'accueil des incitations de l'Esprit et la construction de communautés ? A travers les documents des trois premiers siècles qui nous sont parvenus, écrits d'acteurs ou de témoins directs tels Ignace d'Antioche, Justin, Irénée, Origène, Cyprien de Carthage, pour ne citer que les principaux, on voit vivre les communautés chrétiennes autour de ces trois pôles majeurs que sont l'enseignement de la parole, la réunion eucharistique et la préoccupation pour les plus pauvres. Une introduction synthétique fait le point sur ces questions et approfondit les notions d'apostolicité, de service ou ministère, d'ouverture à l'Esprit, d'ordre, de responsabilité, d'autorité et de subsidiarité, avec une attention particulière aux problèmes de la continence des consacrés et de la place des femmes dans les communautés. Suivent cinq très riches dossiers de textes dans lesquels, sur la base des études les plus récentes en langues européennes, Enrico Cattaneo présente, donne en traduction puis commente et analyse l'ensemble des écrits des communautés primitives et ceux des Eglises constituées des IIe et IIIe siècles.
L'annonce du sens chrétien de Pâques retentit depuis le Nouveau Testament à travers la prédication des Pères dans les Eglises d'Orient et d'Occident. On est loin d'avoir recueilli cet héritage spirituel avec tout le soin critique auquel il a droit et que l'état des connaissances patristiques impose. E. Cattaneo fournit un bel exemple des découvertes promises aux historiens et aux philosophes, s'ils s'attachent à mieux comprendre les enjeux doctrinaux contenus dans les antiques homélies consacrées au mystère pascal, foyer central de l'existence et de la foi chrétiennes. Trois Homélies Pascales, égarées et pour cette raison miraculeusement conservées parmi les nombreux écrits pseudo-chrysostomiens, avaient été remarquées par Pierre Nautin, qui les a éditées dans la collection "Sources Chrétiennes" , n°36 (1953). La démonstration d'E. Cattaneo jette une lumière nouvelle sur la qualité littéraire et doctrinale de ces courts sermons. Elle est conduite avec une clarté et une sobriété qui facilitent beaucoup la tâche du lecteur. En un premier temps sont étudiés les passages des Homélies susceptibles de révéler l'identité de leur auteur. Ensuite leur dossier philosophique, est analysé d'une façon quasiment exhaustive sur la base d'une comparaison avec les écrits dogmatiques et exégétiques attribués par ailleurs à l'évêque Apollinaire de laodicée. En une dernière étape, l'apport doctrinal des homélies est mis en valeur afin de favoriser une meilleure compréhension d'Apollinaire, surtout quant à sa doctrine de l'eucharistie, sa conception de l'homme et ses institutions originales sur la réalité du Christ. Cette recherche prend toute son actualité dans le cadre de plusieurs publications importantes, consacrées à Apollinaire et à ses rapports avec les principaux théologiens de son temps. Elle fait état d'une découverte remarquable. Elle intéressera tous les spécialistes concernés, aussi bien par ses résultats surprenants que par le rigueur de sa méthode.
En avril 1904, la France et l'Angleterre scellaient une alliance qui a marqué l'histoire : l'"Entente cordiale". En 1914 et en 1940, on en vit les heureuses conséquences avec le soutien immédiat de Londres aux Français engagés dans la Première Guerre mondiale puis à la France Libre du général de Gaulle. Pourtant, à l'époque, l'idée d'un rapprochement entre les deux soeurs ennemies était décriée. Pendant des siècles, les Français détestèrent et jalousèrent en même temps leurs voisins d'Outre-Manche, tout en suivant la mode venue d'Angleterre, en copiant les comportements britanniques et en admirant l'efficacité de ces étranges bipèdes. L'histoire, la littérature, les voyages et la psychologie des peuples montrent combien la problématique de ces relations ambivalentes est complexe. A l'heure du Brexit, une plongée dans le passé tourmenté des relations franco-anglaises est utile pour mieux comprendre leur enjeu.
Souvent décrit comme un " Doberman miniature ", le Pinscher est doté d'une forte personnalité et d'un caractère remarquable qui n'a rien à envier à celui de ses " cousins " de grande taille. Extrêmement vif et courageux, il est très attaché aux personnes avec lesquelles il vit et s'adapte très bien à la vie en appartement. Dans ce guide complet, illustré tout en couleurs, l'auteur vous fait découvrir le Pinscher : où et comment acheter un chiot, comment le choisir et l'accueillir, comprendre sa psychologie, tout savoir sur sa vie quotidienne (hygiène, promenade, jeux...), l'éducation du Pinscher, le dressage, l'alimentation, la santé, la reproduction, les expositions canines... Compagnon fidèle, gardien attentif et intelligent, capable grâce à sa petite taille de s'adapter à un appartement peu spacieux, le Pinscher est un chien qui ne pourra que vous séduire.
Résumé : " Il y a vingt ans que tout a commencé. Nous étions dans la touffeur de l'été, en l'année du Seigneur 1153, et un soleil étincelant écrasait de lumière l'antique val d'Absinthe. Pourquoi me trouvais-je là, au seuil de l'abbaye, prêt à franchir pieusement le vieux porche de Clairvaux, moi qui ne rêvais que joutes et tournois, combats de chevalerie, conquêtes de belles dames? Fils aîné d'un croisé de Terre sainte revenu couturé, blessé, quasi exsangue, mystique de surcroît, radoteur, assommant, je ne voulais à aucun prix abandonner les querelles de chien fou, les songeries d'amour, les ripailles joyeuses que promettait à ma jeunesse mon prochain adoubement. Les histoires de moines, de Sépulcre ou d'éternité ne me concernaient ni de près ni de loin... ". Pourquoi le jeune seigneur de Villeferry choisit-il de tout quitter par fascination pour Bernard de Clairvaux, réformateur de l'ordre cistercien ? Quelle folie l'entraîne sur les chemins de Dieu? Sensible, ce récit imaginaire plonge dans le sillage d'un des grands maîtres spirituels de l'Occident.
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
Deux fois millénaire, le christianisme implique un cinquième de l'humanité. Ce volume en offre d'abord un survol historique ("Le Christianisme raconté"), de Jésus à Jean-Paul II, en passant par l'apogée du Moyen Âge et Vatican II. Suit l'abécédaire proprement dit (70 notices). On s'y repère par des carrés de couleurs indiquant s'il s'agit de doctrine (Apocalypse, Docteurs de l'Église, Péché...), de rituel (Musique sacrée, Reliques, Saints...), ou d'histoire (Hérésies, Judaïsme, Oecuménisme...). Des renvois par astérisques incitent aussi aux chemins de traverse. Les 100 illustrations, presque toutes en couleurs, font ressentir l'impact considérable du christianisme sur la culture occidentale. Chronologie, bibliographie sélective et index des noms viennent s'y ajouter. Très maniable, concis, suggestif, d'une présentation agréable sur papier glacé, ce livre présente les qualités de la collection ABCdaire. Ancien rédacteur en chef du quotidien La Croix, Jean Potin a écrit maints ouvrages sur l'Écriture Sainte. Pierre Chavot a collaboré à de nombreux travaux sur le christianisme. Colette-Rebecca Estin
L'histoire de la papauté est complexe et ne se résume pas à l'histoire de la religion catholique. Institution globale, cherchant à guider les sociétés, la papauté doit être réinsérée dans un cycle historique de long terme, celui qui a vu un espace marginal, désigné d'abord comme "chrétienté" puis comme "Occident" , se développer avant de se projeter à la conquête du globe, jusqu'à la "mondialisation" actuelle. Son rôle a souvent été esquivé par un compromis historiographique entre auteurs laïcs, soucieux de faire un récit du progrès dégagé de l'Eglise, et auteurs catholiques, désireux de faire l'histoire irénique et morale d'une papauté humanitaire au-dessus des Etats, des frontières et des guerres. L'objet de cette réflexion sera au contraire d'envisager la papauté comme un acteur majeur à une échelle globale dans une histoire qui ne peut se réduire à un ordre linéaire et simpliste, celui d'un progrès scientifique, économique ou d'une sortie de la religion, une histoire dont on cherchera à redécouvrir toute la pluralité.
Résumé : Abus sexuels, concentration de la parole et du pouvoir, exclusion des femmes : comment ces faits ont-ils été rendus possibles au sein d'une institution née pour incarner la parole de Jésus ? Avec toute la vigueur de la colère et d'un attachement authentique au message évangélique, Loïc de Kerimel va à la racine du mal : l'Eglise ne produit pas privilèges et abus comme n'importe quelle institution de pouvoir le fait ; elle est fondée sur l'affirmation d'une différence essentielle entre une caste sacerdotale, sacrée, et le peuple des fidèles. Alors que Jésus dénonce le monopole des prêtres et de la hiérarchie lévitique du Temple dans l'accès au salut, l'Eglise chrétienne naissante se dote d'une organisation similaire. Alors même que le judaïsme naissant se convertit à une spiritualité sans prêtres ni sacrifices, l'Eglise donne au repas du Seigneur, l'eucharistie, une tournure sacrificielle. Or, c'est précisément autour du monopole sacerdotal, et masculin, de cette célébration que le cléricalisme a fait système et s'est installé dans l'histoire. Tenu à l'écart des réformes, il a généré les abus de pouvoir qui gangrènent l'Eglise aujourd'hui. Un livre passionnant et nécessaire. Loïc de Kerimel est agrégé de philosophie. Il a un rôle actif dans l'Amitié judéo-chrétienne de France et au sein de la Conférence catholique des Baptisé-e-s francophones