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Cahiers Pierre Michon N° 2/2024 : "Dans le courant des Deux Beune"
Castiglione Agnès ; Labouret Denis
PU RENNES
24,99 €
Épuisé
EAN :9782753598676
Sous le titre Dans le courant des Deux Beune, cette deuxie?me livraison des Cahiers Pierre Michon se consacre a? l'e?clatante publication de Michon au printemps de 2023. La critique unanime a salue? la parution des Deux Beune comme "un e?ve?nement", "une infinie variation du miracle de l'e?criture", une "extension magique de La Grande Beune". Extension vraiment magique, en effet : l'historique de sa gestation – depuis le vaste projet de L'Origine du monde puis la publication de La Grande Beune en 1996 jusqu'a? La Petite Beune en 2023 – montre qu'une telle re?daction aura habite? quelque trente-cinq anne?es de cre?ation pour aboutir a? ce confluent magne?tique des Deux Beune. Les e?tudes ici rassemble?es s'organisent en trois temps, examinant la composition du roman comme passage d'une Beune a? l'autre, s'attachant ensuite aux puissances sacre?es du langage avant d'aborder la que?te inlassable d'un de?sir souverain. "La jouissance est une phrase", dit Michon. De?sir e?rotique et de?sir de texte, en une ve?ritable e?treinte avec la langue, confluent dans ce re?cit sauvage et crypte? qu'habitent le gou?t du carnage et le miracle de l'apparition, le sens de la merveille et l'esprit de de?rision. Le myste?re en reste pre?serve? comme, tout au fond des cavernes du pale?olithique, ces grandes figures animales archai?ques dont les corps ici ne semblent que les images.
Michon, notre contemporain capital, n'est-il pas aussi de ces écrivains érudits et critiques qui semblent vivre et respirer l'air d'une autre époque que la nôtre, tant il est nourri de Balzac, Michelet, Hugo, Flaubert ou Rimbaud, sans parler des peintres Goya, Manet ou Van Gogh, des photographes Nadar et Carjat et de la cohorte des "barbichus de la IIIe République" ? Michon romantique et réaliste avec Balzac ? Romantique navré avec Flaubert ? Hanté par la Révolution française avec Michelet ? Hugolien avec Hugo ? Voyant avec Rimbaud ? "Grand écrivain positiviste" ? De quel Michon parlons-nous, de quel XIXe siècle parlons-nous ? Les études visent à relire Michon à l'épreuve du XIXe siècle et, peut-être, à réenvisager le XIXe siècle (littérature, histoire et politique mêlées) à la lumière des proses de Michon.
Un CD audio d'archives sonores, des documents visuels, un essai critique: une triple approche pour une plongée vivante et argumentée dans la littérature française contemporaine. Tel est le parti pris de la collection "Auteurs". Elle a pour ambition de donner accès aux ressorts intimes de la création littéraire, à ses questionnements, à ses hésitations. Pierre Michon a donné de nombreux entretiens qui font entendre une voix, vraie, simple et forte, celle d'un écrivain nourri des grands textes dont il renouvelle l'approche de façon toujours ample, précise et lucide. Le présent entretien avec Colette Fellous est rare par ses inflexions plus nettement autobiographiques qui trouvent de nombreux échos dans l'essai d'Agnès Castiglione C'est l'inoubliable présence de cette voix - dubitative, fraternelle ou plus pathétiquement personnelle - qu'elle a souhaité faire entendre dans le rythme et la scansion d'une écriture de l'apparition étonnamment riche, au fil d'une analyse en quatre temps qui conduit de l'invention du minuscule à la figure du Roi.
Ce troisième numéro des Cahiers Pierre Michon se propose d'interroger la puissance de l'humour et tous les degrés du comique dans l'oeuvre de Michon. Il analyse, par exemple, la manière dont, sous le patronage de " Pierrot" , se met en place, dans les textes de l'auteur, y compris dans ses entretiens et ses lectures critiques, un "petit théâtre" où s'agitent toutes sortes de "rigolos" , marioles, pantins, marionnettes ou guignols. Il prend en compte, pour en analyser les procédés, les cibles et les effets, toutes les formes de comique, toutes les couleurs du rire - grotesque et burlesque, humour noir et autodérision, farce et ironie, satire et parodie, sens comique de la mise en scène et ressorts comiques de l'écriture... Il convoque aussi quelques figures tutélaires dont évidemment celle, cardinale, de Flaubert sous sa "grosse moustache de clown" , sans jamais oublier cependant que, selon Michon, le comble de l'humour, "l'humour sans fond" , "n'est pas de l'humour" . "Rire avec Michon" ne pouvait ignorer la part d'enfance, joueuse et enjouée, qui nous semble tellement active dans toute l'oeuvre de Michon. Le thème ici abordé nous invite donc à convoquer aussi son premier héros. C'est dans les textes de Pierre Michon, à l'orée de ce Cahier, que nous lirons deux beaux entretiens sur Tintin - le "récit enfant" - célébrant justement "le retour de cet enfant triomphant dans l'adulte" . Nous découvrirons aussi, dans les autres textes, toute une petite ménagerie de blattes pleureuses et de souris couineuses et rirons, avec Michon - dans une forme d'allégresse à la fois tendre et sinistre - des découvertes et déconvenues comiques de l'auteur, à la publication de son premier livre, Vies minuscules.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.