Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Vieillir. Études cliniques
Castanet Hervé
AVENIR LONGTEMP
16,00 €
Épuisé
EAN :9791095704119
Prendre en compte le sujet vieillissant, pouvant atteindre un âge très avancé, implique d'entendre sa parole qui nomme cette épreuve singulière des marques et effets du temps. Il y faut de la finesse - à redoubler lorsque la mort approche. Mais quid du corps vivant défini par Lacan, à la fin de son enseignement, comme "substance jouissante" ? Pour la clinique psychanalytique, le sujet représenté dans l'ordre symbolique n'a pas d'âge (les processus inconscients sont intemporels, disait Freud) mais, en ajoutant le corps parlant - la pulsion, le désir -, d'autres perspectives s'ouvrent. Lesquelles ? Les dernières formulations de Lacan et leur commentaire par Jacques-Alain Miller serviront de balises. Il y faut une nouvelle finesse qui sait lire les effets des mots qui sont affects corporels souvent énigmatiques. Ainsi va la clinique du parlêtre qui s'oriente du réel. Les articles rassemblés ici s'inscrivent dans cette visée de produire un CQFD (ce qu'il fallait démontrer) même modeste. En effet, sans preuves argumentées, la psychanalyse ne pourrait se confronter à ce que la prise en charge des personnes âgées implique. Textes de : Renée Adjiman, Sylvie Berkane Goumet, Hervé Castanet, Véronique Cnockaert, Michel Grollier, Françoise Haccoun, Catherine Lacaze-Paule, Jean-Daniel Matet, Jean-Louis Morizot, Dominique Pasco, Sylvette Perazzi, Elisabeth Pontier, Patrick Roux, Claudine Valette-Damase.
Un psychanalyste choisit d'exposer précisément quatre cas relevant de la clinique appliquée aux psychoses, plus un, célèbre, celui d'Antonin Artaud. Pourquoi un tel livre aujourd'hui ? Assurément pour casser quelques stéréotypes sur ce que fait, ou ne fait pas, un psychanalyste avec des analysants psychotiques. Trop de balivernes se colportent encore et parfois au nom de Lacan. La conception déficitaire de la psychose comparée à la névrose a la vie dure. Mais ce livre ne se limite pas à cet enjeu. Il se propose de montrer en quoi s'orienter du dernier enseignement de Lacan a des effets radicaux pour la clinique psychanalytique en général, et avec des analysants psychotiques en particulier. " L'inconscient est le témoignage d'un savoir en tant que pour une grande part il échappe à l'être parlant. (Chacun) présente toutes sortes d'affects qui restent énigmatiques. Lalangue nous affecte d'abord par tout ce qu'elle comporte comme effets qui sont affects. " (Lacan) La seule définition freudienne de l'inconscient comme discours de l'Autre scène n'est plus utilisable. Lacan propose d'y substituer la clinique du parlêtre : le signifiant percute le corps, faisant sourdre la jouissance. La psychanalyse change, et la conduite des cures avec elle : " Quand on analyse l'inconscient, le sens de l'interprétation, c'est la vérité. Quand on analyse le parlêtre, le corps parlant, le sens de l'interprétation, c'est la jouissance. Ce déplacement de la vérité à la jouissance donne la mesure de ce que devient la pratique analytique à l'ère du parlêtre. " (Jacques-Alain Miller).
Le mot « S K beau » est inventé en 1975 par Jacques Lacan pour qualifier l?esthétique de l?écrivainJames Joyce. Le mot est réemployé ici, avec sa typographie étonnante, pour masquer et à la foisfaire surgir le réel auquel l?artiste se confronte: au coeur du beau, ce S K énigmatique, hors sens.Cet essai convoque les créateurs. Ils créent des mots ou des images. L?image fait voir, ellemontre en particulier; le mot désigne, il est porteur d?universel. Hervé Castanet indique une autre direction: l?image se construit, nous dit-il, à partir d?une faille, d?une béance, d?une rupture. C?est parce que le visible ne peut être appréhendé dans sa globalité qu?il pousse le peintre, le photographe ou le cinéaste à montrer. Pareillement pour l?écrivain, les mots ne disent pas tout. Ils sont aussi marques, traces, ratures. A ce titre, ils touchent au corps. A travers les exemples d?écrivains, tels Ovide, Poe, Artaud, Klossowski, Genet, Prigent, de peintres comme Picasso, Ayme, Devade, Valensi, Witkin, de théoriciens de l?art, tels Constant, Jorn, Debord, d?un théologien comme Origène, Castanet s?attache à montrer que face à un réel spécifié, un point de réel, nommé ici S K beau, chaque artiste dénoue et renoue l?image ou le mot pour y forger un « trou réel ».
Résumé : La thèse neurobiologique : l'être humain est un cerveau, le cerveau est une machine à traiter de l'information. Logeant toute causalité dans le cerveau, cette thèse réduit l'être parlant au silence d'un organe. Aujourd'hui hégémonique, cette thèse prétend s'imposer à toute conception humaine et sociale, à la psychanalyse et à tous ceux qui y puisent une orientation, elle légitime la mise sous tutelle administrative des pratiques de la parole, elle postule le tout neuro. A l'endroit de cette idéologie, notre opuscule livre un combat épistémologique, concept contre concept. Car la psychanalyse, elle, fait valoir l'énonciation du sujet : celui-ci dit ce qui cause son tourment, le réel de son symptôme, qui emporte désir, amour et jouissance.
Le nom de Freud, toujours vivace, est inséparable de sa découverte: l'inconscient, et des conséquences qu'il en tire: la psychanalyse. Ce livre reprend avec force et limpidité les enjeux dégagés par Freud pour en éclairer les points cruciaux. Il démontre en quoi et comment la vexation que la psychanalyse fait subir à l'amour propre de l'humanité est toujours actuelle. Comprendre Freud, c'est entrer sur la scène de l'altérité: nous ne sommes ni notre seul cerveau, ni notre seul corps, ni notre seule famille... Notre spécificité est d'être des sujets qui parlent, assujettis au langage que le désir libère.
Le réel du vivant et du sexe n?entre dans le monde humain que drapé, filtré par des formations imaginaires et symboliques : les semblants, qui peuplent notre subjectivité et font la trame du lien social. C?est pourquoi Lacan peut dire dans son Séminaire Encore : "La jouissance ne s?interpelle, ne s?évoque, ne se traque, ne s?élabore qu?à partir du semblant". Le semblant nomme un point fictif mais nécessaire pour saisir le réel. Une conséquence clinique s?en déduit: "Il ne faut pas badiner avec les semblants"(J.-A. Miller). En quoi et comment la catégorie de semblant qui ne se réduit ni à l?artifice, ni à l?illusion, ni à la feinte, permet-elle de renouveler la clinique analytique ? Comment accéder au réel par l?intermédiaire des semblants ? Quelles trouvailles le sujet peut-il extraire d?une opération à la jonction du réel et du symbolique ? Nous montrerons que, dans l?expérience analytique, "le semblant coûte aussi cher que le réel"(Balzac).
Le bonheur du phallus : l'expression prêterait à sourire, tant c'est plutôt de son embarras dont témoigne le parlêtre aux prises avec la rencontre des sexes. "C'est qu'il n'y a que le phallus à être heureux - pas le porteur dudit", souligne Lacan en 1970 dans le Séminaire L'envers de la psychanalyse. ! Prolongeant la découverte freudienne du primat phallique, l'élaboration lacanienne conduit à une avancée majeure : être ou avoir le phallus sont des positions subjectives, et la jouissance phallique ne permet pas de rendre compte de la différence de positionnement sexué. L'énoncé de Lacan "Il n'y a pas de rapport sexuel" déplace ce qui ne cesse pas de ne pas s'écrire entre les sexes vers ce qu'il en est pour chaque Un de sa recherche quant à la jouissance. C'est dire l'actualité et l'étendue des enjeux de ce concept clef de phallus. En témoignent, à près d'un siècle de distance, la fameuse "Querelle" des années 1920 et les affrontements récents sur le "mariage pour tous". Dans ce livre, Nicole Guey prend le soin d'éclairer la théorie pas à pas, de Freud au dernier enseignement de Lacan jusqu'aux avancées produites par Jacques-Alain Miller. En les articulant à la pratique, elle entend témoigner combien la clinique de la signification phallique ouvre des perspectives pour la psychanalyse, et prouve son efficience.
Comment des hommes, des femmes font-ils couple au XXI e siècle ? A l'ère du capitalisme, de l'avènement de la science et des technologies, ce n'est plus la loi symbolique qui ordonne le lien social dont le mariage et la famille étaient les piliers. Les couples se font, se défont, conjugalité et parenté ne riment plus nécessairement, la famille traditionnelle se fragmente et se recompose autrement. Il ne s'agit pas de regretter le passé mais de repérer les conséquences de ces mouvements. Dominique Pasco suit Lacan lorsqu'il réintroduit le réel comme constitutif du parlêtre. Au registre du hors-symbolique, il n'y a pas de programme génétique pré-établi qui écrirait le rapport entre les sexes. En réponse, chacun bricole, invente son lien et, pour ce faire, en passe par une médiation : son symptôme. Le partenaire en question n'est plus seulement celui de l'amour, du désir et de la jouissance, mais un plus-de-jouir. C'est ce qu'elle propose de démontrer au un par un extrait de l'expérience clinique.
Macha Makeïeff, en 2015, crée Trissotin ou Les Femmes savantes de Molière dont elle réalise également le décor et les costumes. Depuis, la pièce tourne régulièrement, rencontrant un succès public et critique. Pourquoi y revenir ? Parce que le travail de Macha Makeïeff, radical et inventif, fait surgir un autre Molière. Il donne un coup de pied dans le carcan qui fige, depuis longtemps, cette comédie de génie. Une phrase de l'artiste fait boussole : "Plus que la misogynie, c'est cette terreur que provoque chez les hommes l'illimité du désir féminin qui m'a intriguée et, plus encore, le désarroi masculin qui en découle." Au passage, Lacan sera sollicité - lui déclarait : "toutes les femmes sont folles, qu'on dit. C'est même pourquoi elles ne sont pas toutes, c'est-à-dire pas folles-du-tout".