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Chaque homme est un soleil. Regards de personnes détenues sur la collection vidéo du Centre national
Cassagnau Pascale
LOCO
22,00 €
Épuisé
EAN :9782843140228
Longtemps Marcel Duchamp s'est attaché à rappeler que "c'est finalement le regardeur qui fait le tableau" . Si l'art instaure une rencontre, la promesse d'un rendez-vous supposé et potentiel, il contribue en outre à faire émerger en soi les contours d'une oeuvre intérieure, mobilisant l'imaginaire des oeuvres tout aussi bien que l'imaginaire du regardeur, expérience de lecture qu'Armand Gatti décrit comme une aventure de création renouvelée, pour laquelle "chaque homme est un soleil" . Entrepris à partir de janvier 2017 jusqu'en décembre 2019 sur une proposition de Pascale Cassagnau, responsable des collections vidéo et nouveaux médias au Centre national des arts plastiques, les "Rendez-vous de Poissy" autour de l'atelier de lecture de films ont été conçus comme une invitation pour les personnes détenues à la Maison centrale à des promenades tracées dans le champ de la création contemporaine. Elles sont allées à la rencontre des 55 films sélectionnés au sein de la collection nationale de vidéos, pour établir des dialogues avec des oeuvres, des rencontres avec des artistes, afin de faire advenir le film intérieur de chacun. C'est au croisement des oeuvres et l'expression d'une subjectivité singulière, dans l'expérimentation du regard, dans l'expérience d'une parole, que s'est élaboré le dialogue avec des artistes vidéastes et leurs oeuvres, placées elles-mêmes dans le contexte élargi de la culture contemporaine. L'architecture de l'ouvrage est une tresse qui noue ensemble l'expression des regards, l'analyse des oeuvres, le travail de la recherche, au fil de sa chronologie au long des semaines. Le livre encapsule également d'autres modalités de recherche - une création radiophonique de France-Culture, une exposition au centre d'art La Terrasse à Nanterre, enfin le livre lui -même comme son ultime formalisation - qu'auront générés ces "Rendez-vous" à la Maison Centrale de Poissy.
Bourdieu Pierre ; Cassagnau Pascale ; Champey Inès
Cinq expériences abordent des questions fondamentales à l'art : la place de l'artiste dans la société, les relations entre mouvements artistiques, les enjeux d'une Documenta après un demi-siècle d'existence, les frontières entre les arts, l'exposition comme passage de l'art à l'?uvre. Face aux étudiants d'une école d'art, sociologues, philosophes et critiques manifestent leur engagement envers l'art contemporain.
Les signataires du Traité de l'Atlantique Nord décident au début des années 1950 d'établir des bases militaires en Europe de l'Ouest pour la protéger de la supposée menace communiste grandissante. Une dizaine de bases aériennes américaines s'installe alors en France et, au plus fort de cette présence, ce sont près de 100 000 Nord-Américains qui vivent sur le territoire hexagonal : militaires, travailleurs civils et leurs familles. Ainsi, à l'aube des années cinquante, des milliers de Nord-Américains, représentants de la première puissance mondiale, débarquent dans des provinces françaises qui se remettent lentement du rationnement et des destructions de la guerre. Jamais auparavant dans l'histoire moderne des troupes étrangères ne s'étaient installées en France, en temps de paix. Plus qu'une manne anonyme d'argent et de travail, ces militaires apportent avec eux leur civilisation, dans un déballage matériel impressionnant pour les Français des années cinquante. Ceux-ci assistent au brutal déferlement à leur porte de l'American way of life, comme autour de Châteauroux, Toul ou Evreux, et découvrent avec émerveillement les voitures et, plus généralement, le mode de vie des Nord-Américains. Première confrontation à la modernité mais aussi âge d'or de certains commerces, la "période américaine" bouleverse profondément la vie et l'économie locales. Dans quelle mesure la présence américaine modèle-t-elle la France des années 1950 et 1960 ? Une chose est sûre : le départ des Nord-Américains en 19661967 aura des effets désastreux sur certaines régions françaises.
Résumé : Comme elle est lointaine déjà, cette date fatale du 2 août ! Et pourtant, comme elle est proche encore ! Elle a coupé ma vie. jusque-là, je menais une existence heureuse. Je ne le savais pas, mais je le reconnais maintenant. À dater de ce jour, j'ai connu plus de soucis, d'angoisses, de peines et de deuils que pendant mes vingt-quatre années de vie. En 1914, l'artilleur Ivan Cassagnau quitte son Sud-Ouest natal pour rejoindre les contreforts des Vosges. Scrupuleusement, il note, dans un récit factuel dépourvu de tout commentaire, les détails de la boucherie dans laquelle sont jetés des millions d'hommes. Au début sur un ton détaché, sans y croire vraiment, puis, au fur et à mesure que les morts deviennent plus nombreux que les vivants, avec une froideur qui constitue sa seule défense. C'est une guerre d'un autre âge, où les chevaux souffrent autant que les hommes, où l'infanterie et l'artillerie occupent la place maintenant dévolue à l'aviation et à l'électronique. Mais on y retrouve les avilissements d'aujourd'hui et d'hier : la dépendance vis-à-vis des besoins physiologiques les plus simples, la négation des valeurs sociales et de la vie humaine, la place de la propagande enfin. Etabli à partir de " Mémoires " authentiques, ce journal de guerre d'un artilleur s'arrête à Verdun, où fut blessé l'auteur du manuscrit.
Le photographe Meyer nous livre une histoire inédite et personnelle, celle de Lunacy, une rave Party emblématique des débuts du mouvement House et Tekno en France. Témoignage rare de ce courant important de contre culture, Lunacy est avant tout l'histoire d'une fête et d'une rencontre avec la créativité et l'anticonformisme du monde underground. Huit rendez-vous ont eu lieu entre 1993 et 1995 dans un entrepôt de Genevilliers-port. L'enjeu n'est pas de faire un simple retour sur cette époque, mais de questionner la portée et le poids de la contre culture dans nos sociétés contemporaines, sa radicalité politique. Les images sont sans recul, noires, inconsciemment noyées dans la substance du dancefloor, perdues dans le jeu troublant de l'apparition et de la disparition et s'inscrivent ainsi dans la réflexion singulière du collectif Tendance Floue qui est de jouer sur la corde sensible qui relie la photographie documentaire à la démarche artistique.
Un hiver d oise se présente en trois séries photographiques distinctes, trois propositions pour tenter de répondre à une idée du territoire. L ouvrage s ouvre, sans autre préambule, par la série de grands paysages, comme un travelling. Une deuxième série, plus intimiste: portraits, nus et natures mortes se répondent pour interroger la représentation même. La troisième et dernière partie reprend jusqu à la fin du livre l idée d un travelling, dans un paysage urbain cette fois.
Mioveni est une ville en Roumanie située entre Bucarest et les Carpathes. Après la chute du communisme, la ville a pu survivre grâce à l'industrie automobile. Tous les habitants vivent aujourd'hui au rythme de l'usine. Pendant près de trois ans, la photographe Anne Leroy et la journaliste Julia Beurq ont accompagné le quotidien des habitants de Mioveni rapportant images et récits plongeant le lecteur dans l'intimité d'une vie ouvrière. L'enquête est un marqueur de leurs approches photographique et journalistique. Elles privilégient l'expérience du terrain au long cours. A Mioveni en Roumanie, avec empathie, elles se sont approchées au plus près des personnes et de leurs histoires. Cet ouvrage restitue leur immersion sur le terrain dans cette ville ouvrière qui, avec le rachat de Dacia par Renault il y a quinze ans, semble avoir échappé au sort des autres cités mono-industrielles tombées en ruine après la chute du communisme. Les résultats de leurs recherches autour du rapport entre le texte et l'image se déploient au fil du livre, entre perméabilité et complémentarité, sans jamais être ni illustratif ni redondant.
Guidé par le souvenir d'une femme à corps de serpent, aperçue à l'automne 1976 dans une baraque de la foire de Negreni (Transylvanie), Emmanuel Raquin-Lorenzi entreprend d'explorer les divers ordres de représentation et d'expression qu'on peut recueillir parmi les populations du bassin des trois Cris (le Rapide, le Noir et le Blanc), rivières de montagne qui délimitent le pays du Lac, au nord-ouest des Carpates roumaines. Une enquête ethnographique de terrain menée pendant plus de vingt ans permet au narrateur de conter sa progressive découverte des mouvements de pensée propres aux populations mélangées de ce vieux pays. Ces chemins le conduisent à découvrir de quasi-rituels, comme celui de la reine des moissons qui ne cesse pendant quelques jours de parcourir sans s'arrêter le village, les champs et les pâturages, mais vient rendre hommage à une fille-chêne attachée à sa clairière. Il rencontre ainsi de belles figures ; le grand Ioan, berger de Delani, son meilleur informateur ; Marika, la rieuse, dont le rire, ombré par la mort de sa fille, apaise ou exaspère la douleur des deuils ; Petru le sourcier qui vit parmi les rochers ; Emeder, le merveilleux Tsigane qu'on appelle au printemps pour qu'il installe ses miroirs dans des fermes au bord des bois... Ce livre propose en fin d'ouvrage une petite anthologie de textes d'écrivains de ce pays. Deux niveaux de photographies parcourent Le Pays du Lac : les unes, illustration classique du discours ethnographique, reproduites le plus souvent dans le texte, documentent objets et choses, scènes ou lieux analysés au cours des enquêtes ; les autres interviennent comme une suite autonome, hors texte, sans commentaire, sans rapport direct au discours ethnographique ni aux textes littéraires, y insérant des routes, des ombres, des eaux, des paysages, quelques regards...