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L'homme des sciences de l'homme. Une histoire transdisciplinaire
Carroy Jacqueline ; Richard Nathalie ; Vatin Franç
PARIS OUEST
21,00 €
Épuisé
EAN :9782840161714
Il semble évident que les sciences humaines ont l'homme pour objet. Pourtant, dans les années 1960, cette idée fut mise à mal, notamment par Michel Foucault. Cet ouvrage, produit d'un colloque qui s'est tenu en juin 2010 au Centre international de Cerisy-la-Salle à l'initiative de la Société française pour l'histoire des sciences de l'homme, reprend cette question dans une perspective historienne. Il part du constat que, souvent, les sciences humaines ont évité la notion générique d'Homme au profit d'artefacts conceptuels disciplinaires : l'homo economicus de la science économique, la race ou l'ethnie de l'anthropologie, le fait social de la sociologie durkheimienne, l'inconscient de la psychanalyse, la structure de la linguistique moderne, etc. A rebours, le projet d'une science unifiée de l'homme a pris une connotation d'amateurisme scientifique, voire de pure idéologie. Mais l'Homme, évincé par la porte du savoir académique, ne revient-il pas dans le débat par la fenêtre ? Armé chacun de sa tradition disciplinaire propre, mais tous soucieux du dialogue transdisciplinaire, les quatorze auteurs réunis ici se sont collectivement penchés sur cette question. Cet ouvrage, qui ne saurait clore le débat, est une contribution importante à l'histoire des sciences humaines qui éclaire leurs questionnements présents.
Comment les rêves sont-ils devenus des objets de science? Pourquoi des savants se sont-ils intéressés à leurs songes et appliqués à les noter minutieusement? Centré sur l'Europe francophone, ce livre prend comme objet d'étude une figure qui s'affirme au cours du XIXe siècle et se perpétue jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, celle du "savant rêveur". Dans un but scientifique, philosophes, médecins et psychologues, niais aussi amateurs cultivés, utilisent leurs propres exemples pour construire une psychologie fondée sur les rêves, interprétés comme résultant de perceptions extérieures transformées, d'impressions intimes, parfois sexuelles, ou d'associations d'idées. Ces expériences nocturnes leur apparaissent principalement comme des retours d'un passé soit récent, soit très ancien, demeuré le plus souvent inconscient. Par ailleurs, on continue à donner aux visions nocturnes un sens prémonitoire, en particulier dans les clefs des songes, largement diffusées à l'époque. Enfin, lors de la Grande Guerre, les consigner par écrit devient un précieux refuge pour fuir une réalité vécue comme un cauchemar. En permettant de redécouvrir les "nuits savantes" de personnages comme Maury, Hervey de Saint-Denys, Tarde, Delbaeuf ou Halbwachs, l'auteur propose une histoire inédite des rêves et revient sur les débuts de la psychanalyse. Jacqueline Carroy montre que Freud, savant rêveur de son temps, a suivi les pas de ses prédécesseurs, tout en posant les bases d'une nouvelle approche des songes. Cet ouvrage novateur exhume des conceptions et des pratiques aujourd'hui oubliées, bien qu'à l'origine de notre modernité.
A l'heure où la question du statut des psychothérapeutes est d'actualité, il peut être urgent de prendre du recul et de s'interroger sur un passé des psychothérapies. Ce numéro regroupe des contributions d'historiens qui analysent l'invention du mot de psychothérapie, les racines religieuses et rhétoriques d'une pratique très ancienne, la création du vocable de psychologie clinique, ou encore qui font revivre des thérapeutes qui furent ou sont importants, mais oubliés ou controversés, comme Baudouin et Jung. Des psychanalystes proposent de questionner un passé que l'on croyait bien connaître et que l'on ne connaissait pas vraiment, ou pas du tout. D'où vient le divan et pourquoi Freud refusa-t-il obstinément de parler de tableau clinique ? Pourquoi Ferenczi fit-il figure et continue-t-il à faire figure d'enfant terrible ou de " singe savant " de la psychanalyse ? Comment évoquer l'aventure du traitement des traumatismes de guerre par Rivers après 1914 ? C'est enfin à une histoire en train de se faire que nous convient d'autres praticiens, qui proposent de s'interroger sur une articulation entre psychique et social, et d'adopter une perspective intégrative. Autant d'histoires de psychothérapies et de psychothérapeutes dont on peut espérer qu'elles paraîtront inattendues, étonnantes ou risquées...
Résumé : " Il y a des dates qui comptent, d'autres qui tombent en poussière. Tandis que 1896 ou 1907 se laissent oublier et ne marquent plus pour nous que des heures surannées, 1900 est une échéance, un jubilé, noces d'or du passé et de l'avenir ". C'est en orfèvre que Paul Morand célébrait 1900, trente ans après. Entre temps il aura été un des héraults des Années folles et, tout particulièrement, de l'année 1925, qui tout autant que 1900 a marqué une échéance et s'est vite imposée à la mémoire collective comme une année mythique. Étonnante et durable fortune ! Entre l'armistice de 1918 et la crise de 1929, les années vingt, profondément marquées par les horreurs de la Grande Guerre, présentent un singulier mélange de désarroi, de révolte et de frivolité. À la fin des combats qui ont dévasté l'Europe, tout un monde s'écroule, plongeant modèles et valeurs dans une crise durable. En cette période d'extraordinaire effervescence, la table rase et l'expérimentation sans tabous sont à l'ordre du jour. Les moeurs oscillent entre deux tendances fortes : émancipation et détraquement. Amour et libertinage jouent à cache-cache aux quatre coins de l'Europe galante. Discréditée par un conflit qu'elle a provoqué ou qu'elle n'a pas su empêcher, la politique hésite entre les tentations du communisme et du fascisme. Et la littérature, gagnée elle aussi par la difficulté d'être, cherche les voies de son renouvellement. Pour restituer l'esprit de cette époque qui à tant d'égards dialogue avec la nôtre, il fallait remplir deux conditions. Réunir, en premier lieu, des recherches travaillant dans des disciplines différentes. Se croisent ici des travaux de spécialistes d'architecture et de cinéma, de littérature française et de littérature comparée, d'études anglo-américaines et de Kulturwissenschaft, des hispanistes et des slavistes, des italianistes et des historiens du sport. D'autre part, il était indispensable de faire appel à des spécialistes internationaux.
Jean-Michel Maulpoix Vie commune ou vie promise? Il est peu d'oeuvres poétiques contemporaines qui invitent autant que celle de Guy Goffette à poser radicalement la question de l'expression lyrique. Tous les ingrédients que la tradition répète à loisir, en effet, sont là: expression du sentiment, aspiration à l'idéal, mélancolie, déploration du temps passé ou perdu, primauté de la voix et valorisation des ressources musicales du langage... Or nous sentons bien que chacun de ces motifs est trop stéréotypé ou trop vague pour rendre compte des subtils enjeux de cette écriture. Pour y voir un peu clair, il faut aller plus loin: chercher vraiment à entendre ce que la poésie réclame et ce pourquoi elle porte plainte. Il convient d'observer tout d'abord que la parole poétique de Goffette entre plus directement et vivement dans l'intime que tout autre. Elle ne l'exprime pas, elle le traque, le débusque, le poursuit parmi ses contradictions et ses jeux de masques, ses leurres, ses faux-semblants, ses bonnes et ses mauvaises consciences... Elle interpelle, questionne, insiste, malmène; elle tutoie et rudoie, elle parle du «je» comme d'un autre; elle y met la plume comme on y met le fer, avec l'espoir qu'il accouche d'une vérité. Cette vérité concerne moins le poète que son lecteur dont la figure se trouve curieusement prise au beau milieu de cette espèce d'intime scène de ménage dont le sujet lyrique est le théâtre. C'est de la vie commune, dans les deux sens du terme, qu'il est ici question... Du sort de tous et de chacun tel qu'il se connaît décousu et tel qu'il aspire à une chimérique unité La poésie lyrique regarde l'existence dans l'angle du sentiment et demande: qu'est-ce que la vie d'un homme, avec ses «amours de bric et de broc, toujours plus ou moins contrariées»? Ainsi donne-t-elle à entendre de combien de lignes de fuite, de bosses et de creux, une existence humaine est faite, ce qu'elle suppose de prétentions éconduites et d'espérances déçues. Si le Temps ainsi presse sur l'âme et la fait gémir dans le noir, si l'avenir jamais ne tient ses promesses, c'est que nous sommes travaillés d'étranges désirs, peu cohérents, mal explicables, et qui nous conduisent si souvent à trahir l'amour même que nous aurions bien mauvaise grâce à déplorer qu'il nous manque! À travers sa fièvre de comparaisons et de métaphores, l'écriture lyrique de Guy Goffette semble à la recherche d'une image, d'une formule ou d'une clef, qui la délivrerait enfin de son mal en le nommant une fois pour toutes... Mais un tel salut ne vient pas. Les mots ne sont que de l'herbe sèche que l'on arrache, ou des poignées de sable que l'on jette au vent. L'écriture ne peut que «remâcher» indéfiniment ses larmes. En vers ou en prose, elle est contrainte de déchirer et repriser les mêmes phrases tristes et coupables. Telle est la punition du poète-Pénélope qui attend en vain le retour du sens et de la pureté perdue! La poésie de Guy Goffette diagnostique cruellement l'incurable maladie dont souffre la vie commune. Nous autres, frères humains, sommes un bien curieux mélange de liens et de coupures! Comme la poésie même en ses filages et ses césures... Tout poème est un «manteau de fortune», un canevas de fuites et d'attaches. Partance: tel pourrait être, en définitive, sous la plume de Goffette, le mot-clef du mal-être. Comme on le dit d'une vieille barque accrochée à la rive, que le courant aspire, et qui tire en vain sur sa corde...
Résumé : Longtemps relégué dans l'ombre, le rire est aujourd'hui à la mode. Mais on s'intéresse presque toujours au rire pour d'autres raisons que le rire lui-même. On veut démontrer ses significations philosophiques, exalter ses vertus esthétiques, comme s'il fallait toujours s'excuser de rire et de faire rire. A rebours, L'Esthétique du rire veut s'en tenir au rire. D'abord, en rappelant son irréductible unité, malgré toutes les variantes ou sous-catégories qu'il est loisible d'énumérer (l'ironie, le burlesque, la satire, la blague, la parodie, la farce, etc.). Ensuite, en affirmant avec force que, s'il existe bien un art du rire, il n'est rien d'autre que l'art de faire rire, avec le plus de force et de plénitude possible. Pour saisir cette dynamique du rire, il fallait un dialogue entre les spécialistes du Moyen Age, des siècles classiques et de la modernité post-révolutionnaire. Mais l'histoire ne doit pas faire oublier l'essentiel: la nature anthropologique du rire. Le mécanisme comique plonge dans les zones les plus mystérieuses de l'homme: dans l'inconscient que refoule le moi sérieux; dans les mondes merveilleux de l'enfance; plus généralement, dans un stade archaïque et primitif de l'homme. L'art du rire opère la mystérieuse transfiguration des ténèbres opaques de l'intimité humaine en bruyant feu d'artifice. Et ce sont les extases d'imagination induites par cette inversion miraculeuse qui fait du rire un phénomène d'ordre esthétique.
Artémidore n’est pas un philosophe, mais il s’occupe d’une question, la mantique, qui n’était pas étrangère aux philosophes de l’Antiquité. La divination par les songes ou toute autre divination fait partie des préoccupations des philosophes et particulièrement de la philosophie dominante sous l’Empire, le stoïcisme, ou même d’adversaires de la divination comme les Epicuriens. L’arrière-plan quasi idéologique de la sympathie universelle qui régit non seulement la pratique onirocritique telle que l’entend Artémidore, mais aussi bien un autre type de mantique, la divination par l’astrologie, ne saurait conduire à qualifier notre auteur de stoïcien. Les rêves, dans toutes les cultures, et depuis la plus haute Antiquité, ont de multiples usages, qui dépendent du sens qu’on leur donne. Leur interprétation est souvent considérée comme l’une des formes de la divination. Elle est attestée par les textes littéraires et a fait naître une littérature technique riche d’enseignements sur la société de l’époque et son imaginaire. Il ne s’agit donc pas seulement d’une constante psychologique, mais aussi de traditions culturelles multiples, qui ont chacune leur propre histoire et entrent à de nombreuses reprises en contact les unes avec les autres.