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Gestes d'amour et de guerre. La Jérusalem délivrée, images et affects (XVIe-XVIIIe siècle)
Careri Giovanni
EHESS
30,00 €
Épuisé
EAN :9782713220630
Poème épique chrétien, La Jérusalem délivrée du Tasse (1582) est aussi un répertoire d'images-affect transposées en peinture, en musique, dans la danse et dans le théâtre, partout en Europe. Dans le poème, l'amour et la guerre s'entremêlent. Les chevaliers chrétiens soupirent pour les guerrières musulmanes, les hommes se féminisent, les femmes se déguisent en hommes pour se battre. Les ?uvres analysées ici interprètent à leur façon le poème et l'enrichissent de nouvelles dimensions propres à l'image peinte, au geste dansé, à la présence effective des acteurs sur la scène. Entre parole écrite, geste peint, performance théâtrale et pas de danse, l'auteur tisse un réseau d'échanges, qu'il étend en dehors du champ restreint de l'art, en étudiant ses implications politiques dans la vie rituelle de la cour. Le livre analyse la production d'images poétiques, picturales et gestuelles issue de quatre épisodes du poème du Tasse. Il propose une nouvelle approche intertextuelle et herméneutique, une analyse de la culture à travers les échanges entre l'écrit, les images et les gestes, susceptible d'enrichir et de remplacer, pour partie, l'approche désormais classique du rapport entre peinture et poésie dans la culture humaniste. Les tableaux de Poussin, des Carracci, de Guercino, de Domenico Tintoretto, de Tiepolo et de nombreux autres peintres moins célèbres éclairent aussi l'intelligence figurative des formes actuelles de la différence sexuelle et du lien ambigu de l'affect au pouvoir. Ces hybridations sexuelles et culturelles tissent des correspondances subtiles avec notre condition actuelle.
Résumé : Ouvrage culte pour les urbanistes et les architectes, Walkscapes fait de la marche beaucoup plus qu'une simple promenade. Pour Francesco Careri, en effet, l'origine de l'architecture n'est pas à chercher dans les sociétés sédentaires mais dans le monde nomade. La marche est esthétique, elle révèle des recoins oubliés, des beautés cachées, la poésie des lieux délaissés. Mais elle est aussi politique : en découvrant ces territoires qui sont à la marge et cependant peuplés, elle montre que les frontières spatiales sont aussi des frontières sociales. Ainsi s'ouvrent les derniers espaces de liberté de nos sociétés quadrillées et s'esquisse une tentative de réponse aux préoccupations de demain : comment réinventer la ville pour en faire une terre d'accueil de l'altérité ?
Careri Giovanni ; Lissarrague François ; Schmitt J
Les images portent en elles les traces du temps. Elles sont le reflet de leur époque, du moment de leur production et de la vie de leur créateur. Elles témoignent de leurs propres traditions qui tiennent aux modes de figuration, au choix des supports et des moyens techniques utilisés ainsi qu'aux motifs représentés. Ces traditions iconiques et culturelles sont à la fois présentes, de manière souvent implicite et involontaire, et sans cesse remises en question, brutalement ou progressivement selon les cas. Historiens, anthropologues et historiens de l'art associent leurs compétences et confrontent leurs expériences et leurs terrains d'observation pour mettre en résonance plus de vingt-cinq siècles de productions artistiques d'Europe, d'Afrique, d'Asie et d'Amérique. Ils nous montrent que l'enjeu des images est d'aider les hommes à penser les temps, passé, présent et avenir, de les ritualiser et d'en faire des objets de désir. Chaque image est ainsi "faiseuse" d'histoire, faiseuse de mémoire. Leurs textes s'accompagnent de cent vingt planches en couleurs qui entraînent le lecteur dans un merveilleux voyage dans le temps et dans l'espace pour (re)découvrir des peintures, sculptures et photographies célèbres ou méconnues.
Michelangelo Merisi, dit Caravage, né en 1571, est une figure incontournable de l'histoire de l'art et un précurseur de la modernité. Ce peintre lombard dont le réalisme fit dire à Poussin qu'il était venu pour "détruire la peinture" est lié à un tournant stylistique décisif, voire révolutionnaire, entre le XVIe et le XVII siècle. Admiré pour sa fidélité au réel, ainsi que pour l'intensité inédite de sa lumière déployée, l'artiste a subtilement réfléchi au dispositif interne du tableau et à ses stratégies d'adresse au spectateur. Ce livre explore la révolution caravagesque à partir d'un regard rapproché, à travers tous les "miroirs" auxquels ce peintre extraordinaire nous confronte encore aujourd'hui. Si le miroir est l'objet de réflexion matériellement utilisé dans ses premiers autoportraits, Caravage développe tout au long de sa carrière un travail sur des formes diverses de réflexivité. Limage de soi devient ainsi un lieu d'expérimentation qui fait de l'autre un miroir révélateur : le déguisement mythologique (de Bacchus à Narcisse, en passant par Méduse), l'altérité culturelle ou le contraste des genres sont autant d'expressions de cette recherche. Limage même du Christ se fait miroir, appelant ainsi le dévot à s'y "conformer", tel que l'écrit saint Paul. Le principe de réflexion, ainsi que les dédoublements, pliures et ouvertures qui lui sont liés, est également un modèle idéal dans la structure de l'oeuvre de Caravage. Ses compositions à plusieurs figures sont autant de lieux où la peinture réfléchit sur elle-même, sur sa narrativité interne et les temps qui la traversent. Le "réalisme chrétien" de Caravage est ainsi considéré sous une lumière nouvelle à partir d'un assemblage entre gestes du peuple et attitudes plus nobles extraites de l'iconographie antique. La fidélité au réel n'est pas une simple question d'imitation mais de mémoire visuelle et de montage des temps.
Parmi les centaines de personnages de la chapelle Sixtine, les Ancêtres du Christ, représentés dans les lunettes et les cintres de la voûte, semblent être en marge du contexte héroïque de l'ensemble. On y voit des familles prises dans leur vie intime, des femmes s'occupant de leurs enfants ou de travaux domestiques, des vieillards mélancoliques endormis, des personnages errants, des hommes et des femmes dans l'attente. Que font-ils à côté des corps pleins d'énergie des anges et des élus du Jugement dernier, des prophètes et des sibylles de la voûte ? De quelle manière participent-ils de l'histoire chrétienne, qui est celle du temps des origines (Genèse), de la fondation (Histoires de Moïse et du Christ) et de l'accomplissement (Jugement dernier) ? Par un va-et-vient entre ces différents temps, Giovanni Careri étudie l'articulation entre le Jugement dernier et le cycle des Ancêtres et renouvelle ainsi en profondeur la compréhension de la chapelle dans son ensemble.
Septembre 1993 : Serge Moscovici devient docteur honoris causa de l'université de Séville. Le discours qu'il prononce alors allie bilan critique de la théorie des représentations sociales. retour réflexif sur son propre parcours et nouveaux horizons de recherche. Avec ce texte inédit. Moscovici érige la psychologie sociale, dont il est l'un des fondateurs, en véritable anthropologie du monde contemporain.
Georges Guille-Escuret bouscule un des tabous de la civilisation: le cannibalisme. II soumet au crible d'une analyse incisive le regard porté par les sciences sociales sur l'anthropophagie. Entre les récits d'explorateurs, les témoignages de missionnaires et les commentaires de savants, se dessine une épistémologie à double sens, portant sur la confrontation entre la culture des peuples observés et celle des observateurs. Le cannibalisme se révèle une formidable loupe pour observer les antagonismes de pensée autour du rapport nature/culture. Il permet aussi de mettre au jour la dimension historique de l'exotisme. Ce livre, tout en réinsérant le cannibalisme parmi les sujets anthropologiques, prétend combattre efficacement l'ethnocentrisme et le mépris du "sauvage" dans la "civilisation".
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.