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Traditions et temporalités des images
Careri Giovanni ; Lissarrague François ; Schmitt J
EHESS
45,00 €
Épuisé
EAN :9782713221637
Les images portent en elles les traces du temps. Elles sont le reflet de leur époque, du moment de leur production et de la vie de leur créateur. Elles témoignent de leurs propres traditions qui tiennent aux modes de figuration, au choix des supports et des moyens techniques utilisés ainsi qu'aux motifs représentés. Ces traditions iconiques et culturelles sont à la fois présentes, de manière souvent implicite et involontaire, et sans cesse remises en question, brutalement ou progressivement selon les cas. Historiens, anthropologues et historiens de l'art associent leurs compétences et confrontent leurs expériences et leurs terrains d'observation pour mettre en résonance plus de vingt-cinq siècles de productions artistiques d'Europe, d'Afrique, d'Asie et d'Amérique. Ils nous montrent que l'enjeu des images est d'aider les hommes à penser les temps, passé, présent et avenir, de les ritualiser et d'en faire des objets de désir. Chaque image est ainsi "faiseuse" d'histoire, faiseuse de mémoire. Leurs textes s'accompagnent de cent vingt planches en couleurs qui entraînent le lecteur dans un merveilleux voyage dans le temps et dans l'espace pour (re)découvrir des peintures, sculptures et photographies célèbres ou méconnues.
Parmi les centaines de personnages de la chapelle Sixtine, les Ancêtres du Christ, représentés dans les lunettes et les cintres de la voûte, semblent être en marge du contexte héroïque de l'ensemble. On y voit des familles prises dans leur vie intime, des femmes s'occupant de leurs enfants ou de travaux domestiques, des vieillards mélancoliques endormis, des personnages errants, des hommes et des femmes dans l'attente. Que font-ils à côté des corps pleins d'énergie des anges et des élus du Jugement dernier, des prophètes et des sibylles de la voûte ? De quelle manière participent-ils de l'histoire chrétienne, qui est celle du temps des origines (Genèse), de la fondation (Histoires de Moïse et du Christ) et de l'accomplissement (Jugement dernier) ? Par un va-et-vient entre ces différents temps, Giovanni Careri étudie l'articulation entre le Jugement dernier et le cycle des Ancêtres et renouvelle ainsi en profondeur la compréhension de la chapelle dans son ensemble.
Résumé : A l'automne de la Renaissance, alors que le mythe d'un monde régi par l'harmonie s'effondre, le Tasse essaie avec La Jérusalem délivrée (1581) de recomposer dans un dessein unitaire les forces opposées de l'amour et de la guerre, du plaisir et de l'honneur. De la difficulté de cette entreprise et de son échec surgit une nouvelle image de l'homme, dominé par la force des passions et exposé aux risques de la désillusion, de la faute et de la punition. Les héroïnes et les héros du poème, ainsi que les figures de leurs relations affectives sont vite devenus un répertoire inépuisable de la représentation des passions. Comptant mille sept cent vingt et une éditions (dont trois cent vingt-deux en France), de nombreuses adaptations musicales, théâtrales et de ballets, des traductions dans toutes les langues européennes, accompagnée de centaines de gravures, fresques et tableaux qui l'ont illustrée, La Jérusalem délivrée est rapidement devenue un " Objet de civilisation ". Aujourd'hui encore, l'étude de ce long poème chevaleresque nous donne un éclairage précieux sur les sociétés et les cultures qui l'ont adopté.
Résumé : Ouvrage culte pour les urbanistes et les architectes, Walkscapes fait de la marche beaucoup plus qu'une simple promenade. Pour Francesco Careri, en effet, l'origine de l'architecture n'est pas à chercher dans les sociétés sédentaires mais dans le monde nomade. La marche est esthétique, elle révèle des recoins oubliés, des beautés cachées, la poésie des lieux délaissés. Mais elle est aussi politique : en découvrant ces territoires qui sont à la marge et cependant peuplés, elle montre que les frontières spatiales sont aussi des frontières sociales. Ainsi s'ouvrent les derniers espaces de liberté de nos sociétés quadrillées et s'esquisse une tentative de réponse aux préoccupations de demain : comment réinventer la ville pour en faire une terre d'accueil de l'altérité ?
Issu d'un séminaire et d'une exposition présentée à l'Ecole des beaux-arts de Lyon, ce livre déploie une réflexion artistique et théorique autour de plusieurs agencements d'images (peinture, art contemporain, cinéma). Il renouvelle la pensée de l'histoire des arts, en une affirmation singulière : les images pensent et leurs rapprochements font émerger un temps historique et ses traumatismes. Chaque partie de l'ouvrage présente un ensemble de contributions tissées à partir de montages d'images appelés " tables ", formant cartographie. Dépourvues de lien direct entre elles, les oeuvres d'art entrent pourtant en résonance selon des parcours défiant les attendus (ainsi La Vague de Courbet côtoie La Région centrale de Michael Snow). Advient une interrogation sur le regard, incertain de ses manifestations, et la perception du présent, pris dans une histoire qui en suspend le déroulement. A l'image de cette pensée visuelle, l'ouvrage rassemble des contributions inédites d'historiens et de critiques d'art, aussi bien que de plusieurs artistes. Entre traversée du temps historique et des tables cartographiques, cet objet-livre constitue une proposition pour le regard, un véritable espace d'exposition et de circulation. Avec les contributions de : Luca Acquarelli, Yann Annicchiarico, Simon Bergala, Bénédicte Duvernay, Angela Mengoni, Jennifer Lauro-Mariani, Thomas Léon, Morad Montazami, Philippe-Louis Rousseau, Eric L. Santner, Annabella Tournon & Ralph Ubl.
L'Homme poursuit l'enquête engagée dans le précédent numéro : quelle est donc cette curieuse chimère à deux têtes qui orne sa couverture depuis sa fondation ? Selon Claude Lévi-Strauss, qui l'a choisie, il s'agirait d'un "dieu Tortue" de la culture pré-colombienne Coclé, en Amérique centrale. Que sait-on de cette culture et de ses productions graphiques ? A quel genre de dieu, et à quel genre de tortue, correspond ce personnage ? Et que dire de la bicéphalité joyeuse et hypnotique qui le caractérise ? Richard G. Cooke et Carlo Severi apportent quelques éclaircissements sur ces questions. Trois "Etudes & Essais" forment le coeur de ce numéro, illustrant une nouvelle fois l'ouverture épistémologique de notre revue. Camille Chamois explore à quelles conditions ethnographiques, philosophiques et psychologiques une théorie perspectiviste peut envisager la multiplicité de points de vue d'êtres différents, humains ou non humains. Abigaël Pesses nous conduit ensuite chez les Karen de Thaïlande et nous présente un curieux motif dessiné sur l'envers d'un plateau de riz, dans lequel toute une cosmologie se voit sobrement condensée afin de guider les morts sur le chemin de l'au-delà. Sophie Blanchy et Haddad Salim Djabir, pour leur part, restituent les échanges cérémoniels qui rythment et organisent les relations entre groupes de descendance sur l'île de Mohéli dans l'archipel des Comores, de même que le processus historique de la préservation de ces usages sous l'influence de riches marchands étrangers. Laurent Berger, enfin, clôt ce numéro par un nouveau commentaire critique du livre de Charles Stépanoff, Voyager dans l'invisible. Techniques chamaniques de l'imagination (La Découverte, 2019), en réexaminant la corréla¬tion entre naissance de la hiérarchie et mode de médiation reli¬gieuse. Il est ainsi question de cosmologies, dans ce numéro, et de la matière cérémonielle et picturale par laquelle une population figure - et donc rend disponible - le monde relationnel qu'elle habite et qu'elle produit.
Depuis le début des années 1990, la plupart des hôpitaux européens ont révolutionné les pratiques entourant la mort du foetus ou du nourrisson. Escamoter l'enfant mort et inciter les parents à "passer à autre chose", tel était l'usage jusqu'alors. Apprendre à "faire son deuil", telle est la règle désormais. Le deuil devient volontariste, presque appliqué. Mais le plus surprenant est sans doute l'invite systématiquement faite aux parents de regarder leur enfant mort. Internationale, cette mutation fut aussi radicale: en dix ans, une page de l'histoire de la mort enfantine a été tournée. Elle cristallise une nouvelle manière de saluer les morts rendant essentielles la matérialité et l'incarnation du souvenir. Que s'est-il passé pour que la présentation ou la représentation du corps devienne, ou redevienne, incontournable pour penser la perte? Un simple retour au passé? Fétichisation du corps et psychologisation de son usage: le corps, la chair, le donné biologique sont appelés au secours des psychés. Mais le phénomène se limite-t-il bien au cas des bébés morts? Que nous suggère-t-il de la redéfinition contemporaine des identités?