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Caravage. La peinture en ses miroirs
Careri Giovanni
CITADELLES
205,50 €
Épuisé
EAN :9782850886416
Michelangelo Merisi, dit Caravage, né en 1571, est une figure incontournable de l'histoire de l'art et un précurseur de la modernité. Ce peintre lombard dont le réalisme fit dire à Poussin qu'il était venu pour "détruire la peinture" est lié à un tournant stylistique décisif, voire révolutionnaire, entre le XVIe et le XVII siècle. Admiré pour sa fidélité au réel, ainsi que pour l'intensité inédite de sa lumière déployée, l'artiste a subtilement réfléchi au dispositif interne du tableau et à ses stratégies d'adresse au spectateur. Ce livre explore la révolution caravagesque à partir d'un regard rapproché, à travers tous les "miroirs" auxquels ce peintre extraordinaire nous confronte encore aujourd'hui. Si le miroir est l'objet de réflexion matériellement utilisé dans ses premiers autoportraits, Caravage développe tout au long de sa carrière un travail sur des formes diverses de réflexivité. Limage de soi devient ainsi un lieu d'expérimentation qui fait de l'autre un miroir révélateur : le déguisement mythologique (de Bacchus à Narcisse, en passant par Méduse), l'altérité culturelle ou le contraste des genres sont autant d'expressions de cette recherche. Limage même du Christ se fait miroir, appelant ainsi le dévot à s'y "conformer", tel que l'écrit saint Paul. Le principe de réflexion, ainsi que les dédoublements, pliures et ouvertures qui lui sont liés, est également un modèle idéal dans la structure de l'oeuvre de Caravage. Ses compositions à plusieurs figures sont autant de lieux où la peinture réfléchit sur elle-même, sur sa narrativité interne et les temps qui la traversent. Le "réalisme chrétien" de Caravage est ainsi considéré sous une lumière nouvelle à partir d'un assemblage entre gestes du peuple et attitudes plus nobles extraites de l'iconographie antique. La fidélité au réel n'est pas une simple question d'imitation mais de mémoire visuelle et de montage des temps.
Poème épique chrétien, La Jérusalem délivrée du Tasse (1582) est aussi un répertoire d'images-affect transposées en peinture, en musique, dans la danse et dans le théâtre, partout en Europe. Dans le poème, l'amour et la guerre s'entremêlent. Les chevaliers chrétiens soupirent pour les guerrières musulmanes, les hommes se féminisent, les femmes se déguisent en hommes pour se battre. Les ?uvres analysées ici interprètent à leur façon le poème et l'enrichissent de nouvelles dimensions propres à l'image peinte, au geste dansé, à la présence effective des acteurs sur la scène. Entre parole écrite, geste peint, performance théâtrale et pas de danse, l'auteur tisse un réseau d'échanges, qu'il étend en dehors du champ restreint de l'art, en étudiant ses implications politiques dans la vie rituelle de la cour. Le livre analyse la production d'images poétiques, picturales et gestuelles issue de quatre épisodes du poème du Tasse. Il propose une nouvelle approche intertextuelle et herméneutique, une analyse de la culture à travers les échanges entre l'écrit, les images et les gestes, susceptible d'enrichir et de remplacer, pour partie, l'approche désormais classique du rapport entre peinture et poésie dans la culture humaniste. Les tableaux de Poussin, des Carracci, de Guercino, de Domenico Tintoretto, de Tiepolo et de nombreux autres peintres moins célèbres éclairent aussi l'intelligence figurative des formes actuelles de la différence sexuelle et du lien ambigu de l'affect au pouvoir. Ces hybridations sexuelles et culturelles tissent des correspondances subtiles avec notre condition actuelle.
Issu d'un séminaire et d'une exposition présentée à l'Ecole des beaux-arts de Lyon, ce livre déploie une réflexion artistique et théorique autour de plusieurs agencements d'images (peinture, art contemporain, cinéma). Il renouvelle la pensée de l'histoire des arts, en une affirmation singulière : les images pensent et leurs rapprochements font émerger un temps historique et ses traumatismes. Chaque partie de l'ouvrage présente un ensemble de contributions tissées à partir de montages d'images appelés " tables ", formant cartographie. Dépourvues de lien direct entre elles, les oeuvres d'art entrent pourtant en résonance selon des parcours défiant les attendus (ainsi La Vague de Courbet côtoie La Région centrale de Michael Snow). Advient une interrogation sur le regard, incertain de ses manifestations, et la perception du présent, pris dans une histoire qui en suspend le déroulement. A l'image de cette pensée visuelle, l'ouvrage rassemble des contributions inédites d'historiens et de critiques d'art, aussi bien que de plusieurs artistes. Entre traversée du temps historique et des tables cartographiques, cet objet-livre constitue une proposition pour le regard, un véritable espace d'exposition et de circulation. Avec les contributions de : Luca Acquarelli, Yann Annicchiarico, Simon Bergala, Bénédicte Duvernay, Angela Mengoni, Jennifer Lauro-Mariani, Thomas Léon, Morad Montazami, Philippe-Louis Rousseau, Eric L. Santner, Annabella Tournon & Ralph Ubl.
Careri Giovanni ; Lissarrague François ; Schmitt J
Les images portent en elles les traces du temps. Elles sont le reflet de leur époque, du moment de leur production et de la vie de leur créateur. Elles témoignent de leurs propres traditions qui tiennent aux modes de figuration, au choix des supports et des moyens techniques utilisés ainsi qu'aux motifs représentés. Ces traditions iconiques et culturelles sont à la fois présentes, de manière souvent implicite et involontaire, et sans cesse remises en question, brutalement ou progressivement selon les cas. Historiens, anthropologues et historiens de l'art associent leurs compétences et confrontent leurs expériences et leurs terrains d'observation pour mettre en résonance plus de vingt-cinq siècles de productions artistiques d'Europe, d'Afrique, d'Asie et d'Amérique. Ils nous montrent que l'enjeu des images est d'aider les hommes à penser les temps, passé, présent et avenir, de les ritualiser et d'en faire des objets de désir. Chaque image est ainsi "faiseuse" d'histoire, faiseuse de mémoire. Leurs textes s'accompagnent de cent vingt planches en couleurs qui entraînent le lecteur dans un merveilleux voyage dans le temps et dans l'espace pour (re)découvrir des peintures, sculptures et photographies célèbres ou méconnues.
Damisch Hubert ; Bénézet Mathieu ; Careri Giovanni
Résumé : " On ne peut feindre aujourd'hui de savoir où va notre histoire, pas même l'histoire de l'art contemporain. C'est une illusion absolue de vouloir lui assigner une ligne et, surtout, c'est une illusion, et une illusion très dangereuse, de croire que l'art contemporain, tout comme l'art ancien, n'obéit qu'à une seule ligne. "
Historienne de l'art et conservateur général du Patrimoine, Geneviève Bresc-Bautier a été directrice du département des Sculptures du musée du Louvre. Initiatrice au musée de la section "Histoire du Louvre", elle a écrit plusieurs publications sur le sujet, dont Mémoires du Louvre (Gallimard,1989), Le Louvre, une histoire de palais (Musée du Louvre éditions/Somogy, 2008) et a contribué à L'Histoire du Louvre (Musée du Louvre éditions/Fayard, 2016).
La construction de l'Escorial marque le début communément admis du Siglo de Oro espagnol qui s'achève par l'accession des rois Bourbons au trône, toujours au monastère royal de l'Escorial, avec une apogée en 1635 au moment de l'édification à Madrid du nouveau palais du Buen Retiro. Après s'être illustré dans la géopolitique, l'économie et la littérature, l'Espagne connaît alors quelques uns des plus grands génies que la peinture ait donnés. Célèbre et méconnue à la fois, avec ses astres brillants et ses talents dans l'ombre, ses spécificités, ses retards et ses fulgurances ... Une période que le XVIIIe siècle eut vite fait d'oublier pour mieux laisser le XIXe siècle s'en éprendre. La visée de cet ouvrage est de faire découvrir par la peinture, à quel point l'or de ce fameux siècle avait été avant tout dans les mains de ses artistes et au bout de leurs pinceaux.
Des catacombes de Priscilla à Rome aux photographes Piere et Gilles en passant par les icônes byzantines, les reliquaires médiévaux et les artistes de la Renaissance, la représentation de la Vierge à l'Enfant est l'un des sujets les plus traités dans l'art occidental. Pourquoi tant d'images ? Pourquoi tant de visages prêtés à celui de la Vierge ? Et qu'est-ce qui nous émeut en elle, nous touche au plus profond de nous-mêmes ? Au travers des images de dévotion publique et privée, ce sont celles, idéales, de l'amour maternel, inconditionnel, divin, l'amour agape, qui parle à notre désir d'être aimé infiniment, absolument. La permanence et la richesse à travers les siècles, de ces figures la Vierge à l'Enfant, leur permettent de retracer une histoire de l'art, des idées et de la pensée chrétienne. L'auteur décrypte l'archétype et la prodigieuse floraison des symboles qui les accompagne, tout en évoquant la dialectique du sacré et du profane, du visible et de l'invisible. Au fil des pages, les créations reproduites - qu'il s'agisse de chefs-d'oeuvre ou de scènes de genre méconnues - évoquent la diversité de traitement qu'a pu susciter cette figure maternelle intemporelle.